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{"id":181042,"date":"1988-05-01T20:00:00","date_gmt":"1988-05-02T01:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/editoriaux\/comment-aimez-vous-votre-art-quebecois\/"},"modified":"2024-09-30T14:17:58","modified_gmt":"2024-09-30T19:17:58","slug":"comment-aimez-vous-votre-art-quebecois","status":"publish","type":"editoriaux","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/editorial\/comment-aimez-vous-votre-art-quebecois\/","title":{"rendered":"Comment aimez-vous votre art qu\u00e9b\u00e9cois ?"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Apr\u00e8s les deux derni\u00e8res parutions de&nbsp;<em>ESSE<\/em>, l\u2019une consacr\u00e9e aux conditions de la critique d\u2019art aujourd\u2019hui, l\u2019autre \u00e0 la question de l\u2019art actuel et du politique, ce num\u00e9ro rassemble des textes dont le d\u00e9nominateur commun est MONTR\u00c9AL. Il s\u2019agira d\u2019un \u00e9v\u00e9nement ou l\u2019autre, d\u2019une exposition ou l\u2019autre, d\u2019une table-ronde ou l\u2019autre. Nous laissons \u00e0 chaque auteur-e le soin d\u2019y aller de son opinion critique et \u00e0 chaque lecteur-trice le soin d\u2019en tirer les r\u00e9flexions appropri\u00e9es. Notre \u00e9ditorial, plut\u00f4t que de faire retour sur le contenu des articles tentera de d\u00e9gager des courants ou alternatives observables sur la sc\u00e8ne montr\u00e9alaise \u00e0 l\u2019automne 87.<\/pre>\n\n\n\n<p>Au fil des num\u00e9ros,&nbsp;<em>ESSE<\/em>&nbsp;s\u2019est d\u00e9finie certains param\u00e8tres qui guident sa vigilance critique. Notre champ d\u2019action se concentre particuli\u00e8rement sur le Qu\u00e9bec et tente de cerner l\u2019ensemble du syst\u00e8me culturel afin de placer les productions et r\u00e9flexions artistiques dans leur environnement culturel et social.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette volont\u00e9 de d\u00e9gager la port\u00e9e sociale des interventions artistiques s\u2019est affirm\u00e9e peu \u00e0 peu en voulant accentuer positivement la sp\u00e9cificit\u00e9 de la production qu\u00e9b\u00e9coise. Sp\u00e9cificit\u00e9 qui existe malgr\u00e9 que l\u2019on se repose sans cesse cette fameuse <span style=\"white-space: nowrap;\">question<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Le num\u00e9ro 1 (automne 87) de la revue&nbsp;<em>ETC Montr\u00e9al<\/em>&nbsp;publiait justement un dossier th\u00e9matique intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;R\u00e9alit\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise&nbsp;\u00bb.<\/span>, quand ce n\u2019est pas pour se demander si la question m\u00eame se pose! Ce caract\u00e8re sp\u00e9cifique ne saurait \u00eatre pleinement mis en valeur sans tenir compte \u00e9galement du contexte historique dans lequel s\u2019inscrit l\u2019activit\u00e9 artistique qu\u00e9b\u00e9coise.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette optique que l\u2019observation de la sc\u00e8ne qu\u00e9b\u00e9coise au niveau des arts visuels met en \u00e9vidence certaines propositions qui permettent de t\u00e2ter le pouls de la mani\u00e8re dont l\u2019art se pense, s\u2019active, s\u2019affirme au Qu\u00e9bec. Le milieu artistique cherche dans diverses directions des alternatives significatives. Il importe d\u2019en saisir collectivement les diff\u00e9rentes facettes pour ne pas toujours brasser les m\u00eames chaudr\u00e9es et en \u00eatre encore, au Qu\u00e9bec, \u00ab&nbsp;l\u00e0 o\u00f9 nous recommencerons une fois de plus \u00e0 \u00eatre ce que nous avons toujours r\u00eav\u00e9 <span style=\"white-space: nowrap;\">d\u2019\u00eatre<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Phrase savoureuse extraite de l\u2019encart&nbsp;<em>Journal-Souvenir<\/em>&nbsp;1981 du Comit\u00e9 organisateur de la F\u00eate nationale du Qu\u00e9bec, cit\u00e9e par Jean Larose dans&nbsp;<em>La petite noirceur<\/em>, Bor\u00e9al, Montr\u00e9al, 1987, p.35.<\/span>&nbsp;\u00bb; cette sempiternelle et tannante qu\u00eate de nos \u00ab&nbsp;racines&nbsp;\u00bb bas\u00e9e sur une vision trop d\u00e9primante et qui, faute de pas tenir compte de la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui, n\u2019apporte aucun dynamisme, comme en est repr\u00e9sentatif le r\u00e9cent film-documentaire de Jean Chabot,&nbsp;<em>Voyage en Am\u00e9rique sur un cheval emprunt\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019en profiterai pour rappeler ici plus sp\u00e9cialement trois manifestations survenues \u00e0 l\u2019automne dernier et qui ne font pas l\u2019objet d\u2019un article dans ce num\u00e9ro.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Peintres juifs et Modernit\u00e9 : Montr\u00e9al 1930-45<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au Centre Saidye Bronfman du 6 octobre au 5 novembre 1987 sous l\u2019initiative de la conservatrice Esther Tr\u00e9panier. Avant la tenue de cette exposition, rares sans doute \u00e9taient ceux qui connaissent les \u0153uvres de Bercovitch, Beder, Briansky, Pinsky et autres. Pourtant l\u2019un des crit\u00e8res de s\u00e9lection de ces artistes fut leur professionnalisme, leur int\u00e9gration aux grands r\u00e9seaux artistiques de l\u2019\u00e9poque. La critique d\u2019art dans les ann\u00e9es 30 en parlait r\u00e9guli\u00e8rement et les pr\u00e9sentait comme des d\u00e9fenseurs d\u2019un art contemporain. C\u2019est pourquoi Esther Tr\u00e9panier, int\u00e9ress\u00e9e par cette p\u00e9riode historique, est partie \u00e0 la recherche (v\u00e9ritablement) de ce groupe de peintres plus ou moins ignor\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation de cette exposition offre donc l\u2019int\u00e9r\u00eat de nous faire conna\u00eetre un aspect m\u00e9connu de l\u2019art qu\u00e9b\u00e9cois. Je r\u00e9sumerai ici certaines des probl\u00e9matiques artistiques des peintres juifs de la modernit\u00e9 : le traitement de th\u00e8mes diff\u00e9rents de ceux qui dominent alors la sc\u00e8ne qu\u00e9b\u00e9coise et canadienne (des repr\u00e9sentations de la ville et de la figure humaine au lieu de celles du terroir et des grandes \u00e9tendues d\u00e9sertes), la recherche formelle et la question de l\u2019engagement social de l\u2019artiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour saisir tout l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exposition&nbsp;<em>Peintres juifs et Modernit\u00e9 : 1930-45<\/em>, il faut bien comprendre qu\u2019elle s\u2019inscrit dans une recherche plus globale que m\u00e8ne Esther Tr\u00e9panier sur les d\u00e9buts de la modernit\u00e9 culturelle au Qu\u00e9bec : tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9crits portent sur ce sujet. La p\u00e9riode de l\u2019entre-deux guerres est pourtant une p\u00e9riode importante qui pr\u00e9pare le terrain \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement amen\u00e9 par Borduas et le mouvement automatisme en peinture. De plus, cette recherche men\u00e9e par Esther Tr\u00e9panier n\u2019est pas isol\u00e9e, elle rejoint d\u2019autres recherches similaires dans divers domaines (th\u00e9\u00e2tre, roman, sciences\u2026) qui tentent de d\u00e9gager positivement les particularit\u00e9s de cette p\u00e9riode <span style=\"white-space: nowrap;\">m\u00e9connue<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Cf Yvan Lamonde et Esther Tr\u00e9panier (\u00c9ds),&nbsp;<em>L\u2019av\u00e8nement de la modernit\u00e9 culturelle au Qu\u00e9bec<\/em>, Institut qu\u00e9b\u00e9cois de recherche sur la culture, Qu\u00e9bec, 1986, 319 pages.<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse de l\u2019art de ces peintres juifs des ann\u00e9es 30 et 40 fait ressortir les facteurs socio-\u00e9conomiques caract\u00e9ristiques du d\u00e9veloppement d\u2019une pratique artistique \u00ab&nbsp;locale&nbsp;\u00bb. Comme Esther Tr\u00e9panier l\u2019explique :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Si on regarde un peu l\u2019histoire de l\u2019art europ\u00e9en, la modernit\u00e9 appara\u00eet quand on abandonne les techniques et les sujets acad\u00e9miques et quand l\u2019artiste commence, en adoptant des sujets plus contemporains, \u00e0 faire primer de plus en plus sa perception subjective et son travail formel original. Et comme c\u2019est de plus en plus sa perception subjective et sa propre exp\u00e9rimentation qui est mise de l\u2019avant, \u00e0 la limite, on arrive \u00e0 l\u2019abstraction. Or au Qu\u00e9bec et au Canada, ce qui est int\u00e9ressant, c\u2019est que cette crise de remise en question de ce qui constituait notre acad\u00e9misme, c\u2019est-\u00e0-dire le nationalisme en art, se produit en m\u00eame temps qu\u2019une crise \u00e9conomique. C\u2019est comme si on conjuguait deux crises en m\u00eame temps : une crise artistique de remise en question de la tradition et de l\u2019acad\u00e9misme avec une crise \u00e9conomique qui am\u00e8nent \u00e9galement l\u2019artiste \u00e0 se poser des questions sur son r\u00f4le social, sur sa fonction, sur son implication dans les d\u00e9bats qui sont en train de d\u00e9chirer, \u00e0 toutes fins pratiques, l\u2019ensemble de la civilisation occidentale\u2026 D\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019est un caract\u00e8re sp\u00e9cifique de l\u2019art qu\u00e9b\u00e9cois, d\u2019autant plus qu\u2019aux \u00c9tats-Unis, cela se vit autrement. On avait d\u00e9j\u00e0 eu des premi\u00e8res manifestations d\u2019abstraction et de formalisme dans les ann\u00e9es 10. Et pour les \u00c9tats-Unis, la crise \u00e9conomique marque un repli au niveau artistique o\u00f9 l\u00e0, on va promouvoir un art typiquement am\u00e9ricain. Alors que les \u00c9tats-Unis sont dans une esp\u00e8ce de retour au nationalisme en art, au Canada, on est pr\u00e9cis\u00e9ment en rupture de ban avec le nationalisme en art qui, lui, a fait les beaux jours des ann\u00e9es 10-20. Et effectivement, on est dans une \u00e9poque o\u00f9 \u00eatre impliqu\u00e9 socialement n\u2019est pas ind\u00e9pendant et n\u2019est pas diff\u00e9rent d\u2019\u00eatre ouvert \u00e0 des tendances <span style=\"white-space: nowrap;\">internationales<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Propos recueillis lors d\u2019une entrevue r\u00e9alis\u00e9e par Johanne Chagnon et Marie-Sylvie H\u00e9bert pour l\u2019\u00e9mission&nbsp;<em>Les Mauvaises langues<\/em>&nbsp;et diffus\u00e9e sur les ondes de CIBL-FM, 11 octobre 1987.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Esther Tr\u00e9panier \u00e9vite les comparaisons souvent d\u00e9savantageuses avec les \u0153uvres europ\u00e9ennes et am\u00e9ricaines de la m\u00eame p\u00e9riode et rel\u00e8ve de fa\u00e7on \u00e9clairante ce que les productions artistiques d\u2019ici peuvent nous apprendre, \u00e0 nous; ce que ne peuvent faire les productions d\u2019ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y aurait encore \u00e0 dire sur les questionnements soulev\u00e9s par cette exposition, et pertinents encore en 1988 : par exemple, la question de la modernit\u00e9 en opposition avec celle du nationalisme des ann\u00e9es 30 caract\u00e9ris\u00e9 par un cl\u00e9rico-nationalisme conservateur, ou la question de la modernit\u00e9 allant alors de pair avec l\u2019ouverture de l\u2019attitude internationaliste (toujours probl\u00e9matique, n\u2019est-ce pas&nbsp;?). Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019une telle recherche sur un seul aspect de l\u2019art qu\u00e9b\u00e9cois laisse entrevoir que bien d\u2019autres secteurs d\u2019activit\u00e9s restent encore inexplor\u00e9s et qu\u2019une meilleure connaissance de ces secteurs pourrait nous apporter des assises collectives plus solides.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Stations en Stations<\/em>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons certains faits : Serge Lemoyne participait \u00e0 l\u2019exposition&nbsp;<em>Stations<\/em>&nbsp;organis\u00e9e par le Centre international d\u2019art contemporain (CIAC) et pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Place du Parc du 1er ao\u00fbt au 1er novembre 1987. L\u2019exposition regroupait 34 artistes : des \u00ab&nbsp;gros&nbsp;\u00bb noms du Qu\u00e9bec, du reste du Canada, des \u00c9tats-Unis et d\u2019Europe. D\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019exposition, Lemoyne se manifestait publiquement pour essayer d\u2019attirer l\u2019attention des m\u00e9dias, attention dirig\u00e9e sur le travail des deux conservateurs de&nbsp;<em>Stations<\/em>&nbsp;au d\u00e9triment, selon lui, des \u0153uvres elles-m\u00eames, et des artistes bien s\u00fbr. Les moyens employ\u00e9s pour cette conqu\u00eate du public : un espace publicitaire sur les panneaux \u00abMon choix cette semaine\u00bb install\u00e9s dans les wagons du m\u00e9tro et ce pendant plusieurs semaines, des affiches placard\u00e9es un peu partout en ville rappelant sa pr\u00e9sence \u00e0&nbsp;<em>Stations<\/em>, deux interventions radiophoniques sur les ondes de CIBL5 et un texte paru dans le journal&nbsp;<em>Le Devoir<\/em>&nbsp;du 21 novembre 1987 faisant le bilan de sa participation \u00e0&nbsp;<em>Stations<\/em>&nbsp;et proposant des solutions positives pour redonner \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement davantage de place dans la vie culturelle montr\u00e9alaise. Lemoyne concluait sa s\u00e9rie d\u2019interventions par la pr\u00e9sentation d\u2019une exposition intitul\u00e9e<em>&nbsp;Stations suppl\u00e9mentaires<\/em>&nbsp;\u2013 Hommage aux cr\u00e9ateurs vivants au Centre Copie-Art, du 4 au 23 d\u00e9cembre 1987. On ne peut que lui reconna\u00eetre une certaine coh\u00e9rence d\u2019actions&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cette coh\u00e9rence ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui. Les actions que m\u00e8ne Serge Lemoyne depuis les ann\u00e9es 60 visent toujours, entre autres objectifs, \u00e0 faire valoir des conditions plus ad\u00e9quates \u00e0 la pratique artistiques; but qui doit bien \u00eatre quasi impossible \u00e0 atteindre au Qu\u00e9bec si on en juge par la r\u00e9p\u00e9tition du propos chez l\u2019artiste : les fameuses MTGG ou \u00ab&nbsp;maladies transmises de g\u00e9n\u00e9ration en <span style=\"white-space: nowrap;\">g\u00e9n\u00e9ration<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - Dans l\u2019article du journal&nbsp;<em>Le Devoir<\/em>, 21 novembre 1987.<\/span>&nbsp;\u00bb&nbsp;! Lemoyne est parmi les \u00ab&nbsp;rares&nbsp;\u00bb cr\u00e9ateurs \u00e0 exprimer cette conscience du contexte historique, comme en fait foi son \u0153uvre expos\u00e9e \u00e0&nbsp;<em>Stations<\/em>&nbsp;et qui rend hommage \u00e0 Christo, mais aussi aux Automatistes et aux Plasticiens qui l\u2019ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et conte lesquels il s\u2019est battu \u00e0 ses d\u00e9buts, il y a 20 ans. Hommage d\u2019autant plus significatif que sont \u00e9galement pr\u00e9sents \u00e0 Stations Fran\u00e7oise Sullivan (une des signataires du&nbsp;<em>Refus Global<\/em>) et Guido Molinari (\u00ab&nbsp;figure de proue&nbsp;\u00bb du mouvement plasticien montr\u00e9alais).<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons que dans les ann\u00e9es 60, un groupe d\u2019artistes dont Serge Lemoyne participaient d\u2019un projet artistique commun et d\u00e9veloppaient une autre attitude face \u00e0 l\u2019art, ce que Yves Robillard qualifiait de \u00ab&nbsp;souci nouveau d\u2019efficacit\u00e9 <span style=\"white-space: nowrap;\">sociale<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - Yves Robillard. \u00ab&nbsp;Les beaux-arts&nbsp;\u00bb, in L\u00e9opold Lamontagne (\u00c9d.),&nbsp;<em>Le Canada fran\u00e7ais d\u2019aujourd\u2019hui<\/em>, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval, Qu\u00e9bec, 1970, p.98.<\/span>&nbsp;\u00bb. Certaines de leurs pr\u00e9occupations, comme rendre l\u2019art accessible, rejoindre le plus de gens possible, s\u2019int\u00e9resser aux moyens de communication de masse, visaient \u00e0 r\u00e9duire la distance entre l\u2019artiste et la soci\u00e9t\u00e9. Lemoyne participait alors \u00e0 des happenings collectifs, organisait des \u00e9v\u00e9nements o\u00f9 il \u00ab&nbsp;montrait&nbsp;\u00bb publiquement ce qu\u2019il fait quand il peint, essayait d\u2019amener le public \u00e0 vivre de la m\u00eame exp\u00e9rience : implication et affirmation d\u2019une pr\u00e9sence en tant qu\u2019artiste en m\u00eame temps que sont men\u00e9es d\u2019autres luttes sociales dans ces ann\u00e9es 60.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont toujours les m\u00eames pr\u00e9occupations qui habitent Serge Lemoyne : r\u00e9duire la distance entre l\u2019artiste, l\u2019\u0153uvre et le public, d\u00e9fendre sa propre existence. Le tapage publicitaire centr\u00e9 autour du travail des conservateurs de Stations est venu fouetter une fois de plus ce \u00ab&nbsp;vieux&nbsp;\u00bb d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce d\u00e9sir d\u2019\u00e9liminer tout interm\u00e9diaire est partag\u00e9 par de nombreux artistes, car m\u00eame si Lemoyne est le plus tapageur, il n\u2019est pas le seul \u00e0 penser ainsi. Ce sentiment devrait peut-\u00eatre allumer une lumi\u00e8re d\u2019urgence quelque part : il t\u00e9moigne d\u2019une impression de perte de contr\u00f4le par les artistes au niveau de la diffusion de leur travail, mais d\u00e9note aussi cette id\u00e9ologie qui consid\u00e8re l\u2019\u0153uvre suffisante en elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Lemoyne ne l\u00e2che donc pas. Mais parce qu\u2019il est acteur sur la sc\u00e8ne qu\u00e9b\u00e9coise, depuis de nombreuses ann\u00e9es, son observation actuelle de la situation artistique est d\u2019autant plus d\u00e9courageante, pour ne pas dire carr\u00e9ment plus \u00ab&nbsp;d\u00e9concrissante&nbsp;\u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;On semble toujours radoter un peu les m\u00eames probl\u00e8mes, mais c\u2019est parce qu\u2019en fin de compte, cela ne change pas. D\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, c\u2019est toujours la m\u00eame chose. Et on se demande comment on pourrait sortir de cette esp\u00e8ce de ghetto-l\u00e0. On ne sait pas si ce sont des gens de l\u2019ext\u00e9rieur qui vont finir par nous d\u00e9couvrir! Mais je pense qu\u2019effectivement, c\u2019est d\u00fb \u00e0 une situation g\u00e9ographique et \u00e9conomique [\u2026]. Les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ont les m\u00eames probl\u00e8mes qu\u2019on a eus. C\u2019est un cercle vicieux. Et personne n\u2019est capable de voir la porte de sortie [\u2026]. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, dans les ann\u00e9es 60, les m\u00e9dias \u00e9taient plus ouverts aux recherches et \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation qu\u2019ils le sont maintenant. Les jeunes artistes ont beaucoup plus de probl\u00e8mes \u00e0 diffuser leurs \u0153uvres qu\u2019on en avait, nous. Les m\u00e9dias sont \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames et les artistes se sont multipli\u00e9s par 20 ou 30 ou 50. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information est encore tr\u00e8s limit\u00e9. \u00c7a doit \u00eatre \u00e9pouvantable pour les jeunes artistes qui <span style=\"white-space: nowrap;\">commencent<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - Propos recueillis lors d\u2019une entrevue r\u00e9alis\u00e9e par Johanne Chagnon et Marie-Sylvie H\u00e9bert pour l\u2019\u00e9mission&nbsp;<em>Les mauvaises langues<\/em>, CIBL-FM, 20 d\u00e9cembre 1987.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Chose certaine en tous cas, il y a des artistes qui travaillent et veulent continuer \u00e0 travailler ici, \u00e0 exercer un impact sur leur propre milieu, qui se r\u00e9signent mal \u00e0 voir la situation se d\u00e9grader et tentent toujours et malgr\u00e9 tout de r\u00e9agir. Et leur action se retourne en question adress\u00e9e \u00e0 toute la collectivit\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>Quelle place sommes-nous pr\u00eats \u00e0 accorder \u00e0 la production artistique actuelle&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, certains artistes qu\u00e9b\u00e9cois tentent d\u2019autres alternatives face \u00e0 cette situation. C\u2019est ce qu\u2019a fait ressortir l\u2019exposition&nbsp;<em>Profils<\/em>&nbsp;pr\u00e9sent\u00e9e du 7 novembre 1987 \u00e0 la Maison de la Culture C\u00f4te-des-Neiges par le conservateur et agent culturel de la Maison, Jean Paquin. Cette exposition avait l\u2019int\u00e9r\u00eat non seulement de montrer les \u0153uvres de 11 artistes qu\u00e9b\u00e9cois \u00e9tablis \u00e0 New York depuis un certain temps (entre 1 et 8 ans) mais aussi de faire r\u00e9fl\u00e9chir sur les motivations d\u2019un tel comportement dans le contexte <span style=\"white-space: nowrap;\">actuel<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-8\" href=\"#footnote-8\"><sup>8<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-8\"><a href=\"#fn-ref-8\"> 8 <\/a> - Les artistes participant \u00e0 l\u2019exposition sont : Perry Bard, Simon Cerigo, Michel Daigneault, Marvin Gasoi, Paul Hunter, Harlan Johnson, Jean-Marie Martin, Fran\u00e7ois Morelli, Marcel Saint-Pierre, Stephen Schofield, Yves Tessier. Une seule femme : l\u2019esprit de conqu\u00eate serait encore une qualit\u00e9 masculine!<\/span>. \u00c0 cet effet, une table-ronde avec huit des artistes participants \u00e9tait aussi organis\u00e9e le 14 novembre, \u00e0 la Maison de la Culture <span style=\"white-space: nowrap;\">toujours<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-9\" href=\"#footnote-9\"><sup>9<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-9\"><a href=\"#fn-ref-9\"> 9 <\/a> - Michel Daigneault, Paul Hunter, Harlan Johnson, Jean-Marie Martin, Fran\u00e7ois Morelli, Marcel Saint-Pierre, Stephen Schofield, Yves Tessier.<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019attarderai davantage ici aux propos des artistes eux-m\u00eames car ils peuvent nous laisser pour le moins sceptiques : il y est souvent question de \u00ab&nbsp;comp\u00e9tition&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;entreprise commerciale&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;concurrence&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;march\u00e9 concret&nbsp;\u00bb\u2026 On croirait entendre le discours de n\u2019importe quel commer\u00e7ant&nbsp;! Comme le r\u00e9sume l\u2019un d\u2019entre eux :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu sens que dans le milieu de l\u2019art, c\u2019est exactement pareil comme dans les autres milieux de concurrence commerciale [\u2026]. Il faut aller l\u00e0 comme quelqu\u2019un qui veut mettre en march\u00e9 quelque chose et qui doit se battre pour faire valoir son <span style=\"white-space: nowrap;\">produit<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-10\" href=\"#footnote-10\"><sup>10<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-10\"><a href=\"#fn-ref-10\"> 10 <\/a> - Propos de Marcel Saint-Pierre recueillis par Johanne Chagnon et Marie-Sylvie H\u00e9bert pour l\u2019\u00e9mission&nbsp;<em>Les mauvaises langues<\/em>, CIBL-FM, 22 novembre 1987.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019attendrait \u00e0 autre chose d\u2019une proposition artistique&nbsp;! Il me semble entendre C\u00e9line Dion chanter : \u00ab&nbsp;Incognito\/Je recommence ma vie \u00e0 z\u00e9ro&nbsp;\u00bb. C\u00e9line Dion \u00e0 qui on fait porter tous les espoirs qu\u00e9b\u00e9cois de carri\u00e8re internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Mis \u00e0 part ces consid\u00e9rations mercantiles, la distance aidant, la plupart de ces artistes s\u2019int\u00e9ressent quasi in\u00e9vitablement \u00e0 la question de leur identit\u00e9 personnelle et collective. Il semble qu\u2019en ce moment plusieurs sentent le besoin de mieux se d\u00e9finir en prenant un certain recul et en confrontant leur r\u00e9alit\u00e9 avec d\u2019autres, ce qui pourrait constituer un apport int\u00e9ressant. Ainsi, pour ne citer qu\u2019un exemple, Michel Daigneault mentionne :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il y a une sensibilit\u00e9 qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e au Qu\u00e9bec mais qui reste difficile \u00e0 nommer [\u2026]. Par exemple, si on regarde seulement la palette des couleurs des peintres qu\u00e9b\u00e9cois, il y a une sensibilit\u00e9 qui est tr\u00e8s particuli\u00e8re. Si on se pr\u00e9occupe de l\u2019espace, il y a un espace qui est tr\u00e8s particulier [\u2026]. C\u2019est des choses qu\u2019on sent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger beaucoup plous que quand on reste au Qu\u00e9bec [\u2026] les gens aux \u00c9tats-Unis peignent de fa\u00e7on <span style=\"white-space: nowrap;\">diff\u00e9rente<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-11\" href=\"#footnote-11\"><sup>11<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-11\"><a href=\"#fn-ref-11\"> 11 <\/a> - Propos recueillis lors de la table-ronde du 14 novembre 1987.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre il ajoute :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est de plus en plus important pour le Qu\u00e9bec de commencer \u00e0 s\u2019exporter, et cela se fait \u00e0 tous les niveaux. Il me semble que c\u2019est le seul moyen de vraiment vivre cette identit\u00e9 nationale, dans l\u2019exportation, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019acceptation \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, pour qu\u2019en revenant, par la suite, il y ait quelque chose qui se b\u00e2tisse <span style=\"white-space: nowrap;\">ici<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-12\" href=\"#footnote-12\"><sup>12<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-12\"><a href=\"#fn-ref-12\"> 12 <\/a> - Idem<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce bien dans cette optique que peut r\u00e9sider une alternative enrichissante&nbsp;? La question est pos\u00e9e mais attend sa r\u00e9ponse. Il faut mentionner que les artistes ne se rendent pas tous \u00e0 New York pouss\u00e9s par les m\u00eames raisons. Ainsi, Fran\u00e7ois Morelli se fout des bourses ou du march\u00e9 et veut d\u2019abord faire de l\u2019art, point. Il a choisi d\u2019enseigner et de travailler \u00e0 New York avec des gens qui ont critiqu\u00e9 le march\u00e9 d\u00e8s les ann\u00e9es 60 et continuent \u00e0 la critiquer, telle Allan Kaprow. Paul Hunter, quant \u00e0 lui, est guid\u00e9 par d\u2019autres objectifs :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Aussit\u00f4t qu\u2019on vient avec une identit\u00e9 culturelle, les gens nous voient venir avec nos sabots. Je pense que la meilleure mani\u00e8re, c\u2019est l\u2019infiltration. C\u2019est vrai que c\u2019est une entreprise commerciale. Les artistes ont peut-\u00eatre des bonnes intentions mais c\u2019est aussi un travail d\u2019\u00e9quipe, il y a des galeries <span style=\"white-space: nowrap;\">l\u00e0-dedans<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-13\" href=\"#footnote-13\"><sup>13<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-13\"><a href=\"#fn-ref-13\"> 13 <\/a> - Idem<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais New York n\u2019est pas un paradis facile d\u2019acc\u00e8s. Aucun des artistes pr\u00e9sents \u00e0&nbsp;<em>Profils<\/em>&nbsp;ne vit de son art \u00e0 New York. Il n\u2019y a que pour Paul Hunter que \u00e7a commence \u00e0 d\u00e9boucher : apr\u00e8s tout de m\u00eame huit ans de pied de grue devant les galeries, et un commentaire favorable d\u2019un critique du&nbsp;<em>New York Times<\/em>, l\u2019an dernier suite \u00e0 sa participation \u00e0 l\u2019exposition&nbsp;<em>Lumi\u00e8res<\/em>\u2026 du CIAC \u00e0\u2026 Montr\u00e9al! En ce qui concerne la situation p\u00e9nible des autres artistes, comme le souligne Harlan Johnson, l\u2019attrait du march\u00e9 \u00ab&nbsp;reste au niveau d\u2019un mythe <span style=\"white-space: nowrap;\">motivateur<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-14\" href=\"#footnote-14\"><sup>14<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-14\"><a href=\"#fn-ref-14\"> 14 <\/a> - Idem<\/span>&nbsp;\u00bb et ne correspond pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il n\u2019en demeure pas moins que l\u2019effet de stimulation offert par New York n\u2019est pas \u00e0 d\u00e9daigner. Jean Paquin, conservateur de&nbsp;<em>Profils<\/em>, per\u00e7oit la recherche de ces artistes comme un \u00e9l\u00e9ment positif au niveau individuel :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les gens qui vont \u00e0 New York ont le d\u00e9sir soit de produire quelque chose de diff\u00e9rent, soit de faire de nouvelles recherches ou m\u00eame d\u2019essayer de se retrouver eux-m\u00eames dans toute cette grande dimension qu\u2019est l\u2019art visuel en fait [\u2026]. Pour beaucoup de ces artistes, le fait qu\u2019il y ait une large concurrence les pousse \u00e0 travailler plus [\u2026]. New York peut permettre l\u2019\u00e9closion de diff\u00e9rentes formes d\u2019art, c\u2019est justement \u00e7a que la ville demande aux artistes : n\u2019essayez pas d\u2019\u00eatre confortables ou prudents dans ce que vous faites, essayer d\u2019innover et de confronter vos images, vos \u00e9motions. Il y a moins d\u2019interdits. L\u2019anonymat favorise peut-\u00eatre plus vite un renouvellement <span style=\"white-space: nowrap;\">formel<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-15\" href=\"#footnote-15\"><sup>15<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-15\"><a href=\"#fn-ref-15\"> 15 <\/a> - Propos recueillis lors d\u2019une entrevue r\u00e9alis\u00e9e par Johanne Chagnon et Marie-Sylvie H\u00e9bert \u00e0 l\u2019\u00e9mission&nbsp;<em>Les mauvaises langues<\/em>, CIBL-FM, 22 novembre 1987.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ressourcement&nbsp;? Perte d\u2019identit\u00e9&nbsp;? R\u00e9ussite financi\u00e8re&nbsp;? Il reste \u00e0 voir ce que cette aventure new-yorkaise peut nous apporter collectivement. Ici.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un peu au hasard de tous ces brassements que nous nous croiserons peut-\u00eatre au d\u00e9tour d\u2019une page\u2026<\/p>\n<div style='display: none;'>Comit\u00e9 de r\u00e9daction<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[],"numeros":[5438],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[],"artistes":[],"thematiques":[],"type_editoriaux":[],"class_list":["post-181042","editoriaux","type-editoriaux","status-publish","hentry","numeros-10-montrealites-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux\/181042","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/editoriaux"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/editoriaux"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=181042"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=181042"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=181042"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=181042"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=181042"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=181042"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=181042"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=181042"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=181042"},{"taxonomy":"type_editoriaux","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_editoriaux?post=181042"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}