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{"id":160558,"date":"2017-09-15T18:50:00","date_gmt":"2017-09-15T23:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/viva-arte-viva\/"},"modified":"2026-02-23T14:47:44","modified_gmt":"2026-02-23T19:47:44","slug":"viva-arte-viva","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/viva-arte-viva\/","title":{"rendered":"Viva Arte Viva"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>Sa volont\u00e9 de mettre en avant les artistes plut\u00f4t que les \u0153uvres est stimulante&nbsp;: la Biennale est faite \u00ab\u2009avec les artistes, par les artistes et pour les artistes, \u00e0 propos des formes qu\u2019ils proposent, des questions qu\u2019ils posent, des pratiques qu\u2019ils d\u00e9veloppent et des modes de vie qu\u2019ils <span style=\"white-space: nowrap;\">choisissent<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Christine Macel, <em>Viva Arte Viva<\/em>, 2017, &lt;www.labiennale.org\/en\/art\/exhibition\/macel\/&gt;.<\/span>\u2009\u00bb. Tout comme la reprise des cat\u00e9gories antiques de l\u2019<em>otium, <\/em>temps libre pouvant \u00eatre productif, et du <em>negotium, <\/em>temps des affaires, l\u2019est pour observer les contraintes qui p\u00e8sent sur les artistes dans un monde dirig\u00e9 par le profit. Comment le temps de la production, le temps de l\u2019\u0153uvre et, par extension, la vie de l\u2019artiste s\u2019imbriquent-ils\u2009? L\u2019artiste et l\u2019art peuvent-ils rester indemnes dans un monde qui <span style=\"white-space: nowrap;\">s\u2019acc\u00e9l\u00e8re<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Hartmut Rosa, <em>Acc\u00e9l\u00e9ration&nbsp;: Une critique sociale du temps<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, 2010.<\/span>\u2009? Des trans-pavillons dits \u00ab\u2009du commun\u2009\u00bb ou \u00ab\u2009de la Terre\u2009\u00bb, \u00e0 priori porteurs d\u2019un d\u00e9sir de mettre en discussion la n\u00e9cessit\u00e9 de construire un avenir acceptable, alternent avec des pavillons \u00e0 la th\u00e9matique plus difficile \u00e0 circonscrire comme le pavillon \u00ab\u2009des couleurs\u2009\u00bb, le pavillon \u00ab\u2009du temps et de l\u2019infini\u2009\u00bb ou encore celui \u00ab\u2009des artistes et des livres\u2009\u00bb, qui inaugure l\u2019exposition.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exposition commence avec une pi\u00e8ce connue de Mladen Stilinovi\u0107, <em>Artist at Work <\/em>(1978), plusieurs photographies de l\u2019artiste allong\u00e9, les yeux ouverts et fixes ou ferm\u00e9s, se tournant et se retournant dans son lit. Comme pour \u00e9viter le paradoxe qui consisterait \u00e0 parler des artistes d\u2019aujourd\u2019hui en commen\u00e7ant par une \u0153uvre datant de pr\u00e8s de 30 ans, une autre s\u00e9rie de 2011 figure \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u0153uvre historique&nbsp;: l\u2019artiste n\u2019y est plus allong\u00e9 dans un lit, mais sur un des bancs que l\u2019on met parfois \u00e0 la disposition des visiteurs fatigu\u00e9s dans les mus\u00e9es. Le choix de cet artiste pour inaugurer l\u2019exposition suscite des questions, d\u2019autant que la suite imm\u00e9diate de l\u2019exposition d\u00e9voile l\u2019atelier d\u2019une jeune artiste au travail (<em>The Sun, the Moon, and the Stars<\/em>, 2017). Dawn Kasper, n\u00e9e en&nbsp;1977, ayant de la difficult\u00e9 \u00e0 obtenir un espace de travail, s\u2019est mise \u00e0 s\u2019en constituer un dans les diff\u00e9rents lieux d\u2019exposition o\u00f9 elle est invit\u00e9e. Elle y est pr\u00e9sente durant toute la Biennale. L\u2019hyperdisponibilit\u00e9 d\u2019une artiste et l\u2019hypervisibilit\u00e9 de son lieu de travail, que les visiteurs press\u00e9s parcourent rapidement, contrastent avec le temps long et la paresse productive que d\u00e9fendait Stilinovi\u0107. L\u2019opposition entre l\u2019artiste r\u00eaveur qui se replie dans son atelier ou son lit pour construire son \u0152uvre dans une oisivet\u00e9 n\u00e9cessaire et productive et l\u2019artiste active hyperexpos\u00e9e qui produit dans l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de la consommation dialectise nettement le propos initial, m\u00eame si celui-ci tend \u00e0 donner une repr\u00e9sentation banale et caricaturale de l\u2019activit\u00e9 pr\u00e9suppos\u00e9e de l\u2019artiste.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Ernesto_Neto_Encounter-with-the-Huni-Kuin-scaled.jpg\" alt=\"Ernesto_Neto_Encounter with the Huni Kuin\" class=\"wp-image-160644\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Ernesto_Neto_Encounter-with-the-Huni-Kuin-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Ernesto_Neto_Encounter-with-the-Huni-Kuin-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Ernesto_Neto_Encounter-with-the-Huni-Kuin-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Ernesto_Neto_Encounter-with-the-Huni-Kuin-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Ernesto_Neto_Encounter-with-the-Huni-Kuin-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Ernesto_Neto_Encounter-with-the-Huni-Kuin-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Ernesto Neto<\/strong><br><em> Encounter with the Huni Kuin \u2014 Boa Dance conducted with the Huni Kuin<\/em>, 57<sup>e<\/sup>&nbsp;Biennale de Venise, 2017.<br>Photo&nbsp;: Jacopo Salvi, courtesy of La&nbsp;Biennale di Venezia<br><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est toutefois pas sur ce terrain que Macel va d\u00e9velopper son commissariat, mais plut\u00f4t sur un fond d\u2019utopies, parfois nostalgique des ann\u00e9es 1970. La joie et l\u2019espoir implicites du titre \u00ab\u2009Viva Arte Viva\u2009\u00bb semblent difficilement pouvoir d\u00e9passer les formes collectives et participatives de ces ann\u00e9es-l\u00e0 pour prendre une forme contemporaine&nbsp;: plusieurs \u0153uvres et trans-pavillons r\u00e9activent le chamanisme, les traditions et les rituels ou la mouvance hippie, empruntant au <em>do it yourself<\/em> de la couture et du tricot ou aux pratiques touchant \u00e0 un certain mysticisme, comme c\u2019est le cas des danses-th\u00e9rapies d\u2019Anna Halprin, de la tente cupixawa des tribus Huni Kuin dress\u00e9e par Ernesto Neto au milieu de l\u2019Arsenal dans laquelle les visiteurs peuvent se recueillir, ou encore de la proposition de David Medalla, qui consiste en un tissu participatif r\u00e9activ\u00e9 plusieurs fois sur lequel quiconque peut coudre une pens\u00e9e ou un petit objet. Les temps ne sont pas charg\u00e9s des m\u00eames utopies, cependant, si l\u2019on en juge au nombre de cartes de visite de professionnels de l\u2019art qui y ont \u00e9t\u00e9 cousues.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui aurait pu s\u2019affirmer autour d\u2019un choix politique fort avec des <em>trans<\/em>-pavillons dont le pr\u00e9fixe pouvait \u00eatre porteur d\u2019un espoir de changement salvateur s\u2019av\u00e8re une forme de cartographie r\u00e9ductrice tant les \u0153uvres choisies sont difficiles \u00e0 comprendre dans leur h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ou leur manque de contemporan\u00e9it\u00e9. Il y a bien des initiatives contemporaines \u2013 comme la proposition d\u2019Olafur Eliasson, <em>Green light, an artistic workshop<\/em>, atelier qu\u2019il a aussi r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 quelques reprises ailleurs qu\u2019\u00e0 la Biennale et qui consiste \u00e0 inviter des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 fabriquer des lampes qui seront vendues au profit d\u2019ONG \u0153uvrant pour eux \u2013, mais quelle port\u00e9e r\u00e9elle ce type d\u2019action peut-elle avoir au milieu du petit monde de l\u2019art contemporain\u2009? De m\u00eame, la volont\u00e9 de la commissaire g\u00e9n\u00e9rale d\u2019exhumer des artistes m\u00e9connus ou de donner la part belle \u00e0 des artistes morts brouille la port\u00e9e du message initial. Et l\u2019on se demande quels sont les motifs qui l\u2019ont amen\u00e9e, par exemple, \u00e0 consacrer une salle presque enti\u00e8re au travail sculptural de John Latham autour des livres.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull colored floating-legend-container is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1226\" height=\"1840\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Geoffrey-Farmer_A-way-out-the-mirror-1.jpg\" alt=\"Geoffrey Farmer_A way out the mirror\" class=\"wp-image-160650\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Geoffrey-Farmer_A-way-out-the-mirror-1.jpg 1226w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Geoffrey-Farmer_A-way-out-the-mirror-1-300x450.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Geoffrey-Farmer_A-way-out-the-mirror-1-600x900.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Geoffrey-Farmer_A-way-out-the-mirror-1-768x1153.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Geoffrey-Farmer_A-way-out-the-mirror-1-1023x1536.jpg 1023w\" sizes=\"auto, (max-width: 1226px) 100vw, 1226px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Geoffrey Farmer<\/strong><br><em>A way out the mirror<\/em>, installation view, Canadian pavilion, 57<sup>e<\/sup>&nbsp;Biennale de Venise, 2017.<br>Photo&nbsp;: Francesco Galli, courtesy of La&nbsp;Biennale di Venezia<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Le constat d\u2019un monde qui a perdu ses rep\u00e8res et qui peine \u00e0 trouver du sens se distille aussi dans les propositions des pavillons nationaux. Certains ont abord\u00e9 de mani\u00e8re frontale les questions politiques majeures de notre \u00e9poque comme celles des r\u00e9fugi\u00e9s, des dominations nationalistes ou des conflits. Ainsi, Carlos Amorales a cr\u00e9\u00e9, pour le pavillon mexicain, un langage abstrait autour du lynchage d\u2019une famille de migrants\u2009; le pavillon philippin permet de d\u00e9couvrir les peintures explicites de Manuel Ocampo illustrant les comparaisons entre \u00eatres humains sur lesquelles se fonde tout nationalisme\u2009; et le pavillon libanais revisite le dieu du soleil et de la justice avec une installation de Zad Moultaka sur la guerre. Plus globalement, un \u00ab\u2009esprit du temps\u2009\u00bb s\u2019instille ici ou l\u00e0. Le malaise s\u2019installe avec le pavillon italien et la proposition de Roberto Cuoghi sur le th\u00e8me de la croyance, grande installation aux odeurs f\u00e9tides semblable \u00e0 un tunnel futuriste gonflable dans lequel on conserverait quelques corps r\u00e9cemment d\u00e9terr\u00e9s. Des machines et des fours y permettent de cr\u00e9er des formes humaines d\u00e9charn\u00e9es, st\u00e9r\u00e9otypes de la figure du Christ les bras en croix \u2013 pr\u00e9texte de l\u2019artiste pour confronter les propri\u00e9t\u00e9s physiques des mat\u00e9riaux \u00e0 une r\u00e9flexion sur le r\u00f4le et la force de r\u00e9p\u00e9tition des images.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Le pavillon grec n\u2019est pas en reste avec une \u0153uvre intrigante de George Drivas, o\u00f9 une sc\u00e9nographie coercitive et gla\u00e7ante nous am\u00e8ne \u00e0 nous projeter dans une prise de d\u00e9cision \u00e9thique impossible. <em>Laboratory of Dilemmas<\/em> impose au&nbsp;visiteur de parcourir un labyrinthe ponctu\u00e9 de s\u00e9quences vid\u00e9os \u00e9nigmatiques autour des r\u00e9sultats d\u2019une exp\u00e9rience scientifique suppos\u00e9e dater des ann\u00e9es 1960&nbsp;: l\u2019apparition de cellules inattendues dans des tissus organiques natifs. Qu\u2019en faire\u2009? Responsabilit\u00e9s report\u00e9es sur d\u2019autres, mollesse dans l\u2019acceptation de l\u2019inhabituel\u2026 Inspir\u00e9e des <em>Suppliantes<\/em> d\u2019Eschyle, la proposition de Drivas fait \u00e9merger de fa\u00e7on m\u00e9taphorique la probl\u00e9matique des migrants dans le corps social.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_George-Drivas_Laboratory-of-Dilemmas2-1.jpg\" alt=\"George Drivas_Laboratory of Dilemmas\" class=\"wp-image-160654\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_George-Drivas_Laboratory-of-Dilemmas2-1.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_George-Drivas_Laboratory-of-Dilemmas2-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_George-Drivas_Laboratory-of-Dilemmas2-1-600x338.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_George-Drivas_Laboratory-of-Dilemmas2-1-768x432.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_George-Drivas_Laboratory-of-Dilemmas2-1-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>George Drivas<\/strong><br><em> Laboratory of Dilemmas<\/em>, video still, 2017.<br>Photo&nbsp;: \u00a9 George Drivas<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Cependant, l\u2019\u00ab\u2009esprit du temps\u2009\u00bb est surtout perceptible cette ann\u00e9e avec l\u2019artiste Anne Imhof qui propose, pour le pavillon allemand, une performance r\u00e9interpr\u00e9tant le mythe de Faust. Apr\u00e8s Tino Sehgal en 2005, l\u2019Allemagne refait le pari de la performance pour la repr\u00e9senter avec audace, choix qui lui a valu le Lion d\u2019or. M\u00eame s\u2019il ne semble se lire qu\u2019en pointill\u00e9 dans la pi\u00e8ce d\u2019Imhof, le mythe de Faust affleure dans les th\u00e9matiques de l\u2019\u00e9ternelle jeunesse, de l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 profiter de la vie, du d\u00e9s\u0153uvrement, du vide ou de la d\u00e9solation que la dizaine de performeurs incarnent avec force et persuasion. \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur du pavillon, un mur de grillage a \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 pour enfermer deux chiens de garde qui tournent en rond en attendant d\u2019entrer en sc\u00e8ne. Le malaise, voire l\u2019indignation de voir le vivant encore une fois mis en sc\u00e8ne sous pr\u00e9texte d\u2019exposition, d\u00e9j\u00e0 s\u2019installe. Le d\u00e9but de la pi\u00e8ce se fait par l\u2019accueil d\u2019un \u00eatre androgyne accroupi sur un pupitre en verre riv\u00e9 au mur \u00e0 hauteur du regard. On ne saurait dire dans un premier temps s\u2019il s\u2019agit d\u2019un autre \u00eatre vivant ou de la sculpture hyperr\u00e9aliste d\u2019un Ron Mueck. En progressant dans la grande salle, ce sont d\u2019autres individus en short et baskets qui nous toisent de leur regard p\u00e9trifiant, post\u00e9s en hauteur sur d\u2019autres pupitres ou les corniches du pavillon. Le casting implacable nous confronte \u00e0 ces jeunes gens au physique troublant, grands, athl\u00e9tiques, marmor\u00e9ens, qui semblent incapables du moindre sourire. L\u2019espace du pavillon a \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9 en deux, un plateau en verre transparent sur\u00e9l\u00e8ve les spectateurs d\u2019un bon m\u00e8tre. \u00c0 travers ce plateau, on aper\u00e7oit, r\u00e9partis aux quatre coins de la salle, des frondes, des balles de plomb, du coton, des serviettes \u00e9ponges, des matelas, des t\u00e9l\u00e9phones portables \u2013 attirail clinique qui fait penser \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9rations sur fond de guerre et de r\u00e9paration. Bient\u00f4t, ces \u00eatres qui nous surplombaient se glissent en dessous. L\u2019espace du bas devient alors \u00e0 la fois premier cercle des enfers et plafond de verre soudain litt\u00e9ral pour cette jeunesse d\u00e9sabus\u00e9e. Ils s\u2019adonnent alors \u00e0 des rituels qui nous \u00e9chappent, se battent, rampent, se mettent dans un coin pour tracer des traits sur un mur, l\u00e8chent les vitres sous nos pieds, ne communiquant entre eux que par SMS. Puis ils remontent sur la dalle en verre. Le jeu de dominants et de domin\u00e9s est \u00e0 pr\u00e9sent tangible&nbsp;: les visiteurs doivent se pousser pour laisser la place \u00e0 leurs mouvements et \u00e0 leurs cris apr\u00e8s les avoir surplomb\u00e9s ou m\u00eame pi\u00e9tin\u00e9s symboliquement, parfois sans s\u2019en rendre compte. L\u2019animal n\u2019est pas loin. Il faut passer un certain temps avec ces performeurs froids, presque inhumains, au regard \u00e0 la fois vide et inquisiteur, pour ressentir la dichotomie entre une libert\u00e9 possible et l\u2019enfermement qu\u2019ils s\u2019imposent \u2013 ou qu\u2019ils nous imposent.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Anne-Imhof_Faust-1-scaled.jpg\" alt=\"Anne Imhof_Faust\" class=\"wp-image-160648\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Anne-Imhof_Faust-1-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Anne-Imhof_Faust-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Anne-Imhof_Faust-1-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Anne-Imhof_Faust-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Anne-Imhof_Faust-1-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/91_HS01_Desmet_Anne-Imhof_Faust-1-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Anne Imhof<\/strong><br><em>Faust<\/em>, with Eliza Douglas and Lea Welsch, German pavilion, 57<sup>e<\/sup>&nbsp;Biennale de Venise, 2017.<br>Photo&nbsp;: \u00a9 Nadine Fraczkowski, courtesy of the artist and the German pavilion<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Lorsque l\u2019on sort de cet enfer, on d\u00e9couvre le pavillon canadien avec une proposition de Geoffrey Farmer, qui a litt\u00e9ralement fait exploser le toit du b\u00e2timent pour en faire sortir un geyser d\u2019eau puissant, symbole d\u2019un traumatisme familial. Le malaise est peu perceptible apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9rience et la force du pavillon allemand.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les incertitudes du monde auxquelles voulait r\u00e9pondre Macel sont repr\u00e9sent\u00e9es dans beaucoup de pavillons nationaux, c\u2019est dans le pavillon allemand que la traduction de l\u2019esprit du temps reste la plus radicale. Certains pavillons semblent en cons\u00e9quence ternes et bien moins g\u00e9n\u00e9reux quant \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience qu\u2019ils offrent, comme le pavillon propos\u00e9 par Xavier Veilhan, transform\u00e9 en studio d\u2019enregistrement qui accueille des instruments de musique et des outils professionnels. Dans ce cas, le visiteur ne fait pas d\u2019exp\u00e9rience, ne peut rien toucher\u2009; dans la meilleure des situations, il est r\u00e9duit \u00e0 regarder quelques musiciens tri\u00e9s sur le volet au travail, en veillant surtout \u00e0 ne pas les d\u00e9ranger. Et on se plait \u00e0 repenser \u00e0 Stilinovi\u0107, \u00e0 tout le potentiel et \u00e0 toute la richesse d\u2019une \u0153uvre qui, elle, donnait sa place \u00e0 une productivit\u00e9 non rentable.<\/p>\n<div style='display: none;'>Anne Imhof, Ernesto Neto, Geoffrey Farmer, George Drivas, Nathalie Desmet<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La 57e \u00e9dition de la Biennale de Venise, \u00ab\u2009Viva Arte Viva\u2009\u00bb a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 la Fran\u00e7aise Christine Macel, conservatrice du Centre Pompidou, \u00e0 Paris. Du parcours de celle-ci, on retient souvent l\u2019exposition \u00ab\u2009Dionysiac\u2009\u00bb r\u00e9alis\u00e9e en 2005 autour de la jouissance d\u00e9bordante de certains artistes face \u00e0 la vie. Si la commissaire a choisi, pour cette biennale, de remettre la vie au c\u0153ur du propos en faisant une exposition centr\u00e9e davantage sur les artistes que sur les \u0153uvres, le dionysiaque n\u2019apparait plus que comme une portion congrue dans l\u2019un des neuf \u00ab\u2009trans-pavillons\u2009\u00bb que la commissaire a construits pour rythmer l\u2019exposition principale \u00e0 \u00adl\u2019Arsenal et au pavillon central des [NOTE count=1]Giardini[\/NOTE][REF count=1]L\u2019un des trans-pavillons y fait explicitement r\u00e9f\u00e9rence\u00a0: The Dionysian Pavilion, d\u00e9di\u00e9 aux femmes artistes.[\/REF].<\/br>","protected":false},"author":1303,"featured_media":160652,"template":"","categories":[893],"numeros":[1707,2458],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[927],"artistes":[1784,2261,2262,2263],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[5940,5941],"class_list":["post-160558","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-off-feature","numeros-91-lgbt-en","numeros-91-lgbt","auteurs-nathalie-desmet-en","artistes-anne-imhof-en","artistes-ernesto-neto-en","artistes-geoffrey-farmer-en","artistes-george-drivas-en","type_hors-dossier-principal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/160558","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/160652"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=160558"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=160558"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=160558"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=160558"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=160558"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=160558"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=160558"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=160558"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=160558"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=160558"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}