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{"id":176729,"date":"2008-01-01T19:20:00","date_gmt":"2008-01-02T00:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/linclusion-par-linforme-documenta-12-kassel\/"},"modified":"2026-02-05T15:38:39","modified_gmt":"2026-02-05T20:38:39","slug":"linclusion-par-linforme-documenta-12-kassel","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/linclusion-par-linforme-documenta-12-kassel\/","title":{"rendered":"L\u2019inclusion par l\u2019informe\u202f: documenta 12, Kassel"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Une des pr\u00e9occupations actuelles des biennales en arts visuels est de ne pas renforcer le sch\u00e9ma du centre et de la p\u00e9riph\u00e9rie qui r\u00e9git encore les relations des pays entre eux. Cette pr\u00e9occupation cro\u00eet en m\u00eame temps que la mondialisation p\u00e9n\u00e8tre davantage les diff\u00e9rents secteurs de \u00adl\u2019activit\u00e9 humaine et que ses promesses d\u2019ouverture et \u00add\u2019interd\u00e9pendance ne se soldent souvent qu\u2019en une accentuation des in\u00e9galit\u00e9s sociales, culturelles et \u00e9conomiques. Aussi, en tant que grand, voire gigantesque, rendez-vous des arts visuels appel\u00e9 \u00e0 jouer le r\u00f4le de bar\u00e8me en leur mati\u00e8re, les \u00e9v\u00e9nements comme les biennales \u00adcherchent \u00e0 faire \u00e9tat d\u2019une repr\u00e9sentation internationale plus juste et, par \u00adcons\u00e9quent, \u00e0 remettre en question les exclusions d\u2019autrefois ou celles qui persistent aujourd\u2019hui. Pari audacieux s\u2019il en est, car le mode de diffusion, lui, reste en g\u00e9n\u00e9ral calqu\u00e9 sur le mod\u00e8le dominant h\u00e9rit\u00e9 du pass\u00e9, l\u2019id\u00e9e de r\u00e9unir les plus grands constitue souvent encore le credo des \u00e9v\u00e9nements d\u2019aspiration internationale.<\/pre>\n\n\n\n<p>C\u2019est justement \u00e0 l\u2019encontre de cette vision que la documenta 12 a voulu se d\u00e9finir cette ann\u00e9e. Dans la foul\u00e9e d\u2019Okwui Enwesor, directeur de l\u2019\u00e9dition de 2002, les approches postcolonialistes ont \u00e9t\u00e9 mises de l\u2019avant par les organisateurs, Roger M. Buergel et Ruth Noack, afin d\u2019attester de la pluralit\u00e9 des aires g\u00e9ographiques, rejetant le dualisme monolithique \u00adcentre-p\u00e9riph\u00e9rie. De l\u00e0, ils ont aussi voulu d\u00e9laisser la promotion de h\u00e9ros culturels, ces vedettes de la sc\u00e8ne artistique mondiale contemporaine, au profit des figures marginales, voire anonymes. Aussi, conforme sans doute avec ce changement de ton, des questions plut\u00f4t que des noms ont \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9es avant la tenue de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. D\u00e8s d\u00e9cembre 2005, trois leitmotiv ont ainsi \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s en guise d\u2019axes th\u00e9matiques pour pr\u00e9parer le terrain\u202f: <em>Notre modernit\u00e9 est-elle notre Antiquit\u00e9\u2009? Qu\u2019est-ce que la vie nue\u2009? \u00c9ducation\u202f: que faire\u2009?<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Weiwei_1001-Wooden-chairs.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176396\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Weiwei_1001-Wooden-chairs.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Weiwei_1001-Wooden-chairs-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Weiwei_1001-Wooden-chairs-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Weiwei_1001-Wooden-chairs-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Weiwei_1001-Wooden-chairs-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Weiwei_1001-Wooden-chairs-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Ai Weiwei<\/strong><br><em>1001 Wooden Chairs Qing Dynasty<\/em>, 2007.<br>Photo\u202f: \u00a9 Ai Weiwei, permission de la Galerie Urs Meile, P\u00e9kin-Lucerne<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Parmi ces interrogations, la premi\u00e8re renvoie, pr\u00e9cisait le directeur, au contexte dans lequel l\u2019\u00e9v\u00e9nement de la documenta a \u00e9merg\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale, afin de r\u00e9concilier l\u2019Allemagne post-nazie \u2013 une Allemagne qui avait go\u00fbt\u00e9 \u00e2prement aux affres de la modernit\u00e9 et qui se trouvait alors d\u00e9sillusionn\u00e9e \u2013 devant la modernit\u00e9 internationale. Aussi, la question <em>Notre modernit\u00e9 est-elle notre Antiquit\u00e9\u2009?<\/em> laisse entrevoir une position ambigu\u00eb face \u00e0 la modernit\u00e9, une situation qui se veut en dedans ou en dehors et, corollairement, une modernit\u00e9 \u00adtoujours en cours ou achev\u00e9e. La modernit\u00e9, tenait aussi \u00e0 rappeler le directeur, est \u00e9galement associ\u00e9e \u00e0 la domination de l\u2019Occident sur le monde et \u00e0 la colonisation dont la g\u00e9opolitique actuelle porte toujours les marques. D\u2019o\u00f9 encore le malaise face \u00e0 cette notion et la n\u00e9cessit\u00e9 de la soumettre \u00e0 la r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p>La solution propos\u00e9e par les organisateurs\u2009? Rapprocher, sans \u00addistinctions, des \u0153uvres issues d\u2019\u00e9poques et de pays des plus \u00addiversifi\u00e9s dans des espaces communs afin de r\u00e9v\u00e9ler, dit le dossier de presse, \u00ab\u202fla migration des formes\u202f\u00bb. L\u2019hypoth\u00e8se alors avanc\u00e9e est celle d\u2019un <sup>\u00ad<\/sup>mouvement de mondialisation qui aurait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la modernit\u00e9. Ainsi, un tapis anonyme du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle du nord-ouest de l\u2019Iran \u00e9tait tendu sur le mur derri\u00e8re une \u0153uvre r\u00e9cente de l\u2019artiste allemande Cosima Von Bonin, une installation m\u00ealant vocabulaires pop et minimaliste. Entre les deux, impossible de cerner un \u00e9cho formel\u2009; plus difficile encore de reconna\u00eetre une parent\u00e9 th\u00e9matique, un enjeu commun.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus de provoquer des rapprochements aussi d\u00e9tonnants, les organisateurs n\u2019ont pas voulu contextualiser les \u0153uvres ni les \u00adintroduire par des notions th\u00e9oriques, par crainte disaient-ils de \u00ab\u202ffixer\u202f\u00bb leur \u00adsignification et d\u2019emp\u00eacher les visiteurs d\u2019en faire pleinement \u00adl\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique. De fait, il n\u2019\u00e9tait pas surprenant de constater que les trois leitmotiv propos\u00e9s par les organisateurs ne r\u00e9sonnaient que de tr\u00e8s loin au sein de l\u2019exposition qui, de l\u00e0, \u00e9chouait \u00e0 d\u00e9montrer clairement son propos, ses intentions. Certes, les discussions \u00e0 caract\u00e8re th\u00e9orique, les d\u00e9bats et les r\u00e9flexions li\u00e9s aux \u0153uvres, ont n\u00e9anmoins eu lieu, mais en parall\u00e8le, dans une partie distincte de la <span style=\"white-space: nowrap;\">documenta-Halle<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Le premier espace de la documenta-Halle se voulait une aire de rencontre l\u00e0 o\u00f9 se tenaient r\u00e9guli\u00e8rement des discussions et des lectures avec de nombreux \u00adinvit\u00e9s au cours des semaines. Un volet \u00e9ducatif a fait \u00e9galement l\u2019objet de beaucoup \u00add\u2019attention et d\u2019une importante promotion tout au long de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/span>. Que comprendre alors du souhait formul\u00e9 par Buergel de concevoir l\u2019exposition comme un \u00ab\u202fm\u00e9dium\u202f\u00bb dans la mesure o\u00f9 il refuse de rendre \u00admanifeste la \u00adjustification qui sous-tend ses choix et l\u2019organisation des \u0153uvres ensemble\u2009? C\u2019est que, en pr\u00e9tendant que<em> \u00ab\u202f<\/em>la grande exposition n\u2019a pas de <span style=\"white-space: nowrap;\">forme\u202f<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - [&#8230;]<em> the big exibition as no form<\/em>. [Notre traduction] Roger M. Buergel et Ruth Noack, <em>documenta Kassel 16\/06 \u2013 23\/09 2007<\/em>, catalogue de l\u2019exposition, Kassel, documenta und Museum Fridericianum et \u00adVeranstaltungs-GmbH, 2007, p. 11.&nbsp;<\/span>\u00bb, il laisse entendre que la m\u00e9diation qu\u2019est l\u2019exposition n\u2019a pas \u00e0 afficher de \u00addirection. Mais ne pas avoir de forme n\u2019est-il pas d\u00e9j\u00e0 un parti pris\u2009? C\u2019en est un, justement, et il est d\u2019autant plus redoutable qu\u2019il pr\u00eate \u00e0 l\u2019art une certaine autonomie.<\/p>\n\n\n\n<p>Au mieux, ce parti pris conduisait effectivement \u00e0 d\u00e9senclaver certains r\u00e9flexes de r\u00e9ception chez les visiteurs, \u00e0 d\u00e9sarticuler \u00adcompl\u00e8tement l\u2019exposition comme r\u00e9cit structurant et structur\u00e9. Ainsi, les \u00e9l\u00e9ments construits de Charlotte Posenenske, les peintures formalistes <em>hard edge <\/em>de Poul Gernes et les sculptures minimalistes de John McCraken, toutes des \u0153uvres des ann\u00e9es 1960, se retrouvaient un peu partout dans les six lieux de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Le travail de ces artistes, forc\u00e9ment, b\u00e9n\u00e9ficiait alors de plusieurs \u00e9clairages, car chacun des contextes apportait des conditions de pr\u00e9sentations diff\u00e9rentes, exploitant ici l\u2019ambiance feutr\u00e9e d\u2019\u0153uvres anciennes ou r\u00e9centes, l\u00e0 le climat aust\u00e8re des murs sombres. Somme toute, cela d\u00e9montrait que le contexte de pr\u00e9sentation n\u2019est pas neutre, que chaque \u0153uvre voit sa port\u00e9e changer en fonction des autres qui partagent son espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Des \u0153uvres souffraient toutefois d\u2019une absence de pr\u00e9sentation, comme<em> The Zoo Story <\/em>(2007) de Peter Friedl. Il s\u2019agit d\u2019une girafe empaill\u00e9e qui vient du zoo de Qalquiliyah o\u00f9 elle a soudainement trouv\u00e9 la mort le 2 ao\u00fbt 2002 lorsque l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne a envahi la ville dans la foul\u00e9e de la Seconde Intifada. Sans cette mise en contexte, le spectateur passera \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des enjeux sociopolitiques rattach\u00e9s \u00e0 cette \u0153uvre. Si le <span style=\"white-space: nowrap;\">catalogue<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Le catalogue ne r\u00e9serve que quelques lignes pour une s\u00e9lection des \u0153uvres \u00adpr\u00e9sent\u00e9es, lesquelles suivent, par ordre chronologique et alphab\u00e9tique, le bref mot d\u2019introduction des organisateurs. \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, la r\u00e9flexion th\u00e9orique a plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e au sein du projet <em>documenta magazines<\/em> pilot\u00e9 par Georg Sch\u00f6llhammer. \u00c0 travers un site Internet et trois publications papier, <em>documenta magazines<\/em> a mis en r\u00e9seau une centaine de revues d\u2019horizons diff\u00e9rents et leur auteurs. En cela, les commissaires d\u00e9l\u00e9guaient et d\u00e9centralisaient la direction th\u00e9orique de \u00adl\u2019\u00e9v\u00e9nement. http:\/\/magazines.documenta.de\/frontend\/.<\/span> fournit l\u2019explication, il reste que l\u2019audioguide, lequel est d\u00e9sormais l\u2019outil d\u2019information le plus souvent emprunt\u00e9 par les visiteurs, se taisait sur le sujet. Dans cette bande <span style=\"white-space: nowrap;\">sonore<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Disponible sur le site web de l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u202f: www.documenta.de.<\/span>, l\u00e0 o\u00f9, finalement, Buergel se commet en assumant la narration de l\u2019exposition, il dit pr\u00e9f\u00e9rer ne pas commenter du tout cette girafe, sinon de faire remarquer qu\u2019elle s\u2019harmonise avec le motif fleuri du tapis iranien \u00e0 proximit\u00e9\u2009!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176394\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Guy Tillim<\/strong><br><em>Congo Democratic<\/em>, Kinshasa, 2006.<br>Photos\u202f: \u00a9 Guy Tillim, permission de Michael Stevenson Gallery<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176392\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Tillim_Congo-Democratic-2-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-militantisme-d-hier-et-d-aujourd-hui\">Militantisme d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui<\/h2>\n\n\n\n<p>Du reste, parmi les pr\u00e9occupations partag\u00e9es par les artistes de cette documenta, le conflit isra\u00e9lo-palestinien ressortait d\u00e8s lors comme une des composantes qui faisait la coh\u00e9rence de l\u2019exposition. Cela se \u00adtraduisait notamment par plusieurs photographies de type \u00addocumentaire ou journalistique, lesquelles se tournaient aussi vers d\u2019autres coins du monde, comme l\u2019Afrique du Sud avec David Goldblatt et la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo avec Guy Tillim dont la s\u00e9rie d\u2019images en couleur s\u2019arr\u00eatent sur les premi\u00e8res \u00e9lections libres pr\u00e9sidentielle et parlementaire en 40 ans avec des cadrages judicieusement d\u00e9cal\u00e9s par rapport \u00e0 l\u2019action, r\u00e9v\u00e9lant une violence sourde.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019Argentine et son contexte sociopolitique de la fin des ann\u00e9es 1960 qui sont pris en compte avec le projet du Grupo de Artistas de Vanguardia, un collectif d\u2019activistes qui ont d\u00e9nonc\u00e9 la paup\u00e9risation de la province de Tucum\u00e1n \u00e0 la suite de la fermeture de l\u2019usine de sucre. Photographies noir et blanc, articles de journaux et banderoles arborant des slogans qui constituaient l\u2019exposition<em> Tucum\u00e1n Arde<\/em> de 1968 sont repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 Kassel en 2007. Si cela a l\u2019avantage de faire conna\u00eetre l\u2019art d\u2019avant-garde argentin, qui en est un politique, social et communautaire, l\u2019exposition actuelle tente aussi d\u2019aller plus loin avec un texte de pr\u00e9sentation \u2013 un des rares \u00e0 accompagner les \u0153uvres dans les salles d\u2019exposition \u2013 de Graciela Carnevale, membre du collectif, qui soul\u00e8ve une r\u00e9flexion sur le statut des archives et des documents entourant les interventions artistiques de cette nature.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, et c\u2019\u00e9tait l\u00e0 un bon coup des organisateurs, la \u00adpr\u00e9sence tout au long de l\u2019exposition d\u2019\u0153uvres moins r\u00e9centes exploitant les \u00adstrat\u00e9gies du photomontage, du documentaire et de \u00adl\u2019appropriation \u00add\u2019images \u00adm\u00e9diatiques donnait un arri\u00e8re-plan historique aux \u00adrepr\u00e9sentations artistiques r\u00e9centes consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019actualit\u00e9. C\u2019est ainsi qu\u2019il fallait (re)voir l\u2019excellente s\u00e9rie de Martha Rosler, <em>The Bowery in two inadequate descriptive systems <\/em>(1974-1975). Cette \u0153uvre, \u00e0 elle seule, faisait la brillante d\u00e9monstration que les mots et les images sont des syst\u00e8mes de repr\u00e9sentations toujours inad\u00e9quats, c\u2019est-\u00e0-dire des m\u00e9diatisations forc\u00e9ment d\u00e9pourvues de neutralit\u00e9, qui d\u00e9coupent la r\u00e9alit\u00e9, en fait, qui la construisent. Notable d\u2019ailleurs pour cette \u00e9dition, la pr\u00e9sence de nombreuses femmes artistes qui ont marqu\u00e9 par leurs travaux les ann\u00e9es 1960 \u00e0 1980, telles que Lee Lozano, Louise Lawler, Tanaka Atsuko, Trisha Brown, Jo Spence et Mary Kelly. Heureusement, avec des \u0153uvres, entre autres, de M\u00e1ria Bartuszov\u00e1, des sculptures d\u2019all\u00e9geance surr\u00e9aliste \u00e0 rapprocher de celles de Louise Bourgeois, et de Lotty Rosenfeld, des interventions activistes dans l\u2019espace public \u00e0 Santiago de Chili, l\u2019expo faisait aussi place \u00e0 des figures en marge de l\u2019histoire officielle des d\u00e9cennies en question.<\/p>\n\n\n\n<p>Si plusieurs \u0153uvres s\u2019attardaient sur le sort des \u00adlaiss\u00e9s-\u00adpour-compte, d\u2019autres, \u00e9galement r\u00e9ussies, questionnaient des pratiques de la manipulation de l\u2019information, un th\u00e8me en phase avec l\u2019actualit\u00e9. Il en \u00e9tait ainsi de l\u2019installation <em>Phantom Truck <\/em>(2007) de I\u00f1igo Manglano-Ovalle avec sa r\u00e9plique grandeur nature d\u2019un camion contenant des armes de destruction massive d\u00e9crit en 2003 par le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat am\u00e9ricain Collin Powell aux Nations Unies pour justifier une intervention militaire en Irak. Tout en noir, pr\u00e9sent\u00e9 dans une salle peinte en noir et plong\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9, le dispositif, malgr\u00e9 ses dimensions imposantes, donnait l\u2019impression d\u2019\u00eatre un fant\u00f4me dont la pr\u00e9sence se sent, mais ne peut pas \u00eatre prouv\u00e9e. Cela traduisait alors efficacement le travail de mystification fait autour des armes en question, desquelles finalement il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible de dire qu\u2019elles avaient vraiment exist\u00e9. Commentant \u00e9galement une certaine culture du secret et du complot, l\u2019\u0153uvre <em>Top Secret <\/em>(1989) du Bulgare Nedko Solakov retenait aussi l\u2019attention. L\u2019artiste a r\u00e9uni et reproduit sur fiches les faits, chroniques, anecdotes autour de son travail d\u2019informateur pour les services secrets bulgares lorsqu\u2019il \u00e9tait jeune, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Tandis que le fichier de style vieillot se trouvait sous verre, une vid\u00e9o montrait l\u2019artiste relatant le contenu des fiches\u2009; par l\u2019esbroufe et l\u2019humour, l\u2019\u0153uvre d\u00e9samorce la rigidit\u00e9 du syst\u00e8me bureaucratique communiste tout en prenant appui sur l\u2019h\u00e9ritage conceptualiste.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1292\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Fairytale-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176388\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Fairytale-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Fairytale-scaled-300x202.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Fairytale-scaled-600x404.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Fairytale-768x517.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Fairytale-1536x1033.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Fairytale-2048x1378.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Ai Weiwei<\/strong><br><em>Fairytale<\/em>, 2007.<br>Photo\u202f: \u00a9 Julia Zimmermann et documenta GmbH, permission de la Galerie Urs Meile, P\u00e9kin-Lucerne, parrain\u00e9 par la Fondation Leister et la Fondation Erlenmyer, Suisse<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Dias-Riedweg_Voracidad-maxima-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176386\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Dias-Riedweg_Voracidad-maxima-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Dias-Riedweg_Voracidad-maxima-scaled-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Dias-Riedweg_Voracidad-maxima-scaled-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Dias-Riedweg_Voracidad-maxima-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Dias-Riedweg_Voracidad-maxima-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC01_Kassel_Dias-Riedweg_Voracidad-maxima-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Dias &amp; Riedweg<\/strong><br><em>Voracidad M\u00e1xima<\/em>, 2003.<br>Photo\u202f: \u00a9 Dias &amp; Riedweg, permission de la Galerie Vermelho, Sao Paulo, Galerie Filomena Soares, Lisbone &amp; Mus\u00e9e d\u2019art contemporain de Barcelone<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Nettement moins nombreuses que lors de l\u2019\u00e9dition de 2002, les vid\u00e9os, par ailleurs, constituaient les \u0153uvres \u00e0 ne pas manquer de cette documenta. De plus, il s\u2019agissait souvent de pr\u00e9sentations in\u00e9dites, comme celle d\u2019Harun Farocki, de James Coleman et de Dias &amp; Riedweg \u2013 dont on pouvait voir aussi l\u2019excellent <em>Voracidad M\u00e1xima <\/em>(2003) \u2013 avec <em>Funk Staden <\/em>(2007). Compos\u00e9e de trois \u00e9crans, l\u2019installation vid\u00e9o pose un parall\u00e8le entre les r\u00e9cits d\u2019exploration de Hans Staden, n\u00e9 et mort \u00e0 Kassel au 16<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, relatant les pratiques anthropophagiques des Tupinamb\u00e1s, tribus guerri\u00e8res d\u2019Amazonie, et des rituels actuellement pratiqu\u00e9s dans les favelas de Rio de Janeiro. Une autre vid\u00e9o \u00adremarquable, celle d\u2019Artur Zmijewski intitul\u00e9e<em> Them <\/em>(2007). De facture \u00addocumentaire, l\u2019\u0153uvre \u00admontre le d\u00e9roulement d\u2019un atelier organis\u00e9 par l\u2019artiste en Pologne au cours duquel il a r\u00e9uni quatre groupe d\u2019all\u00e9geances politiques et \u00adid\u00e9ologiques diff\u00e9rentes. Pendant les semaines o\u00f9 ils se rencontrent, les participants sont appel\u00e9s \u00e0 confronter leurs id\u00e9es par l\u2019entremise de slogans et de repr\u00e9sentations qu\u2019ils auront fabriqu\u00e9s. L\u2019atelier tourne mal lorsque les tensions sont aviv\u00e9es par le durcissement des positions de chacun. M\u00eame symbolique, la violence qui est expos\u00e9e au sein de la bulle cr\u00e9\u00e9e par l\u2019artiste traduit de mani\u00e8re troublante celle qui rugit \u00adsournoisement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la soci\u00e9t\u00e9 polonaise et, s\u00fbrement aussi, de plusieurs autres soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux c\u00f4t\u00e9s de la vid\u00e9o, plus nombreux \u00e9taient les peintures sur b\u00e2ches, les dessins, les \u0153uvres textiles et les broderies, une dominante certaine de cette \u00e9dition qui, en int\u00e9grant des \u0153uvres d\u2019Asie et d\u2019Inde dat\u00e9es du 17<sup>e<\/sup> ou du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, mais aussi des plus r\u00e9centes, ouvrait la porte \u00e0 des pratiques artistiques traditionnelles, voire artisanales. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 un choix qui pouvait \u00eatre instructif, mais pas toujours des plus \u00adstimulants. \u00c9vitait cet \u00e9cueil <em>Recording 2006, chang\u2019an street<\/em> (2006), une \u0153uvre du Chinois Lu Hao qui combine strat\u00e9gie conceptuelle et peinture r\u00e9aliste bas\u00e9e sur une technique traditionnelle chinoise. L\u2019artiste a peint \u00e0 l\u2019encre sur soie les b\u00e2timents qui se trouvent sur la rue <em>chang\u2019an<\/em> qui traverse Beijing et qui s\u00e9pare la Cit\u00e9 interdite de la Place Tian\u2019anmen. D\u2019une grande minutie, les dessins juxtapos\u00e9s en frise font voir les transformations rapides de Beijing et l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des nouvelles constructions depuis que la ville a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e pour les Jeux Olympiques de 2008.<\/p>\n\n\n\n<p>Entrem\u00ealant aussi tradition et modernit\u00e9, et en cela peut-\u00eatre, r\u00e9pondant \u00e9loquemment \u00e0 un des leitmotiv de la documenta \u00e9nonc\u00e9 plus haut, l\u2019artiste chinois Ai Weiwei a r\u00e9alis\u00e9 une installation surprenante \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du Pavillon-Aue \u00e0 partir de composantes architecturales abandonn\u00e9es, des portes et des fen\u00eatres issues de la destruction des temples chinois des dynasties Ming et Qing. \u00c0 la plus grande satisfaction de \u00adl\u2019artiste, l\u2019installation de 12 m\u00e8tres de haut s\u2019est effondr\u00e9e au sol apr\u00e8s le passage d\u2019une temp\u00eate au d\u00e9but de la <span style=\"white-space: nowrap;\">documenta<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - AFP, \u00ab\u202fUne \u0153uvre de Ai Weiwei \u00e0 la Documenta s\u2019effondre sous la temp\u00eate\u202f\u00bb, www.aujourdhuilachine.com\/article.asp?IdArticle=3475.<\/span>. Entre affaissement et \u00e9volution vers le ciel, la structure semblait alors battre l\u2019air de ses lourds volets de bois comme si le caract\u00e8re monumental de l\u2019architecture \u00adtraditionnelle et l\u2019\u00e9tat actuel de ruine et de vestige coexistaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est somme toute pour une Chine tourn\u00e9e vers l\u2019avenir que parlait l\u2019artiste avec son autre projet r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre de la \u00addocumenta,<em> Fairytale<\/em> (2007), dont le titre fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u0153uvre des fr\u00e8res Grimm auquel Kassel a consacr\u00e9 un mus\u00e9e. C\u2019est qu\u2019Ai Weiwei a voulu donner des airs de contes \u00e0 la vie de 1001 Chinois jamais sortis de leur pays, en les invitant \u00e0 s\u00e9journer dans la ville de la documenta durant une partie de \u00adl\u2019\u00e9v\u00e9nement. Pour chacun de ces visiteurs pas ordinaires dont la \u00adport\u00e9e d\u2019un d\u00e9placement n\u2019a rien de simple ou de banal, l\u2019artiste avait plac\u00e9 une chaise chinoise traditionnelle en bois dans les espaces d\u2019exposition. Comme des t\u00e9moins d\u2019un autre temps, ces pr\u00e9sences anachroniques \u00e9taient notamment dispos\u00e9es en rang\u00e9es dans la seule pi\u00e8ce aux murs blancs, dans le Pavillon-Aue. Des places qu\u2019il fallait absolument essayer pour changer de position, au sens figur\u00e9, mais aussi litt\u00e9ralement, en se retrouvant face \u00e0 l\u2019unique fen\u00eatre de l\u2019\u00e9v\u00e9nement ouverte vers \u00adl\u2019ext\u00e9rieur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 quelques dispositions fort aga\u00e7antes dans la conception de l\u2019ensemble de l\u2019exposition, cette \u00e9dition de la documenta aura finalement montr\u00e9 le souci de pr\u00e9senter quelques \u0153uvres exigeantes et pris le risque de trancher avec le c\u00f4t\u00e9 <em>glamour<\/em> attendu parfois de ces \u00e9v\u00e9nements de grande envergure.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Ai Weiwei, Dias &amp; Riedweg, Guy Tillim, Marie-\u00c8ve Charron<\/div>\n<div style='display: none;'>Ai Weiwei, Dias &amp; Riedweg, Guy Tillim, Marie-\u00c8ve Charron<\/div>\n<div style='display: none;'>Ai Weiwei, Dias &amp; Riedweg, Guy Tillim, Marie-\u00c8ve Charron<\/div>\n<div style='display: none;'>Ai Weiwei, Dias &amp; Riedweg, Guy Tillim, Marie-\u00c8ve Charron<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":176390,"template":"","categories":[281,893],"numeros":[4171],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[2242],"artistes":[1961,4195,4196],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[],"class_list":["post-176729","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-off-feature","numeros-62-fear-ii","statuts-archive","auteurs-marie-eve-charron-en","artistes-ai-weiwei-en","artistes-dias-riedweg-en","artistes-guy-tillim-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/176729","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/176390"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=176729"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=176729"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=176729"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=176729"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=176729"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=176729"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=176729"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=176729"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=176729"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=176729"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}