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{"id":176733,"date":"2008-01-01T19:15:00","date_gmt":"2008-01-02T00:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/dedales-fatras-depouilles-quelques-trajets-dans-la-52-biennale-de-venise\/"},"modified":"2026-02-06T09:23:15","modified_gmt":"2026-02-06T14:23:15","slug":"dedales-fatras-depouilles-quelques-trajets-dans-la-52-biennale-de-venise","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/dedales-fatras-depouilles-quelques-trajets-dans-la-52-biennale-de-venise\/","title":{"rendered":"D\u00e9dales, fatras, d\u00e9pouilles\u202f: quelques trajets dans la 52<sup>e<\/sup>\u2009\u2009Biennale de Venise"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Commen\u00e7ons par un aveu\u202f: il \u00e9tait bien difficile de trouver quelque fil d\u2019Ariane dans la r\u00e9cente Biennale de Venise, profuse \u00e0 souhait. Trente pavillons nationaux sur les sites <span style=\"white-space: nowrap;\">consacr\u00e9s<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Aux pavillons des Giardini s\u2019ajoutant pour cette \u00e9dition ceux de la Chine, de \u00adl\u2019Afrique, de l\u2019Italie et de la Turquie \u00e0 l\u2019Arsenale.<\/span>, 75 artistes et collectifs \u00e0 \u00adl\u2019Arsenale et dans le pavillon italien (soit l\u2019exposition du \u00adcommissaire de cette \u00e9dition, l\u2019Am\u00e9ricain Robert Storr), sans compter les 26 \u00adrepr\u00e9-\u00adsentations d\u2019\u00c9tats et les 34 \u00e9v\u00e9nements parall\u00e8les diss\u00e9min\u00e9s dans la ville\u202f: non contente de multiplier les niveaux d\u2019embo\u00eetement, cette exposition gigogne essaime \u00e0 travers tout le territoire de la S\u00e9r\u00e9nissime. Comme si cette Biennale multiple et tentaculaire redoublait par sa \u00adpl\u00e9thore le plan labyrinthique de la cit\u00e9 o\u00f9 elle se tient.&nbsp;<\/pre>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9mesure ne g\u00eanerait pas si on sentait l\u2019\u00e9v\u00e9nement anim\u00e9 d\u2019une parole singuli\u00e8re, habit\u00e9 par la volont\u00e9 d\u2019\u00e9laborer une hypoth\u00e8se sur la production actuelle\u2009; or il manque justement \u00e0 cette Biennale un ton qui lui donnerait son souffle propre. En r\u00e9sulte une vari\u00e9t\u00e9 de bon aloi, propice au consensus plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la ferveur ou \u00e0 l\u2019acuit\u00e9 du choc, qui ne privil\u00e9gie nulle tendance ni ne risque aucune interpr\u00e9tation du pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, le mot du commissaire \u2013 laisser parler les \u0153uvres elles-m\u00eames au sein du m\u00e9dium de l\u2019exposition \u2013 est peu utile, renvoyant le spectateur \u00e0 sa propre capacit\u00e9 de les rencontrer sans lui fournir \u00adbeaucoup de cl\u00e9s. Comme si Storr feignait d\u2019oublier que s\u2019interpose toujours, entre le spectateur et les \u0153uvres expos\u00e9es, la <em>pr\u00e9sentation<\/em> m\u00eame de ces \u0153uvres en tant qu\u2019elle est agencement et donc m\u00e9diation. Le titre de \u00adl\u2019\u00e9v\u00e9nement, <em>Think with the Senses, Feel with the Mind <\/em>\u2013 formule frisant le slogan \u00adpublicitaire qui incite \u00e0 nous m\u00e9fier de la dichotomie entre \u00adplaisir \u00adesth\u00e9tique et pens\u00e9e critique \u2013 ne saurait pr\u00e9tendre \u00e0 la nouveaut\u00e9 ni suppl\u00e9er \u00e0 une n\u00e9cessaire position \u00e9ditoriale sur l\u2019art aujourd\u2019hui. Les choix se r\u00e9v\u00e8lent assez convenus et l\u2019exposition, au final, d\u00e9cevante\u202f: trop de redites ou de valeurs s\u00fbres diluent l\u2019\u00e9clat des \u0153uvres fortes et des \u00adbonnes surprises (puisqu\u2019il y en avait, tout de m\u00eame), et le fr\u00e9missement du \u00adpr\u00e9sent pourtant annonc\u00e9 par le sous-titre (<em>Art in the present tense<\/em>) peine \u00e0 se faire sentir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1439\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Altmejd_The-Index-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176398\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Altmejd_The-Index-scaled.jpg 1439w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Altmejd_The-Index-scaled-300x400.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Altmejd_The-Index-scaled-600x801.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Altmejd_The-Index-768x1025.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Altmejd_The-Index-1151x1536.jpg 1151w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Altmejd_The-Index-1535x2048.jpg 1535w\" sizes=\"auto, (max-width: 1439px) 100vw, 1439px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>David Altmejd<\/strong><br><em>The Index<\/em>, Biennale de Venise, 2007. <br>Photo\u202f: Ellen Page Wilson, Galerie de l\u2019UQAM \u00a9 David Altmejd, permission de Andrea Rosen Gallery, New York et Stuart Shave\/Modern Art, Londres<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cette curieuse inactualit\u00e9 de la Biennale r\u00e9sulte aussi de la s\u00e9lection des \u0153uvres, qui remontent jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1990 et 1980. Le pavillon des \u00c9tats-Unis, tout entier consacr\u00e9 \u00e0 un artiste d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1996, Felix Gonzalez-Torres, est exemplaire \u00e0 ce propos. Certes, les piles et les tas de l\u2019Am\u00e9ricain d\u2019origine cubaine choisis par la commissaire Nancy Spector trouvent une actualit\u00e9 renouvel\u00e9e en m\u00eame temps qu\u2019ils se voient \u00adconsacr\u00e9s comme des classiques\u202f: pr\u00e8s de 20 ans apr\u00e8s leur \u00adcr\u00e9ation,<em> Veteran\u2019s Day Sale et Memorial Day Weekend<\/em> font r\u00e9sonner de fa\u00e7on \u00adpercutante l\u2019accent martial de l\u2019actuelle politique am\u00e9ricaine, rappelant combien la d\u00e9f\u00e9rence aux anciens combattants se pr\u00eate ais\u00e9ment \u00e0 l\u2019exploitation id\u00e9ologique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais malgr\u00e9 tout l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u0153uvre de Gonzalez-Torres, que ne manque pas de confirmer cette exposition, privil\u00e9gier ainsi la repr\u00e9sentation d\u2019un travail pass\u00e9 au d\u00e9triment d\u2019une cr\u00e9ation actuelle est une \u00adstrat\u00e9gie qui \u00e9tonne dans le contexte d\u2019une biennale. Ce parti pris traduit-il une difficult\u00e9 \u00e0 rep\u00e9rer des tendances \u00e9mergentes\u2009? T\u00e9moigne-t-il d\u2019une frilosit\u00e9 face au pr\u00e9sent (o\u00f9 en est par exemple la cr\u00e9ation \u00e9tats-unienne contemporaine)\u2009? Ou s\u2019agit-il plut\u00f4t d\u2019assumer le fait que tout pr\u00e9sent s\u2019\u00e9tend aussi dans un pass\u00e9 qu\u2019il r\u00e9active et r\u00e9invente, si bien que le commissaire serait d\u00e9sormais en droit de pr\u00e9senter des \u0153uvres d\u2019avant-hier (comme le fait aussi Roger M. Buergel dans la documenta 12 qu\u2019il signe)\u2009? Sans \u00advouloir trancher, on notera que si la marge de man\u0153uvre du \u00adcommissaire de \u00ab\u202fgrande exposition\u202f\u00bb s\u2019accro\u00eet, en revanche la sp\u00e9cificit\u00e9 de sa \u00adcontribution (l\u2019exposition d\u2019art vivant ou actuel), se r\u00e9duit face \u00e0 celle de l\u2019exposition de vocation mus\u00e9ale.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019inactualit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement concerne aussi sa situation de \u00adcommunication\u202f: en diss\u00e9minant dans la cit\u00e9 plusieurs de ses \u00adexpositions, la Biennale donne \u00e0 voir des \u0153uvres certes adapt\u00e9es \u00e0 leur lieu de \u00adpr\u00e9sentation pour l\u2019occasion mais, curieusement, peu d\u2019artistes ont saisi l\u2019occasion de travailler la r\u00e9alit\u00e9 sociale de la ville, d\u2019aller \u00e0 la rencontre de Venise elle-m\u00eame. Si l\u2019art est partout dans cette ville, sur ses <em>campos <\/em>comme dans ses palais\u2009; la ville, elle, est paradoxalement absente des \u0153uvres. Venise est bel et bien exploit\u00e9e, mais comme \u00e9crin ou comme sc\u00e8ne, et nullement comme sujet ou interlocutrice\u202f: les \u0153uvres s\u2019y \u00admontrent sans la regarder ni engager de dialogue avec elle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la d\u00e9charge du commissaire, on doit remarquer qu\u2019un autre signe sugg\u00e8re la complexit\u00e9, sinon de la production actuelle, du moins du r\u00e9el qu\u2019affrontent les artistes\u202f: la r\u00e9currence des figures du labyrinthe et de l\u2019accumulation, de la liste et de l\u2019entropie, qui connotent un certain \u00add\u00e9sordre du monde ou du moins une difficult\u00e9 \u00e0 le lire et \u00e0 s\u2019y orienter. \u00c0 partir de ces lignes de force, nullement exclusives il va sans dire, il est possible de tracer quelques trajectoires au sein de la Biennale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Zhenzhong_I-will-die-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176406\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Zhenzhong_I-will-die-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Zhenzhong_I-will-die-scaled-300x169.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Zhenzhong_I-will-die-scaled-600x338.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Zhenzhong_I-will-die-768x432.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Zhenzhong_I-will-die-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Zhenzhong_I-will-die-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Yang Zhenzhong<\/strong><br><em>I Will Die<\/em>, Biennale de Venise, 2007.<br>Photo\u202f: \u00a9 Yang Zhenzhong, permission de Yang Zhenzhong<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Labyrinthes<\/h2>\n\n\n\n<p>On trouve ainsi un exemple litt\u00e9ral de d\u00e9dale dans le <em>Palais des glaces et de la d\u00e9couverte<\/em> d\u2019\u00c9ric Duyckaerts, qui transforme le pavillon de Belgique en un labyrinthe de verre et de miroirs o\u00f9 le spectateur doit s\u2019orienter pour visionner des extraits de ses conf\u00e9rences-performances dans de petits moniteurs vid\u00e9o. \u00c9minent repr\u00e9sentant de l\u2019humour belge, Duyckaerts est un clown grave qui adopte la <em>persona<\/em> du professeur \u00adc\u00e9r\u00e9bral\u202f: il progresse dans ses conf\u00e9rences en \u00e9quilibriste entre \u00e9lucubration bouffonne et ma\u00eetrise habile de savantes notions th\u00e9oriques. Car ce <em>Palais des glaces<\/em> est aussi un labyrinthe de mots, celui des propos de l\u2019artiste qui d\u00e9balle le plus s\u00e9rieusement du monde th\u00e9ories \u00e9chevel\u00e9es et d\u00e9veloppements d\u00e9lirants, o\u00f9 l\u2019auditeur m\u00eame le plus attentif est assur\u00e9 de perdre pied. Duyckaerts redouble ainsi la signification \u00adsymbolique du motif (le labyrinthe, m\u00e9taphore de l\u2019acc\u00e8s au savoir) par la pragmatique de r\u00e9ception de l\u2019\u0153uvre (le labyrinthe comme \u00adinstallation \u00e0 parcourir)\u202f: le caract\u00e8re ludique de l\u2019\u00e9preuve fait habilement corps avec la m\u00e9taphore de la connaissance que l\u2019\u0153uvre \u00e9labore.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plus baroque et abracadabrant, mais plus m\u00e9lancolique aussi, est le labyrinthe con\u00e7u par le Qu\u00e9b\u00e9cois David Altmejd, qui tire habilement parti de la forme irr\u00e9guli\u00e8re du pavillon canadien en en d\u00e9multipliant l\u2019espace exigu par des jeux de miroirs et d\u2019embo\u00eetements. Regorgeant de d\u00e9tails \u2013 repr\u00e9sentations animali\u00e8res et figures en proie \u00e0 la m\u00e9tamorphose \u2013 dans ce qui participe du cabinet de curiosit\u00e9s, du fatras de bibelots et du mobilier disco, l\u2019installation d\u2019Altmejd exige une minutieuse \u00adexploration. L\u2019artiste r\u00e9ussit ici un mariage d\u00e9tonnant (mais dont la discordance rafra\u00eechit, justement) entre l\u2019ironie clinquante du kitsch et la gravit\u00e9 de la Vanitas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les labyrinthes de Leon Ferrari et de Nipan Oranniwesna, eux, s\u2019inspirent de la ville. Dans des h\u00e9liographies des ann\u00e9es 1980 qui \u00admontrent sch\u00e9matiquement le parcours du citadin dans la fourmili\u00e8re de la ville, \u00adl\u2019artiste argentin \u00e9voque avec une belle \u00e9conomie de moyens le vertige de la cit\u00e9 et le fonctionnalisme ali\u00e9nant qu\u2019elle inflige au vivant. Tout autre est l\u2019image de la ville que pr\u00e9sente Oranniwesna avec son \u00adinstallation <em>City of Ghost<\/em>, dans l\u2019exposition de la Tha\u00eflande. L\u2019artiste \u00adutilise comme pochoirs des cartes de grandes villes telles Manille, Rome, Venise et Londres, en y d\u00e9coupant les p\u00e2t\u00e9s de maison. Juxtaposant plusieurs de ces cartes sur un vaste plateau rectangulaire, Oranniwesna y laisse \u00adtomber de la \u00adpoudre de talc pour faire appara\u00eetre en creux les trac\u00e9s des rues, qui forment alors l\u2019immense et lilliputien r\u00e9seau d\u2019une cit\u00e9 \u00adimaginaire et composite. La \u00add\u00e9licatesse du mat\u00e9riau, la pr\u00e9carit\u00e9 de la repr\u00e9sentation, la lumi\u00e8re \u00adtamis\u00e9e dans laquelle elle est plong\u00e9e, tout force ici \u00adl\u2019\u00e9merveillement. Image \u00ad\u00e9loquente de l\u2019expansion de la m\u00e9gapole contemporaine en m\u00eame temps qu\u2019apparition fabuleuse qui incite \u00e0 la contemplation, l\u2019\u0153uvre semble cependant curieusement indiff\u00e9rente \u00e0 la conscience critique \u00e0 laquelle nous convie le titre de l\u2019exposition o\u00f9 elle est pr\u00e9sent\u00e9e, <em>Globalization&#8230; Please Slow Down<\/em>. \u00c0 mille lieues du bidonville \u2013 destin, pourtant, de \u00adnombre de villes du Sud \u2013 cette <em>City of Ghost<\/em> semble plus encline \u00e0 \u00adfasciner le spectateur qu\u2019\u00e0 le faire r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la croissance effr\u00e9n\u00e9e de l\u2019urbanisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus proche de la r\u00e9alit\u00e9 sociale et architecturale de l\u2019urbanit\u00e9 \u00adcontemporaine appara\u00eet le mod\u00e8le r\u00e9duit d\u2019une favela prolif\u00e9rante que le collectif br\u00e9silien Morrinho (\u00e0 l\u2019origine un groupe de jeunes de la rue de Rio de Janeiro) a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer au beau milieu des Giardini, une des belles audaces du commissaire. Dans d\u2019autres \u0153uvres, le labyrinthe fait d\u2019ailleurs place \u00e0 des proc\u00e9d\u00e9s accumulatifs plus ou moins chaotiques, tels <em>Tijuanatanjierchandelier<\/em> (2006) de Jason Rhoades, amas d\u2019objets et de n\u00e9ons suspendus traduisant l\u2019animation bigarr\u00e9e des f\u00eates \u00adlatino-\u00adam\u00e9ricaines, ou encore le tr\u00e8s r\u00e9ussi <em>EVX-07<\/em> du Ta\u00efwanais Shih Chieh Huang, d\u00e9sopilante m\u00e9nagerie \u00e9lectronique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Orannwesna_City-of-ghost-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176402\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Orannwesna_City-of-ghost-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Orannwesna_City-of-ghost-scaled-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Orannwesna_City-of-ghost-scaled-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Orannwesna_City-of-ghost-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Orannwesna_City-of-ghost-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Orannwesna_City-of-ghost-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Nipan Oranniwesna<\/strong><br><em>City of Ghost<\/em>, Biennale de Venise, 2007.<br>Photo\u202f: permission de Nipan Oranniwesna<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Babels<\/h2>\n\n\n\n<p>On peut voir dans le conflit politique et l\u2019incompr\u00e9hension entre peuples un autre avatar du labyrinthe, abord\u00e9 par plusieurs \u0153uvres et d\u00e9nonc\u00e9 par le Congolais Ch\u00e9ri Samba dans une toile intitul\u00e9e<em> Les tours de Babel dans le monde <\/em>(1998), qui \u00e9voque par une s\u00e9rie de vignettes l\u2019histoire tourment\u00e9e de nombre d\u2019\u00c9tats au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas \u00e9tonnant que le langage soit un th\u00e8me \u00adn\u00e9vralgique de cette Biennale. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la langue constitue un syst\u00e8me signifiant global, qui permet aux locuteurs de rendre compte de la \u00adtotalit\u00e9 de leur exp\u00e9rience\u2009; de l\u2019autre, il n\u2019y a pas de langue unique, puisque le langage s\u2019incarne plut\u00f4t en une multitude d\u2019idiomes, qui nomment le r\u00e9el \u00e0 partir de leur perspective chaque fois singuli\u00e8re. Si sa langue est, pour le locuteur, facteur d\u2019ordre et d\u2019organisation du monde, la pluralit\u00e9 des langues, elle, peut \u00eatre source de dissensions. C\u2019est cette stup\u00e9fiante diversit\u00e9 linguistique de l\u2019humanit\u00e9 que r\u00e9v\u00e8le une \u0153uvre d\u2019Ignassi Aballi, <em>Inventory (Language A-Z)<\/em>, qui \u00e9num\u00e8re sur un papier peint couvrant tout un mur, la liste compl\u00e8te des quelques milliers de langues toujours \u00advivantes aujourd\u2019hui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Dans les vid\u00e9os de Yang Zhenzhong, cette multiplicit\u00e9 est plut\u00f4t un ressort soulignant le partage d\u2019un destin commun. Chacune des dix projections montre une s\u00e9rie de passants anonymes auxquels \u00adl\u2019artiste a demand\u00e9 de prononcer la phrase <em>Je vais mourir<\/em> dans leur langue maternelle. Tout en puisant \u00e0 une diversit\u00e9 humaine qui s\u2019av\u00e8re \u00adin\u00e9puisable (vieillards et enfants, militaires et travailleurs, Noirs, Asiatiques, Europ\u00e9ens, Am\u00e9ricains&#8230;), l\u2019\u0153uvre r\u00e9v\u00e8le l\u2019universalit\u00e9 de la mort \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de laquelle chacun est soumis. Par la vari\u00e9t\u00e9 des mimiques et des \u00e9locutions par lesquelles chaque participant fait d\u2019une seule et m\u00eame phrase une \u00e9nonciation chaque fois diff\u00e9rente, l\u2019\u0153uvre fait mouche, \u00adfaisant sourire et r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Listes<\/h2>\n\n\n\n<p>Je ne sais trop que penser du projet de Sophie Calle,<em> Prenez soin de vous<\/em>, pour le pavillon fran\u00e7ais\u202f: l\u2019artiste fait d\u2019une lettre de rupture qu\u2019elle a re\u00e7ue le mat\u00e9riau de son projet, invitant plus de 103 femmes \u00e0 la commenter selon leur comp\u00e9tence respective. Une cartomancienne, une psychanalyste, une romanci\u00e8re, une juriste, une danseuse, une linguiste \u2013 pour ne nommer qu\u2019elles \u2013 se livrent \u00e0 l\u2019exercice. La lettre est tour \u00e0 tour interpr\u00e9t\u00e9e, mesur\u00e9e, transpos\u00e9e, d\u00e9mont\u00e9e (jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre litt\u00e9ralement mise en pi\u00e8ces par un perroquet femelle\u2009!). Ici, le ludisme \u00adoulipien est conscrit \u00e0 un exercice vindicatif qui peut provoquer le malaise autant qu\u2019il captive. En absorbant et en repoussant par leurs analyses respectives la violence \u00e9motive ressentie par la destinataire de la lettre, ces interpr\u00e8tes <em>partagent<\/em> le choc subi par Calle tout en d\u00e9samor\u00e7ant la charge agressive de la lettre \u2013 l\u2019herm\u00e9neutique servant de bouclier affectif. Mais on peut aussi, bien s\u00fbr, y voir un jeu, avec le d\u00e9tachement convenant \u00e0 un exercice d\u2019autofiction et de g\u00e9n\u00e9ration litt\u00e9raire. En recourant \u00e0 la variation, le travail de Calle participe d\u2019un autre paradigme de la Biennale, celui de l\u2019inventaire, qui r\u00e9v\u00e8le ici sa dimension cognitive et affective\u202f: \u00e9num\u00e9rer le monde, c\u2019est amorcer un balisage et tenter d\u2019en r\u00e9duire la part de d\u00e9sordre \u2013 comme le montrent les<em> Lists<\/em> d\u2019Ignassi Aballi, vastes inventaires de mots comme <em>Money, Deaths, Animals <\/em>ou<em> Casualties<\/em> d\u00e9coup\u00e9s par l\u2019artiste dans les titres de divers journaux, \u00e9cho de la rumeur m\u00e9diatique et entreprise d\u2019\u00e9chantillonnage de faits divers.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Rhoades_Tijuanastanjierchandelier-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176404\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Rhoades_Tijuanastanjierchandelier-scaled.jpg 1280w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Rhoades_Tijuanastanjierchandelier-scaled-300x450.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Rhoades_Tijuanastanjierchandelier-scaled-600x900.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Rhoades_Tijuanastanjierchandelier-768x1152.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Rhoades_Tijuanastanjierchandelier-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/62_AC02_Loubier_Rhoades_Tijuanastanjierchandelier-1365x2048.jpg 1365w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Jason Rhoades<\/strong><br><em>Tijuanatanjierchandelier<\/em> (2006), Biennale de Venise, 2007. <br>Photo\u202f: A. Burger \u00a9 Hauser &amp; Wirth Z\u00fcrich London, permission de la succession de Jason Rhoades, Hauser &amp; Wirth Z\u00fcrich London et David Zwirner, New York<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9sastres<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est que la mort et l\u2019entropie, on l\u2019a dit, sont omnipr\u00e9sentes dans cette Biennale, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019image litt\u00e9rale du cadavre (squelettes des broderies \u00e9l\u00e9gantes et drolatiques d\u2019Angelo Filomeno, par exemple), de la destruction de la ville ou de sa hantise.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la r\u00e9flexion sur le passage de vie \u00e0 tr\u00e9pas est occasionn\u00e9e chez Sophie Calle par une exp\u00e9rience toute priv\u00e9e \u2013 le d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re \u00adannonc\u00e9 le jour m\u00eame o\u00f9 elle apprenait qu\u2019elle \u00e9tait choisie pour le pavillon fran\u00e7ais, capt\u00e9e sur vid\u00e9o (<em>Pas pu saisir la mort<\/em>) \u2013, la plupart des \u0153uvres l\u2019abordent comme risque ou cons\u00e9quence des conflits et tensions g\u00e9opolitiques auxquels elles l\u2019articulent. Ainsi les photos de Tomer Ganihar sugg\u00e8rent \u00e0 quel point le climat oppressif dans lequel baigne Isra\u00ebl depuis l\u2019embrasement de la seconde Intifada a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 la vie civile. <em>Hospital Party <\/em>montre les mannequins afflig\u00e9s de diverses blessures \u00adutilis\u00e9s par un h\u00f4pital isra\u00e9lien pour entra\u00eener son personnel m\u00e9dical \u00e0 affronter des situations d\u2019urgence \u2013 entendre celles d\u00e9coulant \u00add\u2019attentats ou \u00add\u2019attaques de roquettes. Emily Prince dresse quant \u00e0 elle depuis 2004 un accablant m\u00e9morial des milliers de soldats am\u00e9ricains d\u00e9c\u00e9d\u00e9s en Irak et en Afghanistan, croquant leur visage \u00e0 partir de photos diffus\u00e9es sur le web et les pla\u00e7ant au mur selon leur lieu de r\u00e9sidence. M\u00eame \u00adcritique acerbe dans le travail de Jenny Holzer, qui depuis 2003 reproduit en grand format des extraits de rapports gouvernementaux d\u00e9classifi\u00e9s sur les \u00adinterrogatoires \u00e0 Guantanamo et en Iraq\u202f: l\u2019iniquit\u00e9 des d\u00e9tentions \u00adpr\u00e9ventives s\u2019y r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la fois par ce qu\u2019ils montrent (des d\u00e9tails sordides ou terrifiants sur les s\u00e9vices inflig\u00e9s aux d\u00e9tenus) et par ce qu\u2019ils persistent \u00e0 cacher (l\u2019ampleur des passages barr\u00e9s montrant l\u2019\u00e9tendue de la dissimulation et du secret).<em> Airplanecrashclock<\/em> (1997) de Charles Gaines, maquette reconstituant un crash d\u2019avion dans un quartier d\u2019affaires rappelant Manhattan, ne para\u00eet pas d\u00e9plac\u00e9e dans ce contexte, tant elle semble une illustration presciente des attentats du 11 septembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein de l\u2019accumulation pl\u00e9thorique qu\u2019est devenue la Biennale de Venise, il n\u2019est pas \u00e9tonnant de rencontrer diverses figures du \u00adlabyrinthe et de l\u2019accumulation mais aussi, comme contrepoints, celle de \u00admod\u00e8les d\u2019organisation (la langue, la liste, la ville) eux-m\u00eames \u00adsoumis \u00e0 la \u00add\u00e9construction dans plusieurs \u0153uvres \u00e9voquant la guerre ou la \u00adcatastrophe. Cette r\u00e9currence de la liste s\u2019explique peut-\u00eatre par la \u00adn\u00e9cessit\u00e9 de baliser un monde que son abondance complexe ou sa \u00add\u00e9raison rend difficilement saisissable. Tendances \u00e0 la mise en ordre ou \u00e0 la fuite en avant (dans le nombre et le quantitatif), qu\u2019on trouvera d\u2019ailleurs refl\u00e9t\u00e9es dans la Biennale elle-m\u00eame. Ainsi l\u2019expansion \u00adspatiale et \u00adnum\u00e9rique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement est-elle contrebalanc\u00e9e par le statut \u00adrelativement traditionnel des m\u00e9diums privil\u00e9gi\u00e9s, proc\u00e9dant surtout de l\u2019image (fixe ou anim\u00e9e), de l\u2019objet et de l\u2019installation. Pas ou peu de nouveaux m\u00e9dias ou d\u2019\u0153uvres interactives (sinon notamment celles du Mexicain Rafael Lozano-Hemmer), encore moins d\u2019art d\u2019intervention, \u00e0 l\u2019exception du duo Vincent + F\u00e9ria au pavillon v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, aux visiteurs qui prenaient le temps d\u2019y fl\u00e2ner, Venise \u00adr\u00e9servait d\u2019\u00e9tonnantes d\u00e9couvertes. Une roulotte brinquebalante \u00add\u00e9risoirement pourvue d\u2019ailes de bois apparaissait-elle sur un <em>campo<\/em> en laissant voir un int\u00e9rieur orn\u00e9 de tableaux au go\u00fbt douteux\u2009? Une affiche indiquait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une \u0153uvre du Russe Konstantin Bessmertny pour la premi\u00e8re participation de Macao \u00e0 la Biennale. Un artiste \u00ads\u2019adonnait-il \u00e0 quelque exercice de peinture en direct sur une b\u00e2che \u00ad\u00e9tendue au bord d\u2019un canal\u2009? Les badauds b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019une action du collectif asiatique Migration Addicts r\u00e9alis\u00e9e en public dans la ville. Mais ces projets \u00e9taient peu \u00adnombreux, et l\u2019absence de toute documentation dans les espaces d\u2019exposition semble confirmer leur statut marginal pour les organisateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le caract\u00e8re bien mat\u00e9riel et l\u2019ampleur des moyens techniques de la plupart des \u0153uvres expos\u00e9es contrastent d\u2019ailleurs avec le nomadisme et le m\u00e9tissage de l\u2019identit\u00e9 de plusieurs artistes, pourtant \u00e9nonc\u00e9s par Storr comme caract\u00e9ristiques de la globalisation de l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui. M\u00eame dans le cas de productions qui s\u2019\u00e9cartent de ces m\u00e9diums \u00adconsacr\u00e9s (telle la BD d\u2019Eyoum Ngangu\u00e8 et de Faustin Titi, <em>Une \u00e9ternit\u00e9 \u00e0 Tanger<\/em>, sur les clandestins d\u2019Afrique, d\u2019une terrible actualit\u00e9), les codes de la mise en exposition suffisent \u00e0 contenir l\u2019\u00e9cart qu\u2019elles marquent. En d\u00e9pit de son \u00e9normit\u00e9, cette Biennale demeure donc fort sage, et le visiteur devra se tourner, pour atteindre \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience, vers la rencontre avec les \u0153uvres individuelles \u2013 dont l\u2019\u00e9clat \u00e9tait dans plusieurs cas heureusement au \u00adrendez-vous.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>David Altmejd, Eric Duyckaerts, Patrice Loubier, Yang Zhenzhong<\/div>\n<div style='display: none;'>David Altmejd, Eric Duyckaerts, Patrice Loubier, Yang Zhenzhong<\/div>\n<div style='display: none;'>David Altmejd, Eric Duyckaerts, Patrice Loubier, Yang Zhenzhong<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":176400,"template":"","categories":[281,893],"numeros":[4171],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[958],"artistes":[2989,4199,7951,7949,4200],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[5941],"class_list":["post-176733","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-off-feature","numeros-62-fear-ii","statuts-archive","auteurs-patrice-loubier-en","artistes-david-altmejd-en","artistes-eric-duyckaerts-en","artistes-jason-rhoades-en","artistes-nipan-oranniwesna-en","artistes-yang-zhenzhong-en","type_hors-dossier-principal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/176733","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/176400"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=176733"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=176733"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=176733"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=176733"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=176733"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=176733"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=176733"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=176733"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=176733"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=176733"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}