<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>woocommerce-shipping-per-product</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>complianz-gdpr</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
{"id":177260,"date":"2007-09-01T19:05:00","date_gmt":"2007-09-02T00:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/les-lieux-de-passage-dalexandre-david\/"},"modified":"2026-02-06T11:48:55","modified_gmt":"2026-02-06T16:48:55","slug":"les-lieux-de-passage-dalexandre-david","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/les-lieux-de-passage-dalexandre-david\/","title":{"rendered":"Les lieux de passage d\u2019Alexandre David"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">L\u2019\u00eatre, consid\u00e9r\u00e9 concr\u00e8tement, et par exemple dans la personne, se ram\u00e8ne donc \u00e0 ce je-ne-sais-quoi de douteux et d\u2019\u00e9quivoque, \u00e0 cet hybride d\u2019\u00eatre et de non-\u00eatre, \u00e0 ce presque-rien en un mot qu\u2019est le fuyant devenir. Le devenir contrarie l\u2019arrondissement plastique de l\u2019objet, car il est la dimension selon laquelle l\u2019objet se d\u00e9fait sans cesse, se forme, se d\u00e9forme, se reforme et se transforme\u2009; le changement que le devenir fait advenir n\u2019est pas modelage, mais modification <span style=\"white-space: nowrap;\">continu\u00e9e<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch, Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien. La Mani\u00e8re et l\u2019Occasion (Tome 1), Paris, Seuil, 1980, p. 30.<\/span>.<\/pre>\n\n\n\n<p>Le travail d\u2019Alexandre David se distingue du fait qu\u2019il r\u00e9siste \u00e0 se laisser fixer dans un seul langage ou un seul registre artistique. Ses \u00adinstallations sont autant d\u2019espaces d\u2019ind\u00e9cision o\u00f9 se lient et se d\u00e9lient, se \u00adconjuguent et se repoussent les qualit\u00e9s plastiques qu\u2019\u00e9voque leur apparence \u00adminimale. Loin de perp\u00e9tuer les valeurs modernistes qui en feraient des objets sp\u00e9cifiques stables et autonomes, les constructions de bois \u00adpropos\u00e9es par l\u2019artiste jouent sans cesse sur les \u00e9carts et les variations. Elles misent sur l\u2019oscillation du sens et de la forme, sur ce<em> je-ne-sais-quoi<\/em> ou ce <em>presque-rien<\/em> que Jank\u00e9l\u00e9vitch associe au perp\u00e9tuel devenir des choses, incessant mouvement de d\u00e9voilement qui se d\u00e9ploie dans \u00adl\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p>Alexandre David cr\u00e9e des \u0153uvres \u00e0 l\u2019identit\u00e9 hybride, irr\u00e9ductibles aux r\u00e9flexions formelles de l\u2019art minimal qu\u2019elles inspirent \u00e0 premi\u00e8re vue. Inclassables, c\u2019est presque toujours dans un entre-deux qu\u2019elles sont situ\u00e9es : entre image et objet, plan et volume, forme et mati\u00e8re, \u00adsculpture et architecture. En fait, ce travail tire moins son sens de la \u00adpr\u00e9sence \u00adphysique des \u0153uvres que de leur capacit\u00e9 \u00e0 tisser des liens. L\u2019artiste ne produit ni des images ni des objets, mais des champs de pr\u00e9sence \u00e0 \u00adexploiter dans la dur\u00e9e. Ses sculptures ne font donc pas qu\u2019occuper \u00adl\u2019espace, elles sont elles-m\u00eames des<em> lieux<\/em>. Ce sont des lieux \u00e9pur\u00e9s, \u00adcharg\u00e9s d\u2019une certaine familiarit\u00e9, mais sans cesse travaill\u00e9s par le doute, par une part \u00add\u2019ind\u00e9termin\u00e9 qui ouvre \u00e0 de multiples possibilit\u00e9s. Indissociables de leur rapport au temps et \u00e0 l\u2019espace, ces lieux ne prennent sens qu\u2019\u00e0 \u00eatre \u00adparcourus, investis et interrog\u00e9s par le spectateur, dans le mouvement du corps et de la pens\u00e9e qu\u2019ils induisent. C\u2019est parce qu\u2019elles mettent en jeu le <em>presque-rien<\/em> que les interventions de David se d\u00e9robent ainsi \u00e0 la fixit\u00e9. Leur ing\u00e9niosit\u00e9 tient \u00e0 l\u2019\u00e9paisseur de l\u2019<em>entre<\/em> qu\u2019elles \u00adren\u00e9gocient chaque fois, comme autant de lieux de passage. Entre l\u2019apparence et la pr\u00e9sence, l\u2019exp\u00e9rience physique et sa repr\u00e9sentation mentale, c\u2019est l\u00e0 que loge le projet de l\u2019artiste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>David travaille ainsi depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es \u00e0 r\u00e9inventer \u00adconstamment cette exp\u00e9rience critique. Ses explorations picturales et photographiques qui l\u2019ont d\u2019abord fait conna\u00eetre pr\u00e9sentaient cette m\u00eame ambivalence du signe \u00e0 travers une esth\u00e9tique \u00e9pur\u00e9e, aux \u00adimages \u00adfuyantes et instables. Depuis son exposition solo au Mus\u00e9e d\u2019art \u00adcontemporain de Montr\u00e9al en 2002, c\u2019est comme sculpteur que David s\u2019est impos\u00e9 dans le paysage artistique qu\u00e9b\u00e9cois. Dans ses plus \u00adr\u00e9centes productions, \u00adpr\u00e9sent\u00e9es au centre Optica au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2007 et \u00e0 La Chambre Blanche \u00e0 Qu\u00e9bec au mois d\u2019avril, il poursuit sa r\u00e9flexion sur la relation dialectique entre la sculpture et l\u2019exp\u00e9rience spatiale ou \u00adarchitecturale entam\u00e9e dans les derni\u00e8res ann\u00e9es. Un regard r\u00e9trospectif sur son \u00adtravail de sculpture r\u00e9v\u00e8le toute l\u2019importance qu\u2019y prend l\u2019id\u00e9e de lieu. Si, comme le sugg\u00e8re Georges Didi-Huberman, l\u2019artiste est un \u00ab\u202f\u00adinventeur de<em> <\/em><span style=\"white-space: nowrap;\">lieux\u202f<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Cette id\u00e9e traverse plusieurs ouvrages que Didi-Huberman consacre \u00e0 des artistes contemporains, notamment<em> La demeure, la souche. Apparentement de l\u2019artiste <\/em>(1999) et <em>L\u2019homme qui marchait dans la couleur <\/em>(2001).<\/span>\u00bb, c\u2019est d\u2019abord en fa\u00e7onnant des espaces qui \u00adpeuvent \u00e9clairer et \u00adtransformer nos exp\u00e9riences les plus quotidiennes pour leur donner une tonalit\u00e9 \u00adnouvelle. C\u2019est du moins dans cette continuit\u00e9 qu\u2019Alexandre David inscrit sa d\u00e9marche, pour que l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique ne se replie pas dans une contemplation isol\u00e9e mais participe de notre rapport au monde b\u00e2ti de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1427\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Faire-des-places-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176834\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Faire-des-places-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Faire-des-places-scaled-300x223.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Faire-des-places-scaled-600x446.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Faire-des-places-768x571.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Faire-des-places-1536x1142.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Faire-des-places-2048x1523.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Alexandre David<\/strong><br><em>Faire des places<\/em>, Dare-Dare, 2007.<br>Photo\u202f: Richard-Max Tremblay, courtoisie de l\u2019artiste<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-choses-differentes-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176830\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-choses-differentes-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-choses-differentes-scaled-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-choses-differentes-scaled-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-choses-differentes-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-choses-differentes-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-choses-differentes-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Alexandre David<\/strong><br><em>Deux choses diff\u00e9rentes<\/em>, Quartier \u00c9ph\u00e9m\u00e8re, 2004.<br>Photo\u202f: Richard-Max Tremblay, courtoisie de l\u2019artiste<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019architecture est de fait toujours \u00e9voqu\u00e9e dans les \u00adinstallations de David. Celles-ci pr\u00e9sentent des configurations plus ou moins \u00adfamili\u00e8res, des formes et des \u00e9chelles qui rappellent des espaces et des objets \u00adarchitecturaux sans toutefois les repr\u00e9senter directement. Il ne s\u2019agit donc ni d\u2019objets pr\u00e9cis ni d\u2019espaces nettement identifiables. Les \u00adstructures \u00adorthogonales faites de feuilles de contreplaqu\u00e9, qui se \u00add\u00e9clinent d\u2019une \u0153uvre \u00e0 l\u2019autre \u00e0 des degr\u00e9s variables de r\u00e9duction \u00adformelle, ne sont toutefois pas d\u00e9nu\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rences. La stabilit\u00e9 \u00adqu\u2019inspire leur puret\u00e9 \u00adg\u00e9om\u00e9trique n\u2019est qu\u2019apparente\u2009; il n\u2019en d\u00e9coule aucune \u00adtranscendance \u00adformelle. Toujours instables parce qu\u2019incompl\u00e8tes, li\u00e9es \u00e0 un bagage \u00adperceptif accumul\u00e9 au quotidien et travaill\u00e9es par le v\u00e9cu personnel et \u00adcollectif, elles fonctionnent dans la contingence et la co-pr\u00e9sence des \u00adchoses. Ainsi, c\u2019est \u00e0 condition d\u2019en faire l\u2019exp\u00e9rience que les \u00advolumes de bois se chargeront de cette densit\u00e9 r\u00e9f\u00e9rentielle. \u00c0 partir d\u2019une \u00adreconnaissance des formes offertes d\u2019abord au regard \u2013 une \u00adplate-forme, une \u00adfa\u00e7ade, un passage couvert, une sorte de toit, un banc, etc. \u2013, le \u00adspectateur se laisse entra\u00eener par la familiarit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de \u00adl\u2019am\u00e9nagement spatial. Les installations de David s\u2019appuient toujours sur une relation \u00e9troite entre une exp\u00e9rience visuelle et un usage. Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 \u00adl\u2019architecture, qui demeurent dans un certain degr\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, fonctionnent alors comme des dispositifs qui orientent les d\u00e9placements du spectateur en faisant \u00e9cho \u00e0 son usage quotidien des lieux. L\u2019artiste explique\u202f: \u00ab\u202fBien que celles-ci ne soient apparentes qu\u2019une fois l\u2019exp\u00e9rience amorc\u00e9e, j\u2019ai voulu que ces r\u00e9f\u00e9rences fonctionnent de fa\u00e7on r\u00e9troactive comme une pr\u00e9misse ou un fondement en ce sens qu\u2019elles permettent \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience d\u2019avoir lieu, mais j\u2019ai aussi voulu qu\u2019elles n\u2019ouvrent sur rien et n\u2019offrent aucune piste ni aucun sens qui va au-del\u00e0 de <span style=\"white-space: nowrap;\">l\u2019\u0153uvre<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Commentaire de l\u2019artiste \u00e0 propos de son exposition <em>Deux choses diff\u00e9rentes<\/em> \u00e0 la Fonderie Darling \u00e0 Montr\u00e9al en 2004.<\/span>.\u202f\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Telles des \u00ab\u0153uvres <span style=\"white-space: nowrap;\">mn\u00e9moniques<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span>[REFJ\u00e9r\u00f4me Delgado, \u00ab\u202fAlexandre David: l\u2019exp\u00e9rience critique\u202f\u00bb, <em>Spirale<\/em>, n\u00b0 208 (mai-juin 2006), p. 27.][\/REF] \u00bb, ces sculptures activent des \u00adprocessus de reconnaissance. Le spectateur est appel\u00e9 \u00e0 dynamiser ses rep\u00e8res perceptifs et \u00e0 recomposer certaines impressions que \u00adl\u2019univers b\u00e2ti imprime en lui au d\u00e9tour de ses promenades urbaines, suivant le \u00adrythme que lui impose la configuration de son environnement\u202f: il tourne un coin, traverse une place, s\u2019y arr\u00eate, reprend la marche, longe les b\u00e2timents qui d\u00e9filent et qui, silencieusement, infl\u00e9chissent ses \u00add\u00e9placements. Pour \u00adreprendre encore Didi-Huberman, le spectateur est amen\u00e9 \u00e0 prendre conscience de son propre corps comme \u00ab\u202farpenteur du <span style=\"white-space: nowrap;\">lieu\u202f<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Georges Didi-Huberman, <em>La demeure, la souche. Apparentement de l\u2019artiste<\/em>, Paris, Minuit, 1999, p. 17.<\/span>\u00bb. Difficile en ce sens de comprendre l\u2019art de David en dehors d\u2019une \u00adexp\u00e9rience \u00adph\u00e9nom\u00e9nologique de l\u2019espace, c\u2019est-\u00e0-dire dans un \u00add\u00e9ploiement \u00adcontemporain de l\u2019espace et du temps. Ainsi, l\u2019espace \u00ads\u2019actualise \u00adconstamment dans l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue, comme si le lieu prenait forme, avan\u00e7ait \u00e0 la m\u00eame vitesse que le corps ou le regard qui l\u2019aborde.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u0153uvres d\u2019Alexandre David sont parfois pens\u00e9es comme des places, prenant explicitement la forme de constructions architecturales que le spectateur est appel\u00e9 \u00e0 investir. Lors de l\u2019\u00e9v\u00e9nement <em>La Demeure<\/em> organis\u00e9 par le centre Optica en 2002, une sorte de pavillon architectural avait \u00e9t\u00e9 install\u00e9 dans l\u2019espace public, tout pr\u00e8s du Mus\u00e9e d\u2019art contemporain. Exploitant ce lieu de passage, la structure de bois, par sa pr\u00e9sence, en r\u00e9v\u00e9lait la fonction transitoire tout en la d\u00e9tournant. Les passants \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 ralentir leur marche, \u00e0 d\u00e9ambuler \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et autour de la structure et \u00e0 s\u2019y asseoir un moment. La construction \u00e9voquait diff\u00e9rents types d\u2019espaces architecturaux \u2013 entre le pavillon et la place publique, la v\u00e9randa et la cour, le salon et le jardin \u2013 et \u00addiff\u00e9rents usages dans une m\u00eame \u00adind\u00e9termination entre priv\u00e9 et public, int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur. C\u2019est d\u2019ailleurs gr\u00e2ce \u00e0 sa forme minimale que l\u2019\u0153uvre pouvait \u00adfonctionner comme espace d\u2019ind\u00e9cision ou d\u2019errance. N\u2019offrant presque rien \u00e0 \u00adpremi\u00e8re vue, elle \u00adexigeait d\u2019\u00eatre fr\u00e9quent\u00e9e et apprivois\u00e9e. Selon une pr\u00e9misse \u00adsemblable, l\u2019installation montr\u00e9e \u00e0 Quartier \u00c9ph\u00e9m\u00e8re en 2004 (<em>Deux \u00adchoses \u00addiff\u00e9rentes<\/em>) renfor\u00e7ait l\u2019id\u00e9e de la sculpture comme espace \u00add\u00e9ambulatoire. Alors que la plate-forme de <em>La Demeure<\/em> valait \u00e0 la fois comme lieu de passage et aire de repos, celle-ci avait davantage \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme un parcours architectural. Bien qu\u2019elle offrait d\u2019abord une saisie visuelle globale, c\u2019est dans les d\u00e9placements \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la \u00adstructure que se d\u00e9ployait r\u00e9ellement l\u2019exp\u00e9rience, \u00e0 travers un \u00adencha\u00eenement de \u00adsensations spatiales famili\u00e8res, comme autant \u00add\u2019\u00e9v\u00e9nements \u00ads\u2019incorporant au v\u00e9cu du spectateur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019efficacit\u00e9 de tels dispositifs se r\u00e9v\u00e8le alors \u00ab\u202fau moment o\u00f9 \u00adl\u2019exp\u00e9rience bascule dans sa propre <span style=\"white-space: nowrap;\">repr\u00e9sentation\u202f<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - Alexandre David, \u00ab\u202fUn entretien avec Alexandre David par Gilles Godmer\u202f\u00bb, dans <em>Alexandre David<\/em>, catalogue d\u2019exposition, Montr\u00e9al, Mus\u00e9e d\u2019art contemporain de Montr\u00e9al, 2002, p. 6.<\/span>\u00bb. C\u2019est lorsque celle-ci se d\u00e9fait et se refait, s\u2019inverse et se transforme mentalement qu\u2019elle prend toute sa densit\u00e9. Exploitant l\u2019\u00e9cart qui se creuse entre l\u2019exp\u00e9rience et sa saisie mentale, David r\u00e9cuse toute attribution de sens qui soit ext\u00e9rieure \u00e0 l\u2019\u0153uvre. C\u2019est dans sa propre expansion que le lieu de l\u2019\u0153uvre fait \u00e9merger le sens, lequel se d\u00e9plie comme une s\u00e9rie de seuils qui ne d\u00e9bouchent sur rien. \u00ab\u202fLe mouvement s\u2019arr\u00eate, bien que l\u2019exp\u00e9rience continue, et c\u2019est en fait cela l\u2019exp\u00e9rience\u202f: un effet d\u2019arr\u00eat qui se maintient, une ouverture qui n\u2019ouvre pas sur quelque <span style=\"white-space: nowrap;\">chose<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - Commentaire de l\u2019artiste, op. cit.<\/span>.\u202f\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce passage in\u00e9vitable d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 physique \u00e0 son image \u00admentale fait \u00e9galement l\u2019objet d\u2019une r\u00e9flexion sur le r\u00f4le que joue le dessin dans tout travail sculptural. La sculpture de David n\u2019est pas une simple \u00adoccupation de l\u2019espace, disions-nous. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019artiste se laisse \u00adoccuper par \u00adl\u2019espace pour mieux l\u2019investir. L\u2019espace est son mat\u00e9riau. C\u2019est du moins l\u2019impression qu\u2019on en a, \u00e0 voir la mani\u00e8re dont il le sculpte et le \u00adtransforme, r\u00e9v\u00e9lant son incomparable plasticit\u00e9. Les d\u00e9coupes de bois viennent former des lignes qui soulignent les particularit\u00e9s du lieu et lui donnent une \u00e9trange profondeur. Par une suite de plans, d\u2019angles et de traits se construisent des perspectives flottantes qui mettent en conflit le visible et le tactile. Cette ambigu\u00eft\u00e9 perceptive, qui se vit comme un passage constant de l\u2019image \u00e0 l\u2019objet mat\u00e9riel, tient notamment au fait que les structures, plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre pos\u00e9es au sol selon l\u2019usage conventionnel de la sculpture, sont accroch\u00e9es aux cimaises. Il en r\u00e9sulte diff\u00e9rents effets, dans une alternance des qualit\u00e9s de forme et de mati\u00e8re, de dessin et de volume, selon la posture du regard qui les aborde. Elles peuvent alors momentan\u00e9ment fonctionner comme tableau, pour ensuite \u00e9voquer un meuble ou tout autre objet plus ou moins d\u00e9fini par un usage familier. Les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es lors des expositions <em>Deux vues d\u2019ensemble <\/em>(2004) et <em>Les plans <\/em><span style=\"white-space: nowrap;\">(2005)<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-8\" href=\"#footnote-8\"><sup>8<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - <em>Deux vues d\u2019ensemble<\/em> \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Galerie B-312 de Montr\u00e9al, alors que Les plans \u00e9taient expos\u00e9s \u00e0 la Galerie des Arts visuels de l\u2019Universit\u00e9 Laval \u00e0 Qu\u00e9bec.<\/span> s\u2019inscrivaient de plain-pied dans cette d\u00e9marche. Par le biais de formes simples et de contours tr\u00e8s nets, David a voulu que ces r\u00e9alisations mat\u00e9rielles laissent ais\u00e9ment transpara\u00eetre le dessin qui les a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es, pour que le spectateur soit \u00e0 m\u00eame d\u2019en recomposer l\u2019image et d\u2019\u00e9prouver le passage entre une exp\u00e9rience physique et une repr\u00e9sentation mentale. Par ailleurs, il a aussi voulu que certaines parties r\u00e9sistent \u00e0 cette transposition et que l\u2019exp\u00e9rience conserve, de cette mani\u00e8re, son ambigu\u00eft\u00e9 fondamentale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-vues-densemble-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-176832\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-vues-densemble-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-vues-densemble-scaled-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-vues-densemble-scaled-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-vues-densemble-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-vues-densemble-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/61_AC05_Chagnon_David_Deux-vues-densemble-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Alexandre David<\/strong><br><em>Deux vues d\u2019ensemble (2<sup>\u00e8me<\/sup> \u0153uvre)<\/em>, Galerie B-312, 2004.<br>Photo\u202f: Alexandre David<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Aux r\u00e9sistances internes de chaque forme se conjuguent aussi des tensions entre les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui se partagent l\u2019espace. Leur mise en relation provoque l\u2019<em>espacement<\/em> du lieu. Des intervalles \u00addynamiques se cr\u00e9ent entre les objets, donnant corps \u00e0 des vides qui structurent diff\u00e9remment l\u2019espace pour y inclure la pr\u00e9sence du spectateur. Le lieu d\u2019exposition ainsi reconfigur\u00e9 se transforme en lieu pratiqu\u00e9 et habit\u00e9. C\u2019est par un travail des vides, toujours pens\u00e9s en fonction d\u2019une pr\u00e9sence corporelle, que l\u2019artiste conf\u00e8re \u00e0 l\u2019espace et aux formes cette dimension \u00ab\u202fanthropologique\u202f\u00bb. S\u2019il est ais\u00e9 de reconna\u00eetre ici un lien avec la sculpture minimaliste, elle-m\u00eame pr\u00e9occup\u00e9e par les questions de l\u2019<em>entre<\/em> et du vide, de la pr\u00e9sence et de l\u2019exp\u00e9rience temporelle, le caract\u00e8re \u00adanthropomorphe qui se d\u00e9gage des \u0153uvres de Tony Smith ou de Robert Morris diff\u00e8re \u00adfondamentalement de celui qui impr\u00e8gne les lieux de David. Dans les installations de David, ce n\u2019est pas l\u2019objet qui est v\u00e9cu comme \u00ab\u202fpr\u00e9sence\u202f\u00bb d\u2019un corps devant soi \u2013 pour r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre attaque de Michael Fried contre l\u2019art <span style=\"white-space: nowrap;\">minimal<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-9\" href=\"#footnote-9\"><sup>9<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-8\"><a href=\"#fn-ref-8\"> 8 <\/a> - Michael Fried, \u00ab\u202fArt and Objecthood\u202f\u00bb (1967), pr\u00e9sent\u00e9 par Luc Lang, <em>Artstudio<\/em>, n<sup>o \u202f<\/sup>6 (automne 1987), p. 7-27. Voir l\u2019analyse propos\u00e9e par Didi-Huberman dans <em>Ce que nous voyons, ce qui nous regarde<\/em>, Paris, Minuit, 1992.<\/span>, ce sont les espaces configur\u00e9s par les objets qui prennent une dimension humaine et ouvrent \u00e0 la pr\u00e9sence de l\u2019autre. Dans <em>Les plans<\/em> et <em>Deux vues d\u2019ensemble<\/em>, les vides \u00e9taient exploit\u00e9s de deux mani\u00e8res\u202f: comme des ouvertures \u00e0 m\u00eame la volum\u00e9trie des objets et comme l\u2019am\u00e9nagement dynamique d\u2019espaces <em>entre<\/em> les choses. Le spectateur \u00e9tait confront\u00e9 \u00e0 un d\u00e9calage entre la fluidit\u00e9 avec laquelle les \u00e9l\u00e9ments se compl\u00e9taient visuellement dans l\u2019espace et les impasses perceptives cr\u00e9\u00e9es par le repli des formes sur elles-m\u00eames. Pas totalement accessibles au regard, ces creux \u00e9taient par contre suffisamment grands pour que le spectateur se risque \u00e0 y prendre place physiquement pour y d\u00e9couvrir des ouvertures ferm\u00e9es par des fonds, des angles et des ar\u00eates\u2009; s\u00e9rie d\u2019interstices permettant au corps de mesurer sa propre pr\u00e9sence spatiale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019installation pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Optica, deux structures projet\u00e9es en porte-\u00e0-faux des murs de la grande salle encadraient un vide central, lui conf\u00e9rant une spatialit\u00e9 nouvelle. En m\u00eame temps, le vide cr\u00e9\u00e9 par la \u00adpartie sup\u00e9rieure de chaque sculpture, \u00e9voquant un plafond ou un toit, attirait le corps du spectateur. Le vide \u00e9tait alors le d\u00e9clencheur de \u00adl\u2019exp\u00e9rience en ce sens qu\u2019il cr\u00e9ait, par son \u00e9chelle anthropomorphique et ses \u00adr\u00e9f\u00e9rences architecturales, un espace familier, humain. Le spectateur se mettait en marche, d\u00e9ambulant le long de la plus grande sculpture \u00adinstall\u00e9e en coin dans un mouvement presque naturel. La deuxi\u00e8me \u00adstructure, plus petite et donn\u00e9e dans une vue frontale, provoquait un ralentissement de \u00adl\u2019exp\u00e9rience, un arr\u00eat m\u00eame. L\u2019\u00e9cart entre un espace o\u00f9 l\u2019on peut se \u00add\u00e9placer et un espace accessible que par le regard rend pr\u00e9gnante la tension qui se rejoue sans cesse dans les installations de David. Le fait qu\u2019elles soient souvent compos\u00e9es de deux \u00e9l\u00e9ments n\u2019est d\u2019ailleurs pas fortuit. Cette strat\u00e9gie permet de r\u00e9v\u00e9ler le caract\u00e8re dynamique du vide qui s\u00e9pare les formes et d\u2019accentuer l\u2019oscillation des qualit\u00e9s plastiques qu\u2019elles renferment.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience de tels dispositifs met ainsi en branle la m\u00e9moire des lieux, comme si chacun des espaces gardait la trace des corps qui l\u2019ont \u00adtravers\u00e9. Si la notion de lieu est aussi centrale dans le travail de David, c\u2019est parce que ses \u0153uvres renvoient \u00e0 la co-appartenance des choses, dans un d\u00e9sir de se faufiler \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des espaces priv\u00e9s et publics pour y ins\u00e9rer une dimension de doute. Les exp\u00e9riences qu\u2019il propose ouvrent sur une prise de conscience de soi par laquelle se devine \u00e9galement la \u00adpr\u00e9sence de l\u2019autre. En ce sens, l\u2019habilet\u00e9 de cet artiste est de faire jouer, \u00e0 \u00adl\u2019int\u00e9rieur d\u2019une recherche formelle des plus \u00e9pur\u00e9es, une r\u00e9flexion \u00adactuelle sur l\u2019id\u00e9e de communaut\u00e9. Cr\u00e9ant un pont entre l\u2019exp\u00e9rience esth\u00e9tique et notre exp\u00e9rience quotidienne de l\u2019environnement construit, il invente des lieux de transition, des espaces interstitiels faits d\u2019une \u00e9paisseur de v\u00e9cu. Le concept de lieu renvoie in\u00e9vitablement \u00e0 la notion d\u2019\u00ab\u202fhabiter\u202f\u00bb. Dans une certaine mesure, les installations de David appellent l\u2019habitation, laissant entrevoir certaines des conditions d\u00e9terminantes de la vie sociale. Ce sont des lieux qui prennent part au pr\u00e9sent dans tout ce qu\u2019il contient de \u00admouvant et d\u2019incertain, mais qui, en ce sens, nous parlent du fuyant devenir humain.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Alexandre David, Katrie Chagnon<\/div>\n<div style='display: none;'>Alexandre David, Katrie Chagnon<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":176836,"template":"","categories":[281,893],"numeros":[4225],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[968],"artistes":[2366],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[5941],"class_list":["post-177260","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-off-feature","numeros-61-fear","statuts-archive","auteurs-katrie-chagnon-en","artistes-alexandre-david-en","type_hors-dossier-principal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/177260","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/176836"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177260"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177260"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=177260"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=177260"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=177260"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=177260"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=177260"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=177260"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=177260"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=177260"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}