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{"id":177481,"date":"2006-05-01T19:05:00","date_gmt":"2006-05-02T00:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/un-disque-est-un-disque-nest-pas-un-disque-est-un-disque-nest-pas-un-disque\/"},"modified":"2026-02-09T14:35:15","modified_gmt":"2026-02-09T19:35:15","slug":"un-disque-est-un-disque-nest-pas-un-disque-est-un-disque-nest-pas-un-disque","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/un-disque-est-un-disque-nest-pas-un-disque-est-un-disque-nest-pas-un-disque\/","title":{"rendered":"Un disque est un disque n\u2019est pas un disque est un disque n\u2019est pas un disque&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00c0 la lumi\u00e8re de la situation qui pr\u00e9vaut aujourd\u2019hui, le sort et le d\u00e9veloppement des musiques actuelles semblent reposer fondamentalement sur l\u2019ind\u00e9pendance de ceux qui y \u0153uvrent. Si, historiquement, les musiques actuelles furent certes g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019affaire de musiciens et de maisons de disques ind\u00e9pendants, l\u2019implication des grandes maisons de disques, qui \u00e9taient moins multinationales par le pass\u00e9, il est vrai, ne fut pourtant jamais aussi inexistante. En effet, d\u2019un point de vue contemporain, il semble que l\u2019int\u00e9r\u00eat des grandes maisons de disques envers les musiques actuelles, tout marginal fut-il, soit bel et bien r\u00e9volu quoiqu\u2019elles maintiennent une pr\u00e9sence et repr\u00e9sentent souvent une force majeure dans les autres secteurs consid\u00e9r\u00e9s comme marginaux de l\u2019industrie du disque : musique classique, musique contemporaine, jazz, etc. Pis, le simple fait d\u2019envisager que des musiciens tels Derek Bailey ou John Zorn aient pu attirer l\u2019attention de telles compagnies rel\u00e8ve de la fabulation\u2009! Quant \u00e0 savoir s\u2019il faut d\u00e9plorer cette situation ou s\u2019en r\u00e9jouir, il s\u2019agit d\u2019une toute autre question...<\/pre>\n\n\n\n<p>Le panorama contemporain des musiques actuelles se compose donc de moult artistes s\u2019auto-produisant et d\u2019une pl\u00e9iade de maisons de disques ind\u00e9pendantes. Ces derni\u00e8res sont plus souvent qu\u2019autrement l\u2019\u0153uvre de musiciens ou de passionn\u00e9s qui s\u2019en occupent parall\u00e8lement \u00e0 leurs activit\u00e9s musicales ou leur emploi, selon le cas. Cons\u00e9quemment, leur envergure et leur dur\u00e9e de vie sont essentiellement fonction des fonds disponibles. Or, malgr\u00e9 cette f\u00e2cheuse contrainte, elles reproduisent habituellement le mod\u00e8le mis de l\u2019avant par l\u2019industrie musicale traditionnelle. La principale diff\u00e9rence en est plut\u00f4t une d\u2019\u00e9chelle. L\u00e0 o\u00f9 une multinationale peut lancer des dizaines de nouveaut\u00e9s et en vendre des centaines de milliers d\u2019exemplaires sur une base hebdomadaire, les Ambiances Magn\u00e9tiques, Erstwhile Records et autres Emanem parviendront \u00e0 en \u00e9diter une dizaine \u00e0 chaque trimestre et en \u00e9couleront plusieurs centaines d\u2019exemplaires annuellement dans le meilleur des cas. Nonobstant ces consid\u00e9rations, l\u2019appr\u00e9hension sous-jacente du disque est la m\u00eame. Celui-ci est consid\u00e9r\u00e9 comme un support permettant la diffusion de la musique. L\u2019emballage qui l\u2019accompagne, c\u2019est-\u00e0-dire le bo\u00eetier, la pochette, etc., ne repr\u00e9sente qu\u2019un r\u00e9ceptacle pour ce qui compte vraiment, \u00e0 savoir le disque lui-m\u00eame, et s\u2019av\u00e8re en ce sens secondaire, voire accessoire. Par contre, quelques musiciens et maisons de disques actifs dans le milieu des musiques actuelles tirent profit de l\u2019ind\u00e9pendance dont ils jouissent pour mettre de l\u2019avant une logique de production r\u00e9gie par une d\u00e9marche et des param\u00e8tres incompatibles avec le mod\u00e8le traditionnel. Il en r\u00e9sulte notamment des projets qui tentent d\u2019\u00e9chapper \u00e0 cette appr\u00e9hension traditionnelle des objets que repr\u00e9sentent le disque et son emballage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Disque, emballage et objet d\u2019art<\/h2>\n\n\n\n<p>Bon nombre de maisons de disques ind\u00e9pendantes accordent une grande importante \u00e0 la pr\u00e9sentation de leurs productions. Ce souci se retrouve notamment dans le refus d\u2019apposer des codes barres, dans le recours \u00e0 des bo\u00eetiers de carton pour remplacer l\u2019habituel bo\u00eetier de plastique et dans la modification des dimensions de l\u2019emballage. Or, il n\u2019est pas rare de voir des musiciens mettre l\u2019emphase sur l\u2019emballage au point d\u2019enrichir l\u2019appr\u00e9hension traditionnelle. Leurs projets ne se d\u00e9ploient plus uniquement au niveau sonore ou musical, mais en viennent \u00e0 poss\u00e9der une dimension visuelle qui implique une d\u00e9marche et une recherche se rapprochant des arts visuels.<\/p>\n\n\n\n<p>Cremaster est un duo form\u00e9 d\u2019Alfredo Costa Monteiro et Ferran Fages, deux jeunes musiciens d\u2019origine portugaise actifs \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale depuis quelques ann\u00e9es. L\u2019emballage de leur disque&nbsp;<em>32,41 n\/m2<\/em>&nbsp;(Absurd, cd 32, 2003) se compose d\u2019une feuille de papier sabl\u00e9 \u00e0 gros grain d\u2019environ 15 cm x 35 cm repli\u00e9e sur elle-m\u00eame. Dans le m\u00eame esprit, les Berlinois Burkhard Beins et Michael Renkel demand\u00e8rent \u00e0 Fehmi Baumbach de concevoir l\u2019emballage de&nbsp;<em>m\u00f6wen &amp; moos<\/em>&nbsp;(2:13 music, 008\/009, 1999), la premi\u00e8re parution de leur projet&nbsp;<em>Activity Center<\/em>. Les deux disques compacts qui renferment la musique de&nbsp;<em>m\u00f6wen &amp; moos<\/em>&nbsp;sont envelopp\u00e9s dans une feuille de papier velum d\u2019environ 30 cm x 125 cm repli\u00e9e autour des disques une dizaine de fois et sur laquelle diff\u00e9rentes ornementations furent coll\u00e9es ou dessin\u00e9es au crayon feutre.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, aussi \u00e9labor\u00e9s, complexes et inhabituels soient-ils, de tels emballages ne s\u2019\u00e9loignent gu\u00e8re de leur fonction premi\u00e8re. Ils agissent toujours \u00e0 titre de contenant, de r\u00e9ceptacle pour le disque qu\u2019ils accompagnent. Ils demeurent en ce sens secondaires par rapport \u00e0 celui-ci et ne peuvent en \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s ind\u00e9pendamment. L\u2019amateur qui se procure, par exemple,&nbsp;<em>32,41 n\/m2<\/em>&nbsp;se procure encore, justement, un disque, bien que sa pochette soit pour le moins inhabituelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tape est v\u00e9ritablement franchie \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019emballage et le disque peuvent \u00eatre dissoci\u00e9s. L\u2019emballage peut alors \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 en tant que tel sur la base d\u2019une prise de conscience de la dimension visuelle qui lui est inh\u00e9rente. Une telle appr\u00e9hension peut mener \u00e0 une approche qui vise \u00e0 faire de l\u2019emballage un objet d\u2019art en soi.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, une approche qui pourrait \u00eatre qualifi\u00e9e d\u2019interm\u00e9diaire consisterait \u00e0 prendre un objet d\u2019art et \u00e0 l\u2019utiliser \u00e0 titre d\u2019emballage pour un disque. L\u2019objet serait ainsi d\u00e9tourn\u00e9 de sa fonction premi\u00e8re, mais pr\u00e9serverait n\u00e9anmoins son statut. C\u2019est ce que fit, par exemple, le percussionniste allemand Matthias Kaul en collaboration avec la maison de disques NURNICHTNUR. Pour le disque Fever \u2013 Five Songs from a&nbsp;<em>Percussionist<\/em>&nbsp;(NURNICHTNUR, 102 01 20, 2002), le peintre Wolfgang Kahle pr\u00e9para une \u0153uvre de 52 m2 laquelle fut d\u00e9coup\u00e9e en mille segments qui servent maintenant de pochette aux exemplaires du disque. Un proc\u00e9d\u00e9 identique fut utilis\u00e9 pour&nbsp;<em>The Smell of Light<\/em>(NURNICHTNUR, 104 01 08, 2004), un enregistrement en duo avec Malcolm Goldstein, violoniste et compositeur d\u2019origine am\u00e9ricaine r\u00e9sidant \u00e0 Montr\u00e9al depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette volont\u00e9 de dissocier les dimensions visuelle et sonore et de brouiller la fronti\u00e8re entre simple emballage et objet d\u2019art se retrouve dans les parutions \u00e0 tirage limit\u00e9 de la maison de disques allemande edition explico dirig\u00e9e par le tromboniste et violoncelliste G\u00fcnter Christmann. Ces disques, press\u00e9s en \u00e9dition de 150 exemplaires, viennent dans des bo\u00eetiers de plastique standard qui furent travaill\u00e9s manuellement. Ainsi, bien qu\u2019ils agissent toujours \u00e0 titre de contenant pour le disque, ils sont le sujet d\u2019une d\u00e9marche distincte, ce qui n\u2019exclut pas une certaine compl\u00e9mentarit\u00e9 avec celle sous-jacente \u00e0 la cr\u00e9ation de la musique. Par exemple, la couverture de&nbsp;<em>temps dur\u00e9e<\/em>&nbsp;(edition explico, explico 10, 1999), un duo compos\u00e9 de Christmann et Thomas Lehn, n\u2019est pas donn\u00e9e par une illustration gliss\u00e9e dans le bo\u00eetier. Deux blocs de fibres de bois, l\u2019un jaune d\u2019une \u00e9paisseur de 8 mm et l\u2019autre rouge d\u2019une \u00e9paisseur de 16 mm, furent coll\u00e9s sur la surface du bo\u00eetier de fa\u00e7on \u00e0 la recouvrir compl\u00e8tement. Pour le projet Vario-41 (edition explico, explico 14, 2005), un quatuor compos\u00e9 de John Butcher, Boris Baltschun, Michael Griener et Christmann, des carr\u00e9s de tapis furent coll\u00e9s sur les deux faces du bo\u00eetier. En faisant abstraction de la fonction \u00e0 laquelle ils sont assujettis, ces bo\u00eetiers pourraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des objets d\u2019art \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019une appr\u00e9hension de l\u2019emballage d\u2019un disque en tant qu\u2019objet d\u2019art, c\u2019est-\u00e0-dire sur la seule base de cette dimension visuelle et au d\u00e9triment de toute dimension sonore, fut pouss\u00e9e \u00e0 sa limite par la maison de disques montr\u00e9alaise squintfuckerpress et sa s\u00e9rie&nbsp;<em>coverwithoutarecord<\/em>&nbsp;dont le nom est un clin d\u2018\u0153il \u00e9vident au c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;<em>Record Without a Cover<\/em>&nbsp;de Christian Marclay (Important Records, 1985). Dans le cadre de ce projet, des musiciens et (ou) artistes visuels dont Martin T\u00e9treault, Kim Dawn, Christof Migone, Alexandre St-Onge et Cal Crawford furent invit\u00e9s \u00e0 cr\u00e9er des objets d\u2019art \u00e0 partir de bo\u00eetiers de disque compact vides. Le bo\u00eetier de plastique devient donc un objet en soi qui ne se d\u00e9finit nullement par sa relation \u00e0 un disque contenant un contenu musical donn\u00e9 qu\u2019il accompagnerait. Il est compl\u00e8tement d\u00e9tourn\u00e9 de sa fonction traditionnelle, ce qui exige une appr\u00e9hension selon un mode lui \u00e9tant sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Disque, emballage ou objet d\u2019art\u2009?<\/h2>\n\n\n\n<p>Les exemples mentionn\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ne transforment que l\u2019emballage\u2009; le disque lui-m\u00eame ne change pas et demeure un support en vue d\u2019une diffusion de la musique. Il est pourtant possible d\u2019en faire un objet d\u2019art de telle sorte qu\u2019il dispose d\u2019une dimension visuelle propre tout en demeurant un support sonore. Quelques disques vinyles parus au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es s\u2019inscrivent dans une telle d\u00e9marche. Alors que des sillons \u00e9taient press\u00e9s sur l\u2019une des faces, l\u2019autre face servait de m\u00e9dium \u00e0 une \u0153uvre qui rel\u00e8ve des arts visuels. La dichotomie entre la dimension sonore et la dimension visuelle ne s\u2019incarne plus exclusivement dans les objets que repr\u00e9sentent le disque et son emballage. Le disque lui-m\u00eame se pr\u00eate \u00e0 une double appr\u00e9hension. \u00c0 cet \u00e9gard, les disques vinyles semblent offrir une plus grande flexibilit\u00e9 pour de tels projets comparativement aux disques compacts en raison des techniques diff\u00e9rentes de pressage et de lecture de la musique qu\u2019impliquent les deux m\u00e9dias.<\/p>\n\n\n\n<p>Le disque&nbsp;<em>In the City<\/em>&nbsp;du percussionniste new-yorkais Sean Meehan et du saxophoniste d\u2019origine japonaise Tamio Shiraishi (Fusetron Records, 030, 2003) est un premier exemple. Depuis plusieurs ann\u00e9es, ces deux musiciens organisent durant la saison estivale des concerts dans des endroits inusit\u00e9s et ignor\u00e9s de New York. La premi\u00e8re face de&nbsp;<em>In the City<\/em>&nbsp;pr\u00e9sente un extrait de l\u2019enregistrement d\u2019un de ces concerts pr\u00e9sent\u00e9 sous la&nbsp;<em>West Side Highway<\/em>&nbsp;\u00e0 la hauteur de la 59e rue le 21 juillet 2001. La seconde face contient pour sa part une illustration et un texte grav\u00e9s au laser couvrant toute la surface du disque. Il ne s\u2019y trouve aucun sillon et donc aucun contenu musical.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9rie Lanthanides de Table of the Elements repr\u00e9sente un deuxi\u00e8me exemple. Cette s\u00e9rie de 14 disques fut produite en 2003 et 2004 pour souligner le dixi\u00e8me anniversaire de cette maison de disques am\u00e9ricaine et fit appel \u00e0 divers musiciens parmi lesquels le guitariste am\u00e9ricain John Fahey, le saxophoniste su\u00e9dois Mats Gustafsson, la harpiste new-yorkaise Zeena Parkins, le compositeur d\u2019origine new-yorkaise Rhys Chatam. Press\u00e9 sur du vinyle transparent et gliss\u00e9 dans une enveloppe transparente de polyur\u00e9thane, chaque disque pr\u00e9sente de la musique au recto et une s\u00e9rigraphie \u00e0 l\u2019encre phosphorescente au verso. Ainsi, le disque est son propre emballage. Il d\u00e9termine compl\u00e8tement sa dimension sonore de m\u00eame que sa dimension visuelle de telle sorte qu\u2019il est \u00e0 la fois disque et objet d\u2019art. Par cons\u00e9quent, son statut change puisqu\u2019il n\u2019est plus seulement un support pour la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la r\u00e9\u00e9dition de&nbsp;<em>Fuck The Old Miami<\/em>&nbsp;(Important Records, imprec048, 2005), le d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre groupe Wolf Eyes exploita les possibilit\u00e9s du disque vinyle en tant que support musical et en tant qu\u2019objet d\u2019art. La premi\u00e8re face contient l\u2019enregistrement d\u2019un concert donn\u00e9 dans la salle du m\u00eame nom \u00e0 Detroit. La seconde reproduit quant \u00e0 elle des motifs grav\u00e9s manuellement \u00e0 m\u00eame le vinyle. Contrairement \u00e0&nbsp;<em>In the City<\/em>, elle n\u2019est toutefois pas exempte de tout contenu musical puisque des sillons furent subs\u00e9quemment coup\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et autour de la gravure. Il est donc en principe possible d\u2019\u00e9couter cette face \u00e0 l\u2019aide d\u2019un tourne-disque&#8230; au risque d\u2019endommager l\u2019aiguille\u2009! En se restreignant \u00e0 cette seconde face, une incompatibilit\u00e9 se dessine donc entre des appr\u00e9hensions du disque en tant que support musical et en tant qu\u2019objet d\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>Lanc\u00e9 en septembre 2005 et d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Constant&nbsp;<em>Nieuwenhuys, Sectors (for Constant)<\/em>&nbsp;de Sean Meehan (SoSEDITION, 802, 2005) pousse \u00e0 la limite l\u2019id\u00e9e d\u2019une fusion des dimensions sonore et visuelle et donc de deux appr\u00e9hensions incompatibles. D\u2019un point de vue strictement musical,&nbsp;<em>Sectors (for Constant)<\/em>&nbsp;se compose de deux improvisations interpr\u00e9t\u00e9es par Meehan \u00e0 l\u2019aide de cymbales et d\u2019une caisse claire et r\u00e9parties sur autant de disques compacts. L\u2019emballage est quant \u00e0 lui form\u00e9 de deux feuilles de papier d\u2019environ 30 cm x 25 cm faites \u00e0 la main par Meehan lui-m\u00eame, entre lesquelles furent ins\u00e9r\u00e9s les disques alors que celles-ci \u00e9taient encore mouill\u00e9es. En tant qu\u2019objet d\u2019art, le tout se pr\u00e9sente donc comme une \u0153uvre visuelle tridimensionnelle de forme rectangulaire dont la surface est l\u00e9g\u00e8rement textur\u00e9e et de couleur blanche avec deux cercles en relief correspondant aux disques compacts scell\u00e9s entre les feuilles de papier.&nbsp;<em>Sectors (for Constant)<\/em>&nbsp;peut donc \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 selon plusieurs modes, mais il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u de fa\u00e7on \u00e0 ce que ces appr\u00e9hensions ne puissent c\u0153xister, qu\u2019elles soient mutuellement exclusives. Les disques \u00e9tant litt\u00e9ralement emprisonn\u00e9s dans l\u2019emballage, ils ne sont accessibles qu\u2019en d\u00e9chirant celui-ci. Cette \u0153uvre prend donc la forme soit de deux disques totalement d\u00e9nud\u00e9s \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire sans pochette et bo\u00eetier \u2013, soit d\u2019un objet d\u2019art d\u00e9pourvu de toute dimension musicale. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la musique n\u2019est possible qu\u2019au prix de la dimension visuelle et, inversement, celle-ci ne se pr\u00e9serve qu\u2019en acceptant d\u2019ignorer la dimension musicale. Dans cette perspective,&nbsp;<em>Sectors (for Constant)<\/em>&nbsp;transcende la dichotomie traditionnelle entre le disque et son emballage et leurs appr\u00e9hensions respectives sous-jacentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les approches dont il a \u00e9t\u00e9 question et les exemples pr\u00e9sent\u00e9s ne visent \u00e9videmment pas \u00e0 recenser exhaustivement toutes les \u0153uvres explorant la relation entre le disque et son emballage. L\u2019objectif \u00e9tait simplement de mettre en lumi\u00e8re l\u2019existence de d\u00e9marches en musiques actuelles qui transcendent la dichotomie traditionnelle entre le disque comme support musical et l\u2019emballage comme contenant pour cet objet, d\u00e9marches qui sont certainement li\u00e9es \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance des musiciens et maisons de disques.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Boris Baltschun, Burkhard Beins, Cal Crawford, Cremaster, Derek Bailey, G\u00fcnter Christmann, John Butcher, Kim Dawn, Mathieu B\u00e9langer, Rhys Chatam, Wolf Eyes<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":272462,"template":"","categories":[281,893],"numeros":[4257],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[4219],"artistes":[4304,4305,4306,4307,4308,4309,4310,4311,4312,4313],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[5941],"class_list":["post-177481","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-off-feature","numeros-57-signatures-en","statuts-archive","auteurs-mathieu-belanger-en","artistes-boris-baltschun-en","artistes-burkhard-beins-en","artistes-cal-crawford-en","artistes-cremaster-en","artistes-derek-bailey-en","artistes-gunter-christmann-en","artistes-john-butcher-en","artistes-kim-dawn-en","artistes-rhys-chatam-en","artistes-wolf-eyes-en","type_hors-dossier-principal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/177481","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/272462"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177481"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177481"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=177481"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=177481"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=177481"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=177481"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=177481"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=177481"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=177481"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=177481"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}