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{"id":178306,"date":"2007-01-01T19:00:00","date_gmt":"2007-01-02T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/habiter-le-quartier-baroque\/"},"modified":"2026-02-06T12:25:14","modified_gmt":"2026-02-06T17:25:14","slug":"habiter-le-quartier-baroque","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/habiter-le-quartier-baroque\/","title":{"rendered":"Habiter le quartier baroque"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Nous sommes dans le quartier <span style=\"white-space: nowrap;\">Saint-Roch<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - \u00c9v\u00e9nement <em>Habiter<\/em>, organis\u00e9 par le centre VU, du 25 ao\u00fbt au 1<sup>er <\/sup>octobre 2006.<\/span>. Un quartier qui rena\u00eet de ses cendres et dont l\u2019histoire est \u00e0 la fois charg\u00e9e et \u00e9tonnante.<\/pre>\n\n\n\n<p>On en conna\u00eet les balises\u202f: un des quartiers d\u2019affaires les plus \u00adprosp\u00e8res au Canada pendant les ann\u00e9es 1950 conna\u00eetra la d\u00e9ch\u00e9ance \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des grands centres commerciaux de la banlieue. Puis, gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence des centres d\u2019artistes et des artistes r\u00e9sidents, cette zone urbaine a commenc\u00e9 \u00e0 reprendre vie. Au fil des 15 derni\u00e8res <span style=\"white-space: nowrap;\">ann\u00e9es<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Cette pr\u00e9sence des artistes a \u00e9t\u00e9 soutenue gr\u00e2ce \u00e0 un programme d\u2019aide \u00e0 \u00adl\u2019acquisition de studios-ateliers qui s\u2019adresse aux artistes de toutes disciplines mis sur pied par la Ville de Qu\u00e9bec en 1997.<\/span> le pouvoir municipal a soutenu cet \u00e9lan en encourageant la venue de plusieurs \u00e9coles, instituts de recherche et organismes de pointe qui se sont install\u00e9s \u00e0 demeure. Le quartier Saint-Roch est ainsi devenu le lieu d\u2019expression d\u2019une vie culturelle extr\u00eamement fertile et diversifi\u00e9e qui balaie au passage l\u2019image stigmatis\u00e9e d\u2019une ville endormie. Tout ce secteur n\u00e9vralgique nous renvoie au \u00adcontraire un portrait \u00e0 la fois bigarr\u00e9 et hybride dont les contradictions \u00adconstituent la richesse. Il y a les jeunes bourgeois habitant les condos nouvellement construits et les vieilles dames vivant encore dans la maison familiale\u2009; il y a les \u00e9difices restaur\u00e9s t\u00e9moignant de l\u2019histoire industrielle du quartier, mais aussi les \u00e9difices en hauteur aux styles r\u00e9solument contemporains\u2009; il y a les jeunes marginaux, mais aussi les jeunes familles qui appr\u00e9cient le calme revenu dans certains secteurs \u00adautrefois marqu\u00e9s par la violence, et puis des places, de \u00adv\u00e9ritables places publiques o\u00f9 les badauds, les fous, les vuln\u00e9rables et les \u00adtravailleurs des boutiques chics du coin se c\u00f4toient. \u00c9trange quartier. Et dans ce paysage baroque, des artistes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1472\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Partaik_Window-of-opportunity-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-178036\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Partaik_Window-of-opportunity-scaled.jpg 1472w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Partaik_Window-of-opportunity-scaled-300x391.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Partaik_Window-of-opportunity-scaled-600x783.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Partaik_Window-of-opportunity-768x1001.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Partaik_Window-of-opportunity-1178x1536.jpg 1178w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Partaik_Window-of-opportunity-1571x2048.jpg 1571w\" sizes=\"auto, (max-width: 1472px) 100vw, 1472px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>James Partaik &amp; Blair Taylor<\/strong><br><em>Window of Opportunity<\/em>, \u00e9v\u00e9nement <em>Habiter<\/em>, Qu\u00e9bec, 2006. <br>Photo\u202f: Ivan Binet, courtoisie du centre VU<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est sur cette toile de fond que le centre Vu, centre de \u00adproduction et de diffusion de la photographie, a con\u00e7u et mis sur pied son projet collectif le plus r\u00e9cent. Sous le titre <em>Habiter<\/em>, une dizaine d\u2019artistes \u00adqu\u00e9b\u00e9cois et <span style=\"white-space: nowrap;\">canadiens<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Les artistes participants sont\u202f: Murielle Dupuis-Larose, Romeo Gongora, Caroline Hayeur (collaboration de Myl\u00e9na Bergeron), Ken Lum, James Partaik (collaboration de Blair Taylor) et Eva Quintas (collaboration de Paule Belleau). Deux projets \u00adperformatifs \u00e9taient en outre pr\u00e9sent\u00e9s au lancement de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Ces actions des Fermi\u00e8res obs\u00e9d\u00e9es et de Louis Chalem se d\u00e9roulaient sur trois jours, soit les 25, 26 et 27 ao\u00fbt.<\/span> ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 r\u00e9aliser autant de projets in situ dans le quartier. \u00c0 ce titre, il semble important de souligner que <em>Habiter<\/em> nous a entra\u00een\u00e9s dans des lieux ext\u00e9rieurs, publics et accessibles <em>de facto<\/em>. Il y a donc au premier plan cette question de la place publique et de l\u2019art sur cette place. Tout au long de six semaines cons\u00e9cutives, les \u0153uvres ont envahi l\u2019espace de la rue et ont suscit\u00e9 des rencontres inattendues, des \u00e9changes multiformes. Les activit\u00e9s nocturnes du quartier ont permis aussi aux \u0153uvres de r\u00e9sonner tout au long du jour et encore la nuit tomb\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, la ville de Qu\u00e9bec poss\u00e8de une solide tradition \u00add\u2019\u00e9v\u00e9nements hors les murs qui, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, ont \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019explorer les possibles infiltrations de l\u2019art dans le tissu <span style=\"white-space: nowrap;\">urbain<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - On pense \u00e0 plusieurs \u00e9v\u00e9nements organis\u00e9s par La Chambre blanche au fil de son histoire, aux deux <em>Ann\u00e9es photographiques<\/em> du centre Vu et, plus r\u00e9cemment, aux volont\u00e9s de diss\u00e9minations de la Manif d\u2019art de Qu\u00e9bec. Le centre Le lieu a aussi r\u00e9guli\u00e8rement pr\u00e9sent\u00e9 des actions, performances et man\u0153uvres dans la ville.<\/span>. Bien que plusieurs d\u2019entre eux aient donn\u00e9 lieu \u00e0 \u00adl\u2019investissement de certains espaces situ\u00e9s dans le p\u00e9rim\u00e8tre m\u00eame du quartier Saint-Roch, <em>Habiter<\/em> est le premier \u00e0 poser ce secteur \u00adg\u00e9ographique, historique et symbolique comme objet explicite \u00add\u2019investigation. Non seulement l\u2019ensemble des \u0153uvres dessinent-elles un parcours dans le centre m\u00eame du nouveau quartier culturel, mais elles r\u00e9sultent d\u2019une volont\u00e9 d\u2019aller \u00e0 la rencontre de ce secteur urbain et d\u2019en r\u00e9v\u00e9ler les couleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 l\u2019artiste Georgia Volpe que l\u2019on doit le concept d\u2019origine du projet. En co-commissariat avec Andr\u00e9 Gilbert du centre VU, elle voudra tout d\u2019abord poser la question du \u00ab\u202fcitoyen\u202f\u00bb\u202f: \u00ab\u202fFond\u00e9 sur la rencontre entre des artistes professionnels et la communaut\u00e9 locale, <em>Habiter<\/em> consid\u00e8re la ville dans sa dimension humaine et propose un art v\u00e9ritablement public qui prend le citoyen lui-m\u00eame comme sujet.\u202f\u00bb En amont des strat\u00e9gies in situ s\u2019inscrit ainsi la volont\u00e9 d\u2019\u00e9tablir un dialogue et d\u2019impliquer directement les r\u00e9sidents dans la r\u00e9alisation des \u0153uvres. Une approche qui, dans le contexte d\u2019une esth\u00e9tique \u00adrelationnelle \u00e0 la mode, se voit m\u00e9fiante face \u00e0 l\u2019imposition du geste d\u2019art et souhaite v\u00e9ritablement confronter le d\u00e9fi du dialogique. L\u2019<em>habiter <\/em>peut-il \u00eatre vu comme une expression humaniste de l\u2019in situ, ultime d\u00e9veloppement de son histoire\u2009? Il r\u00e9v\u00e9lerait ainsi non seulement une exp\u00e9rience citoyenne, mais aussi une co-<em>habitation<\/em> du quotidien et de l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel provoqu\u00e9e par le projet propos\u00e9. La pr\u00e9sence m\u00eame des artistes dans le quartier semble ici questionn\u00e9e implicitement. Il est d\u2019ailleurs int\u00e9ressant d\u2019analyser l\u2019image que les cr\u00e9ateurs souhaitent projeter de ces \u00ab\u202fcitoyens\u202f\u00bb. On constate que plusieurs d\u2019entre eux sont tout particuli\u00e8rement sensibles aux repr\u00e9sentants de minorit\u00e9s visibles, aux jeunes de la rue, \u00e0 ceux et celles qui vivent souvent une condition d\u2019exclusion. Si <em>Habiter<\/em> pose la question du citoyen, il pose ainsi beaucoup plus que la \u00adsimple question de r\u00e9sider dans un lieu donn\u00e9. Ici est mise en lumi\u00e8re la \u00adquestion d\u2019un droit \u00e0 la parole et \u00e0 la reconnaissance sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que, par son titre, <em>Habiter<\/em> provoque d\u2019entr\u00e9e de jeu \u00adl\u2019effet d\u2019un \u00e9cho, d\u2019une connivence avec tout un pan de l\u2019histoire de l\u2019art r\u00e9cent au Qu\u00e9bec. On ne peut omettre ici de mentionner \u00adl\u2019\u00e9v\u00e9nement <em>La demeure<\/em>, organis\u00e9 par Optica en <span style=\"white-space: nowrap;\">2002<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - Cet \u00e9v\u00e9nement avait Marie Fraser comme commissaire.<\/span> et qui posait quant \u00e0 lui une r\u00e9flexion sur la pr\u00e9carit\u00e9 de l\u2019habitat, le nomadisme urbain. On pense aussi aux activit\u00e9s d\u2019exploration du 3<sup>e<\/sup> Imp\u00e9rial \u00e0 Granby qui tente un ancrage au quotidien et in situ dans sa communaut\u00e9. Plusieurs artistes ont \u00e9galement, dans leur production individuelle, explor\u00e9 ces th\u00e8mes de l\u2019habiter et de la demeure (Alain Paiement, Ana Rewakowicz, Roland Poulin et bien d\u2019autres). La volont\u00e9 de rencontre avec les citoyens, bien exprim\u00e9e par les commissaires, rel\u00e8ve \u00e9galement d\u2019un courant incontournable, que l\u2019on \u00e9voque le <em>community art<\/em> ou l\u2019esth\u00e9tique relationnelle. Or comment, derri\u00e8re ce titre suscitant une impression de d\u00e9j\u00e0-vu, <em>Habiter<\/em> cache-t-il sa sp\u00e9cificit\u00e9\u2009? Quoi de neuf dans le \u00adpaysage de l\u2019art contextuel\u2009?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-178106\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock.jpg 1280w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-300x450.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-600x900.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-768x1152.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-1365x2048.jpg 1365w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Benoit Aquin<\/strong><br><em>St-Rock Will Never Die<\/em>, \u00e9v\u00e9nement <em>Habiter<\/em>, Qu\u00e9bec, 2006. <br>Photos\u202f: Ivan Binet, courtoisie du centre VU<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-178108\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-2.jpg 1280w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-2-300x450.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-2-600x900.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-2-768x1152.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-2-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Aquin_St-Rock-2-1365x2048.jpg 1365w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans son ancrage \u00e0 un contexte tout \u00e0 fait singulier que <em>Habiter<\/em> prend toute sa place et r\u00e9v\u00e8le sa pertinence. Que l\u2019on \u00adenvisage l\u2019infiltration du tissu urbain, l\u2019int\u00e9gration \u00e0 l\u2019espace architectural ou la prise en compte de ce contexte humain et social sp\u00e9cifique, on constatera ais\u00e9ment que l\u2019ensemble se construit ainsi selon plusieurs \u00adtrames dont on devra tenir compte dans l\u2019\u00e9valuation de l\u2019impact de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Tous, cependant, n\u2019auront pas jou\u00e9 la carte de l\u2019in situ avec autant de conviction. \u00c0 ce titre, on ressent la difficult\u00e9 de \u00adcertains \u00e0 sublimer les limites du m\u00e9dium photographique pour aller \u00adv\u00e9ritablement \u00e0 la rencontre du lieu. On notera que si les organisateurs ont exprim\u00e9 \u00e0 l\u2019origine la volont\u00e9 de proposer un \u00e9v\u00e9nement multidisciplinaire, allant ainsi au-del\u00e0 du mandat propre au centre Vu, <em>Habiter<\/em> est d\u2019abord et avant tout un projet de recherche sur l\u2019image. Alors que le parti pris photographique est \u00e9vident, on constate \u00ad\u00e9galement, parmi les propositions les plus efficaces, une exploration de l\u2019image vid\u00e9ographique ou num\u00e9rique. \u00c0 cet \u00e9gard, trois projets se \u00add\u00e9marquent, soit ceux de Murielle Dupuis-Larose, de Romeo Gongora et de James Partaik, con\u00e7u en collaboration avec Blair Taylor.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dupuis-Larose est bien connue pour son exploration du m\u00e9dium vid\u00e9ographique et son int\u00e9r\u00eat pour le territoire de l\u2019intime. Elle \u00adconna\u00eet bien le quartier. C\u2019est pour elle un lieu de travail et de cr\u00e9ation. <em>Marques d\u2019usage<\/em> se constitue d\u2019une suite de moniteurs vid\u00e9os \u00adplac\u00e9s dans trois emplacements achaland\u00e9s de la rue Saint-Joseph, soit deux \u00adcommerces du quartier et le hall de l\u2019un de ses plus \u00adimportants lieux de rassemblement, la biblioth\u00e8que Gabrielle-Roy. Dans ce \u00addernier emplacement, l\u2019artiste nous propose trois moniteurs en triptyques dont le dispositif s\u2019int\u00e8gre plus efficacement. Des bandes en \u00adboucle diffusent des prises de vue d\u2019un \u0153il, en plan rapproch\u00e9, ne nous \u00adpermettant pas d\u2019identifier un visage, une posture ou un corps auquel cet \u0153il \u00adappartiendrait. Un effet saccad\u00e9 est d\u00e9clench\u00e9 par les battements irr\u00e9guliers de la paupi\u00e8re, qui sont parfois l\u2019occasion d\u2019un effet de montage. Au battement, l\u2019image s\u2019ouvre alors sur un autre regard. Les sourcils ou la texture de la peau laissent alors l\u2019impression d\u2019un \u00e2ge, d\u2019une vivacit\u00e9 ou d\u2019une lassitude. Sans plus. Cette \u00adsuccession nous d\u00e9voile autant d\u2019individus anonymes. Puis, une lecture \u00adattentive d\u00e9voilera une petite sc\u00e8ne, juste l\u00e0, dans l\u2019iris. Par un effet de miroir fascinant, on y voit tout ce que cet individu a vu pendant la prise de vue\u202f: l\u2019espace de la demeure, les \u00eatres qui s\u2019y trouvent, leurs \u00add\u00e9placements. Dupuis-Larose leur a en effet demand\u00e9 la permission d\u2019aller dans leur espace de vie, de les filmer de tr\u00e8s pr\u00e8s et, peut-\u00eatre, pendant ces prises de vue, qu\u2019on la voit, elle, affair\u00e9e \u00e0 toucher \u00adcertains objets leur appartenant. Dans cet \u0153il magnifi\u00e9 se d\u00e9voile donc une autre fen\u00eatre donnant acc\u00e8s \u00e0 tous ces gestes et, surtout, \u00e0 cet espace intime de la domesticit\u00e9. Absorb\u00e9s par l\u2019image, on s\u2019\u00e9veille soudain \u00e0 la pr\u00e9sence fragmentaire du visage, et le regard h\u00e9site en alternance entre ce visage qui demeure inconnu et l\u2019espace refl\u00e9t\u00e9 qui l\u00e8ve un peu le voile sur l\u2019existence de celui ou celle qui le porte. Tel un miroir en arri\u00e8re-fond d\u2019une toile flamande nous r\u00e9v\u00e9lant le secret d\u2019un autre point de vue. C\u2019est donc avec finesse et \u00add\u00e9tournement habile que l\u2019artiste nous indique une rencontre sans jamais nous \u00adlaisser tomber dans le voyeurisme. Il est en fait bien plus question de ce mouvement de l\u2019artiste vers les r\u00e9sidents du quartier que de l\u2019identit\u00e9 m\u00eame de ces derniers. Les personnages sont aussi libres de toute tentative statistique, libres dans leur diff\u00e9rence, dans leur anonymat m\u00eame. C\u2019est par le regard qu\u2019un territoire se d\u00e9finit, comme autant de paysages identitaires, de cadrages sur le monde, \u00e0 distance de l\u2019espace public pour mieux y revenir le temps de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Et ce choix du territoire individuel, comme lieu \u00e0 explorer, donne lieu \u00e0 des d\u00e9placements constants sur la corde raide du priv\u00e9 et du public, de ce que l\u2019on d\u00e9voile pour paradoxalement mieux le prot\u00e9ger.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019elle soit fixe ou en mouvement, l\u2019image participe de l\u2019univers visuel de la ville. Elle permet aussi, et plus pertinemment, de \u00adproposer quelques fen\u00eatres, interfaces entre l\u2019intime et le public, entre de \u00admultiples r\u00e9seaux de sens et d\u2019images. Le th\u00e8me de la fen\u00eatre est d\u2019ailleurs au centre du projet de Partaik et Taylor intitul\u00e9 <em>Window of Opportunity<\/em>. Il s\u2019agit d\u2019un des projets les plus forts de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et certainement le plus efficace sur le plan de la strat\u00e9gie in situ. Les deux artistes, l\u2019un de Qu\u00e9bec, l\u2019autre de Victoria, sont bien connus pour leur artisanat <span style=\"white-space: nowrap;\">technologique<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - On se souviendra entre autres de <em>Ligne de Site V<\/em>, en collaboration avec Arqh\u00e9, \u00adpr\u00e9sent\u00e9 dans le cadre des 2<sup>e<\/sup> rencontres internationales en arts visuels organis\u00e9es par La Chambre blanche en 2000. Il faut \u00e9galement souligner qu\u2019en 1993 James Partaik, en collaboration avec Arqh\u00e9, proposait l\u2019une des premi\u00e8res interventions in situ dans une maison du quartier.<\/span>. Dans les vitrines d\u2019un commerce de \u00adbrocante, ils ont install\u00e9 des LED qui jouent le r\u00f4le d\u2019autant de pixels composant une image mouvante. Chacun des points \u00adlumineux, de \u00adcouleur rouge, s\u2019allume ou s\u2019\u00e9teint selon une chor\u00e9graphie dont on voudrait d\u00e9chiffrer le sens. L\u2019\u0153uvre, presque invisible \u00e0 la \u00adlumi\u00e8re du jour, s\u2019anime en soir\u00e9e et diffuse des images apparemment \u00add\u00e9construites, \u00e0 la limite du perceptible. Dans un coin de la vitrine, un portable \u00add\u00e9voile toutefois l\u2019image pix\u00e9lis\u00e9e, r\u00e9duite et ainsi plus ais\u00e9ment lisible, de personnages en \u00e9tat de combat ou de n\u00e9gociation. La vitrine devient \u00e9cran ou trame, un r\u00e9seau qui se superpose \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du capharna\u00fcm des objets. Ici encore la fen\u00eatre agit comme interface et point de rencontre entre deux r\u00e9cits. Le propri\u00e9taire a bien plac\u00e9 ses trouvailles, enthousiasm\u00e9 par la nouvelle visibilit\u00e9 que lui donne le projet. Elles remplissent d\u00e9sormais la vitrine et tissent un rideau \u00adh\u00e9t\u00e9roclite qui, par sa densit\u00e9, emp\u00eache de voir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019espace. \u00c0 l\u2019inverse, les artistes doivent adapter le positionnement des LED mettant en lumi\u00e8re certains objets charg\u00e9s de sens qui bient\u00f4t \u00ads\u2019envolent selon le succ\u00e8s de vente du commer\u00e7ant. Perte d\u2019objet, perte de pixel, perte de sens. Parmi les images religieuses, un livre sur Hitler, des lampes, de la vaisselle. Les artistes seront touch\u00e9s par l\u2019origine de ces objets issus de successions ou de divorces non r\u00e9gl\u00e9s. Nous n\u2019en saurons rien, mais ce sont bel et bien ces connotations et ces \u00adr\u00e9f\u00e9rences, issues d\u2019une lecture attentive du contexte \u00add\u2019intervention, qui provoqueront le choix des r\u00e9cits invent\u00e9s et superpos\u00e9s \u00e0 cette premi\u00e8re trame de sens. Deux r\u00e9seaux d\u2019images de combat et de tractation se croisent et s\u2019ajustent entre eux par des mouvements d\u2019allers-retours constants. C\u2019est donc moins \u00e0 la dimension citoyenne qu\u2019on a voulu ici \u00ads\u2019attarder et davantage \u00e0 la rencontre d\u2019un lieu dans une approche d\u2019abord et avant tout in situ qui, en toute coh\u00e9rence, engage une complicit\u00e9 active avec son occupant.<\/p>\n\n\n\n<p>Romeo Gongora choisira \u00e9galement de traiter de l\u2019image en \u00admouvement et de la fen\u00eatre comme \u00e9cran-interface. Dans l\u2019\u0153uvre intitul\u00e9e <em>Sincere<\/em>, ce jeune artiste montr\u00e9alais d\u2019origine \u00adguat\u00e9malt\u00e8que choisi d\u2019aborder la situation des immigrants r\u00e9cemment arriv\u00e9s, pour lesquels le fran\u00e7ais demeure une langue \u00e0 parfaire. Cette fois, les \u00adprotagonistes peuvent \u00eatre identifi\u00e9s. Dans une vitrine vide, une bande vid\u00e9o, en r\u00e9troprojection, permet \u00e0 deux pr\u00e9sences \u00adfantomatiques d\u2019appara\u00eetre comme en suspension sur la paroi de verre. Comme s\u2019il s\u2019agissait pour elles de venir \u00e0 notre rencontre au niveau de la rue. Un couple joue une sc\u00e8ne fictive de mise en question de leur vie \u00adcommune. Leurs v\u00eatements nous indiquent qu\u2019ils se \u00adtrouvent dans l\u2019intimit\u00e9 de leur logis, parachut\u00e9s de la sorte dans l\u2019espace public de la rue. Il faut s\u2019approcher pour saisir le sens de leurs paroles. Pendant trois mois, l\u2019artiste et le couple ont communiqu\u00e9 \u00e0 distance et \u00adtravaill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du sc\u00e9nario. \u00c0 la fronti\u00e8re du r\u00e9el et de la fiction, le r\u00e9cit met en sc\u00e8ne des probl\u00e8mes de \u00adcommunication qui ne sont pas sans \u00e9voquer ceux qui r\u00e9sultent de la situation personnelle du \u00adcouple r\u00e9el, de nouveaux immigrants confront\u00e9s \u00e0 une langue et \u00e0 des codes \u00add\u2019interaction autres. La question citoyenne est ici soulev\u00e9e avec \u00adfinesse, de mani\u00e8re implicite, voire d\u00e9tourn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1280\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Gongora_Sincere-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-178070\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Gongora_Sincere-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Gongora_Sincere-scaled-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Gongora_Sincere-scaled-600x400.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Gongora_Sincere-768x512.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Gongora_Sincere-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Nadeau_Gongora_Sincere-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Romeo Gongora<\/strong><br><em>Sincere<\/em>, \u00e9v\u00e9nement <em>Habiter<\/em>, Qu\u00e9bec, 2006.<br>Photo\u202f: Ivan Binet, courtoisie du centre VU<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc \u00e0 une rencontre parfaite de deux trames de \u00adl\u2019\u00e9v\u00e9nement, l\u2019approche in situ et la cr\u00e9ation en toute \u00adcomplicit\u00e9 avec les r\u00e9sidents du quartier, que se sont attard\u00e9s ces trois projets \u00adpr\u00e9sentant des images en mouvement. Et si les projets \u00adsp\u00e9cifiquement photographiques ont eu quelques difficult\u00e9s \u00e0 \u00ads\u2019infiltrer dans \u00adl\u2019espace urbain, il faudra noter que certains t\u00e9moignent d\u2019une approche \u00adsensible au contexte humain qui leur fut propos\u00e9e. En effet, tous n\u2019auront pas pos\u00e9 les termes de l\u2019interaction avec le m\u00eame \u00adengagement. On devra s\u2019attarder aux divers modes de contact qu\u2019ont \u00e9tablis les artistes participants avec le citoyen et, du m\u00eame souffle, \u00e9valuer de quelle mani\u00e8re ce citoyen fut d\u00e9fini et nomm\u00e9. Il est int\u00e9ressant de constater que certains auront pr\u00e9d\u00e9fini le citoyen-type qu\u2019ils consid\u00e9raient pertinent d\u2019aborder, comme une image projet\u00e9e sur une r\u00e9alit\u00e9 pourtant plurielle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des projets photographiques qui nous furent ici propos\u00e9s, on retiendra le projet que Caroline Hayeur a con\u00e7u avec la collaboration de Myl\u00e9na Bergeron. Sur la rue, bien en vue, des photographies occupent les fen\u00eatres du rez-de-chauss\u00e9e d\u2019un \u00e9difice \u00e0 bureau. Ce sont quatre images noir et blanc, des portraits d\u2019adolescents visiblement fiers qui tiennent dans leurs mains une image. Par un proc\u00e9d\u00e9 de montage num\u00e9rique, ces petites images sont en couleur. Ce jeu de contraste est extr\u00eamement efficace. Alors que le portrait noir et blanc nous ram\u00e8ne \u00e0 la documentation du jeune et \u00e0 son espace r\u00e9el de vie, la lecture de l\u2019image ins\u00e9r\u00e9e nous plonge litt\u00e9ralement dans un ailleurs o\u00f9 le \u00adcaract\u00e8re id\u00e9alis\u00e9 du lieu choisi est \u00e9vident. Caroline Hayeur a \u00adrencontr\u00e9 ses collaborateurs par le biais d\u2019une maison de jeunes, leur a fourni des appareils, quelques notions techniques, puis une \u00adth\u00e9matique \u00e0 explorer\u202f: photographier le \u00ab\u202fchez-soi id\u00e9al\u202f\u00bb. Si le choix m\u00eame du lieu d\u2019insertion des images n\u2019est pas signifiant, l\u2019\u00e9chelle et la proximit\u00e9 de celles-ci par rapport aux passants permettent une v\u00e9ritable int\u00e9gration dans le parcours urbain. Riche de son exp\u00e9rience de reporter, l\u2019artiste nous propose un projet extr\u00eamement touchant et empreint d\u2019une po\u00e9sie qui \u00e9vite le danger de l\u2019image <span style=\"white-space: nowrap;\">st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - Les projets de Ken Lum et de Eva Quintas, en collaboration avec Paule Belleau, n\u2019ont pas su \u00e9viter cet \u00e9cueil. Tous deux ont choisi un accrochage plus \u00adconventionnel. Le premier a con\u00e7u un diptyque confrontant de mani\u00e8re peu subtile une Philippine (engag\u00e9e par <em>casting<\/em>) prenant une pose de karaok\u00e9 \u00e0 l\u2019extrait d\u2019une chanson de Gerry Boulet. Eva Quintas quant \u00e0 elle a pr\u00e9sent\u00e9 des portraits de jeunes sur fond de \u00adpaysages urbains d\u00e9saffect\u00e9s ou macul\u00e9s de graffitis. Un message lumineux d\u00e9file dans la vitrine adjacente et d\u00e9nonce l\u2019interdiction de fl\u00e2ner. C\u2019est bien \u00e9videmment sur le concept d\u2019exclusion que se penche le projet, mais on sent difficilement une r\u00e9elle motivation \u00e0 donner la parole.<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que des contacts avec des maisons de jeunes ou des \u00adcentres multiethniques ont permis \u00e0 certains artistes de bien cibler leurs \u00adcollaborateurs, Beno\u00eet Aquin a convoqu\u00e9 l\u2019al\u00e9atoire. Apr\u00e8s avoir offert \u00e0 une centaine de passants de les prendre en image, Aquin s\u2019est adonn\u00e9 \u00e0 un affichage sauvage o\u00f9 les images ont subi les al\u00e9as du \u00adclimat ou des r\u00e9actions provoqu\u00e9es. On a d\u00e9couvert \u00adsubrepticement ses polaro\u00efds au hasard des circulations quotidiennes. Puis, un \u00adaffichage en mosa\u00efque de copies papier de ces petits portraits pris sur le vif s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9picerie du coin, question de rassembler ces moments photographiques. Chaque prise de vue fut accompagn\u00e9e d\u2019une proposition, celle de joindre un commentaire au bas du portrait et de profiter ainsi d\u2019un droit de parole, d\u2019un lieu public d\u2019\u00e9nonciation\u202f: \u00ab\u202fJe suis burundaise. \u00c7a fait deux ans que je suis au Qu\u00e9bec. Laurence.\u202f\u00bb\u2009; \u00ab\u202f\u00c0 mon fils Nathan, soit heureux, vis bien. R. G.\u202f\u00bb\u2009;<br>\u00ab\u202fLe quartier, c\u2019est pas juste le symbole de la pauvret\u00e9, mais aussi de la joie de vivre. Guillaume Lavoie.\u202f\u00bb\u2009; \u00ab\u202fNous vivons bien \u00e0 Saint-Roch depuis 1955. Anita Robichaud.\u202f\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9v\u00e9nement <em>Habiter<\/em> a ainsi vu circuler des images \u00adnouvelles, se r\u00e9v\u00e9ler les images de soi, de l\u2019autre, jeux de perception ou \u00adimages effectives, \u00e0 grande \u00e9chelle, photographiques ou vid\u00e9os, de ceux et celles qui sont habituellement rel\u00e9gu\u00e9s dans l\u2019ombre ou qui ont choisi de ne pas prendre la parole. Il s\u2019est ainsi articul\u00e9 au \u00adcroisement d\u2019un discours sur l\u2019identit\u00e9 humaine et d\u2019un questionnement sur la \u00adm\u00e9moire et l\u2019identit\u00e9 d\u2019un quartier. L\u2019ensemble t\u00e9moigne d\u2019une volont\u00e9 de cr\u00e9er des contacts, d\u2019ouvrir des br\u00e8ches dans les \u00adremparts \u00adexistants. Plus que le constat d\u2019un individualisme, voire d\u2019un \u00adnomadisme \u00admarquant notre identit\u00e9 contemporaine, le projet a voulu croire \u00e0 la \u00adcr\u00e9ation de nouveaux r\u00e9seaux de sens et de transmission. Il nous aura incit\u00e9 \u00e0 questionner la nature des liens qui se tissent entre citoyens \u00add\u2019appartenances distinctes, mais aussi entre artistes et \u00adr\u00e9sidents du quartier. Et on ne sera pas surpris de constater que ceux et celles qui ont d\u00e9velopp\u00e9 un fort sentiment d\u2019appartenance envers ce secteur unique de la ville nous aient propos\u00e9 certains des projets les plus \u00adpertinents.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Benoit Aquin, Blair Taylor, James Partaik, Lisanne Nadeau<\/div>\n<div style='display: none;'>Benoit Aquin, Blair Taylor, James Partaik, Lisanne Nadeau<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":178068,"template":"","categories":[281,893],"numeros":[4330],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[4426],"artistes":[4427,4428,4358,7952,3032],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[],"class_list":["post-178306","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-off-feature","numeros-59-bruit-en","statuts-archive","auteurs-lisanne-nadeau-en","artistes-benoit-aquin-en","artistes-blair-taylor-en","artistes-james-partaik-en","artistes-mylena-bergeron","artistes-romeo-gongora-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/178306","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/178068"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=178306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=178306"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=178306"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=178306"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=178306"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=178306"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=178306"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=178306"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=178306"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=178306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}