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{"id":178616,"date":"2006-09-01T19:05:00","date_gmt":"2006-09-02T00:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/performer-la-poesie-reflexions-autour-du-festival-voix-dameriques\/"},"modified":"2026-02-09T14:07:32","modified_gmt":"2026-02-09T19:07:32","slug":"performer-la-poesie-reflexions-autour-du-festival-voix-dameriques","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/performer-la-poesie-reflexions-autour-du-festival-voix-dameriques\/","title":{"rendered":"Performer la po\u00e9sie\u202f: r\u00e9flexions autour du\u00a0Festival Voix d\u2019Am\u00e9riques"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<br><br><em>Le micro fait partie du folklore de la po\u00e9sie.<\/em><br>- Bertrand Laverdure<\/pre>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Corps de voix<\/h2>\n\n\n\n<p>La dimension perform\u00e9e de la po\u00e9sie est insidieuse. Sur sc\u00e8ne, on dirait que le texte po\u00e9tique ne se performe qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9 ou en mode mineur. La po\u00e9sie dans le micro pose des questions que les <em>performance studies<\/em>, les \u00e9tudes sur la po\u00e9sie et les lecteurs de po\u00e8mes eux-m\u00eames n\u2019ont que tr\u00e8s peu comment\u00e9es. La cinqui\u00e8me \u00e9dition du Festival Voix d\u2019Am\u00e9riques (FVA), qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al du 10 au 17 f\u00e9vrier 2006, nous a donn\u00e9 l\u2019occasion d\u2019entendre des paroles perform\u00e9es en lien avec diff\u00e9rents modes d\u2019expression, comme la musique, le th\u00e9\u00e2tre et la danse. De mani\u00e8re \u00e9vidente, le FVA a illustr\u00e9 certaines possibilit\u00e9s que la litt\u00e9rature a de collaborer avec d\u2019autres arts. Les spectacles, les cinq-\u00e0-sept et les <em>shifts de nuit<\/em> qui eurent lieu \u00e0 la Salla Rossa et \u00e0 la Casa del Popolo nous ont montr\u00e9 que la po\u00e9sie dite, le <em>spoken word<\/em> et le conte sont ancr\u00e9s et se mettent sur sc\u00e8ne \u00e0 la fois dans un corps et une voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le note Bertrand Laverdure dans la derni\u00e8re livraison de la revue <em>Jet d\u2019encre<\/em>\u202f: \u00ab\u202fJe subis donc une transformation, une mutation momentan\u00e9e, d\u00e8s que je parle derri\u00e8re un <span style=\"white-space: nowrap;\">micro<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Bertrand Laverdure, \u00abJe vais lire derri\u00e8re un micro\u00bb, <em>Jet d\u2019encre<\/em>, n<sup>o<\/sup> 7, automne-hiver 2005, p. 75.&nbsp;<\/span>.\u202f\u00bb Le corps de la lecture se transforme \u00e0 travers les mouvements du lecteur, de sorte que la lecture communique de corps \u00e0 corps et atteigne la salle. Ce qui performe se trouve dans la dimension vocale du corps, le caract\u00e8re corporel de la voix. C\u2019est sans doute dans cette mue que r\u00e9side une des forces du travail d\u2019Alexis O\u2019Hara, qui a anim\u00e9 les spectacles <em>Jolis gar\u00e7ons<\/em> (transform\u00e9e en un avatar masculin du nom de Guizo LaNuit pour l\u2019occasion) et <em>Love and Kisses from Vancouver<\/em> (o\u00f9 elle prenait le r\u00f4le et la voix mielleuse ou charg\u00e9e de <em>reverb<\/em> d\u2019une h\u00f4tesse de l\u2019air, ponctuant les prestations d\u2019un \u00abI hope you enjoyed your stay in [<em>name of the artist<\/em>]\u202f\u00bb). Habile improvisatrice, O\u2019Hara utilise des machines qui retransmettent sa voix en \u00e9chos, en alt\u00e9rations et en versions assourdies. Ce faisant, elle performe et modifie sa propre voix, amplifie et module les mots. \u00c9coutant ce travail, le spectateur ne peut qu\u2019\u00eatre transport\u00e9 par une exp\u00e9rimentation ludique de la parole.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Actes d\u00e9sax\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p>Entre musique et th\u00e9\u00e2tre, Tomson Highway a pr\u00e9sent\u00e9 quelques extraits de ses pi\u00e8ces lors du cabaret <em>Goddess, Alive or Dead\u2009?<\/em> La charmante Patty Cano y interpr\u00e9tait \u00e0 la fois les personnages et les chansons, sachant s\u00e9duire le public avec sa voix un peu jazz\u00e9e et bris\u00e9e par endroits. Elle racontait des histoires et mettait en contexte les chansons en passant d\u2019une langue \u00e0 une autre sans m\u00eame que nous nous en apercevions. Un sortil\u00e8ge o\u00f9 l\u2019anglais, le fran\u00e7ais, le crie et m\u00eame l\u2019espagnol (le temps d\u2019une chanson) se m\u00e9langent, se m\u00e9tissent, se mystifient afin de devenir une seule et m\u00eame voix. Cet \u00e9trange alliage de sonorit\u00e9s et d\u2019exotisme permettait d\u2019ailleurs de se concentrer sur la musicalit\u00e9 de la performance probablement plus que sur son propos, acceptant derechef de laisser la m\u00e9lodie des langues envahir l\u2019espace de la compr\u00e9hension et venir transformer les perceptions.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fut diff\u00e9rent chez Jean-Fran\u00e7ois Poupart qui, lors du <em>Combat contre la langue de bois<\/em>, a accompagn\u00e9 son texte d\u2019une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 d\u00e9phas\u00e9e. En effet, Poupart s\u2019est avanc\u00e9 sur sc\u00e8ne et, au nom de la libert\u00e9 d\u2019expression et du six minutes qui \u00e9tait sa tribune de provocation, a vocif\u00e9r\u00e9 contre le plus de noms possibles (principalement des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019\u00e9tat, des politiciens et des personnalit\u00e9s publiques et [ou] artistiques qu\u2019il abhorre), sans \u00eatre assez articul\u00e9 ou original pour que l\u2019audience puisse en retirer quelque chose. Pour l\u2019accompagner, ses \u00ab\u202f\u00e9pouses\u202f\u00bb (en fait un couple d\u2019artistes sado-masochistes) se mutilaient sous nos yeux \u00e9berlu\u00e9s, non pas de d\u00e9go\u00fbt ou de condamnation du geste, mais spectateurs plus choqu\u00e9s par la d\u00e9contextualisation de l\u2019action et les clich\u00e9s criants que la sc\u00e8ne v\u00e9hiculait (la femme sexy, \u00e0 moiti\u00e9 nue mais dominante, l\u2019homme ob\u00e8se, domin\u00e9, qui ne peut, pour assurer sa puissance, qu\u2019essayer de d\u00e9couvrir les seins de la femme alors qu\u2019elle le fouette ou le perfore). Du Gina Pane, du Charles Gatewood, du Jo\u00ebl-Peter Witkin sans d\u00e9sir artistique, un num\u00e9ro de Jackass d\u00e9solant et inutile.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la m\u00eame soir\u00e9e, Olivier Choini\u00e8re a adopt\u00e9 une d\u00e9marche oppos\u00e9e, chuchotant au micro son texte intitul\u00e9\u202f: \u00ab\u202fLa langue de bois ou le cri de la <em>chainsaw<\/em>, dans tout ce brouhaha je ne m\u2019entends plus penser\u202f\u00bb. \u00c0 part quelques bribes choisies lues \u00e0 voix haute, l\u2019interpr\u00e9tation demeurait inaudible, de sorte que le propos redevenait chuchotement juste au moment o\u00f9 un sens \u00e9mergeait. La fragmentation<br>du texte de Choini\u00e8re apporte \u00e0 sa suite une nouvelle exp\u00e9rimentation de la parole qui s\u2019oppose au pr\u00e9jug\u00e9 litt\u00e9raire selon lequel ce qui importe avant tout serait le texte. Ici la performance \u00e9branle<br>ce qui est \u00e9crit, d\u00e9cape le script, nous rappelle qu\u2019il y a d\u2019innombrables fa\u00e7ons performatives de livrer un texte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1297\" height=\"1920\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Cormier-Larose-et-Lamy_Deborah-Dunn.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-178340\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Cormier-Larose-et-Lamy_Deborah-Dunn.jpg 1297w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Cormier-Larose-et-Lamy_Deborah-Dunn-300x444.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Cormier-Larose-et-Lamy_Deborah-Dunn-600x888.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Cormier-Larose-et-Lamy_Deborah-Dunn-768x1137.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/59_AC01_Cormier-Larose-et-Lamy_Deborah-Dunn-1038x1536.jpg 1038w\" sizes=\"auto, (max-width: 1297px) 100vw, 1297px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Deborah Dunn<\/strong><br>FVA, 2006.<br>Photo\u202f: courtoisie du Festival Voix d\u2019Am\u00e9riques<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Textes effeuill\u00e9s<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019absence de feuilles qui feraient office de partition pour le texte caract\u00e9rise le <em>spoken word<\/em>. L\u2019animatrice de CBC-Radio, Patti Smith, au d\u00e9but du <em>P\u0153try face-off<\/em>, posait une distinction entre le <em>spoken word<\/em> et le <em>page p\u0153try<\/em>. Alors que le papier pose une distance, souvent souhait\u00e9e, parfois n\u00e9cessaire, entre un lecteur et un auditoire, le fait qu\u2019un texte soit appris par c\u0153ur d\u00e9clenche la performativit\u00e9. Certains performeurs s\u2019excusent d\u2019ailleurs de lire b\u00eatement un texte \u00e9crit sur une feuille, comme l\u2019a fait la chanteuse et performeuse Kinnie Starr \u00e0 la soir\u00e9e <em>Love and Kisses from Vancouver<\/em>. Si le papier peut nuire \u00e0 la communication ou \u00e0 la communion entre un lecteur et ceux qui l\u2019\u00e9coutent, les feuilles de texte, surtout si elles proviennent d\u2019un cahier d\u2019\u00e9criture, conf\u00e8rent quant \u00e0 elles un caract\u00e8re plus intime \u00e0 sa mise en sc\u00e8ne ou en bouche.<\/p>\n\n\n\n<p>La rapidit\u00e9 du d\u00e9bit de la parole, autre caract\u00e9ristique du <em>spoken word<\/em>, accentue la performativit\u00e9, tel qu\u2019on l\u2019entend chez <em>The Fugitives<\/em> (ensemble qui regroupe Barbara Adler, CR Avery, Mark Berube, Brendan McLeod), qui participait au spectacle consacr\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne vancouv\u00e9roise. Ce groupe faisait dialoguer les mots avec la musique et le chant, mais aussi avec cet art de la voix qui ne peut s\u2019\u00e9crire qu\u2019est le <em>beat box<\/em>. Plus encore, <em>The Fugitives<\/em> jouait par moments sur la simultan\u00e9it\u00e9 de deux voix, l\u2019une f\u00e9minine et l\u2019autre masculine, deux discours po\u00e9tiques nous inondant conjointement d\u2019un flot de mots, d\u2019une rafale vocale, o\u00f9 le rythme importe autant que le sens.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une mani\u00e8re plus sobre, Daphn\u00e9e Azoulay (pr\u00e9sente \u00e0 la soir\u00e9e <em>Semeurs de troubles<\/em> consacr\u00e9e \u00e0 la rel\u00e8ve po\u00e9tique qu\u00e9b\u00e9coise) a, sans papier, fait r\u00e9sonner les bas-fonds de la voix, infusant comme par en dessous une ambiance charnelle et t\u00e9n\u00e9breuse en se balan\u00e7ant de droite \u00e0 gauche et de gauche \u00e0 droite de tout son corps et faisant bouger avec elle le pied du microphone. En l\u2019absence de papier, le lecteur n\u2019a aucun fil pour se raccrocher au texte. Il oublie qu\u2019il \u00e9coute, apr\u00e8s tout, un po\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le po\u00e8me bouge<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la performance po\u00e9tique, il y a des gestes qui \u00e9voquent, ajoutent au texte un sens que seul le corps peut compl\u00e9ter et communiquer. Mais il y a d\u2019autres mouvements du corps, plus descriptifs (comme dans la prestation de Chanti Wadge au spectacle <em>Love and Kisses\u2026<\/em>) ou plus pr\u00e8s de la pantomime (comme dans celle de Catherine Lalonde \u00e0 la soir\u00e9e intitul\u00e9e <em>Body and Soul<\/em>), qui restreignent la polys\u00e9mie de la parole et donnent l\u2019impression que le po\u00e8me est une histoire cont\u00e9e que le corps illustre par des gestes. Lorsque le corps du lecteur danse, litt\u00e9ralement, les mots se d\u00e9plient avec le r\u00e9cit de ce corps. Dans les performances \u00e0 la fois po\u00e9tiques et chor\u00e9graphiques, comme on a pu en voir au FVA, les mots animent l\u2019espace du corps, qui s\u2019adapte \u00e0 eux tout en demeurant un corps dansant, ne se transformant pas en th\u00e9\u00e2tre humain.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si elle est g\u00e9n\u00e9ralement muette, la danse \u2013 qu\u2019on ne peut concevoir comme un texte \u2013 donne \u00e0 entendre la respiration beaucoup plus que ne le font les lectures publiques. Accompagn\u00e9s de saccades de gestes, les mots respirent mieux quand ils sont port\u00e9s par une performativit\u00e9 exacerb\u00e9e. Celle-ci, appartenant \u00e0 un autre registre que le litt\u00e9raire, ne perturbe pas les attentes face au texte. Le spectateur alors \u00e9coute et regarde simultan\u00e9ment. Cela \u00e9tait probant dans la performance de Deborah Dunn qui, ayant plac\u00e9 un \u00e9metteur, non pas pr\u00e8s de sa bouche, mais \u00e0 sa ceinture, nous donnait \u00e0 entendre tous les bruits de la danse, son souffle, ses pas qui glissent entre les mots. Les mots, en fait, changent de m\u00e9dium par l\u2019ampleur de la performativit\u00e9 les accompagnant. Ils deviennent th\u00e9\u00e2tre, chor\u00e9graphie ou chant mais restent rarement uniquement po\u00e8mes lorsque perform\u00e9s. Il ne s\u2019agit plus seulement que d\u2019un texte ou d\u2019une voix, mais de l\u2019expression d\u2019un corps en paroles et en mouvements. Le po\u00e8me bouge et la po\u00e9sie perform\u00e9e nous invite \u00e0 une \u00e9coute \u00e9largie au corps, \u00e0 ce qui le traverse et \u00e0 ce qui d\u00e9passe, d\u00e9borde du texte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, les lectures de po\u00e9sie poss\u00e8dent un caract\u00e8re statique, proc\u00e8dent d\u2019une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 minimale, d\u2019une micro-performativit\u00e9. Le presque clich\u00e9 veut que le lecteur pose une main sur le texte et une autre dans la poche de son pantalon. Face \u00e0 cette posture oblig\u00e9e, on peut se demander si celui qui lit s\u2019adresse \u00e0 la foule ou \u00e0 ses feuilles de papier. Est-ce que, aux c\u00f4t\u00e9s du po\u00e8me, le corps se trouverait irr\u00e9m\u00e9diablement en trop\u2008? Si le po\u00e8te agrippe le micro ou esquisse de petits gestes de danse, il nous rappelle sa pr\u00e9sence physique. Le public, l\u2019\u00e9coutant, se sent soudain loin du texte, du sentiment confortable et rassurant de tenir un livre entre ses mains, de pouvoir l\u2019ouvrir ou le fermer \u00e0 sa guise. Au contraire, le spectateur subit la performance. La performance po\u00e9tique, lorsqu\u2019elle a lieu, ouvre un dialogue entre le corps du performeur, le corps du public et l\u2019\u0153uvre en tant qu\u2019offrande.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Catherine Cormier-Larose, Deborah Dunn, Jonathan Lamy, The Fugitives<\/div>\n<div style='display: none;'>Catherine Cormier-Larose, Deborah Dunn, Jonathan Lamy, The Fugitives<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":178338,"template":"","categories":[281,893],"numeros":[4332],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[4473,4474],"artistes":[4475,4476],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[5941],"class_list":["post-178616","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-off-feature","numeros-58-extimite-ou-le-desir-de-sexposer-en","statuts-archive","auteurs-catherine-cormier-larose-en","auteurs-jonathan-lamy-en","artistes-deborah-dunn-en","artistes-the-fugitives-en","type_hors-dossier-principal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/178616","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/178338"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=178616"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=178616"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=178616"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=178616"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=178616"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=178616"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=178616"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=178616"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=178616"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=178616"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}