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{"id":178875,"date":"2005-09-01T09:10:00","date_gmt":"2005-09-01T14:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/hors-dossier\/limage-recadree\/"},"modified":"2026-02-09T15:16:11","modified_gmt":"2026-02-09T20:16:11","slug":"limage-recadree","status":"publish","type":"hors-dossier","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/off-features\/limage-recadree\/","title":{"rendered":"<strong>L\u2019image recadr\u00e9e<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">Nous vivons l\u2019\u00e8re de l\u2019obsc\u00e8ne, du d\u00e9riv\u00e9 \u00e0 l\u2019infini, de la mont\u00e9e aux extr\u00eames, de la production sans destination. L\u2019\u00e8re de la multiplication virale et de la germination folle. L\u2019\u00e8re non seulement de la perte du sens mais de l\u2019impossibilit\u00e9, apparemment d\u00e9finitive, de toute refondation signifiante. L\u2019art, bien s\u00fbr, n\u2019en est pas exempt\u00e9, lui qui, du moins dans certains des discours simplets dont il s\u2019accompagne parfois, se compla\u00eet dans un nomadisme confortable, un m\u00e9tissage qui n\u2019engage \u00e0 rien, ou un type d\u2019interactivit\u00e9 rudimentaire telle que peut en produire une simple intervention m\u00e9canique du spectateur ou de l\u2019auditeur. Autant de courbettes, souvent inconscientes, \u00e0 la mondialisation n\u00e9olib\u00e9rale et au march\u00e9 triomphant dont ce sont l\u00e0 quelques-uns des slogans les plus efficaces. Autant de vertus de convenance qui \u00e9pousent, pr\u00e9tendument pour s\u2019en distraire, les qualit\u00e9s du cancer qui nous ronge. Pi\u00e8tre politique du vaccin et de l\u2019immunit\u00e9 \u00e9lective.<\/pre>\n\n\n\n<p>Mais, timides encore par leur nombre, des r\u00e9sistances s\u2019organisent, un frein se met aux d\u00e9lires mondialistes na\u00effs, une distance critique tente de donner un sens moins banal \u00e0 la pluralit\u00e9 parfois proche de la confusion dans laquelle le sujet contemporain, pour le meilleur et pour le pire, aime \u00e0 se reconna\u00eetre. Parmi les diverses pratiques qui, \u00e7a et l\u00e0, semblent prendre leurs distances d\u2019une certaine euphorie performative m\u00e9diatico-esth\u00e9tique, l\u2019entreprise, patiente et exigeante \u00e0 la fois, d\u2019Anne Penders est une des plus rigoureuses. Et des plus s\u00e9duisantes. Parce que, sans agressivit\u00e9 inutile, elle lance au spectateur un v\u00e9ritable d\u00e9fi, celui de recombiner les images offertes pour les rejouer en un autre r\u00e9cit, individuel et m\u00eame \u00ab mineur \u00bb, par opposition \u00e0 ces grands r\u00e9cits dont la fin, vaticin\u00e9e par Lyotard, sert d\u00e9sormais d\u2019excuse \u00e0 toute d\u00e9mission postmoderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Car \u00e0 partir du lieu commun de la photo de voyage, personnelle, journalistique ou m\u00eame \u00ab artistique \u00bb, c\u2019est \u00e0 la remise en jeu des images que son \u0153uvre s\u2019attache. Et c\u2019est l\u00e0 plus qu\u2019une inversion facile, de la photo de voyage au voyage de la photo, et du souvenir de voyage au voyage du souvenir. Car il ne s\u2019agit, dans ces changements d\u2019accent qui affectent des genres convenus, de rien de moins que la r\u00e9invention du cadre. Ce cadre sans quoi l\u2019image, comme le reste, n\u2019est que grouillement informe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dans le labyrinthe<\/h2>\n\n\n\n<p>Il sera donc question, d\u2019entr\u00e9e de jeu, dans l\u2019exposition tenue \u00e0 Espace virtuel, de construire un exemplaire stylis\u00e9 de l\u2019\u00e9difice mythique qui repr\u00e9sente, depuis les Grecs au moins, le lieu de tous les recentrements command\u00e9s par l\u2019\u00e9preuve volontaire de la perte de tous rep\u00e8res : le labyrinthe.<\/p>\n\n\n\n<p>Labyrinthique en effet la fa\u00e7on dont l\u2019image et le texte se d\u00e9ploient sur les surfaces de la galerie : \u00e0 des endroits divers pour chaque s\u00e9quence d\u2019images, un texte est pris comme une l\u00e9gende mais d\u00e9voy\u00e9e \u2013 dans la mesure o\u00f9, malgr\u00e9 certains rapprochements, ces courts po\u00e8mes ne sauraient \u00eatre pris pour des modes d\u2019emploi. S\u2019ils invitent \u00e0 \u00ab lire \u00bb, comme le veut l\u2019acception latine du terme \u00ab l\u00e9gende \u00bb, ce n\u2019est pas tant telle image ni m\u00eame telle s\u00e9quence mais le lieu imaginaire et r\u00e9el qui les a vues na\u00eetre. En ce sens, ils repr\u00e9sentent eux aussi des instantan\u00e9s. En outre, le texte lui-m\u00eame est trait\u00e9 comme une image : il se dessine sur le m\u00eame fond noir que chaque photographie et, par ailleurs, il court aussi le long de grandes banderoles, \u00e9voquant irr\u00e9sistiblement des oriflammes chinois ou japonais, qui tombent du plafond pour former autant de murs l\u00e9gers faits de tissus et de mots. C\u2019est d\u2019ailleurs un autre effet de labyrinthe que cet entrecroisement, op\u00e9r\u00e9 sous l\u2019angle de la disposition des textes dans l\u2019espace, lignes verticales et horizontales redoublant celles des murs de la galerie. On pourrait m\u00eame aller plus loin et voir, dans ce relatif \u00e9change des r\u00f4les, le texte trait\u00e9 comme une image et l\u2019image transform\u00e9e en \u00ab mot \u00bb par son inclusion dans la cha\u00eene de chaque s\u00e9quence ordonn\u00e9e comme un syntagme, l\u2019une des magies op\u00e9r\u00e9es par D\u00e9dale, architecte et ma\u00eetre des illusions, constructeur d\u2019espaces imaginaires tout autant que r\u00e9els. Ce m\u00eame \u00ab d\u00e9dale \u00bb qui, chez les Grecs, devenu nom commun, d\u00e9signe toutes sortes d\u2019objets hybrides, en particulier ceux constitu\u00e9s de mati\u00e8res r\u00e9put\u00e9es incompatibles telles que tissu et m\u00e9tal, par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>La circulation incessante, on l\u2019aura compris, est repr\u00e9sent\u00e9e d\u00e8s le titre qui insiste sur la r\u00e9versibilit\u00e9 :&nbsp;<em>Mapping calendar<\/em>. C\u2019est, comme le traduit plus ou moins le sous-titre fran\u00e7ais de l\u2019exposition, une \u00ab cartographie du temps \u00bb, mais c\u2019est aussi, \u00e0 l\u2019inverse, ce qu\u2019on pourrait appeler une temporisation des images, si l\u2019on donne \u00e0 \u00ab temporisation \u00bb le double sens d\u2019inscription du temps et de signe de son suspens, lieu bifide en quelque sorte de la \u00ab diff\u00e9rance \u00bb derridienne. Ainsi le point de rep\u00e8re temporel que devient l\u2019image, avec toutes les condensations qu\u2019elle permet, est \u00e0 la fois l\u2019\u00e9quivalent de la madeleine proustienne, c\u2019est-\u00e0-dire une recomposition perp\u00e9tuelle du souvenir, sa remise en jeu dans le flux de la conscience, et une fa\u00e7on de donner une substance au temps, de le rendre visible, de le \u00ab documenter \u00bb. Encore que cette documentation-l\u00e0 n\u2019est surtout pas de l\u2019ordre de la preuve mais propose au contraire l\u2019incertaine affirmation d\u2019une \u00e9piphanie sans sujet puisque c\u2019est celle de l\u2019appara\u00eetre m\u00eame. D\u2019autant plus qu\u2019un certain nombre d\u2019\u00e9v\u00e9nements de l\u2019histoire r\u00e9cente sont \u00e9voqu\u00e9s par un autre texte en forme de fil de presse qui court en continu au bas du mur de la galerie, comme une ponctuation ironique de ces images qui ne les \u00e9voquent surtout pas. Comme si, tandis que court, artificiel et finalement sans ancrage, le discours officiel du monde, un murmure personnel faisait entendre son contrepoint fait d\u2019\u00e9merveillement au monde et aux regards des \u00eatres.<\/p>\n\n\n\n<p>Ni th\u00e9matique ni documentaire au sens strict, l\u2019organisation des s\u00e9quences r\u00e9pond plut\u00f4t \u00e0 une logique \u00ab musicale \u00bb : chaque photo y tient la place d\u2019une note sur la partition du d\u00e9filement mural et comme telle, se combine \u00e0 d\u2019autres, ant\u00e9rieures ou post\u00e9rieures dans l\u2019ordre \u00e9quiprobable de la lecture qu\u2019on en fait, puisque d\u00e9pendant du choix du visiteur qui peut commencer l\u2019exposition par la paroi de gauche ou par celle de droite. Chaque image est ainsi susceptible d\u2019entrer dans la composition d\u2019un accord, un accord qui bien \u00e9videmment devra sa forme \u00e0 la perception du spectateur, \u00e0 son discernement, \u00e0 sa capacit\u00e9 de voir des analogies ou des rapports d\u2019inclusion ou de causalit\u00e9. Ainsi la partition aura autant d\u2019interpr\u00e9tations qu\u2019il y a de visiteurs, non pas au sens banal (et faux) d\u2019un renvoi intangible \u00e0 la sensibilit\u00e9 et \u00e0 la m\u00e9moire de chacun, mais d\u00e9ploy\u00e9es au gr\u00e9 de sa fantaisie ou de ses fantasmes, selon ses capacit\u00e9s propres de composition \u2013 ce qu\u2019on pourrait, \u00e0 bon droit, appeler sa cr\u00e9ativit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le travail de l\u2019image<\/h2>\n\n\n\n<p>Devant la moire incertaine des signes, le visiteur est comme Th\u00e9s\u00e9e au labyrinthe : il doit composer avec eux, non certes, comme le h\u00e9ros grec, pour se refonder en tant qu\u2019individu (encore que\u2026), mais pour fonder sa lecture et pour se laisser guider par elle puisqu\u2019elle est son Ariane. L\u2019analogie doit \u00eatre, me semble-t-il, pouss\u00e9e plus loin : comme dans le mythe o\u00f9 Ariane repr\u00e9sente la m\u00e9moire de celui qui est oublieux par n\u00e9cessit\u00e9 (puisque le labyrinthe est aussi le lieu de l\u2019oubli non seulement in\u00e9vitable mais salutaire), la lecture ne se fonde que sur des souvenirs dont elle est n\u00e9e, ceux-ci \u00e9tant au moins autant ceux qu\u2019a gard\u00e9s le visiteur de ce qu\u2019il vient de voir que ceux, hors cadre, que telle ou telle image pourrait \u00e9voquer en lui. Certes on ne saurait \u00e9vacuer tout \u00e0 fait la m\u00e9moire individuelle et ses surgissements inattendus, mais le travail de Penders m\u2019appara\u00eet attach\u00e9 \u00e0 en organiser le suspens au profit de la m\u00e9moire imm\u00e9diate des images dispos\u00e9es en parcours. Ce parcours par lequel elle a d\u2019embl\u00e9e remis en jeu aussi sa propre m\u00e9moire. Il ne s\u2019agit plus, en effet, sur le mur, de faire appara\u00eetre un au-del\u00e0 du mur en trouant imaginairement la surface verticale de ces \u00e9chapp\u00e9es dans l\u2019impond\u00e9rable que sont tous les souvenirs \u2013 on leur donnerait tout leur sens, en fait de trous dans le mur, en \u00e9voquant ces d\u00e9tails de l\u2019architecture militaire du Moyen-\u00c2ge qu\u2019on appelle \u00ab meurtri\u00e8res \u00bb, puisque le souvenir est aussi une blessure du pr\u00e9sent \u2013, mais au contraire de constituer ici et maintenant une sorte de pi\u00e8ge \u00e0 conscience en d\u00e9ployant les sortil\u00e8ges d\u2019une autor\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 conviviale. La v\u00e9ritable interactivit\u00e9 est l\u00e0, dans cette proposition de jeu avec des images immobiles qui n\u2019appartiennent qu\u2019au pass\u00e9 de l\u2019artiste, sans \u00eatre toutefois de nature priv\u00e9e, ou si elles le sont, de fa\u00e7on \u00e0 jamais secr\u00e8te.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Loin de l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 contemporaine \u2013 combien d\u2019artistes actuels nous exhibent avec complaisance, sous pr\u00e9texte d\u2019\u0153uvre, les narcissiques retailles de leur quotidien le plus irr\u00e9ductible! \u2013, Penders installe son espace priv\u00e9 dans l\u2019allusion : ces images ne sont pas indiff\u00e9rentes, elles sont incontestablement sign\u00e9es d\u2019un regard. Mais la co\u00efncidence spatio-temporelle qui appartient \u00e0 son pass\u00e9 de voyageuse, le rapport qui s\u2019institue sans doute encore en elle entre tel paysage et tel moment de sa vie, tout cela reste de l\u2019ordre de l\u2019indicible et se trouve convoqu\u00e9 comme tel : une absence constitutive de ce pr\u00e9sent de l\u2019image et du texte que le mur, l\u00e0, nous invite \u00e0 vivre comme un partage et un activisme, un engagement en un mot. L\u2019\u0153uvre ainsi d\u00e9ploy\u00e9e se remet totalement en jeu \u00e0 chaque regard qui la parcourt, elle est aussi une v\u00e9ritable performance dans la mesure o\u00f9 chaque installation qu\u2019en ferait Penders est susceptible, on le sent, d\u2019une autre redistribution des images et des textes. Performance certes fig\u00e9e, vue du spectateur, mais qui ne perd pas pour autant son dynamisme irr\u00e9ductible, un peu comme la musique de Bach dont l\u2019\u00e9criture savante et extr\u00eamement concert\u00e9e ne fait jamais oublier l\u2019improvisation qui l\u2019a d\u2019abord fait na\u00eetre. L\u2019art n\u2019est-il pas, justement, cet espace o\u00f9 ne se pose plus la question, acad\u00e9mique au fond, du discernement entre ce qui est intentionnel, vis\u00e9, pr\u00e9vu, consciemment organis\u00e9, et ce qui est advenu, en cours de pratique, comme un don des dieux que seule une critique positiviste peut interpr\u00e9ter comme un miracle alors que c\u2019est le r\u00e9sultat du \u00ab travail \u00bb, dans tous les sens, actif et passif, du mot, y compris, bien s\u00fbr, celui qui renvoie \u00e0 l\u2019enfantement.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette possibilit\u00e9, toujours ouverte, d\u2019une recomposition d\u2019o\u00f9 pourrait surgir encore un autre de ces \u00ab miracles \u00bb se trouve d\u2019ailleurs discr\u00e8tement indiqu\u00e9e par l\u2019am\u00e9nagement, dans l\u2019exposition et en faisant partie d\u2019un point de vue s\u00e9miotique, d\u2019une sorte d\u2019espace-repos : une table basse sur laquelle sont n\u00e9gligemment jet\u00e9s photos et textes, comme autant de cartes \u00e0 redistribuer. Ainsi se trouve \u00e9galement \u00e9voqu\u00e9e la parenth\u00e8se qui encadre toujours tout voyage : avant, cartes et images servant \u00e0 le pr\u00e9parer; apr\u00e8s, les m\u00eames objets qui le font revivre. Il y a toujours, l\u2019exposition le dit bien, un ailleurs temporel du voyage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le regard retrouv\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Et chaque image, \u00e0 son niveau, semble aussi \u00e9voquer un ailleurs, mais inatteignable celui-l\u00e0 et m\u00eame non identifiable, puisqu\u2019il s\u2019agit plut\u00f4t de ce qui n\u2019est pas dans la photographie et pourtant lui donne une partie de son sens : le point spatio-temporel que le cadrage a \u00abcroqu\u00e9\u00bb, comme on dit presque famili\u00e8rement mais en pensant aussi au \u00ab croquis \u00bb et \u00e0 sa rapidit\u00e9 subreptice, croqu\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fois immortalis\u00e9 et d\u00e9fait. Mainte image de l\u2019exposition souligne cet effet de clignement, de prise \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e, par sa composition propre o\u00f9 souvent les premiers plans sont flous ou noy\u00e9s dans un noir tel qu\u2019on ne voit presque plus la diff\u00e9rence d\u2019avec les cartons, noirs \u00e9galement, sur lesquels les photos sont mont\u00e9es. Ainsi, par exemple, une carte routi\u00e8re pendue au mur peut-elle para\u00eetre l\u00e9g\u00e8rement anim\u00e9e, comme par un courant d\u2019air qui la fait ressembler \u00e0 un l\u00e9ger rideau. C\u2019est \u00e0 cette image que s\u2019est accroch\u00e9 mon souvenir personnel de l\u2019exposition, sans doute parce qu\u2019elle semble rassembler en elle-m\u00eame, v\u00e9ritable l\u00e9gende secr\u00e8te, tous les mat\u00e9riaux, visibles et invisibles, et tous les mouvements combinatoires qui font de&nbsp;<em>Mapping calendar<\/em>&nbsp;une \u00e9piphanie sans cesse recompos\u00e9e du regard et de ses objets fugaces.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 la visibilit\u00e9 est devenue obsessive, rendant du m\u00eame coup paradoxalement insignifiant le visible, Penders offre au spectateur de son exposition un \u00ab voyage \u00bb dont le parcours se fait sur la r\u00e9partition, la distribution des images, leur articulation, leur syntagmatique, leur insertion dans une s\u00e9quence; ce visiteur vite captif est incit\u00e9, par la disposition m\u00eame de ce qu\u2019elle lui offre \u00e0 voir, \u00e0 risquer un autre parcours, plus secret, un parcours guid\u00e9 par l\u2019analogie, en forme de discrets rappels, qu\u2019entretiennent visiblement les unes avec les autres ces images d\u00e9cid\u00e9ment bien mobiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ainsi, curieusement, c\u2019est une d\u00e9flation de l\u2019image qu\u2019op\u00e8re Penders : en recentrant le flot obsc\u00e8ne dans un ordre souple et g\u00e9n\u00e9rateur, elle lui redonne une sc\u00e8ne; en proposant en filigrane de cette multiplicit\u00e9 d\u2019images une g\u00e9om\u00e9trie d\u2019\u00e9pure, elle met en jeu une p\u00e9dagogie du multiple et du discontinu, c\u2019est-\u00e0-dire en fin de compte une \u00e9thique de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre elle et nous, entre cette Ariane au fil discontinu et le visiteur de son labyrinthe, se tisse un de ces rapports faits d\u2019une impression l\u00e9g\u00e8re d\u2019al\u00e9atoire que vient cependant inqui\u00e9ter le sentiment imp\u00e9rieux d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 secr\u00e8te et un peu obscure, un de ces rapports, rares, qui seuls m\u00e9ritent le nom d\u2019interactifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela s\u2019appelle une rencontre. Cela s\u2019appelle un regard.<\/p>\n\n\n\n<p>Et qui nous rend la vue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Mapping calendar, Espace virtuel, Chicoutimi, du 17 mars au 17 avril 2005<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Jean-Pierre Vidal<\/div>\n<div style='display: none;'>Jean-Pierre Vidal<\/div>\n<div style='display: none;'>Jean-Pierre Vidal<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"template":"","categories":[281,893],"numeros":[4504],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[4060],"artistes":[],"thematiques":[],"type_hors-dossier":[5941],"class_list":["post-178875","hors-dossier","type-hors-dossier","status-publish","hentry","category-archive","category-off-feature","numeros-55-derives-ii-en","statuts-archive","auteurs-jean-pierre-vidal-en","type_hors-dossier-principal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier\/178875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/hors-dossier"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/hors-dossier"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=178875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=178875"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=178875"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=178875"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=178875"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=178875"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=178875"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=178875"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=178875"},{"taxonomy":"type_hors-dossier","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_hors-dossier?post=178875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}