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{"id":254655,"date":"2024-08-28T18:30:00","date_gmt":"2024-08-28T23:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/?post_type=jeunes-critiques&#038;p=254655"},"modified":"2025-09-29T10:24:13","modified_gmt":"2025-09-29T15:24:13","slug":"lara-almarcegui-memoires-sedimentaires-et-imaginaires-du-vide","status":"publish","type":"jeunes-critiques","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/young-critics\/lara-almarcegui-memoires-sedimentaires-et-imaginaires-du-vide\/","title":{"rendered":"Lara Almarcegui\u00a0: m\u00e9moires s\u00e9dimentaires et imaginaires du vide"},"content":{"rendered":"\n<pre class=\"wp-block-verse\">[In French]<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">De la terre, des pierres, des d\u00e9chets et de la v\u00e9g\u00e9tation. C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce que l\u2019on remarque en regardant les cinq photos de Lara Almarcegui affich\u00e9es sur un mur du Centre canadien d\u2019architecture (CCA). Plus bas sur le c\u00f4t\u00e9, un pr\u00e9sentoir, une vingtaine de livrets et un titre&nbsp;: <em>La carri\u00e8re Francon, Montr\u00e9al<\/em>.<\/pre>\n\n\n\n<p>L\u2019impressionnante exposition <em>Les vies des documents \u2013 La photographie en tant que projet<\/em> r\u00e9unit les travaux de 31 artistes qui interrogent ce que la photographie peut apporter \u00e0 la pratique et \u00e0 la recherche en architecture. R\u00e9alis\u00e9s entre 1960 et aujourd\u2019hui, les projets s\u00e9lectionn\u00e9s par les commissaires Bas Princen et Stefano Graziani offrent un regard intime sur les m\u00e9thodes employ\u00e9es par les artistes pour g\u00e9n\u00e9rer des r\u00e9flexions sur le monde qui nous entoure.<\/p>\n\n\n\n<p>Con\u00e7ue comme la premi\u00e8re partie d\u2019un projet de longue dur\u00e9e propos\u00e9 par Giovanna Borasi, directrice du CCA depuis 2020, l\u2019exposition puise en partie dans la collection de celui-ci, ce qui refl\u00e8te la volont\u00e9 du Centre d\u2019ouvrir ses archives et de les soumettre \u00e0 de nouvelles lectures. Elle incarne \u00e9galement un questionnement plus large sur ce qui constitue la recherche en architecture et ce \u00e0 quoi pourraient ressembler des modes alternatifs de faire et de penser cette discipline, qui ne se limite pas \u00e0 construire des art\u00e9facts, mais se r\u00e9v\u00e8le bien plus une mani\u00e8re d\u2019observer et d\u2019interroger le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Au croisement de l\u2019art contemporain, de l\u2019exploration urbaine et de la recherche-cr\u00e9ation, le travail d\u2019Almarcegui prend la forme d\u2019interventions critiques qui d\u00e9coulent d\u2019une conversation intime avec un lieu et ses diff\u00e9rent\u00b7es protagonistes. Photographe espagnole vivant aux Pays-Bas, Almarcegui entreprend ses \u00e9tudes d\u2019arts en Espagne au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 alors que le pays est en pleine effervescence et connait une croissance sans pr\u00e9c\u00e9dent. L\u2019artiste, qui se dit suffoqu\u00e9e par la ville, est et en qu\u00eate d\u2019endroits qui fuient l\u2019architecture. Tr\u00e8s vite, cet int\u00e9r\u00eat pour ce qui \u00e9chappe \u00e0 l\u2019uniformisation \u00e9crasante de l\u2019urbanisation se mue en questions sur les vagues de construction et de d\u00e9molition qui caract\u00e9risent les villes occidentales. Elle s\u2019int\u00e9resse aux terrains vacants, aux b\u00e2timents vou\u00e9s \u00e0 disparaitre, \u00e0 la constitution des immeubles, \u00e0 la provenance des mat\u00e9riaux et \u00e0 leur cycle de vie. Elle cherche \u00e0 rendre visible la transformation du paysage \u00e0 la suite de changements sociaux, \u00e9conomiques et politiques et \u00e0 interroger le fonctionnalisme pr\u00e9valent de l\u2019architecture.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2560\" height=\"1957\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_16_CCA50528_DOCU059_pp29-30_alt-scaled.jpg\" alt=\"Lara-Almacergui\" class=\"wp-image-254647\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_16_CCA50528_DOCU059_pp29-30_alt-scaled.jpg 2560w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_16_CCA50528_DOCU059_pp29-30_alt-768x587.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_16_CCA50528_DOCU059_pp29-30_alt-1536x1174.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_16_CCA50528_DOCU059_pp29-30_alt-2048x1565.jpg 2048w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_16_CCA50528_DOCU059_pp29-30_alt-300x229.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_16_CCA50528_DOCU059_pp29-30_alt-600x459.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Lara Almacergui<\/strong><br><em>La carri\u00e8re Francon \/ The Francon Quary Montr\u00e9al<\/em>, pages int\u00e9rieures du guide accompagnant de l&#8217;exposition, 2023.&nbsp;<br>Photo&nbsp;: Matthieu Brouillard, permission du Centre canadien d\u2019architecture, Montr\u00e9al<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude de la carri\u00e8re Francon fait partie d\u2019une \u0153uvre de longue dur\u00e9e intitul\u00e9e <em>Guide to the Wastelands<\/em>, entreprise en 2008 avec le projet <em>Guide to ruined buildings in the Netherlands XIX-XXI Century<\/em>, dans lequel elle dresse une carte des terrains vacants \u00e0 Amsterdam et en p\u00e9riph\u00e9rie. Depuis, l\u2019artiste a produit des guides dans une dizaine de villes, dont Beyrouth, Londres, New York, Rome et S\u00e3o Paulo. Sa d\u00e9marche artistique s\u2019inscrit dans un refus de la figure traditionnelle de l\u2019artiste \u0153uvrant en solitaire dans son studio. Ses projets sont le r\u00e9sultat de longues recherches, de consultations et de dialogues avec diff\u00e9rents acteurs et actrices de la municipalit\u00e9 o\u00f9 elle travaille avant de pouvoir identifier un espace contest\u00e9 et s\u2019y investir, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un b\u00e2timent, d\u2019un terrain vague ou de tout autre lieu o\u00f9 des int\u00e9r\u00eats divergents suscitent des tensions et des conflits quant \u00e0 son usage, \u00e0 son administration et \u00e0 son propri\u00e9taire. Pour l\u2019artiste, l\u2019exploration urbaine devient un mode de connaissance et une production de savoirs \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Les lieux photographi\u00e9s par Almarcegui ont tous un caract\u00e8re anonyme. Loin de la tradition picturale qui consiste \u00e0 repr\u00e9senter un paysage \u00e0 partir d\u2019un point de vue englobant et dominant de mani\u00e8re \u00e0 tout voir et tout maitriser, elle adopte un point de vue situ\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire un regard inform\u00e9 par sa propre posture d\u2019artiste sensible \u00e0 l\u2019environnement qui l\u2019entoure et aux affects qui en \u00e9manent. Avec son appareil photo dirig\u00e9 vers le sol, elle centre la terre et les pierres en tant que sujets de ses images. Ne laissant visible qu\u2019une \u00e9troite bande de ciel, ses photographies mettent en avant la topographie du territoire \u2013 ce qui est l\u00e0, en surface. On y aper\u00e7oit des paysages d\u00e9sert\u00e9s. Sur une des photos, de petites collines de gravats, des blocs de b\u00e9ton, des restes d\u2019objets industriels, de la v\u00e9g\u00e9tation d\u00e9sordonn\u00e9e. Sur une autre, des arbres et de l\u2019eau stagnante de laquelle d\u00e9passent deux tuyaux en b\u00e9ton. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les piliers d\u2019une structure abandonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignfull is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2560\" height=\"1899\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_5_CCA50535_DOCU059_pp07-08_alt-2-scaled.jpg\" alt=\"Lara-Almacergui\" class=\"wp-image-254645\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_5_CCA50535_DOCU059_pp07-08_alt-2-scaled.jpg 2560w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_5_CCA50535_DOCU059_pp07-08_alt-2-768x570.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_5_CCA50535_DOCU059_pp07-08_alt-2-1536x1140.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_5_CCA50535_DOCU059_pp07-08_alt-2-2048x1519.jpg 2048w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_5_CCA50535_DOCU059_pp07-08_alt-2-300x223.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/112_CJC_Rouche_Lara-Almacergui_5_CCA50535_DOCU059_pp07-08_alt-2-600x445.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Lara Almacergui<\/strong><br><em>La carri\u00e8re Francon \/ The Francon Quary Montr\u00e9al<\/em>, pages int\u00e9rieures du guide accompagnant de l&#8217;exposition, 2023.&nbsp;<br>Photo&nbsp;: Matthieu Brouillard, permission du Centre canadien d\u2019architecture, Montr\u00e9al<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Le terme <em>wasteland<\/em> se traduit litt\u00e9ralement par \u00ab\u2009terre \u00e0 d\u00e9chets\u2009\u00bb. Si la connotation d\u2019ind\u00e9sirabilit\u00e9 est moins pr\u00e9sente en fran\u00e7ais, o\u00f9 les sites vacants, d\u00e9laiss\u00e9s ou abandonn\u00e9s sont appel\u00e9s \u00ab\u2009friches\u2009\u00bb ou \u00ab\u2009terrains vagues\u2009\u00bb, c\u2019est bien son caract\u00e8re ambigu qui est mis en relief. Souvent per\u00e7us comme transitoires et instables, les terrains vagues, vu leur inutilit\u00e9 apparente, sont d\u00e9peints comme des non-lieux par l\u2019architecture fonctionnaliste. Or, si ces endroits sont vus comme \u00e9tant abandonn\u00e9s, ce n\u2019est qu\u2019en relation avec leur manque de ressources exploitables, auquel s\u2019oppose ce qui n\u2019est que d\u00e9chet et mauvaise herbe.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on que les photos d\u2019Almarcegui provoquent un \u00e9tat de confusion, \u00e0 la fois \u00e9trange et familier, le terrain vague r\u00e9siste \u00e0 la cat\u00e9gorisation, \u00e0 l\u2019imposition de limites, d\u2019ordre et de formes. Il est glissant et poreux. Selon l\u2019architecte Ignasi de Sol\u00e0-Morales Rubi\u00f3, l\u2019id\u00e9e que l\u2019on se fait du terrain vague est elle-m\u00eame vague et difficile \u00e0 cerner. Le terrain vague ne se lit pas facilement et sa nature change en fonction de l\u2019\u00eatre qui le per\u00e7oit. Dans le contexte du d\u00e9veloppement urbain, o\u00f9 toute surface vide est convoit\u00e9e, les int\u00e9r\u00eats socio\u00e9conomiques et environnementaux divergent et les terrains vagues deviennent des zones contest\u00e9es. Ce sont entre autres les visions de la municipalit\u00e9, de l\u2019arrondissement, des compagnies de construction, des habitant\u00b7es du quartier, des promeneurs et promeneuses et des autres occupant\u00b7es temporaires qui entrent en conflit les unes avec les autres. Au-del\u00e0 de ces diff\u00e9rences de visions et d\u2019usages, c\u2019est toute une constellation d\u2019entit\u00e9s humaines et autres qu\u2019humaines qui se c\u00f4toient, se chevauchent et parfois se heurtent.<\/p>\n\n\n\n<p>Les friches sont les archives de la ville palimpseste. Ce sont des espaces de m\u00e9moire, et les couches de s\u00e9diments, leurs r\u00e9cits. Si les photographies nous offrent des paysages aux allures d\u00e9sertiques, Almarcegui d\u00e9voile dans son livret les histoires ensevelies de la carri\u00e8re Francon. Elle retrace le pass\u00e9 d\u2019un terrain appartenant \u00e0 l\u2019origine aux nations autochtones Kanien\u2019keh\u00e1:ka et Haudenosaunee, terrain qu\u2019on vole, colonise et exproprie pour en faire des terres agricoles, puis qu\u2019on transforme, \u00e0 partir du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, en carri\u00e8re pour l\u2019exploitation des gisements de calcaire, qui est employ\u00e9 comme pierre pour le b\u00e2timent. Lorsque le b\u00e9ton supplante la pierre de calcaire au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la carri\u00e8re Francon entreprend un d\u00e9veloppement massif de ses infrastructures pour pouvoir produire la quantit\u00e9 de calcaire concass\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 sa fabrication. Le site passe entre plusieurs mains et le quartier Saint-Michel devient, dans les ann\u00e9es 1960, le plus grand centre minier de la r\u00e9gion de Montr\u00e9al. La carri\u00e8re Francon fournit le b\u00e9ton pr\u00e9fabriqu\u00e9 pour l\u2019Expo 67, le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine et de nombreux autres b\u00e2timents et lieux embl\u00e9matiques de la m\u00e9tropole.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2560\" height=\"1709\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/CCA48715_2023_07_11_MBr_052-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-254653\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/CCA48715_2023_07_11_MBr_052-scaled.jpg 2560w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/CCA48715_2023_07_11_MBr_052-768x513.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/CCA48715_2023_07_11_MBr_052-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/CCA48715_2023_07_11_MBr_052-2048x1367.jpg 2048w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/CCA48715_2023_07_11_MBr_052-300x200.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/CCA48715_2023_07_11_MBr_052-600x400.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Lara Almacergui<\/strong><br><em>Les vies des documents \u2014 La photographie en tant que projet<\/em>, vue d\u2019exposition, Centre canadien d&#8217;architecture, 2023.&nbsp;<br>Photo&nbsp;: Matthieu Brouillard, permission du Centre canadien d\u2019architecture, Montr\u00e9al<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00c9puis\u00e9e, la carri\u00e8re ferme d\u00e9finitivement en 1985, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s son rachat par la Ville. Depuis, les usages sont vari\u00e9s. La plupart des infrastructures ont disparu et la v\u00e9g\u00e9tation a repris le dessus. Une partie de la superficie sert de lieu de stockage, mais la majorit\u00e9 des 80 hectares constitue un d\u00e9p\u00f4t de neige. Au fil des ann\u00e9es, deux lacs artificiels se sont cr\u00e9\u00e9s. Chaque printemps, les masses entass\u00e9es fondent et lib\u00e8rent de nombreux contaminants insolubles qui s\u2019infiltrent dans le sol. Plusieurs projets de r\u00e9am\u00e9nagement ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s, mais aucun n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 retenu. La mobilisation s\u2019est aussi intensifi\u00e9e&nbsp;: les habitant\u00b7es revendiquent la construction d\u2019une passerelle pour relier les deux parties du quartier Saint-Michel, l\u2019\u00e9dification de logements sociaux et l\u2019am\u00e9nagement d\u2019espaces verts.<\/p>\n\n\n\n<p>Situ\u00e9es quelque part entre ruines architecturales et ruines environnementales, les photographies d\u2019Almarcegui documentent la surface rugueuse des lieux. Dans le livret explicatif, l\u2019artiste montre un espace en prise directe avec les enjeux politiques et socioenvironnementaux contemporains&nbsp;: la propri\u00e9t\u00e9, l\u2019utilisation et l\u2019exploitation du terrain, mais aussi le r\u00f4le de l\u2019engagement civique et la cohabitation possible entre les diff\u00e9rentes couches du vivant.<\/p>\n\n\n\n<p>En l\u2019illustrant comme un lieu de lutte, Almarcegui fait du terrain vague un terreau fertile pour alimenter des r\u00e9flexions sur l\u2019environnement b\u00e2ti et les possibilit\u00e9s d\u2019une architecture ind\u00e9termin\u00e9e, qui n\u2019agit pas unilat\u00e9ralement comme \u00ab\u2009un instrument d\u2019organisation, de rationalisation et d\u2019efficacit\u00e9 productive capable de transformer le non-civilis\u00e9 en cultiv\u00e9, la jach\u00e8re en productif, le vide en <span style=\"white-space: nowrap;\">construit<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Ignasi de Sol\u00e0-Morales Rubi\u00f3, \u00ab\u2009Terrain Vague\u2009\u00bb, dans Cynthia C. Davidson (dir.), <em>Anyplace<\/em>, Cambridge, MIT Press, 1995, p. 122. [Trad. libre]<\/span>\u2009\u00bb. En perp\u00e9tuelle tension entre \u00e9criture et effacement, ces espaces \u00e0 l\u2019urbanisme transitoire et vacillant offrent, par leur vide identitaire suppos\u00e9, la possibilit\u00e9 de r\u00e9\u00e9valuer les espaces vacants afin d\u2019envisager des alternatives \u00e9quitables face \u00e0 une architecture qui favorise la d\u00e9molition, la reconstruction et la destruction du vivant.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:15px\">Form\u00e9e en anthropologie, en histoire de l\u2019art et en arts interm\u00e9diatiques aux universit\u00e9s McGill et Concordia, Marianne Rouche \u00e9crit, filme et performe. Elle s\u2019int\u00e9resse aux \u00e9pist\u00e9mologies f\u00e9ministes, \u00e0 l\u2019\u00e9cologie politique et \u00e0 la culture visuelle du Capitaloc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche<\/div>\n<div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche<\/div><div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche, Marianne Rouche<\/div><div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche, Marianne Rouche<\/div><div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche, Marianne Rouche<\/div><div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche<\/div><div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche<\/div><div style='display: none;'>Lara Almacergui, Marianne Rouche<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":15,"featured_media":254650,"template":"","categories":[888],"numeros":[7089],"disciplines":[],"statuts":[],"checklist":[],"auteurs":[7226],"artistes":[7119],"thematiques":[],"type_jeunes-critiques":[3128],"class_list":["post-254655","jeunes-critiques","type-jeunes-critiques","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","category-young-critic","numeros-112-dreams","auteurs-marianne-rouche-en","artistes-lara-almacergui-en","type_jeunes-critiques-laureate"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/jeunes-critiques\/254655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/jeunes-critiques"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/jeunes-critiques"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/254650"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=254655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=254655"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=254655"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=254655"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=254655"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=254655"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=254655"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=254655"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=254655"},{"taxonomy":"type_jeunes-critiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_jeunes-critiques?post=254655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}