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{"id":177275,"date":"2006-05-01T19:55:00","date_gmt":"2006-05-02T00:55:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/signer-ou-seffacer-pour-une-pratique-ethique-du-commissariat-dexposition\/"},"modified":"2025-02-14T12:08:14","modified_gmt":"2025-02-14T17:08:14","slug":"signer-ou-seffacer-pour-une-pratique-ethique-du-commissariat-dexposition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/signer-ou-seffacer-pour-une-pratique-ethique-du-commissariat-dexposition\/","title":{"rendered":"Signer ou s\u2019effacer ? : Pour une pratique \u00e9thique du commissariat d\u2019exposition"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot anglais <em>curator<\/em> trouve en fran\u00e7ais deux traductions : \u00ab&nbsp;conservateur&nbsp;\u00bb, lorsqu\u2019il concerne notre action aupr\u00e8s des collections, et \u00ab commissaire \u00bb lorsqu\u2019on pr\u00e9pare une <span style=\"white-space: nowrap;\">exposition<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Version abr\u00e9g\u00e9e d\u2019une conf\u00e9rence prononc\u00e9e dans le cadre de la table ronde Unspoken Assumptions : Visual Art Curators in Context, organis\u00e9e par l\u2019Ontario Association of Art Galleries et l\u2019Artist-Run Centers and Collectives of Ontario et tenue au Banff Centre du 15 au 17 juillet 2005.<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si ces deux mandats s\u2019appuient traditionnellement sur la m\u00eame formation, ils ne font pas tout \u00e0 fait appel aux m\u00eames comp\u00e9tences et se distinguent principalement par la part de cr\u00e9ativit\u00e9 inh\u00e9rente aux expositions, qui n\u2019a pas lieu d\u2019\u00eatre dans les collections. De sorte que, si la profession de conservateur est bien balis\u00e9e par les codes de d\u00e9ontologie des mus\u00e9es, la pratique du commissaire, quant \u00e0 elle, pr\u00e9cis\u00e9ment en raison de cette part de cr\u00e9ativit\u00e9 et d\u2019intimit\u00e9, de cette part de subjectivit\u00e9 qui la caract\u00e9rise, me semble encore poser certaines questions, dont d\u2019embl\u00e9e celle, simple mais essentielle, de savoir ce que serait une pratique \u00e9thique de l\u2019exposition.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Qu\u00e9bec et dans l\u2019ensemble du Canada, l\u2019histoire du commissariat est assez jeune puisque, malgr\u00e9 qu\u2019ils s\u2019activent depuis le d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les premiers conservateurs reconnus comme tels ne sont nomm\u00e9s que vers le d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 et sont rattach\u00e9s aux collections des grands mus\u00e9es. On voit leur nombre augmenter de mani\u00e8re exponentielle au cours des ann\u00e9es 1970 avec la cr\u00e9ation de plusieurs mus\u00e9es r\u00e9gionaux, mais ce n\u2019est encore qu\u2019au milieu des ann\u00e9es 1980 qu\u2019apparaissent les premiers commissaires ind\u00e9pendants, alors appel\u00e9s \u00ab conservateurs-invit\u00e9s \u00bb ou \u00ab conservateurs-ind\u00e9pendants \u00bb m\u00eame s\u2019ils ne sont responsables d\u2019aucune collection. Comme on le sait, cette nouvelle profession n\u2019a fait que s\u2019\u00e9largir depuis, et ses acteurs \u2013 provenant de divers horizons \u2013, se multiplier, de sorte que le terme \u00ab commissariat \u00bb englobe aujourd\u2019hui tant l\u2019exposition th\u00e9matique internationale et la r\u00e9trospective d\u2019envergure que la signature d\u2019un simple feuillet de texte dans un opuscule.<\/p>\n\n\n\n<p>En Europe, le sc\u00e9nario est \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame, \u00e0 la diff\u00e9rence qu\u2019il se produit une vingtaine d\u2019ann\u00e9es en avance sur le n\u00f4tre. On s\u2019entend g\u00e9n\u00e9ralement pour dire que la figure du commissaire ind\u00e9pendant appara\u00eet en 1969 avec le renvoi d\u2019Harald Szeemann de la Kunsthalle de Berne, bien que Szeemann lui-m\u00eame rappelle ainsi une histoire commenc\u00e9e avant lui : Le m\u00e9tier, relativement r\u00e9cent, d\u2019organisateur d\u2019exposition, d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab animateur \u00bb en France, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 une allure folle depuis la Seconde Guerre mondiale. Il s\u2019est tout d\u2019abord distingu\u00e9 de celui de conservateur pour avoir pris cons\u00e9quemment le parti de l\u2019artiste contre la science de l\u2019art puis, derni\u00e8rement, il est devenu davantage le mandataire de l\u2019id\u00e9e de l\u2019\u0153uvre d\u2019art totale [&#8230;]. Ce qui distinguait l\u2019artiste, depuis l\u2019autonomie de l\u2019\u0153uvre et l\u2019irrationalit\u00e9 suppos\u00e9e de ses associations dans la r\u00e9ception, jusqu\u2019\u00e0 la revendication de l\u2019utopie dans la production et, par cons\u00e9quent, ses relations difficiles avec le pouvoir, est maintenant d\u00e9volu \u00e0 l\u2019organisateur de l\u2019exposition ou au directeur de la <span style=\"white-space: nowrap;\">Kunsthalle<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Harald Szeemann, \u00c9crire les expositions, Bruxelles, La Lettre vol\u00e9e, 1996, p. 18. [Je souligne].<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre l\u2019apparition pr\u00e9coce de la fonction de commissaire, deux choses frappent dans son propos : d\u2019abord cette id\u00e9e que le statut d\u2019organisateur d\u2019expositions \u00ab s\u2019est distingu\u00e9 de celui de conservateur pour avoir pris le parti de l\u2019artiste contre la science de l\u2019art \u00bb, puis cette position, traditionnellement d\u00e9volue \u00e0 l\u2019artiste, que le commissaire adopte dor\u00e9navant face \u00e0 l\u2019institution. Qu\u2019est-ce \u00e0 dire, sinon que le commissaire a pris la part du sujet sur l\u2019objet, de l\u2019artiste sur l\u2019\u0153uvre, et qu\u2019il inscrit de ce fait, et ce d\u00e8s son entr\u00e9e en sc\u00e8ne, la subjectivit\u00e9 au c\u0153ur m\u00eame de son action\u2009? Qu\u2019est-ce \u00e0 dire, sinon que l\u2019organisateur d\u2019expositions \u00ab \u00e0 la sensibilit\u00e9 artistique \u00bb se pose d\u2019embl\u00e9e dans un rapport de tension, voire d\u2019opposition vis-\u00e0-vis du conservateur de mus\u00e9e \u00ab aux vis\u00e9es scientifiques \u00bb\u2009? On sent d\u00e9j\u00e0 germer, dans une telle dichotomie, les divergences d\u2019opinions qui animent encore aujourd\u2019hui notre profession et la schizophr\u00e9nie qui habite souvent le commissaire lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ses expositions tr\u00e8s affirmatives et ses convictions personnelles clairement affich\u00e9es, Harald Szeemann, on le sait, aura men\u00e9 cette subjectivit\u00e9 du commissaire \u00e0 son apog\u00e9e, de sorte qu\u2019on lui reproche souvent d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine d\u2019une \u00ab d\u00e9rive <span style=\"white-space: nowrap;\">narcissique<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - St\u00e9phanie Moisdon, \u00ab Harald Szeemann : vie et mort du commissaire Harry \u00bb, Beaux Arts magazine, mai 2005, p. 44.<\/span> \u00bb qui a ouvert la voie \u00e0 tous les commissaires vedettes qui parcourent la plan\u00e8te. Quoiqu\u2019on pense toutefois de son approche du m\u00e9tier, Szeemann demeure, pour quiconque veut aujourd\u2019hui r\u00e9fl\u00e9chir sur le commissariat, une r\u00e9f\u00e9rence incontournable. Car, \u00e0 partir de son arriv\u00e9e, aux fonctions scientifiques traditionnelles du conservateur et \u00e0 la valeur d\u2019objectivit\u00e9 de son jugement sur les \u0153uvres, s\u2019ajoute la subjectivit\u00e9 de son discours lors de leur assemblage pour une exposition. Mon intuition est que s\u2019il est encore si difficile aujourd\u2019hui de s\u2019entendre sur une d\u00e9finition de la profession de commissaire, c\u2019est que, chez la plupart de ses pratiquants, et ce, qu\u2019ils soient ou non attach\u00e9s \u00e0 une institution, ces deux h\u00e9ritages apparemment contradictoires sont toujours pleinement op\u00e9ratoires mais agissent, pour chacun, dans des proportions laiss\u00e9es \u00e0 sa discr\u00e9tion. L\u2019\u00e9thique du commissaire tiendrait peut-\u00eatre dans l\u2019\u00e9quilibre qu\u2019il \u00e9tablit entre ces deux fonctions\u2009?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une pratique\u2009?<\/h2>\n\n\n\n<p>De fait, le commissaire a encore aujourd\u2019hui une responsabilit\u00e9 d\u2019ordre scientifique vis-\u00e0-vis de l\u2019histoire de l\u2019art puisqu\u2019il y participe activement par son discours et ses actions. Il a aussi des comptes \u00e0 rendre aux artistes avec lesquels il travaille et dont il manie les \u0153uvres, et un devoir de leur rendre justice. Et il s\u2019adresse \u00e0 un public aux yeux duquel son jugement, per\u00e7u comme \u00ab objectif \u00bb, fait toujours autorit\u00e9. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale en effet, le spectateur croit que les commissaires font \u00e0 peu pr\u00e8s tous la m\u00eame chose, qu\u2019ils s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 tout ce qui s\u2019appelle art, sans distinction et, surtout, qu\u2019ils savent : si les choses sont bien conduites, la facture m\u00eame des expositions conserve habituellement peu de traces du passage du commissaire, peu d\u2019indices d\u2019un \u00ab je \u00bb \u00e0 l\u2019\u0153uvre, et le discours v\u00e9hicul\u00e9 a l\u2019air d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 ayant exist\u00e9 de toute \u00e9ternit\u00e9. Paradoxalement, on ne cesse d\u2019observer, dans le champ de l\u2019art actuel en particulier, l\u2019accroissement de la part de subjectivit\u00e9 assum\u00e9e par les commissaires dans la conception et la r\u00e9alisation de leurs projets d\u2019expositions\u2009; on trouve aussi de moins en moins de r\u00e9sistance \u00e0 cette id\u00e9e, m\u00eame chez nos coll\u00e8gues des secteurs historiques. S\u2019il s\u2019agit d\u2019une prise de conscience qu\u2019on voit se r\u00e9pandre dans l\u2019ensemble des sciences humaines \u00e0 l\u2019heure actuelle, ce mouvement vers la subjectivit\u00e9 et la cr\u00e9ativit\u00e9 \u00e9tait, d\u00e8s les ann\u00e9es 1970 pour Harald Szeemann, tout \u00e0 fait naturel dans le parcours du commissaire d\u2019expositions : \u00ab en demeurant dans le contexte de l\u2019art, expliquait-il, on se rapproche, avec le temps, de l\u2019alternative : soit g\u00e9rer l\u2019acquis par la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019activit\u00e9, soit s\u2019approprier l\u2019exposition comme moyen d\u2019expression <span style=\"white-space: nowrap;\">personnelle<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - H. Szeemann, op. cit., p. 41.<\/span>. \u00bb \u00c0 nouveau donc l\u2019opposition : sp\u00e9cialisation scientifique d\u2019un c\u00f4t\u00e9\u2009; cr\u00e9ation artistique de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9vidence, pour plusieurs commissaires \u2013 dont je suis \u2013, c\u2019est la seconde option qui a \u00e9t\u00e9 retenue. L\u2019exposition est v\u00e9ritablement devenue un moyen d\u2019expression et elle se voit de plus en plus souvent con\u00e7ue comme une pratique \u2013 ce qui n\u2019exclut pas toutefois qu\u2019elle puisse avoir une port\u00e9e scientifique certaine. Personnellement, j\u2019entends par pratique le fait que le commissaire travaille \u00e0 partir des connaissances et de la m\u00e9thodologie qu\u2019il a apprises, mais en suivant ses intuitions et les m\u00e9thodes qu\u2019il s\u2019est lui-m\u00eame forg\u00e9es\u2009; qu\u2019il tente \u00e0 l\u2019aide de ces outils de relever des liens souterrains entre des univers a priori \u00e9trangers les uns aux autres (les \u0153uvres), en visant \u00e0 extraire de ces liens du sens, tout en cherchant \u00e0 pister sa propre essence\u2009; puis qu\u2019il traduise tout cela par des mots \u2013 ceux qu\u2019il \u00e9crira dans la salle et au catalogue \u2013 mais, surtout, par une exp\u00e9rience des formes dans l\u2019espace \u2013 car nous oublions trop souvent que le langage sp\u00e9cifique du commissaire, s\u2019il en est un, s\u2019\u00e9labore d\u2019abord l\u00e0 : dans la mise en relation spatiale d\u2019objets d\u2019art. Enfin, il est \u00e0 souhaiter que le commissaire tente de pratiquer les conclusions qu\u2019il a tir\u00e9es de tout cela dans sa propre existence. En r\u00e9sum\u00e9, cette pratique du commissariat serait, tout simplement et tr\u00e8s loin de l\u2019\u00e9talage arbitraire, expressionniste et \u00e9motif auquel les mots \u00ab expression personnelle \u00bb peuvent donner \u00e0 penser\u2009; une aventure intellectuelle dans le sens plein du terme, qui aurait ici pour moyen d\u2019expression l\u2019exposition. Elle serait donc beaucoup plus scientifique qu\u2019il n\u2019y para\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, loin de parasiter les \u0153uvres des artistes, chaque exposition du commissaire qui travaille \u00ab comme un artiste \u00bb participerait d\u2019une \u0153uvre, d\u2019un projet d\u2019existence qui se nourrit de ceux des artistes pr\u00e9sent\u00e9s, et les alimente en retour. S\u2019\u00e9loignant pareillement de l\u2019approche autoritaire du conservateur \u00ab objectif \u00bb qui expose ce qu\u2019il sait d\u00e9j\u00e0, qui expose un r\u00e9sultat, le commissaire engag\u00e9 dans une pratique rigoureuse et int\u00e8gre exposerait plut\u00f4t ce qu\u2019il cherche lui-m\u00eame \u00e0 comprendre, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il s\u2019avancerait vers les non-savoirs que sont les \u0153uvres et le probl\u00e8me qui les r\u00e9unit, cherchant avec intensit\u00e9 la r\u00e9sonance profonde que tout cela a pour lui et ainsi pour autrui. Dans les meilleurs cas, en effet, le commissaire ne vise pas \u00e0 imposer sa personnalit\u00e9 : il cherche, bien au contraire, \u00e0 se d\u00e9couvrir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 travers chacun des choix qu\u2019il op\u00e8re. Il n\u2019est d\u2019ailleurs en aucun cas n\u00e9cessaire que cette recherche personnelle saute aux yeux de tous : bien conduite, elle devrait plut\u00f4t se sentir, se transmettre et agir sur la r\u00e9ception des \u0153uvres \u00e0 un niveau souterrain, qui n\u2019est autre que ce qui nous relie \u2013 artiste, visiteur et commissaire \u2013 en tant qu\u2019\u00eatres humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu des ann\u00e9es 1970 d\u00e9j\u00e0, Harald Szeemann parle semblablement de sa conception des expositions comme des \u00ab manifestations publiques vers l\u2019auto-r\u00e9alisation \u00bb et de son d\u00e9sir d\u2019utiliser toutes ses \u00e9nergies dans sa propre obsession et ce qui l\u2019alimente, ce qui signifie, pr\u00e9cise-t-il, ressentir uniquement le subjectif en tant que <span style=\"white-space: nowrap;\">n\u00e9cessit\u00e9<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - Ibid., p. 43.<\/span> \u00bb. Ce \u00e0 quoi il ajoute quelques ann\u00e9es plus tard : \u00ab [&#8230;] c\u2019est \u00e0 l\u2019unique condition de faire de l\u2019exposition mon mode d\u2019expression propre, v\u00e9cu, que celle-ci sert, in fine, \u00e9galement \u00e0 <span style=\"white-space: nowrap;\">autrui<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - Ibid., p. 55.<\/span>. \u00bb C\u2019est en raison de d\u00e9clarations de cet ordre, \u00e9videmment, qu\u2019il s\u2019est fait rabrouer par plusieurs qui n\u2019y voyaient qu\u2019un culte de la personnalit\u00e9. Pourtant, il prend bien soin de pr\u00e9ciser l\u2019objectif ultime de son approche subjective \u2013 non pas l\u2019autopromotion mais l\u2019autor\u00e9alisation \u2013 ainsi que son exigence par rapport \u00e0 ce moyen d\u2019expression : qu\u2019il soit une absolue n\u00e9cessit\u00e9, \u00ab que monter une exposition soit vraiment ce qu\u2019il y a de plus important pour celui qui le <span style=\"white-space: nowrap;\">fait<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - Ibid., p. 43.<\/span> \u00bb. On est loin \u00e0 mon sens des fantaisies personnelles et \u00e9go\u00efstes, et bien plus proche d\u2019une \u00e9thique profond\u00e9ment humaine. N\u2019est-ce pas l\u00e0 d\u2019ailleurs \u2013 la pleine r\u00e9alisation de notre \u00eatre \u2013 la premi\u00e8re chose que nous apprennent les artistes que nous pr\u00e9sentons comme mod\u00e8les \u00e0 notre communaut\u00e9\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Plut\u00f4t que de tirer les \u0153uvres vers sa subjectivit\u00e9 pour promouvoir sa seule id\u00e9e, le commissaire qui pratique l\u2019exposition plonge et s\u2019absorbe compl\u00e8tement dans les \u0153uvres qu\u2019il a choisi de pr\u00e9senter, pour \u00e9ventuellement s\u2019y reconna\u00eetre et s\u2019y comprendre. \u00c0 mon sens, cette diff\u00e9rence de mouvement, vers l\u2019Autre plut\u00f4t que vers soi, ce g\u00e9n\u00e9reux et joyeux investissement, constitue un jalon essentiel de l\u2019\u00e9thique du commissaire, et la seule condition \u00e0 laquelle n\u2019est vraiment envisageable l\u2019admission de sa subjectivit\u00e9 dans cette affaire. Car il faut en effet rappeler \u2013 ici \u00e0 la grande diff\u00e9rence de l\u2019artiste qui b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une licence artistique totale \u2013 l\u2019imputabilit\u00e9 du commissaire \u00e0 l\u2019\u00e9gard des artistes, de leurs \u0153uvres, du public, de l\u2019institution et des autres chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quelle \u00e9thique\u2009?<\/h2>\n\n\n\n<p>En 1978, c\u2019est-\u00e0-dire au moment m\u00eame o\u00f9 Szeemann fait valoir la subjectivit\u00e9 du commissaire et ses \u00ab mythologies individuelles \u00bb, l\u2019American Association of Museums publie dans Museum Ethics les lignes de conduite suivantes \u00e0 l\u2019intention des conservateurs, intitul\u00e9es de mani\u00e8re fort \u00e9loquente \u00ab Truth in Presentation \u00bb : L\u2019honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle et l\u2019objectivit\u00e9 dans la pr\u00e9sentation des objets sont le devoir de tout professionnel. L\u2019origine \u00e9tablie de l\u2019objet ou son attribution doivent refl\u00e9ter la recherche approfondie et honn\u00eate du conservateur [&#8230;]. Le professionnel de mus\u00e9e doit faire les plus grands efforts afin de s\u2019assurer que les expositions sont des expressions honn\u00eates et objectives et qu\u2019elles ne perp\u00e9tuent aucun mythe ni st\u00e9r\u00e9otype. Les expositions doivent offrir avec tact et sinc\u00e9rit\u00e9 une vision honn\u00eate et signifiante du sujet. [&#8230;] La recherche et la pr\u00e9paration d\u2019une exposition am\u00e8neront souvent le professionnel \u00e0 \u00e9laborer un point de vue ou une interpr\u00e9tation de son mat\u00e9riel. Il doit clairement saisir le moment o\u00f9 le jugement professionnel finit et o\u00f9 la vision personnelle commence. Il doit \u00eatre convaincu que la pr\u00e9sentation en d\u00e9coulant est le produit d\u2019un jugement <span style=\"white-space: nowrap;\">objectif<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-8\" href=\"#footnote-8\"><sup>8<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-8\"><a href=\"#fn-ref-8\"> 8 <\/a> - \u00ab Truth in Presentation \u00bb, Museum Ethics, Washington D.C., American Association of Museums, 1978, p. 14-15. [Je souligne et traduis.]<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 gouvern\u00e9s par des principes aussi rigides, on comprend vite pourquoi accepter pleinement la subjectivit\u00e9 du commissaire provoque encore aujourd\u2019hui quelques r\u00e9ticences, m\u00eame chez ceux qui la revendiquent. Vingt ans plus tard pourtant, dans un autre Museum Ethics manifestant les changements fondamentaux qui se sont op\u00e9r\u00e9s au sein de la profession, l\u2019auteur David K. Dean affirme \u00e0 l\u2019inverse, d\u2019entr\u00e9e de jeu, la subjectivit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019action du commissaire d\u2019expositions et rel\u00e8ve tout de suite les questions \u00e9thiques que cette nouvelle position fait surgir. Il demande : Quels principes \u00e9thiques s\u2019appliquent et, en pratique, comment un ensemble de r\u00e8gles peut-il \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 ce qui est essentiellement une cr\u00e9ation \u2013 chaque exposition \u00e9tant une entit\u00e9 unique\u2009? Comme [le mus\u00e9ologue] Richard Rabinowitz le dit au sujet des expositions : \u00ab C\u2019est un art que nous produisons. En raison de toute la recherche investie dans la cr\u00e9ation d\u2019une exposition interpr\u00e9tative, de tous les soins apport\u00e9s \u00e0 la documentation et \u00e0 la conservation des artefacts pr\u00e9sent\u00e9s, la synth\u00e8se que constitue une exposition est un acte de cr\u00e9ation singulier et composite \u2013 une \u0153uvre d\u2019art <span style=\"white-space: nowrap;\">conceptuel<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-9\" href=\"#footnote-9\"><sup>9<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-9\"><a href=\"#fn-ref-9\"> 9 <\/a> - David K. Dean, \u00ab Ethics and Museum Exhibitions \u00bb, dans Gary Edson, dir., Museum Ethics, Londres et New York, Routledge, 1997, p. 218.<\/span>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces questions, Dean propose deux principales solutions, essentiellement motiv\u00e9es par la confiance tacite qu\u2019ont encore aujourd\u2019hui la plupart des visiteurs de mus\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019information qui leur est pr\u00e9sent\u00e9e et qu\u2019ils re\u00e7oivent comme des faits. Il sugg\u00e8re d\u2019abord de s\u2019assurer que l\u2019information offerte au public est pr\u00e9cise et v\u00e9rifiable dans les limites du savoir humain actuel\u2009; puis d\u2019\u00eatre en mesure de reconna\u00eetre publiquement la faillibilit\u00e9 inh\u00e9rente aux id\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es en raison de leur source m\u00eame, \u00e0 savoir la subjectivit\u00e9 du commissaire. Techniquement, il s\u2019agirait selon lui que l\u2019exposition soit sign\u00e9e et accompagn\u00e9e au besoin d\u2019un texte qui indique clairement que l\u2019exposition est le produit de la pens\u00e9e ou des sp\u00e9culations de l\u2019organisateur : \u00ab L\u2019essentiel, dit-il, est que ces intuitions de chercheurs soient pr\u00e9sent\u00e9es ouvertement et non pas, par omission, comme des faits <span style=\"white-space: nowrap;\">\u00e9tablis<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-10\" href=\"#footnote-10\"><sup>10<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-10\"><a href=\"#fn-ref-10\"> 10 <\/a> - Ibid., p. 220. [Je traduis.]<\/span>. \u00bb Si la signature est aujourd\u2019hui largement pratiqu\u00e9e dans le milieu de l\u2019art, il reste peut-\u00eatre effectivement une r\u00e9flexion \u00e0 faire quant aux textes qui accompagnent nos expositions. S\u2019offrent-ils, ces textes de salle et de catalogue, comme des pistes de r\u00e9flexion, une pens\u00e9e en mouvement, une opinion que le visiteur n\u2019est pas tenu de suivre, ou se donnent-ils plut\u00f4t \u00e0 lire comme des affirmations\u2009? Y a-t-il lieu d\u2019y mettre plus de questions, plus d\u2019ouverture, de faire part de nos h\u00e9sitations\u2009? Et comment arriver \u00e0 le faire sans perdre la confiance du lecteur\u2009? Ces questions sont d\u2019autant plus importantes que David\u202fDean rappelle que la responsabilit\u00e9 du commissaire repose ultimement sur sa seule conscience personnelle et professionnelle : \u00ab Les commissaires, \u00e9crit-il, se doivent d\u2019\u00e9valuer l\u2019information expos\u00e9e en regard de l\u2019\u00e9p\u00e9e \u00e9thique qui se balance [&#8230;] directement au-dessus de leur t\u00eate d\u2019intellectuels \u2013 sinon la complaisance <span style=\"white-space: nowrap;\">s\u2019installe<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-11\" href=\"#footnote-11\"><sup>11<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-11\"><a href=\"#fn-ref-11\"> 11 <\/a> - D. K. Dean, op. cit., p. 220. [Je traduis.]<\/span>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais nous pourrions penser encore \u00e0 quelques autres mani\u00e8res de faire savoir que les expositions sont des cr\u00e9ations de l\u2019esprit et non pas de simples monstrations. J\u2019ai en t\u00eate, tr\u00e8s concr\u00e8tement, le site Internet d\u2019une commissaire ind\u00e9pendante visit\u00e9 r\u00e9cemment dans lequel la section Curatorial Mission Statement m\u2019a particuli\u00e8rement frapp\u00e9e, me faisant r\u00e9aliser que je n\u2019avais jamais moi-m\u00eame r\u00e9dig\u00e9 un tel document. On nous demande effectivement de justifier \u00e0 la pi\u00e8ce ce sur quoi nous voulons travailler, mais jamais comment cela s\u2019inscrit dans une pens\u00e9e, dans une d\u00e9marche. Dans la mesure o\u00f9 le commissaire r\u00e9clame une part grandissante de libert\u00e9 et de subjectivit\u00e9, ne devrait-il pas \u00eatre tenu, par souci de transparence et par respect pour le public, par souci scientifique aussi, d\u2019expliquer quelles sont les valeurs qui guident son travail et ce qu\u2019il cherche \u00e0 transmettre \u00e0 travers lui\u2009? Rencontre-t-il m\u00eame, \u00e0 cet \u00e9gard, les exigences qu\u2019il impose quotidiennement aux artistes avec lesquels il travaille\u2009? Quiconque \u00e9valuerait la coh\u00e9rence et l\u2019envergure de son aventure y trouverait-il son compte\u2009? Si nous voulons bien comprendre o\u00f9 il en va du commissariat et si nous voulons qu\u2019il soit une solide profession, il faudrait peut \u00eatre d\u2019abord \u00eatre en mesure de r\u00e9pondre individuellement \u00e0 de telles questions.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut reprocher beaucoup de choses \u00e0 Harald Szeemann, mais il est encore \u00e0 ce jour et \u00e0 ma connaissance un des rares commissaires qui ait substantiellement \u00e9crit sur ces enjeux. Tous ses textes t\u00e9moignent en effet de \u00ab sa constante attention \u00e0 l\u2019ensemble des questions de d\u00e9ontologie que soul\u00e8ve son m\u00e9tier dans ses rapports avec l\u2019art, les artistes et le respect de leurs d\u00e9cisions et de leurs \u0153uvres, [avec] les lieux, le pouvoir politique, l\u2019\u00e9conomie, la fonction <span style=\"white-space: nowrap;\">mus\u00e9ale<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-12\" href=\"#footnote-12\"><sup>12<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-12\"><a href=\"#fn-ref-12\"> 12 <\/a> - C\u2019est Michel Baudson, qui les a \u00e9dit\u00e9s, qui le rappelle dans sa pr\u00e9face \u00e0 H. Szeemann, op. cit., p. 11.<\/span> \u00bb. Ce qu\u2019il attendait de l\u2019art, ce qu\u2019il comptait en faire et pensait qu\u2019il \u00e9tait en mesure d\u2019offrir \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, ainsi que son \u00e9thique personnelle du commissariat sont \u00e9galement abondamment d\u00e9finis dans le cadre de son projet d\u2019\u00ab Agence pour le travail intellectuel \u00e0 la demande au service de la vision d\u2019un Mus\u00e9e des obsessions \u00bb dont le titre porte en soi tout un programme de travail et ses exigences. Il r\u00e9dige m\u00eame en 1979 un texte en forme de pri\u00e8re intitul\u00e9 \u00ab Honneur professionnel du conservateur pour les ann\u00e9es 1980 en pr\u00e9vision de l\u2019an <span style=\"white-space: nowrap;\">2000<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-13\" href=\"#footnote-13\"><sup>13<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-13\"><a href=\"#fn-ref-13\"> 13 <\/a> - Ibid., p. 13-15.<\/span> \u00bb et, le lisant, je me suis demand\u00e9e, particuli\u00e8rement \u00e0 notre \u00e9poque soumise \u00e0 des pressions \u00e9conomiques et politiques de plus en plus fortes, combien d\u2019entre nous seraient \u00e0 m\u00eame de livrer avec la m\u00eame clart\u00e9 nos convictions en ce qui concerne notre m\u00e9tier, depuis la mani\u00e8re dont sont choisis les collaborateurs et les valeurs soutenues \u00e0 travers les \u0153uvres et les artistes pr\u00e9sent\u00e9s, jusqu\u2019\u00e0 la port\u00e9e sociale souhait\u00e9e pour nos expositions. Szeemann r\u00e9sume bien ici les siennes : Les mythologies individuelles [&#8230;] pr\u00e9figurent ce que fut l\u2019objectif de chacune [de mes] expositions de ces derni\u00e8res ann\u00e9es : rendre perceptible une attitude exemplaire v\u00e9cue en tant qu\u2019individuum, et ainsi rendre visible l\u2019anticipation d\u2019identit\u00e9 qui, seule, devrait mettre en \u00e9vidence et pr\u00e9senter une soci\u00e9t\u00e9 meilleure, plus cr\u00e9ative et plus consciente. Quand les attitudes ne deviendront plus forme mais \u00ab <span style=\"white-space: nowrap;\">signifiant<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-14\" href=\"#footnote-14\"><sup>14<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-14\"><a href=\"#fn-ref-14\"> 14 <\/a> - H. Szeemann, op. cit., p. 30.<\/span> \u00bb. Plus de 30 ans plus tard, il me semble y avoir encore dans ces propos quelques pistes de r\u00e9flexions durables concernant ce qu\u2019est la pratique de l\u2019exposition et ce qu\u2019en serait l\u2019\u00e9thique. Ne serait-ce que le fait de la signer implique d\u2019embl\u00e9e un devoir de signifier.<\/p>\n\n\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs, Harald Szeemann, Ron Mueck<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs, Harald Szeemann, Ron Mueck<\/div>\n<div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs, Harald Szeemann, Ron Mueck<\/div><div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs, Harald Szeemann, Ron Mueck<\/div><div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs, Harald Szeemann, Ron Mueck<\/div><div style='display: none;'>Anne-Marie Ninacs, Harald Szeemann, Ron Mueck<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":272442,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[4257],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[3540],"artistes":[2386,7371,7434],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-177275","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-post","numeros-57-signatures-en","statuts-archive","auteurs-anne-marie-ninacs-en","artistes-harald-szeemann-en","artistes-ron-mueck","artistes-ron-mueck-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177275","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=177275"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177275\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":266931,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177275\/revisions\/266931"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/272442"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177275"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177275"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=177275"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=177275"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=177275"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=177275"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=177275"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=177275"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=177275"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=177275"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=177275"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}