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{"id":177336,"date":"2006-05-01T19:35:00","date_gmt":"2006-05-02T00:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/vers-la-legitimite-dun-translatorship-la-signature-du-traducteur-performeur\/"},"modified":"2022-10-06T13:38:38","modified_gmt":"2022-10-06T18:38:38","slug":"vers-la-legitimite-dun-translatorship-la-signature-du-traducteur-performeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/vers-la-legitimite-dun-translatorship-la-signature-du-traducteur-performeur\/","title":{"rendered":"Vers la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un translatorship : la signature du traducteur-performeur"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>Reconna\u00eetre une \u0153uvre \u00e0 sa signature, \u00e0 son auteur, est-ce si \u00e9vident\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que nous sommes \u00e0 l\u2019\u00e9poque des grandes marques, une \u00e9poque singuli\u00e8rement individualiste o\u00f9 la reconnaissance personnelle se fait \u00e0 travers l\u2019apposition de sa propre signature, de son passage sur une \u0153uvre, quelle place prend le traducteur dans la l\u00e9gitimit\u00e9 de cette \u0153uvre\u2009? Tandis que l\u2019auteur est reconnu comme principal agent cr\u00e9atif, le traducteur reste servile et au service du premier. Dans le processus de cr\u00e9ation ou plut\u00f4t de \u00ab re-cr\u00e9ation \u00bb, on oublie souvent sa part. Reconna\u00eetra-t-on la signature du traducteur au m\u00eame titre que celle de l\u2019auteur\u2009? Signer une traduction, serait-ce laisser des traces, laisser sa marque\u2009? Quelle est la part de visibilit\u00e9 et d\u2019invisibilit\u00e9 du traducteur face au texte et face \u00e0 l\u2019auteur\u2009? Quel statut le traducteur peut-il acqu\u00e9rir \u00e0 travers les \u0153uvres qu\u2019il traduit\u2009? On se penchera ici sur le statut et la signature du traducteur dans le contexte de la traduction du spoken word, particuli\u00e8rement dans l\u2019exp\u00e9rience de traduction du texte Sea Peach de Catherine <span style=\"white-space: nowrap;\">Kidd<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - La traduction du texte Sea Peach de C. Kidd a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet du m\u00e9moire de ma\u00eetrise de l\u2019auteure : La Traduction du spoken word : po\u00e9tique performative et engag\u00e9e.<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous arrive-t-il de vous demander si le livre que vous tenez entre les mains est une traduction\u2009? Qui en est le traducteur\u2009? Concevoir une notion de translatorship serait reconna\u00eetre tout d\u2019abord l\u2019existence du traducteur, sa l\u00e9gitimit\u00e9 en tant qu\u2019agent cr\u00e9atif dans le processus de r\u00e9\u00e9criture. Admettre la visibilit\u00e9 du traducteur exigerait une prise en consid\u00e9ration de la subjectivit\u00e9 qui \u00e9mane de la cha\u00eene signifiante, trace ind\u00e9fectible de la pr\u00e9sence textuelle du traducteur. Le terme \u00ab\u202fauteur \u00bb est trompeur, car \u00e9vident : l\u2019auteur, c\u2019est celui qui \u00e9crit, voire celui qui est r\u00e9put\u00e9 avoir \u00e9crit, celui auquel on attribue le texte. Mais que dit-on \u2013 vraiment \u2013 d\u00e8s lors que l\u2019on affirme cela\u2009? On reconna\u00eet souvent l\u2019auteur \u00e0 son style, tout comme on reconna\u00eet de plus en plus le traducteur \u00e0 sa traduction, \u00e0 sa plume et \u00e0 ses auteurs f\u00e9tiches. Par exemple, le cas du c\u00e9l\u00e8bre traducteur franco-russe, Andr\u00e9 Markowicz, qui a retraduit l\u2019int\u00e9grale de l\u2019\u0153uvre de Dosto\u00efevski, a r\u00e9inscrit l\u2019oralit\u00e9 pour redonner la vraie parole aux personnages. Ne pourrait-on pas dire que sans l\u2019auteur, il n\u2019y a pas d\u2019\u0153uvre, et que sans le traducteur, il n\u2019y a pas accessibilit\u00e9 et diss\u00e9mination de cette \u0153uvre\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la derni\u00e8re d\u00e9cennie, de nombreux traductologues se sont efforc\u00e9s de revendiquer le statut du traducteur et de sa l\u00e9gitimit\u00e9, et se sont pench\u00e9s sur son invisibilit\u00e9. On pense notamment \u00e0 Lawrence Venuti, qui dans son ouvrage, Translator\u2019s Invisibility. A History of Translation, dresse un portrait historique du traducteur invisible qui passe sans laisser sa marque. Dans cet ouvrage, Venuti nous ouvre les yeux en tant que lecteur et nous pousse \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la pratique invisible du traducteur dans laquelle les institutions le confinent. Pour Venuti, le traducteur doit sortir de son invisibilit\u00e9, de l\u2019ombre de l\u2019auteur et effectuer un travail sur la lettre, c\u2019est-\u00e0-dire incorporer \u00ab\u202fl\u2019\u00e9tranget\u00e9 \u00bb dans la traduction.<\/p>\n\n\n\n<p>De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, et surtout en traduction professionnelle, on reconna\u00eet dans la plupart des cas une bonne traduction si elle \u00ab ne sent pas \u00bb la traduction. En traduction litt\u00e9raire, par contre, l\u2019\u00e9ternelle dualit\u00e9 entre sourciers et ciblistes, voire entre les partisans de la litt\u00e9ralit\u00e9 et ceux de l\u2019ethnocentrisme, nous laisse croire que la traduction n\u2019est pas si secondaire et si passive qu\u2019elle semble le montrer.<\/p>\n\n\n\n<p>On est souvent assomm\u00e9 par ces notions de visibilit\u00e9 ou d\u2019invisibilit\u00e9, o\u00f9 le traducteur doit prendre position face \u00e0 l\u2019auteur, face au texte. Il doit se demander avant d\u2019entreprendre le processus de r\u00e9\u00e9criture, comment rendre l\u2019original, s\u2019il faut rester fid\u00e8le \u00e0 l\u2019auteur ou fid\u00e8le au public cible&#8230; Tout d\u00e9pend du texte, me direz-vous\u2009? Bien s\u00fbr, c\u2019est sans \u00e9quivoque. Mais pourquoi n\u2019a-t-on pas davantage de biographies de traducteurs, que sait-on vraiment par exemple du traducteur de Freud ou de Kafka\u2009? Pourquoi la signature d\u2019un traducteur sombre-t-elle la plupart du temps dans l\u2019anonymat\u2009?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un pas vers la visibilit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Le spoken word prend ses sources dans la litt\u00e9rature orale. Ce genre n\u2019est pas si nouveau, mais c\u2019est plut\u00f4t une forme moderne, un fr\u00e8re plus actif de la po\u00e9sie simplement lue et une r\u00e9incarnation du texte fusionn\u00e9. Il s\u2019agit avant tout d\u2019une po\u00e9sie perform\u00e9e et, \u00e0 la diff\u00e9rence de la traduction de th\u00e9\u00e2tre ou de po\u00e9sie, c\u2019est dans la performance de la traduction m\u00eame que le traducteur y posera sa marque distinctive et affirmative. Le traducteur d\u2019un texte de spoken word en serait un bel exemple parce que jusqu\u2019\u00e0 maintenant, rares sont ceux qui s\u2019y sont aventur\u00e9s. Traduire est une chose, mais incarner ou performer la traduction en est une autre. Le traducteur de spoken word qui serait assez audacieux pour performer sa propre traduction aurait un double r\u00f4le : messager linguistique et performeur de la traduction dans la culture d\u2019arriv\u00e9e. Son travail ne se limiterait plus \u00e0 traduire une langue, mais \u00e0 interpr\u00e9ter live la traduction devant un public. La pratique du spoken word en tant que texte perform\u00e9 remet en cause le statut de l\u2019original puisqu\u2019il arrive souvent que celui-ci se modifie l\u00e9g\u00e8rement selon la soir\u00e9e et l\u2019artiste. Dans le cas de Catherine Kidd \u2013 bien qu\u2019elle apprenne g\u00e9n\u00e9ralement son texte par c\u0153ur \u2013, en comparant la version papier de Sea Peach avec sa version audio, on remarque une l\u00e9g\u00e8re diff\u00e9rence. Celle-ci a, par exemple, remplac\u00e9 anxi\u00e9t\u00e9 par ironie dans la version audio. Alors que deviendrait la traduction d\u2019un tel texte en perp\u00e9tuel changement\u2009? Qu\u2019est-ce qui tiendrait lieu d\u2019original : la version papier ou la performance audio ? Quelle serait la signature finale de l\u2019\u0153uvre et de sa traduction\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Les nombreuses interpr\u00e9tations possibles d\u00e9coulent de la multiplicit\u00e9 des performances du m\u00eame texte. Par cons\u00e9quent, la traduction deviendra pluridimensionnelle et aura elle aussi plusieurs interpr\u00e9tations, voire de multiples signatures. Chaque interpr\u00e9tation ajoute une nouvelle couche de sens \u00e0 l\u2019original, une autre mani\u00e8re de le lire, de le comprendre et de le renouveler. Les d\u00e9fis que pose la traduction du spoken word vont au-del\u00e0 d\u2019une simple transposition formelle et linguistique. Le traducteur deviendra \u00e0 son tour performeur : la traduction \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 une performance de l\u2019original.<\/p>\n\n\n\n<p>La venue du spoken word dans les arts de la performance, en tant que genre litt\u00e9raire et pratique culturelle, a permis une red\u00e9couverte de l\u2019oralit\u00e9 et une r\u00e9-oralisation de la po\u00e9sie \u00e0 travers les performances po\u00e9tiques et l\u2019audiolivre. Cette \u00ab nouvelle \u00bb pratique po\u00e9tique poursuit maintenant son envol vers des horizons de plus en plus hybrides, utilisant le multim\u00e9dia et autres moyens technologiques \u00e0 la port\u00e9e des performeurs. La traduction du spoken word emprunte aux strat\u00e9gies de la traduction po\u00e9tique et th\u00e9\u00e2trale. La performance, composante vitale dans toute analyse po\u00e9tique et litt\u00e9raire de l\u2019original, affectera non seulement tout le processus d\u2019\u00e9criture de l\u2019original, mais aussi celui de la traduction. Le caract\u00e8re hybride du spoken word \u00ab d\u00e9stabilise les certitudes et cr\u00e9e des effets de nouveaut\u00e9 et de dissonance. L\u2019hybridit\u00e9 produit un choc, nous \u00e9tonne et oblige \u00e0 replacer nos rep\u00e8res. Elle a le pouvoir de nous troubler et, ainsi, de nous <span style=\"white-space: nowrap;\">transformer<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Sherry Simon, Hybridit\u00e9 culturelle, Montr\u00e9al, L\u2019\u00cele de la tortue, 1999, p. 27.<\/span> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le but d\u2019une traduction d\u2019un texte de spoken word serait d\u2019explorer les enjeux et les difficult\u00e9s (gestuelle, rythme et performabilit\u00e9) que posent aussi les traductions po\u00e9tiques et th\u00e9\u00e2trales. La r\u00e9-exploration nous am\u00e8nera \u00e0 d\u00e9passer les limites entre les genres et \u00e0 exprimer le caract\u00e8re pluridisciplinaire et pluridimensionnel de la traduction. Il y aura double travail sur la lettre : dans un premier temps, il y aura traduction et r\u00e9\u00e9criture\u2009; et dans un deuxi\u00e8me, performance et performabilit\u00e9 de la traduction. \u00ab Traduire n\u2019est traduire que quand traduire est un laboratoire <span style=\"white-space: nowrap;\">d\u2019\u00e9crire<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Henri Meschonnic, Po\u00e9tique du traduire, Paris, Verdier, 1999, p. 459.<\/span> \u00bb. Mais au-del\u00e0 de la simple op\u00e9ration de transfert linguistique, la traduction sera une incarnation et une exp\u00e9rience. Une exp\u00e9rience dans tout ce que son sens implique, une exp\u00e9rience, qui, dans le cas du spoken word, exige une participation active autant de la pens\u00e9e que du corps. Pour reprendre les termes d\u2019Antoine Berman, la traduction sera une nature d\u2019exp\u00e9rience. \u00ab Telle est la traduction : exp\u00e9rience. Exp\u00e9riences des \u0153uvres et de l\u2019\u00eatre-\u0153uvre, des langues et de l\u2019\u00eatre-langue. Exp\u00e9rience, en m\u00eame temps d\u2019elle-m\u00eame, de son <span style=\"white-space: nowrap;\">essence<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Antoine Berman, \u00ab La traduction et la lettre ou l\u2019auberge du lointain \u00bb, Les Tours de Babel, Essais sur la traduction, Mauvezin, Trans-Europe-Repress, 1985, p. 38.<\/span> \u00bb. Cette m\u00eame notion d\u2019exp\u00e9rience est d\u00e9finie par Martin Heidegger comme un abandon de la part du traducteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Faire une exp\u00e9rience avec quoi que ce soit [&#8230;] cela veut dire : le laisser venir sur nous, qu\u2019il nous atteigne, nous tombe dessus, nous renverse et nous rende autre. [&#8230;] faire veut dire ici, [&#8230;], passer \u00e0 travers, souffrir de bout en bout, endurer, accueillir ce qui nous atteint en nous soumettant \u00e0 <span style=\"white-space: nowrap;\">lui<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - Martin Heidegger, Acheminement vers la parole, Paris, Gallimard, 1976, p. 144.<\/span>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Si la principale difficult\u00e9 dans l\u2019exp\u00e9rience de traduction de Sea Peach de Kidd a \u00e9t\u00e9 de rendre les aspects po\u00e9tiques du texte, de laisser sa signature en tant qu\u2019agent performatif, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019interpr\u00e9ter et incarner la traduction est loin d\u2019\u00eatre \u00ab facile \u00bb. Le traducteur se soumet \u00e0 la vocation du texte, vit le texte \u00e0 travers la traduction. Il ne s\u2019agira pas de traduire et lire la traduction, mais plut\u00f4t de la performer, de la dig\u00e9rer, l\u2019avaler pour mieux l\u2019interpr\u00e9ter et incarner le texte. Elle sera vue et entrevue \u00e0 travers une po\u00e9tique performative dans le but d\u2019une performance po\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le traducteur id\u00e9al combinerait donc les personnalit\u00e9s du linguiste, du chercheur, du critique et de l\u2019\u00e9crivain. [&#8230;] Si la \u00ab litt\u00e9rarit\u00e9 \u00bb consiste principalement dans l\u2019interpr\u00e9tation et de l\u2019expression d\u2019un th\u00e8me, alors le traducteur comp\u00e9tent est, lui-m\u00eame, une figure litt\u00e9raire, un \u00e9crivain de son plein droit, et devrait \u00eatre reconnu comme <span style=\"white-space: nowrap;\">tel<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - \u00ab The ideal translator should therefore combine the personalities of the linguist, scholar, critic, and creative writer. [&#8230;] If \u201cliterariness\u201d consists mainly in the interpretation and expression of a theme, then the competent translator is, himself, a literary figure, a writer in his own right, and he should be recognized as such. \u00bb Voir Andr\u00e9 Lefevere, Translating Poetry : Seven Strategies and a Blueprint, Assen, Van Gorcum, 1975, p. 121.<\/span>. [Trad. libre]<\/p>\n\n\n\n<p>Le traducteur deviendra \u00e0 son tour performeur, interpr\u00e8te de sa traduction. Non seulement est-il l\u2019acteur principal dans la r\u00e9\u00e9criture et la transmission d\u2019un texte, mais il participera activement \u00e0 l\u2019incarnation de la traduction. Il posera une double r\u00e9flexivit\u00e9 autant sur le texte et la traduction, mais aussi sur l\u2019artiste et lui-m\u00eame. On se rend compte qu\u2019il n\u2019y a pas de traduction juste ou mauvaise, mais plut\u00f4t de multiples possibilit\u00e9s de traductions. N\u00e9anmoins, la t\u00e2che du traducteur est de rester int\u00e8gre envers ses choix, l\u2019essence du po\u00e8me (sens, atmosph\u00e8re), son interpr\u00e9tation et sa signature.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un dernier temps, la traduction du spoken word, on l\u2019esp\u00e8re, participera \u00e0 l\u2019ouverture des fronti\u00e8res entre les genres, \u00e0 leur fusion, \u00e0 l\u2019hybridit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture et de l\u2019oralit\u00e9 et surtout \u00e0 la reconnaissance d\u2019une po\u00e9tique performative qui renouvellera le traduire et inscrira la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un translatorship. L\u2019exp\u00e9rience de traduction de Sea Peach voulait non seulement faire d\u00e9couvrir un texte, transposer et introduire un genre d\u2019origine anglophone et am\u00e9ricaine, ainsi que m\u00e9langer les pratiques culturelles, litt\u00e9raires et artistiques dans une autre communaut\u00e9 linguistique et culturelle, mais aussi stimuler et redynamiser la traduction coop\u00e9rative entre le traducteur et l\u2019artiste. Il s\u2019agit de partager une po\u00e9tique diff\u00e9rente et une tradition m\u00e9connue autant entre l\u2019artiste et le public cible qu\u2019entre l\u2019artiste et le traducteur. \u00ab Lorsque motiv\u00e9 par la politique \u00e9thique de la diff\u00e9rence, le traducteur cherche \u00e0 d\u00e9velopper une communaut\u00e9 avec les cultures \u00e9trang\u00e8res, pour partager une compr\u00e9hension mutuelle et pour collaborer \u00e0 des projets fond\u00e9s sur cette compr\u00e9hension <span style=\"white-space: nowrap;\">[&#8230;]<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - \u00ab When motivated by this ethical politics of difference, the translator seeks to build a community with foreign cultures, to share an understanding with and of them and to collaborate on projects founded on that understanding [&#8230;]. \u00bb Voir Lawrence, Venuti, \u00ab Translation, Community, Utopia \u00bb, The Translation Studies Reader, Lawrence Venuti (dir.), Londres et New York, Routledge, 1999, p. 469.<\/span> \u00bb. [Trad. libre] Comme un nomade, le traducteur-performeur non seulement fera-t-il voyager un texte et un genre, mais surgira lui-m\u00eame de l\u2019ombre de l\u2019auteur et se fera enfin visible. Il confondra les disciplines entre elles, innovera et fera accueillir l\u2019\u00c9tranger, pour que la culture cible devienne l\u2019h\u00f4tesse, et la culture source, l\u2019invit\u00e9e. Et c\u2019est dans ce voyage que le traducteur apposera sa signature et r\u00e9clamera sa l\u00e9gitimit\u00e9 en tant qu\u2019auteur de la traduction.<\/p>\n<div style='display: none;'>Murielle Chan-Chu<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":272450,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[4257],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[4261],"artistes":[],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-177336","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-post","numeros-57-signatures-en","statuts-archive","auteurs-murielle-chan-chu-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=177336"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177336\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/272450"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=177336"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=177336"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=177336"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=177336"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=177336"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=177336"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=177336"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=177336"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=177336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}