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{"id":177824,"date":"2007-05-01T19:35:00","date_gmt":"2007-05-02T00:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/robert-morin-persifleur-contemporain\/"},"modified":"2022-10-17T13:45:51","modified_gmt":"2022-10-17T18:45:51","slug":"robert-morin-persifleur-contemporain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/robert-morin-persifleur-contemporain\/","title":{"rendered":"Robert Morin persifleur contemporain"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>On conna\u00eet tr\u00e8s bien le ph\u00e9nom\u00e8ne des faux documentaires. Depuis les premiers essais de Peter Watkins dans les ann\u00e9es 1960, les spectateurs ont vu d\u00e9filer devant leurs yeux \u00e9bahis toutes \u00adsortes de variantes correspondant \u00e0 des intentions fort diff\u00e9rentes. <\/p>\n\n\n\n<p>La \u00admajorit\u00e9 des \u0153uvres de ce type apparaissent comme de plaisantes farces \u2013 \u00e0 l\u2019instar de <em>L\u2019affaire Brunswick<\/em> (1978) de Robert Awad et Andr\u00e9 Leduc ou de <em>La m\u00e9thode Morin<\/em> (2005) de Philippe Falardeau \u2013 ou encore comme des exercices de style sans grande cons\u00e9quence comme<em> C\u2019est arriv\u00e9 pr\u00e8s de chez vous<\/em> (1992) de R\u00e9my Belvaux et Andr\u00e9 Bonzel ou <em>Jimmywork<\/em> (2004) de Simon Sauv\u00e9. On a m\u00eame souvent l\u2019impression de se retrouver devant une forme \u00adcin\u00e9matographique us\u00e9e qui a perdu sa raison d\u2019\u00eatre. Cependant, certaines productions \u00adparviennent \u00e0 troubler le spectateur au point o\u00f9 il se demande s\u2019il a raison de \u00addouter devant ce qu\u2019on lui pr\u00e9sente, m\u00eame si son \u00adscepticisme ne cesse de cro\u00eetre. S\u2019il est vrai que ce type d\u2019exp\u00e9rience se fait de plus en plus rare \u2013 pensons au classique <em>V\u00e9rit\u00e9s et mensonges<\/em> (1974) \u00add\u2019Orson Welles ou \u00e0 <em>Op\u00e9ration lune <\/em>(2002) de William Karel \u2013, il est encore possible de surprendre en proposant une variante fort \u00ading\u00e9nieuse du concept, soit le faux film de famille, comme l\u2019a fait Robert Morin avec son <em>Petit Pow\u2009! Pow\u2009! No\u00ebl<\/em> (2005). Alors que l\u2019on reconna\u00eet assez bien les composantes stylistiques des faux \u00addocumentaires, qu\u2019en est-il de la nouvelle variante propos\u00e9e par le prolifique vid\u00e9aste qu\u00e9b\u00e9cois\u2009?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que l\u2019on s\u2019int\u00e9resse depuis peu \u00e0 la forme du film de famille, les th\u00e9oriciens ont \u00e9tabli un certain nombre de crit\u00e8res qui \u00adpermettent de cerner le ph\u00e9nom\u00e8ne. Pour Roger Odin par \u00adexemple, un des \u00ad\u00e9l\u00e9ments importants de la stylistique du film de famille est son \u00ab\u202fabsence de cl\u00f4ture\u202f\u00bb. Dans un texte important intitul\u00e9 \u00ab\u202fLe film de famille dans l\u2019institution familiale\u202f\u00bb, il pr\u00e9cise que \u00ab\u202fnon \u00adseulement le film de famille ne comporte ni marques de d\u00e9but (g\u00e9n\u00e9rique) ni \u00admarques de fin (le propre du film de famille est de pouvoir \u00eatre \u00adind\u00e9finiment \u00adpoursuivi), mais le spectateur est plong\u00e9 d\u2019entr\u00e9e au milieu d\u2019une action, voire m\u00eame au milieu d\u2019un mouvement, le noir final survient tout aussi <span style=\"white-space: nowrap;\">inopin\u00e9ment<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Roger Odin, \u00ab\u202fLe film de famille dans l\u2019institution familiale\u202f\u00bb, dans Roger Odin (dir.), <em>Le film de famille\u202f: usage priv\u00e9, usage public<\/em>, Paris, M\u00e9ridiens Klincksieck, 1995, p. 28.&nbsp;<\/span>.\u202f\u00bb Comme on peut facilement comprendre qu\u2019il est ardu de transposer cette caract\u00e9ristique dans un faux film de famille que l\u2019on voudrait exploiter commercialement, le g\u00e9n\u00e9rique \u00e9tant \u00adg\u00e9n\u00e9ralement entendu comme le lieu \u00add\u2019identification du film et de ses artisans, d\u2019autres proc\u00e9d\u00e9s devront \u00eatre mis \u00e0 \u00adcontribution afin de donner l\u2019impression d\u2019une ma\u00eetrise incompl\u00e8te des appareils utilis\u00e9s et de favoriser l\u2019identification au type cin\u00e9matographique recherch\u00e9, comme les flous, les tremblements perceptibles dans les cadrages, les mouvements d\u2019appareils brusques, les sous et les surexpositions ou le son d\u00e9ficient, comme si l\u2019essence du genre r\u00e9sidait enti\u00e8rement dans ses rat\u00e9s <span style=\"white-space: nowrap;\">techniques<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Pour une \u00e9tude de ces \u00e9l\u00e9ments, voir \u00c9ric de Kuyper, \u00ab\u202fAux origines du cin\u00e9ma\u202f: le film de famille\u202f\u00bb, dans Roger Odin (dir.), op. cit., p. 23.&nbsp;<\/span>. En ce sens, la \u00adtechnique des faux films de famille ressemblerait beaucoup \u00e0 celle des faux documentaires. L\u00e0 o\u00f9 ils se distingueraient clairement l\u2019un de l\u2019autre, ce serait au niveau du contenu, soit l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la vie priv\u00e9e ou publique d\u2019une famille.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 que Robert Morin joue le mieux ses cartes. La situation d\u00e9crite dans le film est d\u2019ailleurs propice \u00e0 la fabrication d\u2019un \u00e9cran de fum\u00e9e pour les spectateurs. \u00c0 la veille de No\u00ebl, un homme muni d\u2019une petite cam\u00e9ra vid\u00e9o num\u00e9rique se rend aupr\u00e8s de son p\u00e8re, un vieillard aphasique clou\u00e9 dans son lit dans un centre hospitalier de soins de longue dur\u00e9e, pour, selon ce qu\u2019il indique au personnel de l\u2019institution, r\u00e9aliser un film de souvenirs ou un film de famille, alors que le but v\u00e9ritable de sa visite est de mettre fin \u00e0 la vie de son p\u00e8re apr\u00e8s lui avoir fait subir un proc\u00e8s. Dans le cadre de cette mise en accusation, Morin va int\u00e9grer \u00e0 son sc\u00e9nario des bribes de l\u2019histoire de sa v\u00e9ritable famille \u00e0 travers les propos du personnage. Bien entendu, tous les spectateurs ne connaissent pas n\u00e9cessairement ces informations biographiques, m\u00eame si Morin en a d\u00e9j\u00e0 livr\u00e9 publiquement des morceaux, comme l\u2019\u00e9pisode de l\u2019incendie dans lequel sa m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, racont\u00e9 dans le film <em>L\u2019\u00e9preuve du feu<\/em> de Bernard \u00c9mond. Mais il ne s\u2019agit-l\u00e0 que l\u2019une des strat\u00e9gies utilis\u00e9es par le r\u00e9alisateur, qui fera jouer un r\u00f4le important aux photos de famille dans sa mise en sc\u00e8ne. Ces derni\u00e8res appara\u00eetront \u00e0 plusieurs spectateurs comme des \u00adpreuves incontestables de ce qui est narr\u00e9 et elles assureront une m\u00e9prise plus grande entre la fiction et le r\u00e9el dans l\u2019histoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, en choisissant d\u2019interpr\u00e9ter lui-m\u00eame le r\u00f4le du fils et en donnant \u00e0 son propre p\u00e8re celui du vieil homme, Morin ajoute \u00e0 la \u00adconfusion entre r\u00e9el et fiction, m\u00eame si les spectateurs ne \u00adconnaissent pas tous la physionomie des deux individus. La recherche de la \u00adconfusion est aussi notable dans le choix de d\u00e9signer le p\u00e8re par le patronyme Morin. Cela am\u00e8ne le personnel du centre \u00e0 identifier les deux personnages comme des Messieurs Morin, ce qui est loin de \u00adfaciliter le partage entre l\u2019univers fictif et le v\u00e9ritable r\u00e9cit familial.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faudrait pas non plus n\u00e9gliger la fa\u00e7on dont Robert Morin a fait la promotion de son film. Lors de ses rencontres avec les \u00adjournalistes, il utilisera \u00e0 de nombreuses reprises des formulations \u00e9quivoques, que ces derniers transcriront sans les rendre plus \u00adexplicites. Ainsi, J\u00e9r\u00f4me Delgado \u00e9crira\u202f: \u00ab\u202f\u201cCe texte est b\u00e2ti \u00e0 partir de vraies frustrations de l\u2019enfance, confie Robert Morin. Par ailleurs, elles sont assez proches des frustrations de beaucoup de gars de ma g\u00e9n\u00e9ration qui ont eu un p\u00e8re absent. Oui, ce sont des choses que j\u2019ai reproch\u00e9es \u00e0 mon p\u00e8re. Mais ce n\u2019est que la <span style=\"white-space: nowrap;\">base<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Robert Morin, dans J\u00e9r\u00f4me Delgado, \u00ab\u202fRobert Morin. Plus d\u00e9rangeant, moins noir\u202f\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 26 novembre 2005, p. 6.&nbsp;<\/span>\u201d.\u202f\u00bb M\u00eame s\u2019il pr\u00e9cise imm\u00e9diatement qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un film de fiction et qu\u2019il n\u2019a jamais autant d\u00e9test\u00e9 son p\u00e8re que le personnage du film, il a orient\u00e9 la lecture que les journalistes feront de l\u2019\u0153uvre et, par ricochet, celle des spectateurs potentiels du long m\u00e9trage. Peu \u00e9tonnant d\u00e8s lors de constater que Manon Dumais, Marco Bergeron et Gilles Carignant insistent sur la pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019\u00e9cran du p\u00e8re et du fils jouant leurs propres <span style=\"white-space: nowrap;\">r\u00f4les<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Manon Dumais, \u00ab\u202fLa mort avec mon p\u00e8re\u202f\u00bb, <em>Voir<\/em>, 1<sup>er<\/sup> novembre 2005, p. 16. Marco Bergeron, \u00ab\u202fLe cin\u00e9ma de la cruaut\u00e9\u202f\u00bb, <em>Spirale<\/em>, n<sup>o<\/sup> 207, mars-avril 2006, p. 6. Gilles Carignant, \u00ab\u202fRequiem pour un beau sans-c\u0153ur\u202f\u00bb, <em>Le Soleil<\/em>, 31 mars 2006, p. B3.<\/span>. De m\u00eame, les propos de Morin rapport\u00e9s par Odile Tremblay (\u00ab\u202fRobert Morin parle de <em>Petit Pow\u2009! Pow\u2009! No\u00ebl<\/em> comme du film le plus important de sa vie. Non pas sur le plan stylistique, mais \u00e0 titre de catharsis <span style=\"white-space: nowrap;\">personnelle\u202f<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - Odile Tremblay, \u00ab\u202fMon p\u00e8re, ce Martien\u202f\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 26 novembre 2005, p. E-10.<\/span>\u00bb) ou par Michel Coulombe (\u00ab\u202fce qui comptait, c\u2019\u00e9tait de faire le film avec <span style=\"white-space: nowrap;\">lui<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - Robert Morin, dans Michel Coulombe, \u00ab\u202fEntretien avec Robert Morin\u202f\u00bb, <em>Cin\u00e9bulles<\/em>, vol. 24, n\u00b0 1, hiver 2006, p. 3.<\/span>.\u202f\u00bb), \u00adaugmentent l\u2019effet recherch\u00e9 par la campagne de promotion. Ils \u00adinduisent dans l\u2019esprit du spectateur une ambigu\u00eft\u00e9 en insistant sur l\u2019id\u00e9e que le film s\u2019inspire de la vie et des exp\u00e9riences du r\u00e9alisateur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Devant le film, les spectateurs vont tenter de d\u00e9m\u00ealer l\u2019\u00e9cheveau quant au vrai et au faux pr\u00e9sent dans l\u2019histoire, sans se poser plus de questions quant au statut du film lui-m\u00eame. Comme les critiques, les spectateurs reconna\u00eetront les traits stylistiques du travail de Robert Morin \u00e0 travers l\u2019utilisation de la cam\u00e9ra subjective port\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9paule, que l\u2019on associe souvent \u00e0 l\u2019id\u00e9e de la cam\u00e9ra-stylo d\u00e9velopp\u00e9e par Alexandre Astruc \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940, et qui rappelle celle de <em>Quiconque meurt, meurt \u00e0 douleur<\/em>\u2009; ainsi que le jeu avec la voix \u00adhors-champ, que l\u2019on retrouvait comme \u00e9l\u00e9ment narratif central dans<em> Le voleur vit en enfer<\/em>. On pourrait multiplier les exemples d\u2019utilisation de ces \u00e9l\u00e9ments dans l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre de Morin \u2013 que l\u2019on pense \u00e0 <em>Yes Sir\u2009! Madame<\/em>, par exemple \u2013 mais cela ne ferait que cacher un peu plus la sp\u00e9cificit\u00e9 de <em>Petit Pow\u2009! Pow\u2009! No\u00ebl<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1536\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-2-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-177627\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-2-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-2-scaled-300x240.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-2-scaled-600x480.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-2-768x614.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-2-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-2-2048x1638.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1920\" height=\"1536\" src=\"https:\/\/esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-3-scaled.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-177629\" srcset=\"https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-3-scaled.jpg 1920w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-3-scaled-300x240.jpg 300w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-3-scaled-600x480.jpg 600w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-3-768x614.jpg 768w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-3-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/staging.esse.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/60_DO05_Rannou_Robert-Morin_Petit-Pow-Pow-Noel-3-2048x1638.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><figcaption>Robert Morin, <em>Petit Pow\u2009! Pow\u2009! No\u00ebl<\/em>, 2005.&nbsp;<br>photo\u202f: courtoisie de Robert Morin et de la Coop Vid\u00e9o de Montr\u00e9al<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce qui singularise ce film, c\u2019est que contrairement \u00e0 ses \u0153uvres ant\u00e9rieures, Morin n\u2019indique pas clairement d\u00e8s le d\u00e9part qu\u2019il \u00adinterpr\u00e8te un personnage, gardant cette information pour la toute fin du film, interdisant ainsi aux spectateurs une distinction nette entre son personnage et lui-m\u00eame. Bien que le d\u00e9voilement du nom du \u00adpersonnage devient en quelque sorte la r\u00e9v\u00e9lation de la mystification, le r\u00e9alisateur aura laiss\u00e9 para\u00eetre quelques ficelles tout au long du film afin de permettre aux spectateurs les plus perspicaces de comprendre plus rapidement de quoi il retourne, comme l\u2019h\u00e9sitation du personnage quant au choix du titre de son film ou encore l\u2019incroyable co\u00efncidence qui permet la pr\u00e9sence dans la chambre des \u00e9l\u00e9ments permettant la poursuite du r\u00e9cit du personnage, telle la petite voiture rouge ou la minuscule bicyclette bleue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois mise au jour la m\u00e9canique de cette l\u00e9g\u00e8re mystification, une question demeure\u202f: pourquoi avoir opt\u00e9 pour la forme du faux film de famille\u2009? En adoptant cette forme, Morin parvient \u00e0 leurrer le \u00adspectateur. Ce dernier ne voit pas imm\u00e9diatement qu\u2019il a affaire \u00e0 un personnage reproduisant en quelque sorte le travail ant\u00e9rieur du cin\u00e9aste Robert Morin sans passer par l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un contrat de pastiche en bonne et due forme avec celui qui regarde le <span style=\"white-space: nowrap;\">film<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - Sur la notion de contrat de pastiche, voir G\u00e9rard Genette, <em>Palimpsestes<\/em>, Seuil, 1982.&nbsp;<\/span>. Cette supposition d\u2019auteur n\u2019est pourtant pas l\u2019enjeu central de la \u00admystification. Tout au plus permet-elle de tromper le public en lui imposant un horizon d\u2019attente, c\u2019est-\u00e0-dire une compr\u00e9hension du film selon des r\u00e8gles de jeu avec lesquelles il s\u2019est familiaris\u00e9 au fil du temps et qu\u2019il module ou corrige en fonction de ce qu\u2019il d\u00e9couvre dans l\u2019\u0153uvre qui lui est <span style=\"white-space: nowrap;\">soumise<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-8\" href=\"#footnote-8\"><sup>8<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-8\"><a href=\"#fn-ref-8\"> 8 <\/a> - Sur la notion d\u2019horizon d\u2019attente, voir Hans Robert Jauss, \u00ab\u202fL\u2019histoire de la \u00adlitt\u00e9rature\u202f: un d\u00e9fi \u00e0 la th\u00e9orie litt\u00e9raire\u202f\u00bb, dans <em>Pour une esth\u00e9tique de la r\u00e9ception<\/em>, Paris, Gallimard (Tel), 1990, p. 56. &nbsp;<\/span>, soit celles de l\u2019autobiographie, de l\u2019autofiction ou de la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9, en bref celles de l\u2019extimit\u00e9 et du d\u00e9sir de s\u2019exposer. Mais ce n\u2019est pas la nature r\u00e9elle du film. De quoi s\u2019agit-il alors\u2009? Tout simplement d\u2019un pamphlet dirig\u00e9 principalement, mais pas \u00adexclusivement, contre le syst\u00e8me de sant\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019expliquait Morin, le film \u00ab\u202fa \u00e9t\u00e9 pour [lui] une fa\u00e7on d\u00e9tourn\u00e9e de faire un documentaire sur un CHSLD, parce que sinon, on ne peut pas rentrer dans un lieu comme celui-l\u00e0 avec une <span style=\"white-space: nowrap;\">cam\u00e9ra<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-9\" href=\"#footnote-9\"><sup>9<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-9\"><a href=\"#fn-ref-9\"> 9 <\/a> - Robert Morin dans \u00ab\u202fRobert Morin sur le divan\u202f\u00bb, <em>24 images<\/em>, n<sup>o<\/sup> 124, P. 44.&nbsp;<\/span>.\u202f\u00bb En aiguillonnant les spectateurs sur une fausse piste interpr\u00e9tative, le r\u00e9alisateur peut s\u2019adonner \u00e0 un v\u00e9ritable persiflage, une forme de discours qui a connu son heure de gloire au 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et qui se d\u00e9cline sous diff\u00e9rentes formes, parmi lesquelles on retrouve le fait de \u00ab\u202fdire plaisamment des choses s\u00e9rieuses, et s\u00e9rieusement des choses \u00ad<span style=\"white-space: nowrap;\">frivoles<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-10\" href=\"#footnote-10\"><sup>10<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-10\"><a href=\"#fn-ref-10\"> 10 <\/a> - Cette d\u00e9finition est tir\u00e9e de l\u2019ouvrage d\u2019\u00c9lisabeth Bourguinat, <em>Le si\u00e8cle du \u00adpersiflage 1734-1789<\/em>, Paris, PUF (Perspectives litt\u00e9raires), 1998, p. 7.<\/span>.\u202f\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, c\u2019est sur le ton de la blague que Morin fustige les soins donn\u00e9s aux a\u00een\u00e9s. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 torturer sa victime avant de la tuer, le fils doit reconna\u00eetre que la t\u00e2che ne sera pas facile. Non pas qu\u2019il remette en question son choix, mais en observant la fa\u00e7on avec \u00adlaquelle son p\u00e8re est trait\u00e9, il se dit qu\u2019il fait face \u00e0 une forte \u00adcomp\u00e9tition. Plus tard, alors que l\u2019on place le p\u00e8re devant la \u00adt\u00e9l\u00e9vision pour regarder une \u00e9mission de conditionnement \u00adphysique, il fait remarquer que cela rel\u00e8ve du sadisme. Alors qu\u2019il \u00adconstate que l\u2019on est pass\u00e9 de la violence physique \u00e0 la violence \u00admentale en un rien de temps et au moment o\u00f9 il se demande comment il peut \u00adparvenir \u00e0 d\u00e9passer ces stades, on voit arriver la \u00adpersonne \u00adresponsable de la communion \u00adappliquer ce que le personnage nomme \u00ab\u202fla torture \u00adspirituelle\u202f\u00bb. Si l\u2019on rit \u00e0 l\u2019ensemble de ces remarques, force est de reconna\u00eetre que le propos est des plus <span style=\"white-space: nowrap;\">s\u00e9rieux<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-11\" href=\"#footnote-11\"><sup>11<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-11\"><a href=\"#fn-ref-11\"> 11 <\/a> - Cela n\u2019emp\u00eachera pas de nombreux spectateurs de trouver le film tr\u00e8s violent, particuli\u00e8rement dans les traitements inflig\u00e9s au p\u00e8re, donnant ainsi raison au \u00adpersiflage de Morin sans n\u00e9cessairement l\u2019avoir compris.<\/span>. Une pr\u00e9sentation \u00adr\u00e9aliste de ces traitements aurait tout simplement \u00e9t\u00e9 intenable. Alors, plut\u00f4t que de \u00adr\u00e9aliser une analyse s\u00e9rieuse de la question, il \u00adpr\u00e9f\u00e8re persifler, comme \u00ab\u202fles spectateurs du th\u00e9\u00e2tre [qui] se contentent de siffler bruyamment au lieu d\u2019entrer dans la critique argument\u00e9e de tel ou tel passage qui leur <span style=\"white-space: nowrap;\">d\u00e9pla\u00eet<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-12\" href=\"#footnote-12\"><sup>12<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-12\"><a href=\"#fn-ref-12\"> 12 <\/a> - \u00c9lisabeth Bourguinat, op. cit., p. 207.&nbsp;<\/span>.\u202f\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre facette par laquelle le film appara\u00eet nettement comme une forme de persiflage r\u00e9side dans le fait qu\u2019il \u00ab\u202fraill[e] quelqu\u2019un en lui adressant d\u2019un air ing\u00e9nu des paroles qu\u2019il n\u2019entend pas, ou qu\u2019il prend dans un autre <span style=\"white-space: nowrap;\">sens<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-13\" href=\"#footnote-13\"><sup>13<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-13\"><a href=\"#fn-ref-13\"> 13 <\/a> - Ibid., p. 7.&nbsp;<\/span>.\u202f\u00bb Apr\u00e8s avoir donn\u00e9 \u00e0 entendre pour la premi\u00e8re fois qu\u2019il interpr\u00e9tait un personnage, un d\u00e9nomm\u00e9 Rajotte qui en est \u00e0 sa troisi\u00e8me tentative d\u2019attaque contre un homme \u00e2g\u00e9 alit\u00e9, Morin ajoute une petite sc\u00e8ne o\u00f9 on le voit discuter r\u00e9ellement avec son p\u00e8re. Cette deuxi\u00e8me r\u00e9v\u00e9lation du caract\u00e8re fictif du film a pu \u00eatre comprise comme une tentative pour rassurer le spectateur. Pourtant, il n\u2019en est rien. Par cette ultime pirouette, le cin\u00e9aste rappelle au public qu\u2019il a adopt\u00e9 le mauvais horizon d\u2019attente et qu\u2019il s\u2019est m\u00e9pris quant \u00e0 la teneur de ses propos. Dans les faits, il est mystifi\u00e9, puisque, comme le rappelle Pierre Chartier, le persiflage \u00ab\u202fpropos\u00e9 sans pr\u00e9avis aux personnes pr\u00e9sentes fortuitement assembl\u00e9e [&#8230;] se fait, proprement <em>mystification<\/em>, tromperie av\u00e9r\u00e9e, organis\u00e9e, et, sous \u00adcouleur d\u2019ex\u00e9cution publique d\u2019une dupe, perversion de tout <span style=\"white-space: nowrap;\">ordre<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-14\" href=\"#footnote-14\"><sup>14<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-14\"><a href=\"#fn-ref-14\"> 14 <\/a> - Pierre Chartier, <em>Th\u00e9orie du persiflage<\/em>, Paris, PUF \/ Centre Marcel Granet. Institut de la pens\u00e9e contemporaine, coll. \u00ab\u202fLibelles\u202f\u00bb, 2005, p. 83.&nbsp;<\/span>.\u202f\u00bb Car c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit\u202f: une charge \u00e0 fond de train, extr\u00eamement critique et acerbe, de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise contemporaine. Mais cette moquerie, qui se retourne ultimement contre le public mystifi\u00e9 pour l\u2019\u00e9gratigner au passage, oblige le spectateur \u00e0 se questionner sur son propre statut lorsqu\u2019il se laisse trop facilement berner\u202f: est-il le rieur, celui qui s\u2019amuse de la situation, ou est-il le dindon de la farce\u2009? Cette question, on ne peut qu\u2019esp\u00e9rer qu\u2019il la transpose dans son rapport au monde r\u00e9el, dans sa vie de citoyen, et qu\u2019il r\u00e9fl\u00e9chisse au v\u00e9ritable r\u00f4le qu\u2019il tient dans le r\u00e9cit de sa propre vie.&nbsp;<\/p>\n<div style='display: none;'>Pierre Rannou, Robert Morin<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":177631,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[4328],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[969],"artistes":[4338],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-177824","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archive","category-post","numeros-60-canular-en","statuts-archive","auteurs-pierre-rannou-en","artistes-robert-morin-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177824","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=177824"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177824\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/177631"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177824"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177824"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=177824"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=177824"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=177824"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=177824"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=177824"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=177824"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=177824"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=177824"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=177824"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}