<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>woocommerce-shipping-per-product</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>complianz-gdpr</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
{"id":178750,"date":"2006-01-01T19:20:00","date_gmt":"2006-01-02T00:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/ceci-nest-pas-une-plaisanterie-lirreverence-chez-les-qqistes\/"},"modified":"2024-10-07T15:24:44","modified_gmt":"2024-10-07T20:24:44","slug":"ceci-nest-pas-une-plaisanterie-lirreverence-chez-les-qqistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/ceci-nest-pas-une-plaisanterie-lirreverence-chez-les-qqistes\/","title":{"rendered":"<strong>Ceci n\u2019est pas une plaisanterie : l\u2019irr\u00e9v\u00e9rence chez les QQistes<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tout art est immoral<\/p>\n<cite>Oscar Wilde<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La notori\u00e9t\u00e9, c\u2019est comme les cacahu\u00e8tes : quand on commence, on ne peut plus s\u2019arr\u00eater.<\/p>\n<cite>Andy Warhol<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>Se qualifiant eux-m\u00eames de Laurel et Hardy de l\u2019art, les QQistes seraient-ils des bouffons venus divertir la cour ? Leur r\u00e9cente pr\u00e9sence dans le milieu des arts visuels qu\u00e9b\u00e9cois pourrait appara\u00eetre comme une farce, un pied de nez au syst\u00e8me qui fabrique de l\u2019art et des artistes. Cependant, au-del\u00e0 de cette apparente <span style=\"white-space: nowrap;\">plaisanterie<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Que souligne assez clairement leur choix de d\u00e9nomination \u00ab cucul \u00bb se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 \u00ab une niaiserie na\u00efve ou qui est d\u00e9mod\u00e9e \u00bb selon le Petit Larousse illustr\u00e9, Paris, Larousse, 1996, p. 297.<\/span> se cache une r\u00e9flexion sur le monde de l\u2019art et ses codes, ses acteurs et consorts. La d\u00e9marche de Jocelyn Guitard et Marc-Antoine K. Phaneuf, tous deux historiens de l\u2019art en devenir, serait \u00e0 envisager comme une prise de position et une r\u00e9flexion sur le milieu, une sorte de manifestation vivante de la postmodernit\u00e9, entendue comme lieu de r\u00e9appropriation et de recyclage d\u2019id\u00e9es et d\u2019images. Comme le r\u00e9sume Yves Boisvert pour d\u00e9finir le postmodernisme, \u00ab [p]eu importe dans quel champ se d\u00e9veloppe cette esth\u00e9tique, elle est toujours marqu\u00e9e par une attitude narcissique, c\u2019est-\u00e0-dire une volont\u00e9 constante de questionner sa discipline et le statut du sujet <span style=\"white-space: nowrap;\">[\u2026]<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Yves Boisvert, Le postmodernisme, Montr\u00e9al, Les \u00c9ditions du Bor\u00e9al, 1995, p. 53.<\/span>. \u00bb Dans une entreprise oscillant entre une volont\u00e9 \u00e9ducative et subversive, le duo revisite le pass\u00e9 et jongle avec diff\u00e9rents concepts afin de rendre compte du ridicule de certaines situations. Dans leur cas, tout est question d\u2019attitude. Le duo affirme d\u2019ailleurs, non sans ironie, que la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9mane d\u2019eux. Ici, il faut d\u00e9finir l\u2019irr\u00e9v\u00e9rence comme une strat\u00e9gie critique qui s\u2019adresse tout particuli\u00e8rement aux acteurs qui gravitent dans ce \u00ab beau <span style=\"white-space: nowrap;\">milieu<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Ce terme est emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019acteur Raymond Cloutier qui a r\u00e9dig\u00e9, il y a quelques ann\u00e9es, un essai pol\u00e9mique sur le milieu du th\u00e9\u00e2tre et ses failles. Le beau milieu, Outremont, Lanct\u00f4t, 1999, 142 p.<\/span> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de mieux situer l\u2019irr\u00e9v\u00e9rence chez les QQistes, deux propositions retiennent mon attention. La premi\u00e8re, leur Balade au c\u0153ur de la V\u00e9rit\u00e9 de l\u2019art, pr\u00e9sent\u00e9e lors de la troisi\u00e8me \u00e9dition de la Manifestation internationale d\u2019art de Qu\u00e9bec au printemps 2005, s\u2019inscrit dans une volont\u00e9 d\u2019\u00e9duquer le public sur l\u2019art. Plac\u00e9es un peu partout dans la ville et dans l\u2019exposition principale, des plaquettes dor\u00e9es proposent des citations de th\u00e9oriciens, d\u2019artistes et de diff\u00e9rents intervenants du milieu. Cependant, pour l\u2019\u0153il averti, ces citations ont quelque chose d\u2019inhabituel voire de trafiqu\u00e9. Il faut donc pr\u00eater attention pour \u00eatre en mesure de saisir la supercherie. Par exemple, les QQistes citent une c\u00e9l\u00e8bre phrase de Maurice Denis r\u00e9p\u00e9t\u00e9e dans les cours d\u2019histoire de l\u2019art : \u00ab Se rappeler qu\u2019un tableau, avant d\u2019\u00eatre un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assembl\u00e9es. \u00bb La version propos\u00e9e par les QQistes est la suivante : \u00ab Avant d\u2019\u00eatre un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, une sculpture est essentiellement un amas de fientes de pigeons en un certain ordre assembl\u00e9es. \u00bb Ce d\u00e9tournement op\u00e9r\u00e9 par le duo met en perspective l\u2019usage intempestif de citations faisant office de dogmes. Ce proc\u00e9d\u00e9 se rapporte \u00e0 un fragment que l\u2019on pr\u00e9l\u00e8ve d\u2019une \u0153uvre pour lui attribuer une signification nouvelle, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019extrait choisi n\u2019appartient plus \u00e0 son contexte de cr\u00e9ation. Or, nous pouvons faire dire ce que nous voulons \u00e0 un auteur. Et les QQistes s\u2019amusent abondamment avec ce principe. Ils ne se contentent pas d\u2019utiliser une phrase telle quelle pour la pr\u00e9senter joliment sur les murs mais la d\u00e9tournent en la remaniant. Confondre le public, c\u2019est donc lui faire croire que tout ce qui est \u00e9crit est une v\u00e9rit\u00e9 en art. Le lieu d\u2019inscription des plaquettes n\u2019est pas anodin. Les QQistes ont judicieusement choisi des endroits charg\u00e9s de sens, que ce soit au pied d\u2019une statue, pr\u00e8s de la rue du Tr\u00e9sor ou encore dans le hall du Mus\u00e9e national des beaux-arts de Qu\u00e9bec. Ce vandalisme soft ne laisse pas indiff\u00e9rent puisque certaines plaquettes se sont vues arrach\u00e9es, vandalis\u00e9es ou encore int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u0153uvre comme ce fut le cas de l\u2019installation picturale in situ de Ziad Naccache. Avec l\u2019accord de l\u2019artiste, les QQistes ont plac\u00e9 une plaquette dans l\u2019installation picturale de ce dernier. \u00c0 son tour, Naccache a r\u00e9pondu en peignant une fleur par-dessus celle-ci, s\u2019appropriant cet \u00e9l\u00e9ment \u00ab parasite \u00bb afin de l\u2019int\u00e9grer \u00e0 sa propre murale. Ces diff\u00e9rents actes anonymes ou connus deviennent des r\u00e9ponses instantan\u00e9es au travail de d\u00e9tournement des QQistes qui permettent un dialogue entre le public et le duo. Dans cette balade, il y a manifestement un refus d\u2019ob\u00e9ir au dogmatisme impos\u00e9 par la discipline. En jouant avec cette mati\u00e8re qu\u2019est la th\u00e9orie ou les discours d\u2019artistes, les QQistes s\u2019imposent comme ma\u00eetres d\u2019\u0153uvre, comme porteurs d\u2019un nouveau message. Il y a d\u00e9nonciation du syst\u00e8me mais aussi volont\u00e9 de s\u2019y inscrire en le critiquant et, pourquoi pas, de faire \u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Luxe du vernissage, happening pr\u00e9sent\u00e9 au Centre d\u2019art Amherst cet automne \u00e0 Montr\u00e9al, nous entrons dans une autre sph\u00e8re, celle du burlesque. Prenant \u00e0 partie le concept m\u00eame du vernissage, le duo pousse les limites en orchestrant une magnifique mise en sc\u00e8ne. En fait, nous sommes convi\u00e9s \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement dont nous sommes les h\u00e9ros. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la salle est bloqu\u00e9 par une planche de bois strat\u00e9giquement plac\u00e9e \u00e0 hauteur du regard et qui porte la mention suivante : en entrant dans cette salle, vous acceptez d\u2019\u00eatre photographi\u00e9 ou enregistr\u00e9. Le visiteur signe un contrat tacite le liant avec les QQistes. Il peut accepter de prendre part \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement et devenir figurant ou rester \u00e0 l\u2019\u00e9cart et n\u2019\u00eatre qu\u2019un t\u00e9moin, voyeur de la sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayant pass\u00e9 la barri\u00e8re, nous p\u00e9n\u00e9trons dans un local o\u00f9 il n\u2019y a pas d\u2019\u0153uvres, mais une foule h\u00e9t\u00e9roclite rappelant la galerie de personnages du film Freaks (1932) de Tod Browning. Dans cette pi\u00e8ce exigu\u00eb, un malaise est palpable puisque \u00e0 la foule habituelle qui court les vernissages se greffent des nains, une jeune femme br\u00fbl\u00e9e, un homme d\u00e9guis\u00e9 en lapin et arborant des implants mammaires, une mascotte de centre d\u2019achat, etc. L\u2019\u00e9tranget\u00e9 de la situation suscite des r\u00e9actions allant d\u2019un refus de jouer le jeu, une certaine perplexit\u00e9 quant \u00e0 la valeur de cet \u00e9v\u00e9nement ou une r\u00e9elle envie de faire partie de ce d\u00e9lire. L\u2019aspect kitsch de l\u2019ensemble (le buffet contenant des ic\u00f4nes de la malbouffe en version sucr\u00e9e et sal\u00e9e gracieusement offerts par les commissaires Julie Aubin et Catherine Nadon, la table de vente de la revue Chasse et p\u00eache, le peintre \u00e0 l\u2019a\u00e9rographe portraiturant les QQistes, etc.) permet de questionner la notion m\u00eame de go\u00fbt. Tout ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 d\u00e9sob\u00e9it \u00e0 la culture impos\u00e9e par les institutions. Cette incursion dans le populaire pose la question suivante : que l\u00e9gitime-t-on comme art aujourd\u2019hui ? Dans cette optique, il faut comprendre que la th\u00e8se des QQistes s\u2019appuie sur de multiples dichotomies : art versus kitsch, artistes versus historiens de l\u2019art, \u0153uvre versus non-\u0153uvre, beau versus laid, etc. Ces p\u00f4les contraires provoquent des questionnements sur ce que l\u2019art doit \u00eatre et la fa\u00e7on dont nous cautionnons les pratiques. Ce qui en ressort, c\u2019est l\u2019id\u00e9e que tout peut \u00eatre de l\u2019art \u2013 il suffit que l\u2019artiste, le critique ou l\u2019historien de l\u2019art le d\u00e9cide. Par ailleurs, il y a un brouillage entre le travail du duo et celui des commissaires invit\u00e9es. Dans ce cas-ci, il faut se demander quel est le r\u00f4le du commissaire dans ce genre d\u2019entreprise. En fait, il faut comprendre que la mention des commissaires sur le carton d\u2019invitation agit davantage comme une forme de l\u00e9gitimation du travail des QQistes. Les commissaires font surtout acte de pr\u00e9sence dans la logistique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement (la cr\u00e9ation du buffet en est l\u2019exemple le plus frappant) de mani\u00e8re \u00e0 donner un coup de main aux QQistes dans la mise en \u0153uvre de leur happening. Le duo aurait donc pu agir lui-m\u00eame en tant que commissaires ou assumer pleinement son r\u00f4le de metteur en sc\u00e8ne de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Le vide de la repr\u00e9sentation est \u00e9galement exploit\u00e9, comme Yves Klein et d\u2019autres artistes jadis l\u2019ont questionn\u00e9. Il n\u2019y a plus besoin d\u2019objets d\u2019art pour faire \u0153uvre, l\u2019\u00e9v\u00e9nement devient art. L\u2019accent est mis sur le vernissage comme moment privil\u00e9gi\u00e9 et devient une carte de visite pour se faire conna\u00eetre aupr\u00e8s du public. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui ressort dans Soixante-quatorze luxes (le luxe du vernissage \u2013 l\u2019apr\u00e8s) qui a suivi l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Dans le m\u00eame espace, tout est redevenu calme. La seule trace du happening nous parvient de 74 photographies domestiques low tech et de la bande son o\u00f9 restent encore impr\u00e9gn\u00e9s des airs de polka. Cette pi\u00e8ce ne fait pas n\u00e9cessairement \u0153uvre, mais sert plut\u00f4t \u00e0 archiver l\u2019instant afin de rendre compte de ce qui a exist\u00e9 un certain samedi d\u2019octobre. Et c\u2019est l\u00e0 que nous voyons les ficelles de l\u2019entreprise des QQistes, soit de confronter le public en lui montrant le cirque dans lequel nous sommes, nous \u00e9voluons. La preuve \u00e9tant que le duo avait engag\u00e9 et pay\u00e9 des gens pour assister \u00e0 leur vernissage. C\u2019est donc dire que tout se transige, m\u00eame la pr\u00e9sence d\u2019un public.<\/p>\n\n\n\n<p>Les QQistes sont peut-\u00eatre des citoyens provocateurs qui viennent titiller nos conceptions de ce que doit \u00eatre un artiste et son r\u00f4le au sein de la soci\u00e9t\u00e9, mais \u00e9galement du syst\u00e8me qui soutien cette \u00ab mascarade \u00bb. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 tout semble avoir \u00e9t\u00e9 fait, les propositions du duo apparaissent comme un moyen de fabriquer du mythe, comme Warhol a su le faire avec sa Factory. En participant \u00e0 leur projet, nous sommes convi\u00e9s \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement qui aura peut-\u00eatre une place dans l\u2019histoire de l\u2019art. En fait, reprenons. Pourquoi ne pas dire imm\u00e9diatement que c\u2019est UN \u00e9v\u00e9nement important puisque notre soci\u00e9t\u00e9 privil\u00e9gie les idoles instantan\u00e9es fabriqu\u00e9es \u00e0 l\u2019usine du show business. Le milieu des arts visuels n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne de soci\u00e9t\u00e9 et c\u2019est ce que soulignent en partie les QQistes. Pour faire partie du groupe, il faut se faire voir, assister aux vernissages, imposer sa marque, se pr\u00e9senter, discuter. L\u2019artiste devient son unique repr\u00e9sentant et s\u2019il veut percer, il doit savoir se vendre, peu importe la qualit\u00e9 esth\u00e9tique de son travail. Ce que proposent les QQistes doit \u00eatre vu comme une critique d\u2019un syst\u00e8me qui ne se renouvelle pas, qui se compla\u00eet dans le mim\u00e9tisme. Ils mettent ces codes en sc\u00e8ne pour en souligner l\u2019absurde, l\u2019effet pervers.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que l\u2019on puisse discuter des qualit\u00e9s plastiques des propositions pr\u00e9sent\u00e9es par les QQistes \u2013 m\u00eame s\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019\u0153uvres mais d\u2019actions et de gestes \u2013, il ne faut pas perdre de vue que leur irr\u00e9v\u00e9rence se manifeste dans le questionnement qu\u2019ils posent sur le syst\u00e8me de l\u2019art. Sans rien r\u00e9volutionner, leur pratique s\u2019inscrit en filiation avec d\u2019autres pens\u00e9es d\u2019artistes tels que les dadaistes, fluxus ou les nouveaux r\u00e9alistes qui, pour se dire et exister, ont pris le parti de remettre en cause certains postulats \u00e0 la mode. Ironiquement, leur r\u00e9flexion est consciemment ancr\u00e9e dans une volont\u00e9 de s\u2019inscrire dans le syst\u00e8me qu\u2019ils d\u00e9noncent et critiquent et, pourquoi pas, de s\u2019imposer dans les ismes historiques. Cette irr\u00e9v\u00e9rence va-t-elle au-del\u00e0 du milieu qui est remis en cause ? Jouant avec des codes tr\u00e8s pr\u00e9cis en art, les QQistes visent ceux qui sont en mesure de d\u00e9coder ce vers quoi ou qui ils d\u00e9cochent leur tir. Le duo nous renvoie une image d\u00e9pass\u00e9e de certaines pratiques, que ce soit par l\u2019usage abusif de la citation pour tout expliquer ou encore du vernissage comme lieu de rassemblement mondain qui occulte bien souvent les \u0153uvres qui sont expos\u00e9es. Certains pourraient qualifier les QQistes d\u2019arrivistes, terme lourd de sens, mais qui se r\u00e9f\u00e8re tout de m\u00eame au contexte actuel empreint d\u2019individualisme, de recherche de succ\u00e8s dans un monde o\u00f9 l\u2019argent et le capital pr\u00e9dominent. N\u00e9anmoins, Jocelyn Guitard et Marc-Antoine K. Phaneuf assument ce r\u00f4le en prenant des allures de dandys contemporains, un brin impertinents et au-dessus de tout. Reste \u00e0 savoir si leur refus de se conformer ne s\u2019essoufflera pas \u00e0 trop vouloir faire partie du syst\u00e8me de l\u2019art.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[4486],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[],"artistes":[],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-178750","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive","category-post","numeros-56-irreverence-en","statuts-archive"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178750","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=178750"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178750\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":256232,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178750\/revisions\/256232"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=178750"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=178750"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=178750"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=178750"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=178750"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=178750"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=178750"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=178750"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=178750"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=178750"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=178750"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}