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{"id":178968,"date":"2005-05-01T19:25:00","date_gmt":"2005-05-02T00:25:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/la-marche-petite-revolution-dans-la-danse\/"},"modified":"2022-11-04T13:16:49","modified_gmt":"2022-11-04T18:16:49","slug":"la-marche-petite-revolution-dans-la-danse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/la-marche-petite-revolution-dans-la-danse\/","title":{"rendered":"<strong>La marche : petite r\u00e9volution dans la danse<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une invite \u00e0 la m\u00e9ditation, l\u2019autre appelle l\u2019exaltation. La premi\u00e8re ponctue le quotidien de l\u2019existence, la seconde bascule dans l\u2019ordre de l\u2019art. Longtemps irr\u00e9conciliables, la marche et la danse font d\u00e9sormais corps pour r\u00e9volutionner les crit\u00e8res esth\u00e9tiques d\u2019un art en pleine effervescence.<\/p>\n\n\n\n<p>Quasi exclue du langage chor\u00e9graphique jusqu\u2019au si\u00e8cle dernier, la marche fait son apparition en danse dans les ann\u00e9es 1960, p\u00e9riode de rejet radical du langage classique, mais aussi et surtout des codes qui r\u00e9gissent la repr\u00e9sentation de la danse. La forme esth\u00e9tique de la danse vit alors une grande mutation si bien qu\u2019aujourd\u2019hui encore, la marche symbolise les qu\u00eates des chor\u00e9graphes, car elle incarne une danse naturelle, un geste du quotidien que tous peuvent s\u2019approprier. Elle rejoint ainsi le d\u00e9sir de d\u00e9sacraliser le processus de cr\u00e9ation qui habite la plupart des chor\u00e9graphes actuels. Avec la marche, na\u00eet l\u2019espoir de voir s\u2019effriter un peu le quatri\u00e8me mur.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la modern dance am\u00e9ricaine et le tanz theater (danse-th\u00e9\u00e2tre) allemand rompent avec les diktats de la danse classique dans les ann\u00e9es 1930, c\u2019est pour faire \u00e9clore ses possibilit\u00e9s d\u2019expression spirituelle (Mary Wigman), \u00e9motive (Isadora Duncan) ou socio-politique (Kurt Jooss). La danse s\u2019affirme alors profond\u00e9ment humaine, mais elle recr\u00e9e d\u2019autres codes et ne questionne pas encore sa \u00abmise en sc\u00e8ne\u00bb, qu\u2019elle exacerbe plut\u00f4t. Au tournant des ann\u00e9es 1950, Merce Cunningham amorce une r\u00e9volution plus grande. \u00abL\u2019ordonnance du spectacle est modifi\u00e9e. Plus de c\u00e9r\u00e9monial : rien n\u2019emp\u00eache les danseurs d\u2019entrer en sc\u00e8ne (ou d\u2019en sortir) en marchant, par <span style=\"white-space: nowrap;\">exemple<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Jean-Pierre Pastori, La danse. Des ballets russes \u00e0 l\u2019avant-garde, Gallimard, Paris, p. 58.<\/span>.\u00bb En d\u00e9construisant la repr\u00e9sentation, Cunningham veut r\u00e9v\u00e9ler la danse \u00e0 elle-m\u00eame, en tant qu\u2019art autonome.<\/p>\n\n\n\n<p>Steve Paxton radicalise cette mutation dans les ann\u00e9es 1960. Il remet en question les conventions du spectacle, non plus pour magnifier la danse comme art sc\u00e9nique, mais au contraire pour la rapprocher de la vie de tous les jours. Inventeur du Contact Improvisation, qui emprunte aux arts martiaux, aux danses de soci\u00e9t\u00e9, aux sports et aux jeux d\u2019enfants, il cr\u00e9e ses pi\u00e8ces \u00e0 partir de mouvements ordinaires, tir\u00e9s du quotidien. Bas\u00e9e sur le contact physique quasi constant entre deux personnes, cette forme d\u2019improvisation s\u2019enracine dans une approche d\u00e9mocratique de la danse, o\u00f9 chaque interpr\u00e8te \u2013 qui peut \u00eatre amateur \u2013 participe \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de la pi\u00e8ce en puisant dans son exp\u00e9rience de vie propre.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9marche de Paxton s\u2019inscrit dans un mouvement plus large qui prend forme \u00e0 l\u2019\u00e9poque, celui du Judson Dance Theater. La formation r\u00e9unit un grand nombre d\u2019artistes \u00e0 New York, dont Yvonne Rainer, Trisha Brown, David Gordon et Paxton lui-m\u00eame. Active de 1962 \u00e0 1967, la cellule iconoclaste a marqu\u00e9 les d\u00e9cades qui ont suivi. Si leurs buts artistiques diff\u00e8rent \u2013 des artistes issus de la musique, des arts visuels, du cin\u00e9ma composent aussi le collectif \u2013, les m\u00eames id\u00e9es les guident, soit : \u00e9purer la danse de tout superflu stylistique et rejeter toute ma\u00eetrise technique, en int\u00e9grant notamment des gens ordinaires dans leurs pi\u00e8ces, afin de r\u00e9duire la distance entre danse et non-danse. Ils revendiquent \u00abla libert\u00e9 de substituer aux mouvements stylis\u00e9s ce que d\u2019aucuns appelleront les ready-made de l\u2019activit\u00e9 humaine \u2013 marcher, courir, s\u2019asseoir, se v\u00eatir, se <span style=\"white-space: nowrap;\">d\u00e9v\u00eatir<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Ibid., p.107.<\/span>\u2026 \u00bb. Au m\u00eame titre que d\u2019autres gestes du quotidien, la marche \u00e9radique le faux-semblant et le spectaculaire de la danse. L\u2019improvisation, d\u00e9clencheur de ces ready-made, devient le moteur de la cr\u00e9ation. C\u2019est aussi l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019on danse dans des lieux inusit\u00e9s : sur les toits, dans les rues, les parcs, sur les places publiques, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Si tous recourent \u00e0 la marche dans leur travail, Paxton s\u2019y attarde de mani\u00e8re particuli\u00e8re, selon l\u2019historienne de la danse Sally Banes, auteure de nombreux ouvrages sur la danse postmoderne, \u00abSteve Paxton se rend compte r\u00e9trospectivement de l\u2019importance capitale qu\u2019a pour lui \u00e0 l\u2019\u00e9poque la marche. Elle contient toute une gamme de mouvements \u00e9trangers \u00e0 la danse, ainsi qu\u2019une absence de hi\u00e9rarchie et une attitude sc\u00e9nique \u00e0 la fois d\u00e9contract\u00e9e et pleine d\u2019autorit\u00e9. Elle devient le leitmotiv de l\u2019approche d\u00e9mocratique de Steve <span style=\"white-space: nowrap;\">Paxton<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Sally Banes, Terpsichore en baskets, \u00c9ditions Chiron, Paris, p. 107-108.<\/span>.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En 1963, sa pi\u00e8ce English est construite \u00e0 partir du rythme propre de la marche, \u00e0 laquelle se greffent des compositions de groupe et l\u2019imitation d\u2019activit\u00e9s quotidiennes. Mais c\u2019est Satisfyin Lover qui consacre v\u00e9ritablement l\u2019int\u00e9gration de la marche dans la danse en 1967. Un vaste groupe de participants de tous \u00e2ges traverse l\u2019espace sc\u00e9nique en marchant de cour \u00e0 jardin, selon une partition chor\u00e9graphique stricte. Certains s\u2019arr\u00eatent parfois en chemin, d\u2019autres s\u2019assoient ou se tiennent immobiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelque 40 ans plus tard, cette qu\u00eate de d\u00e9mocratisation de la danse fa\u00e7onne encore, voire plus que jamais, la d\u00e9marche artistique de nombreux chor\u00e9graphes. En 2001, le Festival international de nouvelle danse de Montr\u00e9al (FIND) consacrait sa dixi\u00e8me \u00e9dition \u00e0 l\u2019esprit de laboratoire pr\u00e9valant chez plusieurs artistes d\u2019ici et d\u2019ailleurs. Peu importe leur all\u00e9geance stylistique, ceux-ci partageaient presque tous les m\u00eames intentions : d\u00e9monter les codes de la repr\u00e9sentation, d\u00e9mystifier le processus de cr\u00e9ation en en faisant le but et non plus seulement le moyen d\u2019aboutir \u00e0 une \u0153uvre finie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le FIND faisait carr\u00e9ment un clin d\u2019\u0153il aux filiations existant entre les artistes actuels et ceux du Judson Dance Theater. D\u2019une part, il pr\u00e9sentait le White Oak Dance Project, la compagnie de Mikhail Baryshnikov qui rendait hommage, avec PASTForward, \u00e0 cette \u00e9poque riche en explorations. D\u2019autre part, le festival s\u2019ouvrait avec The show must go on du Fran\u00e7ais J\u00e9r\u00f4me Bel, une exp\u00e9rience limite du (non-)spectacle dans lequel des com\u00e9diens, des danseurs et des gens ordinaires marchent simplement d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la sc\u00e8ne ou, align\u00e9s \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne et branch\u00e9s chacun sur un baladeur, ex\u00e9cutent leur petite danse personnelle \u00e0 tour de r\u00f4le. Une autre sc\u00e8ne de cette pi\u00e8ce \u00e0 la fois extr\u00eame et risible cherche \u00e0 renverser l\u2019ordre de la repr\u00e9sentation en braquant les projecteurs sur la foule, les danseurs devenant spectateurs et les spectateurs, danseurs.<\/p>\n\n\n\n<p>La marche devient en quelque sorte la quintessence du geste ordinaire. Elle permet de rapprocher la danse du spectateur, de montrer l\u2019\u00eatre humain derri\u00e8re le danseur \u2013 ou plut\u00f4t devant lui \u2013, d\u2019abattre, en quelque sorte, le quatri\u00e8me mur. Cette pratique cristallise la profonde et simple humanit\u00e9 qu\u2019\u00e9voque d\u2019abord le geste dans\u00e9, longtemps confin\u00e9 au pur divertissement, puis \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de son langage \u00e0 la fois palpable et insaisissable.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais de Paxton \u00e0 Bel, une distinction s\u2019impose. Si l\u2019\u00e9poque du Judson Dance Theater rejette \u00able spectacle consommation au b\u00e9n\u00e9fice du spectacle <span style=\"white-space: nowrap;\">communion<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Jean-Pierre Pastori, La danse. Des ballets russes \u00e0 l\u2019avant-garde, p. 108.<\/span>\u00bb, la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration va un cran plus loin. Si elle refuse la consommation passive du spectacle, elle r\u00e9clame, au-del\u00e0 de la communion, la participation active du spectateur dans la lecture de l\u2019\u0153uvre. D\u2019o\u00f9 la tendance actuelle \u00e0 multiplier les points de vue sur la performance, en modifiant la sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019italienne traditionnelle, en for\u00e7ant le d\u00e9placement du public, ou en recourant \u00e0 d\u2019autres m\u00e9diums (vid\u00e9o, musique en direct, etc.) qui d\u00e9cuplent le regard.<\/p>\n\n\n\n<p>Chose certaine, en int\u00e9grant la marche, l\u2019art chor\u00e9graphique rapatrie aussi les qualit\u00e9s intrins\u00e8ques de cette activit\u00e9 profond\u00e9ment humaine. \u00abLa marche, \u00e0 travers les rencontres suscit\u00e9es au long de la route, est une invitation \u00e0 la philosophie premi\u00e8re. Inlassablement le voyageur est invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une s\u00e9rie de questions fondamentales, celles qui hantent la condition humaine : d\u2019o\u00f9 vient-il ? O\u00f9 va-t-il ? Qui est-il ?\u00bb, \u00e9crit le sociologue David Le Breton dans \u00c9loge de la <span style=\"white-space: nowrap;\">marche<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - David Le Breton, \u00c9loge de la marche, \u00c9ditions M\u00e9taill\u00e9, Paris, 2000, p. 69.<\/span>. Cet esprit m\u00e9ditatif, propice \u00e0 la r\u00e9flexion, dans lequel plonge la marche, se transpose ainsi dans l\u2019ordre de la danse. On peut alors se demander au sujet de celle-ci, \u00e0 l\u2019instar du voyageur de David Le Breton : d\u2019o\u00f9 vient-elle, et surtout, o\u00f9 va-t-elle, qui est-elle ?<\/p>\n\n\n\n<p>On ne s\u2019\u00e9tonne donc pas de voir que les motifs de marche qui ponctuent certaines \u0153uvres r\u00e9centes des chor\u00e9graphes contemporains, entre des segments plus dans\u00e9s ou dans les entr\u00e9es et les sorties de sc\u00e8ne, appellent une qualit\u00e9 plus analytique de la danse. Les danseurs marchent presque toujours dans Encyclopoedia de Lynda Gaudreau. Or cette \u0153uvre s\u2019applique, \u00e0 travers divers Documents, \u00e0 d\u00e9cortiquer la gestuelle propre aux diff\u00e9rentes parties du corps ou \u00e0 sa m\u00e9canique intrins\u00e8que. Document 1 explorait les mouvements du haut du corps, des bras et des mains; Document 2, celui des jambes; Documents 3 tentait de saisir le mouvement de la pens\u00e9e, entre une id\u00e9e et sa formulation \u2013 verbale ou gestuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La chor\u00e9graphe Pamela Newell cr\u00e9ait, en octobre 2004, un solo largement inspir\u00e9 de la marche, acte qui selon elle constituait l\u2019\u00e9l\u00e9ment premier de la danse. Ultreya ! (l\u2019expression, qui signifie \u00aballer au-del\u00e0\u00bb, servait \u00e0 encourager dans leur marche les p\u00e8lerins sur la route de Compostelle) est n\u00e9 du d\u00e9sir d\u2019aller \u00e0 la racine de l\u2019acte cr\u00e9ateur. Or, en cours de route, la chor\u00e9graphe a d\u00e9couvert \u00abplusieurs couches sous l\u2019acte de marcher. C\u2019est comme la limite entre l\u2019expression artistique ext\u00e9rieure de la danse et l\u2019exploration int\u00e9rieure de sensations. \u00c0 partir de quand un geste devient significatif pour le <span style=\"white-space: nowrap;\">public<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - Fr\u00e9d\u00e9rique Doyon, \u00abDu pas de marche au pas de danse\u00bb, Le Devoir, 16 octobre 2004.<\/span> ?\u00bb, se demande-t-elle. Ainsi, m\u00eame si elle en donne parfois l\u2019impression, la marche ne doit pas \u00eatre per\u00e7ue comme un \u00e9l\u00e9ment simple, genre de d\u00e9nominateur commun des mouvements dans\u00e9s. Bien qu\u2019irruption de la vie ordinaire dans la danse, la marche s\u00e9cr\u00e8te sa propre complexit\u00e9 d\u00e8s qu\u2019elle int\u00e8gre l\u2019art chor\u00e9graphique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les artistes fran\u00e7ais Julien Bruneau, plasticien et danseur, et Christine Quoiraud, danseuse et chor\u00e9graphe, ont rencontr\u00e9 la m\u00eame r\u00e9sistance en mettant \u00e0 l\u2019\u00e9preuve la relation entre la danse et la marche. Ils ont travers\u00e9 la France \u00e0 pied : l\u2019un est parti de Bruxelles, l\u2019autre de La Rochelle, puis, avant de poursuivre jusqu\u2019\u00e0 Arles, ils ont converg\u00e9 au centre, sud-est du pays, \u00e0 Saint-Julien Molin Molette, o\u00f9, avec les deux plasticiens Gis\u00e8le Jacquemet et Christophe Gonnet et la critique de danse contemporaine Alexandra Baudelot, ils ont questionn\u00e9 le geste de la marche sous tous les angles (l\u2019\u00e9crit, la photo, le dessin, la danse).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019embl\u00e9e s\u2019est impos\u00e9e \u00abl\u2019irr\u00e9ductibilit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue\u00bb dans la <span style=\"white-space: nowrap;\">marche<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - Christine Quoiraud et Julien Bruneau, \u00abDuo diptyque marche et danse\u00bb, Vie des arts, no 197, hiver 2004-2005, p. 62-67.<\/span>. C\u2019est l\u2019exp\u00e9rience premi\u00e8re, inaccessible au spectacle, \u00e0 la performance; elle ne peut \u00eatre communiqu\u00e9e que par l\u2019entremise des diff\u00e9rents modes de repr\u00e9sentation que sont l\u2019\u00e9criture, la photographie, le dessin ou la danse.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelque chose r\u00e9siste donc \u00e0 l\u2019irruption totale du quotidien, du naturel dans la danse, \u00e0 l\u2019annihilation pure et simple du quatri\u00e8me mur, bien que l\u2019int\u00e9gration de la marche ait rapproch\u00e9 la danse de cette qu\u00eate. Si la nature r\u00e9flexive de la marche a nourri une remise en question profonde de l\u2019art chor\u00e9graphique, c\u2019est pour en faire jaillir un autre jeu de v\u00e9rit\u00e9-illusion sc\u00e9nique, \u00e0 laquelle participe maintenant activement le spectateur. En tentant de combler un peu le foss\u00e9 qui s\u00e9pare danseurs et spectateurs, la marche a ouvert une autre br\u00e8che : entre le mouvement propre et impropre \u00e0 la repr\u00e9sentation, entre le geste intime et \u00abextime\u00bb. Car c\u2019est dans cette br\u00e8che que r\u00e9side tout art, m\u00eame celui qui a tent\u00e9 par tous les moyens d\u2019abolir la distance qui le s\u00e9parait de la vie.<\/p>\n<div style='display: none;'>Fr\u00e9d\u00e9rique Doyon<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[4536],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[4544],"artistes":[],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-178968","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive","category-post","numeros-54-derives-en","statuts-archive","auteurs-frederique-doyon-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178968","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=178968"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178968\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=178968"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=178968"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=178968"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=178968"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=178968"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=178968"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=178968"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=178968"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=178968"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=178968"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=178968"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}