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{"id":179674,"date":"2003-05-01T19:45:00","date_gmt":"2003-05-02T00:45:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/les-drames-qui-convenaient-a-des-sujets-ne-sont-plus-bons-pour-des-citoyens\/"},"modified":"2022-11-14T14:40:17","modified_gmt":"2022-11-14T19:40:17","slug":"les-drames-qui-convenaient-a-des-sujets-ne-sont-plus-bons-pour-des-citoyens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/les-drames-qui-convenaient-a-des-sujets-ne-sont-plus-bons-pour-des-citoyens\/","title":{"rendered":"<strong>\u00ab Les drames qui convenaient \u00e0 des sujets ne sont plus bons pour des citoyens \u00bb<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>Reprise comme titre pour les besoins de cet article, cette affirmation du journaliste Amaury Duval, alias Polyscope, est centrale \u00e0 son projet r\u00e9volutionnaire de \u00ab th\u00e9\u00e2tre pour le peuple \u00bb. Ce projet est mis de l&#8217;avant en 1796 dans la mouvance du grand \u00e9lan pour \u00ab r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer les Fran\u00e7ais \u00bb et fortifier \u00ab l&#8217;esprit public \u00bb, caract\u00e9ristique du Directoire. Le gouvernement au sein duquel pr\u00e9dominent les Id\u00e9ologues, ce groupe d&#8217;intellectuels qui sont aussi des hommes d&#8217;action, co\u00efncidence assez rare dans l&#8217;Histoire pour le souligner, veut apposer le point final aux exc\u00e8s de la Terreur en m\u00eame temps que concr\u00e9tiser, dans les pratiques sociales et les institutions, les id\u00e9aux d\u00e9mocratiques de la R\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai pens\u00e9 tout de suite \u00e0 ce projet du critique th\u00e9\u00e2tral attitr\u00e9 de&nbsp;<em>La D\u00e9cade philosophique<\/em>, politique et litt\u00e9raire, le journal qui para\u00eet tous les dix jours- de l\u00e0 son nom emprunt\u00e9 au calendrier r\u00e9volutionnaire &#8211; de 1794 \u00e0 1807, et qui est le foyer de propagation des id\u00e9es des Id\u00e9ologues, d\u00e8s qu&#8217;on m&#8217;a parl\u00e9 du num\u00e9ro de&nbsp;<em>esse<\/em>&nbsp;consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;une notion \u00e9largie de citoyen englobant la relation avec l&#8217;acte artistique et la participation au processus de&nbsp;l&#8217;\u0153uvre. Une sorte de mim\u00e9sisconceptuelle et politique semble prendre le relais dans les pages de ce num\u00e9ro consacr\u00e9 \u00e0 une r\u00e9\u00e9valuation de l&#8217;activit\u00e9 citoyenne et de la participation d\u00e9mocratique, du d\u00e9bat engendr\u00e9 par les th\u00e8ses de Polyscope, pr\u00e8s de deux cents ans plus t\u00f4t, \u00e0 l&#8217;aube de notre modernit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les arguments de Polyscope sont imm\u00e9diatement critiqu\u00e9s au sein de la m\u00eame D\u00e9cade par nul autre que Jean-Baptiste Say, alias Boniface V\u00e9ridick, lec\u00e9l\u00e8bre futur \u00e9conomiste, lecteur de Smith, et qui deviendra l&#8217;anc\u00eatre du lib\u00e9ralisme tel que nous le connaissons.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de donner ici, au b\u00e9n\u00e9fice des lecteurs, quelques extraits parmi les plus savoureux de l&#8217;\u00e9change Duval-Say, toujours actuel, autour de ce projet de th\u00e9\u00e2tre pour le peuple, quelques mots sur le contexte politique et philosophique du d\u00e9bat ne seront pas de trop pour mieux l&#8217;\u00e9clairer. Ce qui est en jeu est avant tout une d\u00e9finition du citoyen et de son \u00e9ducation \u00e0 la d\u00e9mocratie. Au passage les arguments vont toucher au statut politique des spectacles ainsi qu&#8217;\u00e0 une valeur \u00e9mergente et toute puissante dans le glissement vers la pr\u00e9valence de l&#8217;<em>homo \u0153conomicus<\/em>&nbsp;sur l&#8217;<em>artifex<\/em>&nbsp;ou le&nbsp;<em>politicus<\/em>&nbsp;: le travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment o\u00f9 se succ\u00e8dent les arr\u00eat\u00e9s du gouvernement concernant la police des spectacles et les dispositions prises pour contr\u00f4ler et faire arr\u00eater \u00ab tous ceux qui dans les spectacles appelleraient par leurs discours le retour de la royaut\u00e9, provoqueraient l&#8217;an\u00e9antissement du corps l\u00e9gislatif ou du pouvoir ex\u00e9cutif, exciteraient le peuple \u00e0 la r\u00e9volte, etc. \u00bb (Arr\u00eat\u00e9 du 27 niv\u00f4se an IV [janvier 1796] sur les spectacles), Polyscope affirme positivement ce qui est \u00e0 l&#8217;avantage du peuple dans une r\u00e9publique digne de ce nom : l&#8217;instruction pour tous, sous forme plaisante. Ainsi tout le monde pourra acqu\u00e9rir tout en se divertissant \u00ab les principes de la morale et de la politique \u00bb en allant au th\u00e9\u00e2tre, sans compter que ces lieux ne seront plus r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 quelques privil\u00e9gi\u00e9s de la fortune ou de la naissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Un deuxi\u00e8me argument a trait au contenu des spectacles et \u00e0 ce qui doit former le r\u00e9pertoire d&#8217;un th\u00e9\u00e2tre du peuple. Sous un gouvernement libre, trag\u00e9dies, com\u00e9dies, op\u00e9ras, doivent montrer \u00e0 l&#8217;envie comment le gouvernement r\u00e9publicain est le seul r\u00e9gime au sein duquel le citoyen peut se d\u00e9velopper pleinement et le mieux \u00ab employer sa vie \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me argument avanc\u00e9 par Polyscope rejoint encore plus directement les vis\u00e9es des r\u00e9dacteurs de esse. Il s&#8217;agit de la d\u00e9signation des acteurs. Ils devraient \u00eatre choisis, selon Duval, par un jury populaire, pendant que les meilleures places seraient r\u00e9serv\u00e9es aux vieillards et aux enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce projet de th\u00e9\u00e2tre \u00ab moral et philosophique \u00bb s&#8217;attire imm\u00e9diatement les foudres de Jean-Baptiste Say, r\u00e9dacteur comme Duval, \u00e0 la&nbsp;<em>D\u00e9cade<\/em>&nbsp;et l&#8217;un des \u00ab auteurs-fondateurs \u00bb de ce dynamique journal. Say qui participera plus tard, avec sa fable Olbie, au concours ouvert par l&#8217;Institut sur les meilleurs moyens de transformer les m\u0153urs d&#8217;un peuple &#8211; il plaidera pour rendre la vertu profitable &#8211; est, malgr\u00e9 les apparences, tout aussi pr\u00e9occup\u00e9 du bien public et d&#8217;exciter l&#8217;amour de la patrie et de la d\u00e9mocratie que son ami et coll\u00e8gue Duval. Ce qui les oppose est tout \u00e0 la fois une question d&#8217;ordre p\u00e9dagogique et une conception du citoyen comme de la nature de sa contribution \u00e0 l&#8217;affermissement de l&#8217;esprit public. Si tous deux sont d\u00e9sireux de faire s&#8217;accorder les m\u0153urs et les pratiques avec le r\u00e9gime r\u00e9publicain, si tous deux appellent de leurs v\u0153ux le passage rapide de l&#8217;\u00e9tat de sujet \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de citoyen, les repr\u00e9sentations qui commandent leurs positions respectives s&#8217;alimentent \u00e0 des mod\u00e8les symboliques diff\u00e9rents. Duval participe davantage d&#8217;une conception \u00e0 l&#8217;antique de la libert\u00e9 et des rapports sociaux plus \u00e9galitaires alors que Say, son pseudonyme V\u00e9ridick l&#8217;indique d&#8217;embl\u00e9e, rel\u00e8ve davantage dans son argumentation de la libert\u00e9 des modernes et des le\u00e7ons \u00e0 retirer de la nouvelle discipline-pilote et de la nouvelle r\u00e9f\u00e9rence majeure : l&#8217;\u00e9conomie politique combin\u00e9e \u00e0 la lecture-appropriation d&#8217;Adam Smith. Ce que Say vise avant tout pour ses concitoyens c&#8217;est, comme l&#8217;exprime tr\u00e8s bien la note finale \u00e0 sa r\u00e9plique, d&#8217;atteindre \u00e0 \u00ab une vie confortable \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 une honn\u00eate aisance, seul terrain solide sur lequel b\u00e2tir la prosp\u00e9rit\u00e9 publique, un syst\u00e8me de morale et un bonheur pratique. Mes amis, dit-il \u00ab mettez ce mot [confortable] dans votre dictionnaire, et puissiez-vous poss\u00e9der tout ce qu&#8217;il exprime \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La morale capitaliste et l&#8217;exaltation du travail s&#8217;affrontent ainsi, depuis lors et jusqu&#8217;\u00e0 maintenant, \u00e0 un doux id\u00e9al libertaire et \u00e9galitaire un peu fantasmagorique, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 d&#8217;un r\u00e9publicanisme universel. Say pr\u00f4ne, au nom de la patrie, le perfectionnement de l&#8217;agriculture et de tous les m\u00e9tiers utiles plut\u00f4t que d&#8217;encourager le peuple \u00e0 perdre son temps au spectacle. Il d\u00e9nie vigoureusement que le th\u00e9\u00e2tre soit une \u00e9cole de politique, r\u00e9duisant d&#8217;ailleurs le r\u00f4le de citoyen \u00e0 celui d&#8217;\u00e9lecteur, et arguant du fait que l&#8217;\u00e9cole la plus utile \u00e0 la vie d\u00e9mocratique demeure celle de la profession et du perfectionnement de sa profession. A la fonction politique que joueraient les spectacles selon la conception des Grecs ou des Romains, Say oppose la fonction, tout ensemble philosophique, morale et politique, que jouent dans un \u00c9tat moderne le commerce, l&#8217;industrie et l&#8217;agriculture, en somme toutes les activit\u00e9s susceptibles d&#8217;instituer pour tous une vie ind\u00e9pendante, s\u00fbre et, derechef, confortable. Mais pour cela il faut que le fain\u00e9ant, l&#8217;oisif, disparaisse et que l&#8217;art soit cantonn\u00e9 \u00e0 meubler l&#8217;imaginaire et \u00e0 adoucir les m\u0153urs. D&#8217;un mot la figure id\u00e9ale du citoyen qui commence alors \u00e0 s&#8217;imposer, et que consacrent aujourd&#8217;hui tant le retrait de l&#8217;\u00c9tat que les ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 la mondialisation, est celui du travailleur docile et productif.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la \u00ab R\u00e9publique n&#8217;avait pas besoin de savants \u00bb, au temps des farouches Montagnards, elle se passera, au temps de l&#8217;industrieux Directoire, comme alternativement &#8211; qui le sait? &#8211; en notre temps d&#8217;\u00e9go\u00efstes, d&#8217;indiff\u00e9rents et de d\u00e9magogues, de th\u00e9\u00e2tres pour le peuple ! Mais \u00e0 quel prix pourra-t-elle se passer de citoyens int\u00e9grant dynamiquement et cr\u00e9ativement l&#8217;\u00e9tat d&#8217;artistes?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>***<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les Id\u00e9ologues ont \u00e9t\u00e9 les cr\u00e9ateurs (litt\u00e9ralement) des institutions culturelles d\u00e9mocratiques. Il sont \u00e9t\u00e9 aussi les premiers \u00e0 envisager toute l&#8217;importance des institutions culturelles pour mat\u00e9rialiser leurs id\u00e9es et former \u00ab un nouveau peuple \u00bb. C&#8217;est en ce sens qu&#8217;ils ont fond\u00e9 le syst\u00e8me d&#8217;\u00e9ducation public en France, r\u00e9glement\u00e9 les spectacles et d\u00e9mocratis\u00e9 leur acc\u00e8s, fond\u00e9 l&#8217;Institut, les \u00c9coles normales, centrales et sp\u00e9cialis\u00e9es, etc. Leur conception pour former un citoyen et lui donner des habitudes d\u00e9mocratiques reposait au premier chef sur l&#8217;\u00e9ducation. Ce qui est en jeu dans le d\u00e9bat que je pr\u00e9sente est, d&#8217;une part, l&#8217;id\u00e9e d\u00e9fendue par Duval d&#8217;un th\u00e9\u00e2tre pour le peuple, c&#8217;est-\u00e0-dire d&#8217;un th\u00e9\u00e2tre pris comme moyen d&#8217;instruction pour instruire le peuple des valeurs r\u00e9publicaines, et, d&#8217;autre part, Say, annon\u00e7ant d\u00e9j\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale et le capitalisme, qui tient que le meilleur moyen pour le peuple de s&#8217;instruire est de faire bien son travail propre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Id\u00e9ologues, s&#8217;ils sont bien \u00e0 la source de nos discussions actuelles sur la libert\u00e9, les institutions culturelles, l&#8217;esprit public et le citoyen, ne songent aucunement \u00e0 la participation du public au processus cr\u00e9ateur. Ils se bornent dans l&#8217;art r\u00e9volutionnaire, que certains d&#8217;entre eux pr\u00f4nent, \u00e0 exalter un art r\u00e9publicain et excitant la vertu, en somme pour eux instructif et engag\u00e9, pour affermir chez leurs concitoyens l&#8217;amour de la R\u00e9publique, de la libert\u00e9 et de l&#8217;\u00e9galit\u00e9. Mais ils en sont encore \u00e0 la division du travail, et l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une participation d&#8217;un non-artiste au processus cr\u00e9ateur leur est tout \u00e0 fait \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour en revenir \u00e0 une notion de citoyen qui ne se cantonnerait pas \u00e0 celle de simple \u00e9lecteur, je pense avec Foucault et Gramsci que la notion d&#8217;intellectuel organique, agissant dans son milieu au sein de relations de pouvoir qui se diss\u00e9minent partout, est encore largement exploitable par tous ceux qui veulent accorder th\u00e9orie et pratique. Par ailleurs, je mise personnellement encore et encore sur l&#8217;\u00e9ducation et la sensibilisation par le biais de forums divers, \u00e0 l&#8217;approfondissement \u2013 plus encore que l&#8217;\u00e9largissement- de la notion de citoyen. Celle-ci doit comprendre, \u00e0 titre de r\u00e9gulateur de ses pratiques, le souci de faire passer l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral sur les int\u00e9r\u00eats particuliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais si aujourd&#8217;hui il y a distorsion de la notion de citoyen. Celle-ci doit se construire sans cesse, et ce titre se conqu\u00e9rir tous les jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 comprendre les institutions culturelles comme des institutions politiques, il me semble que depuis les Id\u00e9ologues justement, on a accept\u00e9 cette id\u00e9e, et on l&#8217;a beaucoup exploit\u00e9e. D\u00e9fendre la th\u00e8se de la citoyennet\u00e9 culturelle est tr\u00e8s louable et ne peut que secouer les gens de leur torpeur politique se confondant avec le \u00ab confort \u00bb que Say souhaitait \u00e0 ses concitoyens.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>***<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Polyscope aux Auteurs de la D\u00e9cade : Projet d&#8217;un th\u00e9\u00e2tre pour le Peuple<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>D\u00e9cade<\/em>, 8<sup>e<\/sup>&nbsp;Vol. , n\u00b068, 10 mars 1796 (20 vent\u00f4se an IV),<br>Section&nbsp;<em>Instruction publique<\/em>, 2<sup>e<\/sup>&nbsp;trim. , p.466-472<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous trouvez, dans un \u00e9tat, grand nombre d&#8217;\u00e9tablissements form\u00e9s \u00e0 l&#8217;avantage ou destin\u00e9s aux plaisirs du peuple entier et non de quelque portion du peuple, dites c&#8217;est ici une r\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Fran\u00e7ais ne peuvent jouir encore des fruits de la r\u00e9volution qu&#8217;ils ont faite. 11 fallait d&#8217;abord au milieu des obstacles sans cesse renaissants, asseoir, organiser un gouvernement. [&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>Ne serait-il point pourtant quelque \u00e9tablissement utile dont on pourrait, en attendant, jeter au moins les bases ? Pourquoi, par exemple, ne verrions-nous pas, d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, un&nbsp;<em>th\u00e9\u00e2tre pour le peuple<\/em>, dans une ville o\u00f9 nous en avons plus de vingt qui sont inutiles, pour ne pas dire nuisibles au peuple ? &#8211; Je placerais ce th\u00e9\u00e2tre dans la ville centrale, dans la ville&nbsp;<em>de la R\u00e9publique<\/em>&nbsp;: (c&#8217;est de l&#8217;un de ces deux noms que je voudrais qu&#8217;on appelait Paris : et en effet, tant que le gouvernement y sera, cette ville appartiendra \u00e0 toute la r\u00e9publique). Le peuple a le plus grand besoin d&#8217;instruction; voil\u00e0 ce que tout le monde s&#8217;accorde \u00e0 dire. Mais ce n&#8217;est pas assez de fonder des \u00e9coles publiques o\u00f9 nos enfants iront apprendre les lettres et les sciences; je veux aussi des \u00e9coles pour les grands enfants; pour ceux \u00e0 qui leur fortune ou les circonstances n&#8217;ont pas permis d&#8217;acqu\u00e9rir les principes de la morale et de la politique. Or, o\u00f9 pourront-ils mieux s&#8217;en instruire que dans les th\u00e9\u00e2tres ? C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;on les attirera par l&#8217;appas du plaisir [&#8230;].<\/p>\n\n\n\n<p>Que sont aujourd&#8217;hui nos spectacles ? Ce qu&#8217;ils \u00e9taient sous l&#8217;ancien r\u00e9gime, des \u00e9coles de mauvaises m\u0153urs; ou, ce qui revient \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame, on y retrouve encore la peinture des m\u0153urs d&#8217;une monarchie. On nous offre toujours des p\u00e8res ou des tuteurs dup\u00e9s, des soubrettes complaisantes, des valets qu&#8217;on avilit, qu&#8217;on bat, dont l&#8217;unique m\u00e9tier para\u00eet \u00eatre de voler et de faire rire. [\u2026] C&#8217;est ainsi que nulle part le peuple ne peut trouver un spectacle qui l&#8217;instruise en l&#8217;amusant.[&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>Il est temps de pr\u00e9senter aux Fran\u00e7ais, puisqu&#8217;on veut les r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, des compositions plus raisonnables et plus utiles. \u2013 Les drames qui convenaient \u00e0 des&nbsp;<em>sujets<\/em>&nbsp;ne sont plus bons pour des&nbsp;<em>citoyens<\/em>. Si le peuple doit avoir un th\u00e9\u00e2tre, iI lui faut aussi des pi\u00e8ces.<\/p>\n\n\n\n<p>Je veux des trag\u00e9dies o\u00f9 il puisse observer tous les ressorts que fait jouer l&#8217;ambition, la plus tyrannique passion de l&#8217;homme, apr\u00e8s l&#8217;amour; ou \u0300on lui apprenne comment un citoyen adroit, \u00e0 qui sa richesse donne trop d&#8217;influence dans une r\u00e9publique, peut, comme C\u00e9sar, s&#8217;emparer par degr\u00e9s de l&#8217;esprit de la multitude et bient\u00f4t renverser un gouvernement&nbsp;<em>libre<\/em>; des trag\u00e9dies o\u00f9 il assiste aux d\u00e9lib\u00e9rations des gouvernants, sur la meilleure m\u00e9thode d&#8217;administrer l&#8217;\u00c9tat; o\u00f9 on lui retrace les grandes actions des braves qui ne sont plus, et des caract\u00e8res fermes, h\u00e9ro\u00efques, et de grandes passions, de grandes vertus, de grandes fautes, de grands supplices. [&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>Je veux des pi\u00e8ces comiques, o\u00f9 le peuple vienne, non pas sourire, mais bien franchement rire, rire aux \u00e9clats des mille et un ridicules de chaque classe de la soci\u00e9t\u00e9; o\u00f9 on lui d\u00e9nonce les friponneries de certains officiers publics, la morgue de quelques autres, l&#8217;audace de ces pr\u00e9somptueux qui sans v\u00e9ritables talents, voudraient s&#8217;\u00e9lever au-dessus de leurs concitoyens; o\u00f9 l&#8217;on peigne bien fid\u00e8lement et les charlatans, et les intrigants, et les nouveaux Alcibiade et les Aspasie du jour. [&#8230;] Croit-on avoir fait une&nbsp;<em>pi\u00e8ce patriotique<\/em>, parce que l&#8217;on aura intercal\u00e9 avec effort dans quelques sc\u00e8nes, de longues tirades en faveur de la r\u00e9publique? Parce que tous les acteurs (froids comme quand ils chantent par ordre des airs civiques) seront oblig\u00e9s de crier l&#8217;un apr\u00e8s l&#8217;autre :&nbsp;<em>vive la libert\u00e9 !<\/em>&nbsp;\u2013 Eh ! Prouvez dans vos pi\u00e8ces, non par des phrases, mais par des faits, que le gouvernement o\u00f9 l&#8217;homme peut le mieux d\u00e9velopper toutes ses facult\u00e9s, le mieux employer sa vie, est le gouvernement r\u00e9publicain. Que ce principe de toute v\u00e9rit\u00e9, sorte du sujet m\u00eame; qu&#8217;il en soit une cons\u00e9quence certaine, indisputable.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi! Ne serait-il point de po\u00e8tes dignes de travailler pour le peuple, capables de composer de bonnes et nombreuses&nbsp;<em>pi\u00e8ces nationales<\/em>&nbsp;? Oh ! J&#8217;en connais plus d&#8217;un . [&#8230;] R\u00e9pandez dans vos pi\u00e8ces, les sentiments honn\u00eates et patriotiques qui sont dans vos \u00e2mes : \u00e9crivez, non pour plaire au gouvernement, mais pour l&#8217;utilit\u00e9 de vos concitoyens, et pour la gloire.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute, on ne verrait jamais para\u00eetre au th\u00e9\u00e2tre du peuple, ces merveilleuses en perruques de toutes couleurs; ces jeunes gens dont on a peine \u00e0 deviner le sexe; tous ces \u00eatres d\u00e9grad\u00e9s, \u00e0 qui le mot de citoyens donne des naus\u00e9es, et qui ne seront en effet jamais dignes de le porter. [&#8230;] Ce n&#8217;est pas pour des \u00eatres de cette esp\u00e8ce que je demande un th\u00e9\u00e2tre moral et philosophique; ce n&#8217;est pas pour eux que je stimule le patriotisme, et t\u00e2che d&#8217;embraser la verve de mes amis.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Boniface V\u00e9ridick \u00e0 Polyscope, sur son projet de th\u00e9\u00e2tre pour le peuple<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>D\u00e9cade, 9<sup>e<\/sup>&nbsp;Vol. , n\u00b0 70, 30 mors 1796 (10 germinal an IV), Section M\u00e9langes, 3<sup>e<\/sup>&nbsp;trim. , p. 38-44.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ho! pour le coup, mon cher Polyscope, je ne saurais partager votre opinion.Vous avez, je n&#8217;en disconviens pas, ouvert, dans la&nbsp;<em>D\u00e9cade philosophique<\/em>, une foule d&#8217;avis favorables au bien public; vous avez frond\u00e9 plusieurs ridicules d\u00e9shonorants pour l&#8217;esp\u00e8ce humaine,et donn\u00e9 d&#8217;excellentes id\u00e9es relativement aux beaux-arts; mais je n&#8217;approuve pas votre&nbsp;<em>th\u00e9\u00e2tre pour le peuple<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Au nom de la patrie, cultivons la terre, perfectionnons les arts utiles, tenons une conduite rang\u00e9e, et allons rarement, tr\u00e8s rarement au spectacle. Vous avez beau dire, l&#8217;instruction qu&#8217;on y trouve ne paye pas le temps qu&#8217;on y perd, et je pense, moi, que depuis la r\u00e9volution, le go\u00fbt s&#8217;en est beaucoup trop r\u00e9pandu chez toutes les classes du peuple. Nos loges et nos parquets n&#8217;offrent maintenant que des filles de boutiques, des blanchisseuses, des gar\u00e7ons serruriers ou des forts de la halle, qui viennent y perdre leur temps, et quelquefois y \u00e9taler leurs bijoux. Il n&#8217;est pas jusqu&#8217;\u00e0 une pauvre domestique que j&#8217;avais tir\u00e9e des champs dans l&#8217;esp\u00e9rance que sa conduite en serait plus simple et plus unie, qui ne se soit dissip\u00e9e au point qu&#8217;elle n&#8217;\u00e9tait pas contente si elle n&#8217;allait pas \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra deux fois par d\u00e9cade; tellement que lui voyant ce go\u00fbt d\u00e9cid\u00e9&nbsp;<em>pour les arts<\/em>, et m&#8217;apercevant d&#8217;ailleurs que ma cuisine \u00e9tait faite n\u00e9gligemment, et ma chambre plus malpropre que jadis sa basse-cour, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 dela prier d&#8217;aller chercher du service chez&nbsp;<em>Armide<\/em>&nbsp;ou chez&nbsp;<em>Iphig\u00e9nie<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous dites, mon cher Polyscope, que ce n&#8217;est point assez des \u00e9coles o\u00f9 l&#8217;on instruira nos enfants; qu&#8217;il en faut encore pour les&nbsp;<em>grands enfants<\/em>, pour ceux \u00e0 qui leur fortune ou les circonstances n&#8217;ont pas permis d&#8217;apprendre les principes de la morale et de la politique. &#8211; Distinguons, pr\u00e9cisons nos id\u00e9es.Il a beaucoup de grands ignorants sans doute; il y a beaucoup d&#8217;\u00e9ducations n\u00e9glig\u00e9es; les trois quarts des habitants de nos pays, soit disant polic\u00e9s, ne savent ni lire, ni \u00e9crire, j&#8217;en conviens; mais, quelle est l&#8217;instruction qu&#8217;il leur faut ? II me semble que c&#8217;est d&#8217;abord celle qui les rendra plus habiles dans leur profession quelle qu&#8217;elle soit; plus ils feront d&#8217;ouvrage, plus leur ouvrage sera parfait, et plus ils seront \u00e0 leur aise eux et leur famille, plus la patrie s&#8217;enrichira de leurs travaux. Et o\u00f9 apprendront-ils cela ? Chez eux, s&#8217;ils sont assidus et laborieux, et point du tout au spectacle. &#8211; Il faut ensuite qu&#8217;ils sachent \u00e9crire et compter pour tenir en ordre leurs petites affaires, et savoir, au besoin, \u00e9crire une lettre ou dresser un m\u00e9moire. Assur\u00e9ment, le spectacle ne leur enseignera point ces choses-l\u00e0. [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9 nos concitoyens apprendront-ils la politique, ajoutez-vous ? Mais quels sont les talents politiques n\u00e9cessaires aux quatre-vingt-dix-neuf centi\u00e8mes de la nation ? C&#8217;est de faire, une fois tous les ans, de bons choix d&#8217;\u00e9lecteurs : h\u00e9! qu&#8217;ils choisissent autour d&#8217;eux des hommes de bons sens, de probit\u00e9, amis du gouvernement r\u00e9publicain, je ne leur en demande pas davantage; voil\u00e0 tout le talent politique dont la patrie a besoin; et dans une soci\u00e9t\u00e9 peu nombreuse de gens estimables, ils en apprendront certainement encore beaucoup plus, \u00e0 cet \u00e9gard qu&#8217;au spectacle. [&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 quoi donc les the\u00e2tres sont-ils bons ? \u00c0 r\u00e9pandre le bon go\u00fbt dans les arts et la litt\u00e9rature, et \u00e0 adoucir les m\u0153urs. Nous devons en conserver, comme nous ferons des statuaires et des peintres, pour embellir notre pays et l&#8217;imagination, de ses habitants. Nous devons encourager les uns et les autres \u00e0 nous offrir des objets dignes de la majest\u00e9 d&#8217;un grand peuple, et capables de lui faire aimer ses lois et sa patrie; et en cela, mon cher Polyscope, nous sommes enti\u00e8rement d&#8217;accord; mais que notre gouvernement ne soit jamais directeur de troupe; point de th\u00e9\u00e2tres nationaux, point de&nbsp;<em>th\u00e9\u00e2tres pour le peuple<\/em>. [&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>Voici \u00e0 peu pr\u00e8s comme je me figure cet \u00e9tat de perfectionnement et de bonheur dans un grand \u00c9tat moderne, tel que la France, par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>Je veux d&#8217;abord que la paix l&#8217;habite, qu&#8217;une confiance r\u00e9ciproque, une bienveillance g\u00e9n\u00e9rale, unisse tous ses citoyens; je veux qu&#8217;un gouvernement ferme garantisse au dehors leur ind\u00e9pendance, et leur s\u00fbret\u00e9 au-dedans. Je veux que l&#8217;agriculture et tous les genres d&#8217;industrie, y soient dans la plus brillante activit\u00e9; que des ports de mer remplis de navires, des canauxet de rivi\u00e8res couverts de bateaux, des march\u00e9s propres et bien approvisionn\u00e9s, offrent l&#8217;aspect de l&#8217;abondance. [&#8230;] Je veux en un mot, que dans cette grande r\u00e9publique, il n&#8217;y ait pas un fain\u00e9ant, dont l&#8217;existence improductive soit un fardeau pour la soci\u00e9t\u00e9, pas un mis\u00e9rable qui puisse se plaindre de n&#8217;avoir pu, avec du travail et de la bonne conduite, gagner une subsistance facile, et mener une vie que les Anglais appelleraient&nbsp;<em>confortable<\/em>. [&#8230;]<\/p>\n<div style='display: none;'>Josiane Boulad-Ayoub<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[4764],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[4768],"artistes":[],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-179674","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive","category-post","numeros-48-citoyen-volontaire-en","statuts-archive","auteurs-josiane-boulad-ayoub-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179674","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=179674"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179674\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=179674"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=179674"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=179674"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=179674"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=179674"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=179674"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=179674"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=179674"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=179674"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=179674"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=179674"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}