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{"id":179688,"date":"2003-05-01T19:35:00","date_gmt":"2003-05-02T00:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/loeuvre-au-noir\/"},"modified":"2022-11-14T14:58:19","modified_gmt":"2022-11-14T19:58:19","slug":"loeuvre-au-noir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/loeuvre-au-noir\/","title":{"rendered":"<strong>L&#8217;\u0153uvre au noir<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab L&#8217;\u0153uvre au noir \u00bb \u00e9tait la phase de s\u00e9paration et de dissolution de la mati\u00e8re qui constituait pour les alchimistes la partie la plus difficile du Grand \u0152uvre. Elle symbolisait aussi les \u00e9preuves de l&#8217;esprit se lib\u00e9rant des routines et des pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<cite>Extrait de&nbsp;<em>L&#8217;\u0153uvre au noir<\/em>, de Marguerite Yourcenar.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>Engrenage noir<\/em>. Octobre 2002. Au parc de l&#8217;Esplanade \u00e0 Qu\u00e9bec, un chantier install\u00e9 dans des tentes et dans une roulotte r\u00e9pond aux parlementaires de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 du mur qui discutent sur des solutions \u00e0 la pauvret\u00e9. \u00c0 cet Agora pour un Qu\u00e9bec sans pauvret\u00e9 se tiennent des conf\u00e9rences, des rencontres plus ou moins formelles sur la pauvret\u00e9, sur son ampleur, ses mis\u00e8res et les moyens d&#8217;en sortir. Sur le m\u00eame terrain, les membres d&#8217;Engrenage <span style=\"white-space: nowrap;\">noir<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Engrenage noir est un collectif initi\u00e9 par Johanne Chagnon et Paul Gr\u00e9goire qui \u00ab con\u00e7oit la pratique de l&#8217;art en tant que responsabilit\u00e9 sociale \u00bb. Site Web :&nbsp;<a href=\"http:\/\/engrenagenoir.ca\/\">http:\/\/engrenagenoir.ca<\/a><\/span> \u00e9mettent des cartes de comp\u00e9tence et distribuent des Boites \u00e0 (sur)prise de conscience. Les cartes de comp\u00e9tence sont de vraies cartes plastifi\u00e9es, authentifi\u00e9es, qui confirment une comp\u00e9tence singuli\u00e8re que le d\u00e9tenteur s&#8217;attribue lui- m\u00eame. Pied de nez aux multiples paliers de comp\u00e9tences qui font parfois obstacle \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e sur le march\u00e9 du travail.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Claudine Cotton<\/em>. Dans une maison de Roxton Pond transform\u00e9e pour un mois en g\u00eete du passant, Claudine Cotton invite les habitants du village \u00e0 venir passer quelques jours \u00e0 ses frais. Ils viendront seulement pour manger. Cette situation inusit\u00e9e fera boule de neige et des groupes spontan\u00e9s viendront \u00ab endimanch\u00e9s \u00bb \u00e0 ces soupers. Plus tard, un des participants, fermier local, offrira \u00e0 Claudine la grange vid\u00e9e de tous ses \u00e9quipements et de sa machinerie comme espace ouvert pour y d\u00e9velopper la deuxi\u00e8me phase de son travail. Ce sera un paysage brod\u00e9 et suspendu en contrepoint au paysage naturel qui se d\u00e9ploie derri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le collectif des Causes perdues<\/em>. La sculpture textuelle est d\u00e9mantel\u00e9e et chaque morceau est remis \u00e0 des participants volontaires. Ils feront circuler ces morceaux, les enrichiront d&#8217;une production originale, prendront pr\u00e9texte de cet objet pour s&#8217;inscrire dans un r\u00e9seau \u00e9largi, cr\u00e9ant ainsi une communaut\u00e9 qui s&#8217;ignore mais dont la mise en commun soutient un projet plus vaste, une configuration rhizomatique \u00e0 \u00e9chelle <span style=\"white-space: nowrap;\">plan\u00e9taire<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Le projet de&nbsp;<em>l&#8217;Atopie textuelle<\/em>&nbsp;a \u00e9t\u00e9 mis en branle par le collectif des Causes perdues, \u00e0 Qu\u00e9bec. Ce collectif a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 par Martin Mainguy et le signataire de cet article. Voir :&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.atopie.qc.ca\/\">www.atopie.qc.ca<\/a><\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces projets, on le voit, ce n&#8217;est pas l&#8217;\u0153uvre, le travail \u00e0 montrer, qui importe, mais la man\u0153uvre, le processus mis en branle m\u00eame. Ce serait comme l&#8217;\u0153uvre au noir, qui pousse encore plus loin ce ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9mat\u00e9rialisation des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais au-del\u00e0 de la performance qui a instaur\u00e9 sa propre grammaire, la man\u0153uvre entend s&#8217;\u00e9manciper du syst\u00e8me de l&#8217;art, tout en en pr\u00e9servant les intentions.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une <span style=\"white-space: nowrap;\">man\u0153uvre<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Certains paragraphes des deux sections suivantes sont tir\u00e9s d&#8217;un texte \u00e0 para\u00eetre au 3<sup>e<\/sup>&nbsp;Imp\u00e9rial sur le projet ALICA, r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 l&#8217;automne 2001.<\/span> ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Il peut \u00eatre productif de v\u00e9rifier les \u00e9carts qu&#8217;il y a entre l&#8217;\u0153uvre et la man\u0153uvre. Alors que l&#8217;\u0153uvre se concentre sur le rapport qu&#8217;entretien l&#8217;artiste avec sa production, la man\u0153uvre se pose comme un projet de forme de vie qui ne trouvera son accomplissement que dans une prise en charge dynamique d&#8217;une communaut\u00e9. En ce sens, ce n&#8217;est pas par sa forme que la man\u0153uvre se distingue des autres pratiques de l&#8217;art vivant ou de l&#8217;art action comme la performance, les actions de rue, les parades, le th\u00e9\u00e2tre invisible, les amuseurs publics, mais par sa mani\u00e8re de s&#8217;inscrire dans le corps social. La man\u0153uvre ne se donne pas comme quelque chose de termin\u00e9, comme une production enti\u00e8re, fut-elle action ou objet, mais comme l&#8217;\u00e9bauche, l&#8217;esquisse d&#8217;un projet plus vaste qui la d\u00e9passe et qui n&#8217;atteindra jamais sa pl\u00e9nitude ni son accomplissement. En ce sens, la man\u0153uvre s&#8217;installe dans une situation qu&#8217;elle a elle-m\u00eame foment\u00e9e. Mais comme toute situation, au sens situationniste, elle est instable, elle est un projet r\u00e9ifi\u00e9 dans des composantes multiples et rassembl\u00e9es dans une conjoncture donn\u00e9e. Et surtout, elle s&#8217;attaque au consensus ambiant, elle est presque toujours une immixtion sauvage et incongrue dans le quotidien. Ce dernier point est important, puisqu&#8217;il convie \u00e0 questionner, en marge des param\u00e8tres \u00e9rig\u00e9s en syst\u00e8me par les historiens de l&#8217;art et les agents de r\u00e9ussite socio-\u00e9conomique, les modalit\u00e9s m\u00eame de notre existence comme une po\u00e9sie du r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme pr\u00e9mices, notons ceci : la man\u0153uvre est d&#8217;abord \u00ab l&#8217;action sur les cordages et voiles qui permet de diriger un navire \u00bb. Ainsi, une man\u0153uvre tr\u00e8s simple, un peu de mou ici, un tour de manivelle l\u00e0, permet de modifier la route d&#8217;un grand voilier. Par extension, la man\u0153uvre s&#8217;applique donc \u00e0 \u00ab tout mouvement d&#8217;un v\u00e9hicule en dehors de sa route \u00bb. Les man\u0153uvres militaires, quant \u00e0 elles, permettent, en temps de paix, \u00ab de simuler des exercices de guerre sur une grande \u00e9chelle \u00bb. Au figur\u00e9, on retiendra \u00e9galement qu&#8217;une man\u0153uvre est un \u00ab ensemble de moyens mis en \u0153uvre pour atteindre un but, habituellement par ruse et <span style=\"white-space: nowrap;\">artifice<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Extraits du Petit Robert.<\/span>. Dans le projet g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;art et de la philosophie, ruse et artifice sont une posture usuelle pour affronter le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers la fin des ann\u00e9es 1980, au centre m\u00eame de cette \u00ab s\u00e9mantique de l&#8217;action \u00bb, <span style=\"white-space: nowrap;\">nous<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-5\" href=\"#footnote-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-5\"><a href=\"#fn-ref-5\"> 5 <\/a> - Ce \u00ab nous \u00bb r\u00e9f\u00e9rentiel se situe autour de 1988 et est identifi\u00e9 au collectif Inter\/Le Lieu incluant Pierre Monat, Guy Sioui Durand, Richard Martel, et dans une certaine mesure d\u00e9signe un \u00ab nous \u00bb plus flou o\u00f9 se retrouveraient Pierre-Andr\u00e9 Arcand, Yvan Pageau, Jean-Claude Saint-Hilaire.<\/span> croyions qu&#8217;il y avait une singularit\u00e9 au mot man\u0153uvre qui en faisait un concept utile pour comprendre un certain type de pratique alors sinon courante, du moins largement exp\u00e9riment\u00e9e au Qu\u00e9bec depuis la fin des ann\u00e9es <span style=\"white-space: nowrap;\">1970<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-6\" href=\"#footnote-6\"><sup>6<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-6\"><a href=\"#fn-ref-6\"> 6 <\/a> - Mentionnons \u00e0 titre indicatif certains projets du groupe Insertion \u00e0 Chicoutimi et les premiers travaux de Jean-Yves Fr\u00e9chette avec sa Centrale textuelle.<\/span>. En retenant et en proposant un projet man\u0153uvrier ouvert, qui devenait de fait la ligne \u00e9ditoriale de la revue Inter et le pr\u00e9texte \u00e0 une grande quantit\u00e9 d&#8217;actions, non seulement au Qu\u00e9bec, mais aussi dans le r\u00e9seau \u00e9largi de nos amis artistes \u00e0 travers le monde, nous lui avons pr\u00eat\u00e9 un sens dans le champ particulier de l&#8217;art inscrit dans le quotidien. Mais il y a aussi dans la man\u0153uvre la volont\u00e9 de sortir du champ \u00e9troit et clanique de l&#8217;art pour se r\u00e9ins\u00e9rer soi-m\u00eame dans le projet social collectif. En ce sens, et cela demeure important pour comprendre la port\u00e9e de nombreux projets des 10 derni\u00e8res <span style=\"white-space: nowrap;\">ann\u00e9es<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-7\" href=\"#footnote-7\"><sup>7<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-7\"><a href=\"#fn-ref-7\"> 7 <\/a> - \u00c0 titre de m\u00e9moire , mentionnons quelques man\u0153uvres :&nbsp;<em>Texte, terre, tisse et G mon Soleil sans complexe<\/em>&nbsp;de Jean-Yves Fr\u00e9chette,&nbsp;<em>Les Territoires nomades<\/em>&nbsp;du collectif Inter\/Le Lieu, les projets de circulation et de distribution de l&#8217;atelier Insertion de Chicoutimi, les projets de Interaction Qui d&#8217;Alma comme le&nbsp;<em>Vol de ouananiches<\/em>, voir :&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.sagamie.org\/centres\/fiche-interaction.html\">http:\/\/www.sagamie.org\/centres\/fiche-interaction.html<\/a>.<\/span>, la man\u0153uvre artistique, du moins dans ses r\u00e9alisations les plus significatives, trouve son expression dans une communaut\u00e9 \u00e9largie, rel\u00e9guant l&#8217;artiste en arri\u00e8re-plan. Le r\u00f4le qu&#8217;il choisit n&#8217;\u00e9tant plus d&#8217;exercer une sp\u00e9cialit\u00e9 artisanale quelconque, mais bien de mettre en place une machinerie conceptuelle qui \u00ab op\u00e8re \u00bb \u00e0 travers une prise en charge communautaire d&#8217;une situation <span style=\"white-space: nowrap;\">donn\u00e9e<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-8\" href=\"#footnote-8\"><sup>8<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-8\"><a href=\"#fn-ref-8\"> 8 <\/a> - Cet \u00e9lan des artistes vers l&#8217;espace public n&#8217;est pas sp\u00e9cifique aux arts visuels. Les man\u0153uvres sonores de Jocelyn Robert, les excursions th\u00e9\u00e2trales de Recto-Verso ou de Momentum en sont des exemples probants.<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&#8217;artiste, cet \u00eatre suspect<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans son projet de r\u00e9inventer le quotidien en \u00e9branlant la torpeur ambiante, en y injectant du chaos et une tension libidinale renouvel\u00e9e, on retrouve dans l&#8217;art actuel qu\u00e9b\u00e9cois un mode op\u00e9ratoire paradoxal dont la premi\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 abolir les centres d&#8217;artistes apr\u00e8s les avoir invent\u00e9s. Cette structure ne sert plus d\u00e9sormais que de quartier g\u00e9n\u00e9ral et d&#8217;outil bureaucratique pour soutenir les demandes de subvention. On pense ici \u00e0 l&#8217;excellente posture du 3<sup>e<\/sup>&nbsp;Imp\u00e9rial de Granby qui est plus un atelier, une base \u00e0 partir de laquelle les artistes sont invit\u00e9s \u00e0 vagabonder dans la r\u00e9gion. Au-del\u00e0 de ce ph\u00e9nom\u00e8ne de reconnaissance tacite par o\u00f9 tout transite, au-del\u00e0 de ce repaire-rep\u00e8re, les pratiques, elles, quittent les lieux-dits et se liqu\u00e9fient dans les espaces publics et intimes. Et je ne parle pas ici des projets sculpturaux d&#8217;int\u00e9gration \u00e0 l&#8217;architecture ni des projets d&#8217;\u00e9critures. Je parle des formes qui s&#8217;inventent \u00e0 chacune de leur expression en fonction d&#8217;un projet po\u00e9tique, philosophique ou sociologique qui plonge dans le n\u0153ud gordien des enchev\u00eatrements sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut une communaut\u00e9 pour r\u00e9aliser le projet man\u0153uvrier. Tout se passe comme si le r\u00f4le de l&#8217;artiste consistait \u00e0 mettre en place un protocole qui se d\u00e9ploie dans le social. Et c&#8217;est uniquement par ce protocole que le projet se construit, se r\u00e9ifie dans un lieu, \u00e0 un moment donn\u00e9. Les param\u00e8tres seront suffisamment ouverts pour ne devenir qu&#8217;une situation et non pas une action construite comme l&#8217;\u00e9taient les happenings. C&#8217;est le projet qui appelle \u00e0 la formation temporaire d&#8217;une communaut\u00e9. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un collectif constitu\u00e9 pour r\u00e9aliser un projet, mais, \u00e0 l&#8217;inverse, d&#8217;une communaut\u00e9 affinitaire qui s&#8217;engage spontan\u00e9ment autour d&#8217;une mise en situation singuli\u00e8re ou chacun devient un man\u0153uvrier. Sans leur pr\u00e9sence et leur participation, la man\u0153uvre n&#8217;existe pas. Ils sont les protagonistes actifs d&#8217;une situation qui repose sur ce qu&#8217;ils sont. Pas de r\u00f4le \u00e0 jouer, pas de construction fictive, pas de symbolisme \u00e0 concevoir. D\u00e8s lors, dans la man\u0153uvre, l&#8217;artiste est inconnu et somme toute secondaire. Ce n&#8217;est pas en tant qu&#8217;artiste qu&#8217;il se pr\u00e9sente, mais en tant que man\u0153uvrier, que <span style=\"white-space: nowrap;\">socio-esth\u00e9ticien<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-9\" href=\"#footnote-9\"><sup>9<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-9\"><a href=\"#fn-ref-9\"> 9 <\/a> - Expression utilis\u00e9e par Doyon\/Demers pour d\u00e9finir leur modalit\u00e9 d&#8217;intervention.<\/span>, que po\u00e8te, qu&#8217;ing\u00e9nieur <span style=\"white-space: nowrap;\">philosophe<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-10\" href=\"#footnote-10\"><sup>10<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-10\"><a href=\"#fn-ref-10\"> 10 <\/a> - Expression utilis\u00e9e par Jean Coutu dans \u00ab la naissance de l&#8217;ing\u00e9nieur philosophe \u00bb, article paru dans&nbsp;<em>M\u00e9diart<\/em>, n\u00b0 18, 1973, p. 22-31.<\/span>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par la man\u0153uvre, la fonction de l&#8217;artiste est r\u00e9vis\u00e9e et d\u00e9plac\u00e9e vers une intervention dans le quotidien, vers l&#8217;investigation d&#8217;un espace op\u00e9ratoire qui n&#8217;a plus rien \u00e0 voir avec les lieux conventionn\u00e9s de l&#8217;art. Les projets territoriaux du 3<sup>e<\/sup>&nbsp;Imp\u00e9rial, les diff\u00e9rents projets de Bor\u00e9al, art nature, les ballades de Suzanne Joly arm\u00e9e de sa voiture sonore, et les nombreuses man\u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies s&#8217;inscrivent toutes dans un d\u00e9sir commun de quitter les espaces sp\u00e9cialis\u00e9s pour r\u00e9int\u00e9grer le r\u00e9el, l\u00e0 o\u00f9 la division entre les fonctions sociales n&#8217;existe pas; l\u00e0 o\u00f9 on ne morcelle pas l&#8217;espace humain en zones de loisirs, de travail, de d\u00e9tente; l\u00e0 o\u00f9 les sp\u00e9cialit\u00e9s n&#8217;imposent pas une fragmentation fonctionnelle de la vie; l\u00e0 o\u00f9 le capital et le profit, la rentabilit\u00e9 et la productivit\u00e9 ne sont plus qu&#8217;un enjeu p\u00e9riph\u00e9rique, qu&#8217;un mal n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Rupture de la logique \u00e9conomiste<\/h2>\n\n\n\n<p>D&#8217;un point de vue strictement \u00e9conomique, il semble que la pratique man\u0153uvri\u00e8re entend d&#8217;abord s&#8217;\u00e9manciper de l&#8217;appareil du spectaculaire et, partant, du consum\u00e9risme. Il n&#8217;y a plus rien \u00e0 consommer, pas m\u00eame le spectacle de soi-m\u00eame. La man\u0153uvre en tant que dispositif n&#8217;offre rien \u00e0 voir, seulement des choses \u00e0 faire. Une constante de la man\u0153uvre est le fait qu&#8217;elle se r\u00e9alise par la masse ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment par un intervenant multipli\u00e9 par dix, par cent, par mille. L&#8217;intervenant d\u00e9multipli\u00e9 de la man\u0153uvre participe non pas au happening d&#8217;un artiste, mais r\u00e9alise concr\u00e8tement la man\u0153uvre par sa seule adh\u00e9sion \u00e0 un projet d\u00e9rivant dans le corps social. Par cette immersion dans le social, la man\u0153uvre quitte la sc\u00e8ne, la mise en sc\u00e8ne, la galerie, le mus\u00e9e. L&#8217;attitude command\u00e9e par le spectacle et ses structures acteur-spectateur est de la sorte invalid\u00e9e. La pratique man\u0153uvri\u00e8re n&#8217;attend pas de spectateurs, elle ne veut pas \u00eatre vue, elle se concentre plut\u00f4t sur le processus d&#8217;inscription dans le r\u00e9el. Ce qui lui importe, ce n&#8217;est pas tant la manifestation d&#8217;un probl\u00e8me esth\u00e9tique &#8211; m\u00eame si bien s\u00fbr celui-ci est pr\u00e9sent &#8211; , mais plut\u00f4t la manifestation d&#8217;une question sociale. Elle agit de la sorte non plus sur le rapport \u00e9conomique, mais sur le rapport synergique entre une quantit\u00e9 ind\u00e9finie et en principe croissante d&#8217;individus autonomes.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute la logique sur laquelle repose le march\u00e9 de l&#8217;art et la d\u00e9finition de l&#8217;espace public, conventionn\u00e9 par le syst\u00e8me des subventions d&#8217;\u00c9tat, est ici contourn\u00e9e au profit d&#8217;un rapport imm\u00e9diat au citoyen. Ce rapport d\u00e9sormais n&#8217;est plus une critique enferm\u00e9e dans son propre syst\u00e8me, mais devient plut\u00f4t une connivence, un ph\u00e9nom\u00e8ne exp\u00e9rimentiel. Le regard esth\u00e9tique que le man\u0153uvrier pose sur le monde rejette la notion \u00e9litiste de l&#8217;artiste qui \u00ab sentirait \u00bb, qui \u00ab saurait \u00bb au profit d&#8217;un acteur qui doute, qui ignore et essaie par une machinerie sociale de scruter l&#8217;identit\u00e9 de l&#8217;individu par le filtre de son intervention dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement aux arts traditionnels, la man\u0153uvre consent \u00e0 ne pas exister. Par sa structure parapluie, elle pourrait tr\u00e8s bien ne pas parvenir \u00e0 se d\u00e9ployer. C&#8217;est qu&#8217;elle n&#8217;est jamais une action finie, elle n&#8217;est tout au plus qu&#8217;un espace potentiel. De cette mani\u00e8re, elle \u00e9chappe ou \u00e0 tout le moins tente d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 l&#8217;espace \u00e9conomique m\u00e9diatis\u00e9 par l&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9, pour se d\u00e9velopper dans un espace r\u00e9el bas\u00e9 sur l&#8217;\u00e9change (symbolique) imm\u00e9diat dans la communaut\u00e9. Refusant tout compromis avec une quelconque inscription dans une structure \u00e9conomique organis\u00e9e, elle s&#8217;abolit enti\u00e8rement dans son projet et ne parvient qu&#8217;avec peine \u00e0 rendre compte d&#8217;elle-m\u00eame. On constate que les traces de la man\u0153uvre constituent souvent sa propre m\u00e9moire, bien mieux que ne le font catalogue, vid\u00e9o et autres cd-roms.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la man\u0153uvre serait comme une mise en ab\u00eeme de l&#8217;art \u00e9vitant les strat\u00e9gies usuelles de fabrication d&#8217;objets, de mise en sc\u00e8ne de performances o\u00f9 le corps de l&#8217;artiste est au centre de l&#8217;action, de mise en installation o\u00f9 l&#8217;objet de controverse est \u00ab install\u00e9 \u00bb de mani\u00e8re formelle et d\u00e9finitive. D\u00e8s lors qu&#8217;elle s&#8217;inscrit en faux contre toute forme organis\u00e9e inscrite dans une structure de monstration convenue, la man\u0153uvre occupe soudain un espace interrelationnel.<\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est que les multiples zones o\u00f9 se d\u00e9ploie la man\u0153uvre sont de l&#8217;ordre de l&#8217;exp\u00e9rience personnelle. Comment d\u00e8s lors rendre compte de ces \u00e9talements progressifs et simultan\u00e9s dans diverses sph\u00e8res de perception et de r\u00e9alisation ? La man\u0153uvre comme op\u00e9ration d&#8217;esquive du \u00abchamp des arts \u00bb op\u00e8re \u00e0 la mani\u00e8re d&#8217;un anti-syst\u00e8me. On y retrouve en effet une aberration du spectaculaire, un d\u00e9montage de ce spectaculaire qui trop souvent s&#8217;inscrit dans le consommable, dans un rapport o\u00f9 le spectateur, le regardeur, le quidam de l&#8217;audience ne sont que consommateurs d&#8217;un&nbsp;<em>show<\/em>; tous ceux-l\u00e0 qui sont assis dans le \u00ab temps mort \u00bb de l&#8217;\u0153uvre. Ainsi, dans la man\u0153uvre, qui s&#8217;appuie sur les autres pour s&#8217;inventer et prendre corps, le rapport au spectacle est aboli. Le rapport \u00e0 l&#8217;artiste \u00e9galement. Le refus des \u00ab t\u00eates d&#8217;affiche \u00bb de porter le spectacle les situe d&#8217;embl\u00e9e en retrait, comme dans la coulisse de l&#8217;action. Ils ne sont plus que des id\u00e9ateurs qui mettent en place un dispositif qui sera activ\u00e9 seulement par les autres. La man\u0153uvre, con\u00e7ue comme une activation du corps social, quitte temporairement le champ de l&#8217;art pour s&#8217;immiscer dans la non-identit\u00e9 sociale. Ces nouveaux amateurs, nouveaux nomades int\u00e9rieurs, s&#8217;inscrivent \u00e0 mon sens dans une revitalisation de l&#8217;espace politique. Elle est une mani\u00e8re d&#8217;investir le politique par des moyens directs et imm\u00e9diats qui empruntent d&#8217;autres canaux que les outils suspects des partis, du parlementarisme, d&#8217;une d\u00e9mocratie par trop t\u00e9l\u00e9graphi\u00e9e et toujours identique \u00e0 elle-m\u00eame. Apr\u00e8s tous les \u00e9checs des id\u00e9aux et utopies issus du 19<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, la man\u0153uvre entend investir le politique par des interventions directes sur un corpus social \u00e9clat\u00e9 qui demande donc des approches ad\u00e9quates.<\/p>\n\n\n\n<p>On remarque dans cette attitude, dans cette \u00ab forme \u00bb modul\u00e9e du rapport \u00e0 l&#8217;action, le refus d&#8217;un objet artistique. On ne peut d\u00e9finir ici un moment particulier de l&#8217;intention artistique en relation avec une production mat\u00e9rielle et tangible comme une installation, une performance, un spectacle, un concert, une projection vid\u00e9o. La man\u0153uvre fait plut\u00f4t dans l&#8217;\u00e9vanescence, dans la synergie, dans une s\u00e9rie de rapports interpersonnels qui, de fait, la constituent. C&#8217;est sur ce d\u00e9sir que repose un mouvement important en art au Qu\u00e9bec. Mais ce d\u00e9sir du man\u0153uvrier s&#8217;appuie justement sur sa fonction et, partant, sur son identit\u00e9. Qu&#8217;est-ce qui distingue un man\u0153uvrier d&#8217;un artiste, d&#8217;un activiste, d&#8217;un intervenant social? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un socio-esth\u00e9ticien pour les commer\u00e7ants d&#8217;une rue principale? La question porte sur les modalit\u00e9s d&#8217;existence du man\u0153uvrier en action. L&#8217;acception \u00ab artiste \u00bb n&#8217;\u00e9tant plus pertinente, cette modalit\u00e9 d&#8217;interaction et d&#8217;intervention place le man\u0153uvrier dans une hypoth\u00e8se de lui-m\u00eame. Il se retrouve ainsi au c\u0153ur m\u00eame de la vie, de sa vie en soci\u00e9t\u00e9. Le risque consiste \u00e0 se perdre dans une synergie qu&#8217;il a lui-m\u00eame enclench\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Diss\u00e9miner, rameuter, s&#8217;immiscer<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans un entretien avec Claudine Cotton, celle-ci me disait ne jamais nommer ce qu&#8217;elle fait. Elle semblait cependant dispos\u00e9e \u00e0 admettre que ce soit des man\u0153uvres, surtout depuis son projet&nbsp;<em>Drainer des glaces, r\u00e9chauffer des pierres<\/em>&nbsp;au Symposium d&#8217;Amos. Je ne voudrais sous aucun pr\u00e9texte inclure le travail des artistes sous un vocable unique qui ne leur convient pas. Je pense seulement que cette appellation permet de bien rendre compte de ces travaux. En ce sens, je crois aussi qu&#8217;il convient de distinguer diverses approches.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Man\u0153uvre par immixtion<\/strong>&nbsp;: o\u00f9 il est convenu de s&#8217;immiscer dans les zones multiples du vivant par des actions dans l&#8217;espace intime. Ce travail suppose que l&#8217;artiste risque une incursion dans le d\u00e9sir de l&#8217;autre. Il met en place un dispositif qui ne r\u00e9ussira que par le d\u00e9sir de l&#8217;autre de s&#8217;y aventurer. Ainsi le&nbsp;<em>g\u00eete<\/em>&nbsp;de Cotton et le passeport des&nbsp;<em>Territoires nomades<\/em>&nbsp;s&#8217;appuient sur le d\u00e9sir du citoyen. Ils d\u00e9finissent par la man\u0153uvre une citoyennet\u00e9 commune, la conscience d&#8217;une citoyennet\u00e9 qui se d\u00e9finirait sur de nouveaux param\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Man\u0153uvre par diss\u00e9mination<\/strong>&nbsp;: o\u00f9 il est convenu de distribuer et d&#8217;injecter gratuitement des objets sans fonctionnalit\u00e9 concr\u00e8te parmi une population donn\u00e9e. Patrice Loubier, qui d\u00e9pose un fil rouge de nuit, dans les rues de la Haute-Ville de Qu\u00e9bec; la distribution de 5 000 bo\u00eetes-cadeaux par Engrenage noir, rappelant en cela un projet de Insertion sur la base militaire de Bagotville. Ce type de man\u0153uvre reprend les strat\u00e9gies de l&#8217;AgitProp et autres instruments de propagande, mais avec une intention totalement diff\u00e9rente. Il ne s&#8217;agit plus ici de convaincre, mais plut\u00f4t de faire prendre conscience d&#8217;une autre sensibilit\u00e9, de Jouer sur la furtivit\u00e9, sur les d\u00e9tournements de sens.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Man\u0153uvre par meute<\/strong>&nbsp;: o\u00f9 il convient de solliciter la participation active des citoyens. Il s&#8217;agit d&#8217;une proposition po\u00e9tique et souvent de grande visibilit\u00e9 qui implique des dizaines de participants sur la base d&#8217;un projet communautaire. On pense ici aux nombreuses man\u0153uvres de la Centrale textuelle de Saint-Ubald, de Jean-Yves Fr\u00e9chette, au&nbsp;<em>Bloc erratique<\/em>&nbsp;du Symposium <span style=\"white-space: nowrap;\">d&#8217;Amos<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-11\" href=\"#footnote-11\"><sup>11<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-11\"><a href=\"#fn-ref-11\"> 11 <\/a> - Le Symposium d&#8217;Amos, o\u00f9 j&#8217;\u00e9tais commissaire, a propos\u00e9 deux man\u0153uvres qui ont \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement aval\u00e9es et avalis\u00e9es par les citoyens de la ville et de la r\u00e9gion.<\/span>, au projet de signal\u00e9tique de Jean-Jules Soucy pour le m\u00eame Symposium alors que des milliers de personnes ont fabriqu\u00e9 des \u00ab cristaux de neige \u00bb utilis\u00e9s ensuite pour enneiger la ville en plein \u00e9t\u00e9, aux&nbsp;<em>Porteurs d&#8217;eau<\/em>&nbsp;des Ateliers convertibles de Joliette. Ces projets participatifs illustrent bien l&#8217;appropriation de l&#8217;art vers un d\u00e9tournement social et communautaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le mat\u00e9riau m\u00e9moire<\/h2>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, la man\u0153uvre, comme pratique \u00e9vanescente, s&#8217;appuie toujours sur un objet tr\u00e8s concret. Or, cet objet n&#8217;est pas l&#8217;\u0153uvre, il n&#8217;est que l&#8217;indice du travail, le d\u00e9p\u00f4t de la m\u00e9moire de la man\u0153uvre. Ainsi, cet objet contient l&#8217;ensemble de la man\u0153uvre, il est comme la preuve ultime de son existence. C&#8217;est qu&#8217;il semble que cet objet se soit en quelque sorte augment\u00e9 par les exp\u00e9riences qu&#8217;il a soutenues. Lorsque je prends en main un passeport des&nbsp;<em>Territoires nomades<\/em>, une carte de comp\u00e9tence d&#8217;Engrenage noir, un palet de l&#8217;<em>Atopie<\/em>, je tiens en main l&#8217;essentiel, c&#8217;est-\u00e0-dire le symbole d&#8217;une action qui s&#8217;est d\u00e9ploy\u00e9e dans le temps et dans l&#8217;espace, prenant appui sur une communaut\u00e9 diffuse, soit, mais solidaire d&#8217;une action qui nous d\u00e9finit collectivement. Par cet objet, j&#8217;\u00e9chappe \u00e0 l&#8217;isolement de la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle et de consommation o\u00f9 veut m&#8217;enfermer le capital.<\/p>\n<div style='display: none;'>Alain-Martin Richard, Engrenage noir<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[4764],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[1061],"artistes":[4772],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-179688","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive","category-post","numeros-48-citoyen-volontaire-en","statuts-archive","auteurs-alain-martin-richard-en","artistes-engrenage-noir-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179688","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=179688"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179688\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=179688"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=179688"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=179688"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=179688"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=179688"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=179688"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=179688"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=179688"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=179688"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=179688"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=179688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}