<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>woocommerce-shipping-per-product</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
<br />
<b>Notice</b>:  Function _load_textdomain_just_in_time was called <strong>incorrectly</strong>. Translation loading for the <code>complianz-gdpr</code> domain was triggered too early. This is usually an indicator for some code in the plugin or theme running too early. Translations should be loaded at the <code>init</code> action or later. Please see <a href="https://developer.wordpress.org/advanced-administration/debug/debug-wordpress/">Debugging in WordPress</a> for more information. (This message was added in version 6.7.0.) in <b>/var/www/staging.esse.ca/htdocs/wp-includes/functions.php</b> on line <b>6131</b><br />
{"id":180335,"date":"2001-05-01T19:20:00","date_gmt":"2001-05-02T00:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/placards-nouveaux-detours-urbains\/"},"modified":"2022-11-24T12:48:33","modified_gmt":"2022-11-24T17:48:33","slug":"placards-nouveaux-detours-urbains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/placards-nouveaux-detours-urbains\/","title":{"rendered":"<strong>Placards, nouveaux d\u00e9tours urbains<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>En ciblant le placard comme zone d\u2019intervention on reconna\u00eet la signature des Ateliers&nbsp;convertibles&nbsp;qui travaillent toujours sans tapage ni monumentalit\u00e9, qui ne font pas dans la vitrine et le spectaculaire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Placards<\/em>&nbsp;est la plus r\u00e9cente man\u0153uvre urbaine pr\u00e9sent\u00e9e par les Ateliers convertibles (LAC) de Joliette. Le LAC s\u2019inscrit d\u2019embl\u00e9e dans une d\u00e9marche de collectif. Il a la volont\u00e9 de construire un rapport singulier entre ses membres et le monde, pour cr\u00e9er une dynamique d\u2019\u00e9changes et d\u2019actions dans des projets renouvel\u00e9s d\u2019une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019autre.&nbsp;Le LAC se d\u00e9finit comme un collectif de recherche&nbsp;et de travail qui accueillent des artistes&nbsp;ayant des d\u00e9marches&nbsp;personnelles tr\u00e8s diversifi\u00e9es mais qui s\u2019accordent, ponctuellement, avec l\u2019esprit du collectif. Depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, le&nbsp;LAC&nbsp;a initi\u00e9&nbsp;des strat\u00e9gies de pratique&nbsp;urbaine pour&nbsp;assurer une place&nbsp;\u00e0 l\u2019art contemporain&nbsp;\u00e0&nbsp;Joliette; dans cette ville qui n\u2019a presque plus d\u2019attrait politico-\u00e9conomique et dont le centre-ville est en d\u00e9clin; dans ce milieu qui (malgr\u00e9 la pr\u00e9sence \u00e9nergique&nbsp;d\u2019un mus\u00e9e) souffre d\u2019une extr\u00eame pauvret\u00e9 d\u2019\u00e9quipements, de moyens, de lieux sp\u00e9cifiquement r\u00e9serv\u00e9s&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019art actuel. Devant&nbsp;cette r\u00e9alit\u00e9 et malgr\u00e9 ces difficult\u00e9s, la ville&nbsp;garde encore assez de potentiel, et la population, assez d\u2019int\u00e9r\u00eat pour que le LAC choisisse de faire de Joliette son laboratoire, les Ateliers convertibles pensent et agissent dans et avec Joliette, ils la hantent de leur pr\u00e9sence forte et dynamique qui, au fil des ans, s\u2019est manifest\u00e9e par une multitude d\u2019\u00e9v\u00e9nements. Ces&nbsp;manifestations&nbsp;prennent principalement trois formes que je regroupe en \u00ab&nbsp;man\u0153uvres culturelles&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;man\u0153uvres exploratoires&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;man\u0153uvres d\u00e9sordonn\u00e9es&nbsp;\u00bb. Avec les \u00ab&nbsp;man\u0153uvres culturelles&nbsp;\u00bb, le LAC profite du cadre d\u2019activit\u00e9s r\u00e9gionales, comme les&nbsp;<em>Journ\u00e9es de la culture&nbsp;<\/em>ou les festivit\u00e9s de la Saint-Jean-Baptiste, pour se pr\u00e9senter et impliquer des intervenants locaux dans des actions collectives d\u00e9brid\u00e9es et ludiques mais aussi rigoureuses et engag\u00e9es qui les distinguent en tant que groupe. Ceci a donn\u00e9&nbsp;\u00e0&nbsp;vivre&nbsp;:&nbsp;<em>De porteur d\u2019eau&nbsp;<\/em><em>\u00e0&nbsp;<\/em><em>b\u00e2tisseur&nbsp;<\/em>(1996),&nbsp;<em>Op\u00e9ration sauvetage \u2014 1<\/em>5&nbsp;<em>ans dans le trou&nbsp;<\/em>(1998),&nbsp;<em>Et la&nbsp;<\/em><em>ca<\/em><em>ravane passe&nbsp;<\/em>(1999),&nbsp;et&nbsp;<em>Placards&nbsp;<\/em>(2000).&nbsp;Les \u00ab&nbsp;man\u0153uvres exploratoires&nbsp;\u00bb ne sont pas officiellement inscrites dans le calendrier culturel de la r\u00e9gion, mais sont issues directement du travail d\u2019exp\u00e9rimentation du collectif qui choisit, entre autres lieux, le centre-ville comme terrain d\u2019activit\u00e9s, comme ce fut le cas pour les \u00e9v\u00e9nements&nbsp;<em>Drive-in convertible<\/em>&nbsp;(juin&nbsp;1997),<em>&nbsp;Art parking&nbsp;<\/em>(ao\u00fbt&nbsp;1997),&nbsp;<em>Rom\u00e9(o) et Joliette&nbsp;<\/em>(1998)&nbsp;et&nbsp;<em>Avez-vous des pellicules&nbsp;?&nbsp;<\/em>(1998). Les \u00ab&nbsp;man\u0153uvres d\u00e9sordonn\u00e9es&nbsp;\u00bb prennent la forme d\u2019une pr\u00e9sence \u00ab&nbsp;sauvage&nbsp;\u00bb dans la ville&nbsp;\u00e0&nbsp;partir des laboratoires\/ateliers o\u00f9 les artistes participants sont appel\u00e9s \u00e0 \u00e9largir leur zone d\u2019exp\u00e9rimentation en territoire urbain pour y inscrire leur&nbsp;d\u00e9marche.&nbsp;Cela a permis de multiples actions&nbsp;performatives&nbsp;dans le cadre du&nbsp;<em>work-shop&nbsp;<\/em>de Fran\u00e7ois Morelli&nbsp;(1997),&nbsp;de l\u2019atelier&nbsp;<em>Le grand raisonneur&nbsp;<\/em>(1998)&nbsp;et l\u2019atelier d\u2019Esther Ferrer&nbsp;(2000).&nbsp;Toutes ces man\u0153uvres s\u2019op\u00e8rent sous le regard \u00e9bahi des Joliettains, dans leur ville, dans le centre-ville, sur l\u2019esplanade et les trottoirs, dans les rues, les ruelles, les cours, les terrains vagues, les bars, les commerces, les stationnements. M\u00eame le mobilier urbain n\u2019y \u00e9chappe pas. Comme l\u2019artiste choisit sa mati\u00e8re et ses modes d\u2019intervention pour cr\u00e9er son propre langage plastique, les Ateliers convertibles, ciblent leur action et leur lieu d\u2019op\u00e9ration pour se distinguer en tant que collectif urbain.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Placards<\/em>&nbsp;:<em>&nbsp;<\/em>nouveaux d\u00e9tours urbains<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Placards&nbsp;<\/em>s\u2019inscrit dans cette volont\u00e9 strat\u00e9gique de tisser un r\u00e9seau de r\u00e9flexion et d\u2019action avec&nbsp;le milieu urbain et humain&nbsp;joliettain. Jean-Baptiste Grison et Jos\u00e9e Fafard (tous deux membres actifs du LAC) ont orchestr\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement en invitant&nbsp;20&nbsp;artistes, de pratiques tr\u00e8s diff\u00e9rentes, \u00e0 intervenir dans&nbsp;20&nbsp;placards (armoire, recoin, espace de rangement, tiroir, \u00e9tag\u00e8re, pr\u00e9sentoir) de&nbsp;20&nbsp;commerces du centre-ville de Joliette. Le choix des artistes n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait selon la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019avoir une pratique urbaine, mais selon la diversit\u00e9 des d\u00e9marches personnelles et la surprise des propositions. En ciblant le placard comme zone d\u2019intervention, on reconna\u00eet la signature du LAC qui travaille toujours sans tapage ni monumentalit\u00e9, qui ne fait pas dans la vitrine et le spectaculaire. Les Ateliers convertibles posent sur le territoire urbain de petits gestes, nombreux et r\u00e9p\u00e9titifs, souvent sur un mode ludique, parfois ironique, en faisant des situations n\u00e9gatives des p\u00f4les d\u2019attraction. En ce sens, on peut faire un rapprochement entre le choix des placards commerciaux comme lieux privil\u00e9gi\u00e9s de man\u0153uvre et la situation culturelle de Joliette refoul\u00e9e&nbsp;\u00e0&nbsp;la position de ville-placard vis-\u00e0-vis des grands centres urbains. Vision caustique mais aussi dynamique, le placard est m\u00e9tamorphos\u00e9 en coffre aux tr\u00e9sors&nbsp;\u00e0&nbsp;d\u00e9couvrir dans un parcours urbain oblig\u00e9, au fil du quotidien. Dans le cadre de cette \u00ab&nbsp;man\u0153uvre culturelle&nbsp;\u00bb, nous ne pouvons faire abstraction du contexte de pr\u00e9sentation et ne voir les \u0153uvres que pour elles-m\u00eames. Le regard interpr\u00e9tatif que je porte sur chacune des interventions de&nbsp;<em>Placards&nbsp;<\/em>est essentiellement rattach\u00e9&nbsp;\u00e0&nbsp;ce contexte g\u00e9n\u00e9ral de pratique urbaine et&nbsp;\u00e0&nbsp;la situation particuli\u00e8re de chacune des \u0153uvres-placards dans un commerce sp\u00e9cifique. Ce type d\u2019approche de l\u2019\u0153uvre d\u2019art met donc en relation \u00e9troite les donn\u00e9es formelles et structurelles des \u0153uvres dans leur rapport avec le regard du spectateur influenc\u00e9 par les lieux et les modalit\u00e9s de pr\u00e9sentation. Prenons l\u2019exemple hypoth\u00e9tique d\u2019un grand tableau monochrome rouge&nbsp;: qu\u2019il soit pr\u00e9sent\u00e9 dans un mus\u00e9e sur des cimaises blanches ou dans la vitrine d\u2019un grand magasin ou sur les&nbsp;pelouses verdoyantes&nbsp;d\u2019un parc, ces conditions de r\u00e9ception n\u2019enclenchent pas les m\u00eames perceptions corporelles, sensorielles, \u00e9motives et cognitives de l\u2019\u0153uvre. C\u2019est aussi ce que les artistes semblent avoir compris en multipliant les lieux d\u2019intervention, des plus sages aux plus saugrenus.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Domestiquer le placard<\/h2>\n\n\n\n<p>Le visiteur doit entreprendre ce parcours urbain d\u2019un trottoir \u00e0 l\u2019autre, d\u2019un commerce \u00e0 l\u2019autre, dans ce petit p\u00e9rim\u00e8tre central qui l\u2019oblige \u00e0 apprivoiser ce coin de Joliette et&nbsp;\u00e0&nbsp;c\u00f4toyer son monde. Ce qui frappe, de prime abord, c\u2019est la volont\u00e9 de chacun des artistes de domestiquer le placard&nbsp;: de le vider, de le nettoyer, de le repeindre s\u2019il le faut, de se l\u2019approprier, de le convertir, de l\u2019ennoblir.<\/p>\n\n\n\n<p>-425, Saint-Viateur. Cette intention est \u00e9vidente chez Danielle H\u00e9bert qui transforme le recoin sombre, crasseux et poussi\u00e9reux d\u2019un bar, en une claire fen\u00eatre sur la nature. Au sol repose un montage photographique montrant le ciel, la montagne et de l\u2019eau, au-dessus duquel plane un pliage photographique repr\u00e9sentant un objet bricol\u00e9,&nbsp;\u00e0&nbsp;la fois enclume, fourchette et marteau, qui semble menacer cet univers de paradis.<\/p>\n\n\n\n<p>-90,&nbsp;Place Bourget Sud. En vidant une petite armoire d\u2019une boutique de chaussures, Olivier LeMesle troque la&nbsp;bo\u00eete de chaussures pour une bo\u00eete de peinture. Il faut se pencher, ouvrir l\u2019armoire, prendre le coffret et l\u2019ouvrir sur l\u2019univers tout gris du peintre. Le coffret contient une photographie d\u2019une de ses expositions, un coussinet satin\u00e9 gris avec un cercle noir brod\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et une peinture miniature grise toujours avec le m\u00eame cercle noir. Dans ce pr\u00e9cieux coffret, LeMesle a \u00e9chang\u00e9 la pantoufle de verre de Cendrillon contre tous les possibles de la pratique de la peinture dont il nous fait le r\u00e9cit dans ce livre-coffret.<\/p>\n\n\n\n<p>-537, Notre-Dame. Maria Jos\u00e9 Sh\u00e9riff occupe aussi une armoire de rangement dans une sorte de buffet&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019entr\u00e9e de la Soci\u00e9t\u00e9 des alcools du Qu\u00e9bec. Elle l\u2019a vid\u00e9e et a enlev\u00e9 ses portes pour y construire une niche ferm\u00e9e devant laquelle on s\u2019agenouille pour regarder&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019int\u00e9rieur par un \u0153illeton&nbsp;\u00e0&nbsp;travers lequel appara\u00eet un minuscule univers aux formes color\u00e9es et lumineuses, reflet d\u2019une somptueuse f\u00eate de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du miroir.<\/p>\n\n\n\n<p>-364,&nbsp;Notre-Dame. Alain Bouchard, tr\u00e8s astucieux, occupe six tiroirs, pr\u00e8s du sol, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019une librairie. En ouvrant les tiroirs, on retrouve des panneaux peints avec des produits photosensibles qui s\u2019alt\u00e9reront au contact de la lumi\u00e8re. \u0152uvre de placard,&nbsp;\u00e0&nbsp;garder hors du regard. Plus les tiroirs seront ouverts, plus les formes architectoniques floues s\u2019\u00e9vanouiront, ainsi que l\u2019unique motif du chapeau qui se confondra avec l\u2019effacement des contours et la disparition du cama\u00efeu noir et ocre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-408, boul. Manseau. Michael Merrill a vid\u00e9 les tablettes d\u2019une armoire vitr\u00e9e, dans un bar, pour y faire tr\u00f4ner le \u00ab&nbsp;cadavre&nbsp;\u00bb d\u2019une bouteille de bi\u00e8re blanchie, moul\u00e9e avec de la p\u00e2te faite d\u2019aspirines broy\u00e9es. Il marque ainsi le passage de la translucidit\u00e9 du contenu \u00e0 l\u2019opacit\u00e9 de son effet sur le consommateur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-116,&nbsp;rue&nbsp;Saint-Paul. Toujours avec l\u2019intention de domestiquer le placard, le travail de Christopher Varady-Szabo surprend et contraste avec celui des autres. Il a d\u2019abord lib\u00e9r\u00e9 l\u2019espace d\u2019un pr\u00e9sentoir vitr\u00e9 dans un commerce de service de finition de photographies mais pour y construire une&nbsp;<em>camera obscura natura.&nbsp;<\/em>Il occupe donc l\u2019espace entier du pr\u00e9sentoir en plus d\u2019y greffer une grosse excroissance faite de branches et d\u2019argile. Construction organique odorante qui tranche sur le look tr\u00e8s standard du commerce tout de plastique, de m\u00e9tal, de verre et de m\u00e9lamine. L\u2019occupation s\u2019impose au regard et d\u00e9gage une forte odeur, relent de terre argileuse et d\u2019eau stagnante. La cohabitation de ce cocon fragile, protecteur d\u2019un monde int\u00e9rieur, avec les reflets chatoyants d\u2019un monde factice, d\u00e9range. En domestiquant le placard, H\u00e9bert, LeMesle, Bouchard, Sh\u00e9riff, Merrill et Varady-Szabo s\u2019\u00e9loignent de la vocation habituelle du commerce (espace d\u2019exhibition, d\u2019essayage, d\u2019\u00e9talage, comptoir de paiement, mobilier, etc.), sans pour autant s\u2019en d\u00e9partir tout&nbsp;\u00e0&nbsp;fait. Leurs interventions lib\u00e8rent le regard. Elles sont une invitation&nbsp;\u00e0&nbsp;transformer les lieux communs et les espaces recoins en autant de zones de vie, cr\u00e9atrices d\u2019univers personnels. Le placard domestiqu\u00e9 tente d\u2019\u00e9chapper aux codes du marchandisage et aux r\u00e8gles commerciales. Il offre un espace symbolique du monde afin de permettre un repli sur soi-m\u00eame dans cet univers public de clich\u00e9s et de conventions sociales marchandes. Ce renversement de valeur d\u00e9tourne l\u2019attention du consommateur-visiteur de son point d\u2019attraction et de convoitise habituel que sont les vitrines et les \u00e9talages, pour l\u2019orienter vers le nouvel ordre interne des placards et lui permettre de questionner le rapport \u00e0 l\u2019objet de d\u00e9sir qu\u2019est la marchandise.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Proposer un nouvel ordre par accumulation<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u2019autres artistes choisissent de remplacer le fouillis du placard commercial par une nouvelle organisation spatiale non plus par soustraction, en limitant leur intervention&nbsp;\u00e0&nbsp;un seul objet, mais bien par addition.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-71&nbsp;Place Bourget Sud. Sur la tablette du foyer, dans un petit restaurant libanais, Sylvie Cotton agglutine une panoplie de meubles miniatures en bois&nbsp;: chaises, tables, causeuses, vaisseliers, couverts et lampes. Comprim\u00e9 dans ce minuscule espace, c\u2019est tout un int\u00e9rieur attachant et accueillant qui se profile et qui est mis en relation avec une bande vid\u00e9o montrant la pr\u00e9paration du Mezza libanais qui est non seulement un art culinaire mais aussi un art de vivre. Invitation au confort,&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019intimit\u00e9 qui marque la distance avec l\u2019impersonnel du commerce, et l\u2019\u00e9cart avec la pr\u00e9dominance des conventions urbaines qui exigent efficacit\u00e9 et vitesse d\u2019action. Invitation donc&nbsp;\u00e0&nbsp;ralentir, \u00e0 prendre le temps de partager un repas, de vivre. Invitation \u00e0 la convivialit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-420 Saint-Viateur. Dans une petite armoire de pharmacie des toilettes d\u2019un caf\u00e9-bar, J\u00e9r\u00f4me Fortin d\u00e9ploie son mus\u00e9e du quotidien. Il peuple ses inventions de ce qui encombre nos fonds d\u2019armoires et de tiroirs. Avec un arsenal de mat\u00e9riaux usuels (clous, cartons d\u2019allumettes, trombones, bouts de papier et de cordes, coquillages, filtres de cigarettes) il cr\u00e9e des objets et des maquettes miniatures qui pr\u00e9sagent de gigantesques et majestueuses architectures faites de pacotilles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-370, boul. Manseau. Accumulation aussi, mais d\u2019un autre ordre, ces figurines de carton que Baptiste Grison a install\u00e9es debout, sur du sable, dans le pr\u00e9sentoir vitr\u00e9 d\u2019un service de photocopies. Elles sont des r\u00e9pliques de statues ornementales de parcs \u00ab&nbsp;\u00e0 la fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb. Les proc\u00e9d\u00e9s technologiques permettent de les d\u00e9naturer et de les d\u00e9raciner pour les faire prolif\u00e9rer en nombre et varier leurs dimensions. Ces figures d\u00e9logent \u00ab&nbsp;l\u2019original&nbsp;\u00bb, elles sont envahissantes, telle une mar\u00e9e montante qui ne conna\u00eetrait pas de reflux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-408,&nbsp;boul. Manseau. Autre recoin insolite que cet ancien coffre-fort peint en noir, que l\u2019on retrouve dans un caf\u00e9-bar \u00e0 l\u2019origine, la maison d\u2019un notaire. Marie-Jos\u00e9e Laframboise a simplement couvert le plancher de billes multicolores. Vous y entrez \u00e0 vos risques. Le regard d\u00e9rive vers la m\u00e9moire des jeux de l\u2019enfance qu\u2019on ne peut retenir sur ce sol mouvant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-60, Place Bourget Nord. Dans une boutique d\u2019objets con\u00e7us pour la vente promotionnelle et publicitaire (casquettes, chandails), l\u2019installation de Valery Kolakis contraste radicalement avec le d\u00e9cor fluo et techno du lieu. Dans un placard, qu\u2019elle a d\u2019abord domestiqu\u00e9, elle couvre le sol de petits contenants cubiques de mati\u00e8re souple, de couleur beige-dor\u00e9 et de texture nacr\u00e9e qui produisent une atmosph\u00e8re d\u2019immat\u00e9rialit\u00e9 et d\u2019atemporalit\u00e9 sous l\u2019effet d\u2019un \u00e9clairage dos\u00e9. Il ne reste qu\u2019\u00e0 regarder en silence dans l\u2019encadrement du placard. Dans ce parcours urbain, Cotton, Fortin, Grison, Laframboise et Kolakis rappellent la place du priv\u00e9 dans la ville. Le client d\u2019une boutique n\u2019est pas qu\u2019un consommateur et le commer\u00e7ant qu\u2019un capitaliste. Chaque \u00eatre est unique et poss\u00e8de son histoire personnelle et intime, avec ses acquis culturels et professionnels. Ce sont des \u00eatres du quotidien influenc\u00e9s par le social et le collectif qu\u2019ils filtrent et recr\u00e9ent dans leur m\u00e9moire individuelle. C\u2019est cette part d\u2019eux-m\u00eames que les \u0153uvres de ces artistes r\u00e9veillent en faisant l\u2019\u00e9loge de l\u2019intime, du personnel, en d\u00e9tournant le regard de l\u2019objet commercial tant convoit\u00e9 au profit d\u2019un univers intime&nbsp;\u00e0&nbsp;se construire. En choisissant d\u2019ennoblir et de magnifier des mat\u00e9riaux et des objets banals du quotidien, sur lesquels, le plus souvent, le regard glisse sans s\u2019y attarder, ces artistes tentent de nous les faire percevoir autrement. Ils invitent \u00e0 nous \u00e9carter de l\u2019emprise de l\u2019univers commercial normatif et \u00e0 nous inventer un univers singulier cr\u00e9atif.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jouer avec les perceptions sensorielles<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour certains artistes, les propositions reposent directement sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019activer les perceptions sensorielles et d\u2019en faire l\u2019exp\u00e9rience.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-494, Saint-Viateur. Jos\u00e9e Fafard a d\u00e9pos\u00e9 sur le plancher d\u2019un placard d\u2019une agence de voyages trois valises en bois de couleur miel. Il faut se pencher pour les ouvrir et y d\u00e9couvrir les pr\u00e9cieuses reliques rapport\u00e9es par un voyageur anonyme. Dans la petite valise, on peut presser un ballon color\u00e9 en su\u00e9dine. Dans la valise de taille moyenne, une demi-sph\u00e8re bomb\u00e9e couverte de poil animal attend nos caresses. Dans la grande valise, une forme en cuir, \u00e9voquant un slip masculin, s\u2019offre&nbsp;\u00e0&nbsp;nos farfouillages. Ces \u00ab&nbsp;troph\u00e9es&nbsp;\u00bb parodient les marchands de r\u00eave, les vendeurs de voyages et d\u2019ailleurs exotiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-324, Saint-Viateur. Dans les locaux d\u2019un service de communication, Suzanne Joly a choisi de camoufler son installation dans une petite pi\u00e8ce encombr\u00e9e d\u2019objets h\u00e9t\u00e9roclites ressemblant \u00e0 des accessoires de th\u00e9\u00e2tre. Une fois l\u2019\u0153uvre rep\u00e9r\u00e9e, nous voil\u00e0 devant une ancienne machine \u00e0 \u00e9crire avec laquelle nous sommes invit\u00e9s&nbsp;\u00e0&nbsp;taper un petit mot. La machine offre alors ses surprises de sons joyeux et de bruits insolites qui cliquettent au rythme de la frappe. Ce jouet inutile et non performant fait sourire et, pour un instant, nous renvoie&nbsp;\u00e0&nbsp;la gratuit\u00e9 du geste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-484, Saint-Viateur. Simplement d\u00e9pos\u00e9 sur un rayon d\u2019une librairie d\u2019occasion, le grand livre de Nathalie Lafortune capte d\u2019abord le regard par sa couleur et sa texture. On le prend et on feuillette ses pages marbr\u00e9es, multicolores, sur lesquelles se profilent de minces formes de contenants. Ces \u00ab&nbsp;urnes&nbsp;\u00bb vides laissent filer les r\u00eaves. D\u2019une page&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019autre, elles flottent dans la couleur fluide, elles \u00e9veillent le plaisir des textures du papier pendant que le regard glisse sur les contours, sur les rondeurs sensuelles des formes qui s\u2019animent dans un univers v\u00e9g\u00e9tal et aquatique.<\/p>\n\n\n\n<p>-478,&nbsp;Saint-Viateur. Sur la tablette d\u2019une pharmacie, parmi les produits de beaut\u00e9, Serge Le Squer a install\u00e9 un magn\u00e9tophone muni d\u2019\u00e9couteurs. Il suffit de les porter aux oreilles pour \u00eatre envahi d\u2019une voix monotone qui \u00e9num\u00e8re rapidement les bienfaits d\u2019un appareil param\u00e9dical compliqu\u00e9, bienfaits qui devraient faciliter le confort de la vie. Le son voyage au galop d\u2019une oreille&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019autre, l\u2019auditeur est hypnotis\u00e9 par la cadence sonore r\u00e9p\u00e9titive.<\/p>\n\n\n\n<p>-490, Saint-Viateur. La sensible intervention d\u2019Andr\u00e9 Willot dans un magasin de musique nous interpelle. Il a fabriqu\u00e9 une tablette sur laquelle il a fix\u00e9, \u00e0 l\u2019horizontale, un bois grav\u00e9 peint en noir repr\u00e9sentant un aveugle tenant deux longs b\u00e2tons qu\u2019il agite devant lui. L\u2019on peut,&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019aide d\u2019une craie de plomb et d\u2019une feuille dispos\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9, faire un frottis de cette image. On entend presque r\u00e9sonner \u00e0 nos oreilles les b\u00e2tons qui s\u2019entrechoquent ou qui cognent les objets dans cet univers tout noir. Fafard, Le Squer, Lafortune, Joly, Willot invitent aux plaisirs des sens. Un des attraits du magasinage dans un centre-ville r\u00e9side dans la d\u00e9ambulation urbaine, d\u2019un commerce \u00e0 l\u2019autre en s\u2019attardant dans un caf\u00e9. Le consommateur est&nbsp;\u00e0&nbsp;la recherche d\u2019un objet de d\u00e9sir et un des plaisirs de cette qu\u00eate est l\u2019\u00e9veil des sens&nbsp;: toucher un tissu, manipuler une bricole, ouvrir et&nbsp;feu feuilleter un livre, humer un fruit ou savourer une odeur de p\u00e2tisserie, t\u00e2ter de tout. Cette permission tactile qu\u2019offre le commerce profite aux artistes. Leur approche sensorielle nourrit ces plaisirs tactiles, auditifs, gustatifs, olfactifs et visuels en annulant l\u2019interdit canonique de toucher l\u2019\u0153uvre. Ils invitent \u00e0 go\u00fbter \u00e0 la gratuit\u00e9 de ces exp\u00e9riences sensorielles, non plus seulement en vue d\u2019une consommation d\u2019objets commerciaux st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s ou de design mais directement dans l\u2019activit\u00e9 ludique procur\u00e9e par ces constructions symboliques qui appellent des r\u00e9miniscences sensorielles.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Questionner l\u2019image du corps<\/h2>\n\n\n\n<p>La ville, zone de marchandises et de marchandage, commercialise aussi le corps et ses attributs. Dans le quadrilat\u00e8re marchand d\u2019un centre-ville, l\u2019ensemble du langage et des attraits visuels, que ce soit les vitrines, les promotions publicitaires, les propos des commis ou les \u00e9talages, v\u00e9hicule une image du corps perp\u00e9tuellement jeune, svelte, en sant\u00e9 et s\u00e9duisant. La consommation de ces produits semble garantir la r\u00e9ussite professionnelle et amoureuse en faisant l\u2019ad\u00e9quation troublante entre la possession d\u2019un objet et les pouvoirs acquis par son propri\u00e9taire du seul fait de cette acquisition. Certains artistes questionnent cette image standard du corps et d\u00e9masquent les leurres de la&nbsp;consommation<\/p>\n\n\n\n<p>-67, Place Bourget Sud. Dans une boutique de mode, Christine Bolduc a choisi la salle d\u2019essayage pour y suspendre, au-dessus d\u2019un banc, une perruque compos\u00e9e de rubans \u00e9troits, satin\u00e9s, aux tons pastels qui fr\u00f4lent quiconque entre dans la salle. Au mur, une quinzaine de polaroids dispos\u00e9s sur trois rang\u00e9es montrent deux t\u00eates aux prises avec cette perruque, emp\u00eatr\u00e9es dans ces rubans qui semblaient pourtant inoffensifs. Sur ces visages tum\u00e9fi\u00e9s, peints en rouge ou en vert-de-gris, les rubans s\u2019entortillent, bloquent la vision et transforment cette candide perruque en source de drame.<\/p>\n\n\n\n<p>-374,&nbsp;Notre-Dame. Ymane Fakhir a cibl\u00e9 l\u2019armoire de rangement d\u2019un salon de coiffure. Au dos de la porte, de haut en bas, elle colle de petites photographies de mannequins. Les prises de vue et les cadrages accentuent le jeu des ressemblances entre les visages et les corps humains et les mod\u00e8les de vitrines. Entre l\u2019apparence artificielle parfaite si convoit\u00e9e et la r\u00e9alit\u00e9 du corps marqu\u00e9 par le temps et la vie, une histoire s\u2019invente.<\/p>\n\n\n\n<p>-6, Place Bourget Nord. Dans le recoin d\u2019un commerce d\u2019articles de plein-air et de sport, sur la petite tablette d\u2019un pr\u00e9sentoir en forme de canot coup\u00e9 en deux, on peut visionner le vid\u00e9o de St\u00e9phane Gr\u00e9gory. Un bassoniste portant une chemise blanche, un n\u0153ud papillon noir et un pantalon noir est assis sur une chaise au milieu d\u2019une grande pelouse. Il joue. La musique semble parfois cacophonique ou d\u00e9saccord\u00e9e. Les gros plans de la cam\u00e9ra cadrent les efforts physiques du musicien&nbsp;: mouvements musculaires de l\u2019avant-bras, efforts des doigts, plis du front et des joues qui se gonflent pour souffler dans l\u2019instrument, battements du pied et&nbsp;<em>focus&nbsp;<\/em>sur l\u2019oreille qui en capte les sons. Toute une cadence des muscles qui activent la m\u00e9canique humaine pour faire de la musique sans se soucier de la musculature et de la bonne forme sportive.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-44,&nbsp;Notre-Dame. Dans le dernier placard du parcours, Andrea Szilasi occupe une cabine d\u2019essayage dans un&nbsp;<em>sex shop.&nbsp;<\/em>Elle l\u2019a obtur\u00e9e avec un panneau de bois peint en rouge et trou\u00e9 d\u2019un \u0153illeton. On y jette un coup d\u2019\u0153il, on se fait voyeur. Mais, contrairement&nbsp;\u00e0&nbsp;l\u2019univers all\u00e9chant du&nbsp;<em>sex&nbsp;<\/em><em>shop&nbsp;<\/em>rempli d\u2019objets de plastique gonfl\u00e9s, luisants, gros, fermes et \u00e9rectiles, le voyeur se retrouve dans ce qui semble \u00eatre un atelier d\u2019artiste ou un bureau de travail. Dans un recoin, en retrait et pudiquement,&nbsp;il&nbsp;peut entrevoir deux corps enlac\u00e9s dans l\u2019univers du quotidien&nbsp;\u00e0&nbsp;mille lieux de tous les fantasmes gonflables. Bolduc, Szilasi, Fakhir, Gr\u00e9gory renversent les st\u00e9r\u00e9otypes corporels de beaut\u00e9, de s\u00e9duction et d\u2019\u00e9rotisme v\u00e9hicul\u00e9s si facilement par les images et les objets commerciaux de toutes sortes qui envahissent nos vies sociales et nos lieux d\u2019\u00e9changes. Ils questionnent les rapports interpersonnels dans des contextes d\u2019images commercialis\u00e9es pour en d\u00e9jouer les apparences et voir au-del\u00e0 du maquillage, de la peau et du sexe. Ils d\u00e9tournent l\u2019attention de ces r\u00eaves programm\u00e9s, de ces plaisirs par procuration marchande, au profit d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 inventer et \u00e0 construire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour le LAC,<\/h2>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ussite de ces man\u0153uvres urbaines r\u00e9side surtout dans la qualit\u00e9 des \u00e9changes suscit\u00e9s entre les artistes, puis entre les artistes et les personnes impliqu\u00e9es dans les projets et avec le public. Dans un premier temps,&nbsp;<em>Placards&nbsp;<\/em>a su r\u00e9unir les commer\u00e7ants, les organisateurs et les artistes. Les rencontres et les pr\u00e9paratifs se sont d\u00e9rout\u00e9s dans un climat de con fiance et de respect mutuel garantissant&nbsp;\u00e0&nbsp;chacun la viabilit\u00e9 de l\u2019affaire. Pour avoir fait le parcours&nbsp;\u00e0&nbsp;plusieurs reprises, j\u2019ai pu constater l\u2019empressement de certains commer\u00e7ants&nbsp;(pas tous) de montrer l\u2019\u0153uvre-placard avec fiert\u00e9, se sentant partenaires avec les artistes (n\u2019oublions pas que nous sommes dans une petite ville o\u00f9 chacun prot\u00e8ge son image). Les commer\u00e7ants eux-m\u00eames invitent les visiteurs \u00e0 ouvrir, \u00e0 manipuler, \u00e0 feuilleter, incitent \u00e0 t\u00e2ter de cette non-marchandise. Cette complicit\u00e9 entre marchands et artistes tend&nbsp;\u00e0&nbsp;prouver que la cote du LAC, apr\u00e8s toutes les man\u0153uvres pass\u00e9es et pr\u00e9sentes, est positive. Les&nbsp;Ateliers&nbsp;convertibles ne sont pas marginalis\u00e9s. Au contraire, la population leur accorde une place en s\u2019unissant m\u00eame&nbsp;\u00e0&nbsp;ses man\u0153uvres. Ce sont sans doute les artistes et les gens du milieu qui ont fait et refait le parcours avec le plus d\u2019\u00e9nergie et de contentement, entre autres, lors des pr\u00e9paratifs, du vernissage et de l\u2019apr\u00e8s-vernissage. Ces rencontres ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des \u00e9changes sur les d\u00e9marches et les pratiques de chacun et&nbsp;sur celles du LAC tout en procurant de bons moments de convivialit\u00e9 et de complicit\u00e9. Comme&nbsp;<em>Placards&nbsp;<\/em>se tenait pendant les&nbsp;<em>Journ\u00e9es de la culture,&nbsp;<\/em>cela a permis de planifier des visites guid\u00e9es avec les \u00e9coles et un plus large public, assurant ainsi une plus grande visibilit\u00e9 de cette man\u0153uvre urbaine. On peut aussi penser que beaucoup de clients des commerces concern\u00e9s sont entrevus les \u0153uvres-placards du coin de l\u2019\u0153il, \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e, sans rien savoir de&nbsp;<em>Placards&nbsp;<\/em>et du LAC, sans m\u00eame se douter d\u2019avoir affaire&nbsp;\u00e0&nbsp;une intervention artistique. Cela fait partie de la man\u0153uvre. D\u2019autres, plus aventureux, en ont profit\u00e9 pour se munir du plan et d\u2019accomplir le parcours&nbsp;\u00e0&nbsp;la mani\u00e8re d\u2019un grand jeu, d\u2019une sorte de rallye dans lequel le contact entre client et commis s\u2019op\u00e9rait dans un autre registre que celui du marchandage, et o\u00f9 l\u2019\u00e9change se faisait sous un autre mode que ce lui du commerce. Le LAC affirme, par l\u2019\u00e9v\u00e9nement&nbsp;<em>Placards,&nbsp;<\/em>sa pratique de collectif urbain dans laquelle l\u2019objet d\u2019art et l\u2019action performative sont indissociables. Chacune des nombreuses man\u0153uvres des Ateliers convertibles est un clin d\u2019\u0153il&nbsp;\u00e0&nbsp;la ville, \u00e0 ses habitants, ses organismes et institutions culturelles, pas simplement pour amadouer un nouveau public, mais pour \u00e9veiller les consciences individuelles et collectives, pour trouver des complices afin de poursuivre leur d\u00e9marche de cr\u00e9ation, d\u2019exp\u00e9rimentation et de recherche en territoire urbain.<\/p>\n<div style='display: none;'>Alain Bouchard, Andr\u00e9 Willot, Andrea Szilasi, Baptiste Grison, Christopher Varady-Szabo, Danielle H\u00e9bert, Esther Ferrer, Fran\u00e7ois Morelli, Jos\u00e9e Fafard, Louise Paill\u00e9, Marie-Jos\u00e9e Laframboise, Michael Merrill, Nathalie Lafortune, Olivier LeMesle, Serge Le Squer, St\u00e9phane Gr\u00e9gory, Sylvie Cotton, Val\u00e9ry Kolakis, Ymane Fakhir<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[5081],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[5171],"artistes":[5172,5173,5174,5175,5176,5177,5178,1989,5179,5180,3330,5181,5182,5183,5184,3706,5185,5186],"thematiques":[],"type_post":[319],"class_list":["post-180335","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive","category-post","numeros-42-pratiques-urbaines-en","statuts-archive","auteurs-louise-paille-en","artistes-alain-bouchard-en","artistes-andre-willot-en","artistes-andrea-szilasi-en","artistes-baptiste-grison-en","artistes-christopher-varady-szabo-en","artistes-danielle-hebert-en","artistes-esther-ferrer-en","artistes-francois-morelli-en","artistes-josee-fafard-en","artistes-marie-josee-laframboise-en","artistes-michael-merrill-en","artistes-nathalie-lafortune-en","artistes-olivier-lemesle-en","artistes-serge-le-squer-en","artistes-stephane-gregory-en","artistes-sylvie-cotton-en","artistes-valery-kolakis-en","artistes-ymane-fakhir-en","type_post-principal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180335","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=180335"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180335\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180335"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180335"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=180335"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=180335"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=180335"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=180335"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=180335"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=180335"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=180335"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=180335"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=180335"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}