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{"id":180364,"date":"2001-01-01T19:55:00","date_gmt":"2001-01-02T00:55:00","guid":{"rendered":"https:\/\/esse.ca\/saguenay-lac-saint-jean\/"},"modified":"2022-11-24T15:20:27","modified_gmt":"2022-11-24T20:20:27","slug":"saguenay-lac-saint-jean","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/saguenay-lac-saint-jean\/","title":{"rendered":"<strong>Saguenay \u2013 Lac-Saint-Jean<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p>[In French]<\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9gion en pleine effervescence&nbsp;! C\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui compte, pour un bassin de population \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalent \u00e0 celui de la Ville de Qu\u00e9bec, une multitude d\u2019artistes et d\u2019\u00e9v\u00e9nements culturels. Pour une r\u00e9gion que l\u2019on qualifie \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9loign\u00e9e&nbsp;\u00bb, toujours aux prises avec les entraves des dirigeants politiques face au d\u00e9ficitaire milieu culturel, et malgr\u00e9 l\u2019exode d\u00e9plor\u00e9 de plusieurs jeunes artistes \u2014 donnant lieu \u00e0 un trou g\u00e9n\u00e9rationnel \u2014, la flamme reste vive. Depuis quelques ann\u00e9es, on y c\u00e9l\u00e8bre la&nbsp;<em>F\u00eate de l\u2019art<\/em>, d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e officiellement le 17 janvier par la Ville de Chicoutimi. Des arts dits \u00ab&nbsp;visuels&nbsp;\u00bb, au cin\u00e9ma, en passant par le th\u00e9\u00e2tre, la litt\u00e9rature, la musique actuelle et les marionnettes, la cr\u00e9ation s\u2019\u00e9clate et semble s\u2019orienter de plus en plus vers la coop\u00e9ration et l\u2019interdisciplinarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019art en \u00ab&nbsp;r\u00e9gion&nbsp;\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Notre instinct commun pour la survie de l\u2019art actuel en r\u00e9gion nous provoque \u00e0 trouver des solutions inventives, \u00e0 \u00eatre davantage branch\u00e9s sur nos propres exp\u00e9riences et sur la r\u00e9alit\u00e9 de notre environnement&#8230; plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 \u00eatre aux aguets, \u00e0 l\u2019aff\u00fbt du mod\u00e8le \u00e0 suivre. Mais quel mod\u00e8le devons-nous suivre aujourd\u2019hui&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Roy<\/p>\n\n\n\n<p>Artiste et enseignante au Saguenay \u2014 Lac-Saint-Jean, H\u00e9l\u00e8ne Roy a accept\u00e9 un poste de professeure en arts \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Chicoutimi (UQAC) en 1976, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9, encore totalement \u00e9trang\u00e8re \u00e0 cette r\u00e9gion, elle ne pouvait s\u2019imaginer un instant quitter Montr\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je dois avouer qu\u2019apr\u00e8s mes \u00e9tudes aux Beaux-Arts de Montr\u00e9al dans les ann\u00e9es&nbsp;1960 et 17 ann\u00e9es de vie active dans cette ville, j\u2019endossais compl\u00e8tement une vision \u201cm\u00e9tropolitaine\u201d de l\u2019art. \u00c9tant native de Trois-Rivi\u00e8res, il \u00e9tait \u00e9vident que ce qui se faisait d\u2019important en art contemporain, soit&nbsp;: les manifestations audacieuses de l\u2019art actuel, les nouveaux questionnements concernant un art engag\u00e9 socialement et politiquement, l\u2019\u00e9mergence de lieux parall\u00e8les de diffusion montrant l\u2019art exp\u00e9rimental, sans oublier les possibilit\u00e9s pour un artiste qu\u00e9b\u00e9cois d\u2019esp\u00e9rer une certaine reconnaissance&#8230; \u00e7a se passait \u00e0 Montr\u00e9al. Il fallait donc y rester si on y \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, ou bien y venir.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019explique H\u00e9l\u00e8ne Roy, jusqu\u2019en 1969, il n\u2019\u00e9tait pas possible d\u2019esp\u00e9rer une formation en arts en r\u00e9gion; il fallait choisir entre Montr\u00e9al et Qu\u00e9bec (cette derni\u00e8re \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e alors comme beaucoup plus traditionaliste, provinciale, sinon \u00ab&nbsp;r\u00e9gionale&nbsp;\u00bb). Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement des Universit\u00e9s du Qu\u00e9bec dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions de la province, il faut bien admettre, selon elle, que la pr\u00e9sence de l\u2019art contemporain \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s nulle dans les r\u00e9gions, et qu\u2019il n\u2019\u00e9tait donc pas exag\u00e9r\u00e9 d\u2019attribuer autant d\u2019ascendance \u00e0 l\u2019art qui se pratiquait dans la m\u00e9tropole. \u00ab&nbsp;Cet art servait d\u2019indice et de r\u00e9f\u00e9rence aux divers mod\u00e8les internationaux, dits \u00ab&nbsp;d\u2019avant-garde&nbsp;\u00bb; se bousculant sans cesse par effets de ruptures et d\u2019affirmations d\u2019autres diktats. Nous avions les yeux riv\u00e9s sur ce \u00ab&nbsp;phare de l\u2019art contemporain&nbsp;\u00bb au Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;En 1976, \u00e0 mon arriv\u00e9e ici, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 surprise de d\u00e9couvrir une r\u00e9gion fascinante, pr\u00e9sentant un potentiel exceptionnel sur le plan de l\u2019imaginaire et de l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9, une r\u00e9gion d\u00e9j\u00e0 singuli\u00e8re et fi\u00e8re, \u00e0 l\u2019image du pittoresque de ses paysages, permissive \u00e0 l\u2019innovation parce qu\u2019habitu\u00e9e \u00e0 se d\u00e9brouiller seule (\u00e9tant ce qu\u2019on appelle toujours une r\u00e9gion \u00e9loign\u00e9e). L\u2019UQAC, \u00e0 l\u2019image de sa r\u00e9gion, m\u2019offrait toutes les possibilit\u00e9s de r\u00eaver au d\u00e9veloppement de nouveaux programmes d\u2019art, de participer avec mes coll\u00e8gues et les \u00e9tudiants de l\u2019\u00e9poque \u00e0 l\u2019installation d\u2019un v\u00e9ritable \u201claboratoire d\u2019art\u201d, d\u2019un premier lieu de r\u00e9flexion et d\u2019action concernant l\u2019art contemporain en r\u00e9gion.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Roy se souvient qu\u2019\u00e0 ce moment, l\u2019art qui se faisait dans cette r\u00e9gion \u00e9tait surtout un art de paysage. On rencontrait donc souvent des r\u00e9sistances du milieu culturel face \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et ses professeurs\/artistes vus comme des \u00ab&nbsp;envahisseurs&nbsp;\u00bb (80&nbsp;% venaient de l\u2019ext\u00e9rieur), des \u00ab&nbsp;provocateurs&nbsp;\u00bb, des \u00ab&nbsp;farfelus&nbsp;\u00bb&#8230; faisant un art dit \u00ab&nbsp;moderne&nbsp;\u00bb, suspect et surtout incompr\u00e9hensible. Au d\u00e9but, les professeurs se regroupent pour des expositions collectives dans les corridors de l\u2019universit\u00e9. Par la suite, individuellement ou collectivement, ils pr\u00e9sentent r\u00e9guli\u00e8rement leur cr\u00e9ation dans les diff\u00e9rents centres de diffusion du Saguenay \u2014 Lac-Saint-Jean, tout en maintenant une pr\u00e9sence active \u00e0 Montr\u00e9al, au Qu\u00e9bec et ailleurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Plusieurs d\u2019entre eux s\u2019impliquent et si\u00e8gent sur diff\u00e9rents conseils d\u2019administration, participent \u00e0 des jurys provinciaux et r\u00e9gionaux, se font instigateurs et collaborateurs d\u2019\u00e9v\u00e9nements d\u2019envergure comme le&nbsp;<em>Symposium international de sculpture environnementale<\/em>&nbsp;[1980], la Biennale du dessin, de l\u2019estampe et du papier [\u00e0 partir de 1988], l\u2019Atelier d\u2019estampe Sagamie&#8230; D\u00e8s lors, un bouillonnement se fait sentir dans la communaut\u00e9 de l\u2019art r\u00e9gional&nbsp;: enseignant au C\u00e9gep d\u2019Alma, Alayn Ouellet s\u2019affaire \u00e0 la cr\u00e9ation du centre d\u2019artistes Langage Plus, l\u2019ancienne Soci\u00e9t\u00e9 des arts se convertit en centre d\u2019artistes et devient Espace Virtuel, la galerie S\u00e9quence d\u00e9m\u00e9nage de Jonqui\u00e8re \u00e0 Chicoutimi. D\u2019autres lieux de diffusion comme le Centre national d\u2019exposition de Jonqui\u00e8re, le Mus\u00e9e du Saguenay, devenu La Pulperie de m\u00eame que Le Lobe et la galerie L\u2019\u0152uvre de l\u2019autre deviennent des instances indispensables \u00e0 leur lieu d\u2019appartenance. Plusieurs anciens \u00e9tudiants du baccalaur\u00e9at ou de la ma\u00eetrise cr\u00e9ent des collectifs comme Interaction Qui, Estampe Sagamie, Insertion, l\u2019Oreille coup\u00e9e&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cEt voil\u00e0 o\u00f9 je me retrouve aujourd\u2019hui, 22 ans plus tard, totalement impliqu\u00e9e, int\u00e9gr\u00e9e, que dis-je, assimil\u00e9e et militante pour une meilleure et compl\u00e8te reconnaissance de l\u2019art actuel qui se fait dans les r\u00e9gions, participant \u00e0 l\u2019enrichissement culturel de l\u2019ensemble du Qu\u00e9bec. Je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019avoir rat\u00e9 un \u2018devenir autre\u2019 ailleurs. J\u2019ai conscience d\u2019appartenir \u00e0 un milieu critique, exigeant, stimulant, me permettant en fin de compte un rythme d\u2019\u00e9volution tout \u00e0 fait comparable \u00e0 celui des grands centres, tout en \u00e9tant <span style=\"white-space: nowrap;\">diff\u00e9rent<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-1\" href=\"#footnote-1\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-1\"><a href=\"#fn-ref-1\"> 1 <\/a> - Les citations d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Roy sont extraites d\u2019une communication,&nbsp;<em>\u00catre bien o\u00f9 on se trouve\/prendre sa place&#8230; Rendre incontournable l\u2019art qui se fait maintenant au Saguenay-Lac-Saint-Jean<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9e lors du dixi\u00e8me anniversaire de L\u2019Oreille coup\u00e9e, 1998.<\/span>.\u201d<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Multidisciplinarit\u00e9 = Multidiffusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es&nbsp;1970, alors que la r\u00e9gion se trouvait exclue de toute circulation de l\u2019art contemporain et actuel \u2014 dont les manifestations \u00e9taient surtout concentr\u00e9es \u00e0 Montr\u00e9al \u2014 il lui fallut se doter de ses propres Infrastructures de diffusion et de production. On voit na\u00eetre au fil des ans des organismes et des festivals destin\u00e9s \u00e0 diffuser tous les arts se pratiquant sur le territoire&nbsp;: des arts dits visuels au cin\u00e9ma, en passant par le th\u00e9\u00e2tre et la musique de cr\u00e9ation contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00f4t\u00e9 arts \u201cvisuels\u201d, comme l\u2019explique Alayn Ouellet, pr\u00e9sident du centre d\u2019artistes Langage Plus, \u201cafin de prendre en charge le d\u00e9veloppement professionnel de la vie artistique r\u00e9gionale, les artistes ne pouvaient utiliser les institutions en place (mus\u00e9es, centres d\u2019expositions, galeries commerciales), trop conservatrices ou peu au fait de l\u2019art contemporain. \u00c0 l\u2019exception de la Galerie de l\u2019Arche \u00e0 Jonqui\u00e8re, un des premiers organismes artistiques issus de l\u2019esprit communautaire de cette \u00e9poque, il n\u2019existait pas d\u2019autre lieu pour la production et la diffusion de l\u2019art contemporain et actuel dans la r\u00e9gion. Quelques manifestations avaient lieu sporadiquement dans des endroits publics ou au seul centre culturel de l\u2019\u00e9poque, \u00e0 Jonqui\u00e8re o\u00f9 la plupart du temps on pr\u00e9sentait un art plut\u00f4t traditionnel et souvent fait par des amateurs.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des artistes qui revenaient de Montr\u00e9al ou de Qu\u00e9bec et qui y avaient fr\u00e9quent\u00e9 les seuls lieux qui dispensaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque une formation sup\u00e9rieure en arts visuels, les \u00c9coles des Beaux-Arts, qui ont form\u00e9, en 1978, le collectif \u00e0 l\u2019origine de Langage Plus&nbsp;: Jocelyn Maltais et Alain Laroche (artistes engag\u00e9s individuellement et maintenant r\u00e9unis dans le duo Interaction Qui), Alayn Ouellet (pr\u00e9sident), Alain Paradis et Madeleine Dor\u00e9. Agn\u00e8s Tremblay, qui s\u2019est jointe \u00e0 l\u2019\u00e9quipe en 1981 (production d\u2019\u00e9v\u00e9nements en t\u00e9l\u00e9matique et technologies), est directrice de Langage Plus depuis 1985. N\u00e9 en 1979 afin d\u2019administrer la Salle Trembl\u00e9 du C\u00e9gep d\u2019Alma, Langage Plus emm\u00e9nage dans des locaux pr\u00e8s du centre-ville en 1988, quand le c\u00e9gep ferme cette salle, puis d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 nouveau dans des lieux plus ad\u00e9quats en 1996.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre les expositions et manifestations ponctuelles, plusieurs \u00e9v\u00e9nements majeurs ont jalonn\u00e9 ces 17 ann\u00e9es d\u2019existence&nbsp;: notamment l\u2019\u00e9v\u00e9nement international&nbsp;<em>Papier mati\u00e8re<\/em>&nbsp;(1984); la tenue de deux expositions d\u2019artistes r\u00e9gionaux et qu\u00e9b\u00e9cois dans un contexte international&nbsp;: la premi\u00e8re en Australie,&nbsp;<em>Paper Present<\/em>&nbsp;(1987), et la seconde au Japon,&nbsp;<em>The North American Difference. Young Canadian Artists<\/em>&nbsp;(1988).<\/p>\n\n\n\n<p>Durant les ann\u00e9es&nbsp;1970, 21 groupes formaient le Regroupement des organismes communautaires et culturels d\u2019Alma (ROCCA). Les activit\u00e9s, interactions et collaborations entre les diff\u00e9rents organismes qu\u2019ils ont suscit\u00e9es ont certainement contribu\u00e9, selon Alayn Ouellet, \u00e0 cr\u00e9er un milieu favorable au d\u00e9veloppement d\u2019une vie artistique contemporaine qui pouvait rejoindre les inqui\u00e9tudes soulev\u00e9es par les mouvements sociaux au sujet des probl\u00e8mes de l\u2019environnement, de l\u2019entraide sociale et de la qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cDe nombreux mouvements sociaux, issus entre autres des groupes f\u00e9ministes, communautaires, environnementaux et culturels, \u00e9taient tr\u00e8s actifs \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 Alma. Tous ces organismes \u00e9troitement li\u00e9s et solidaires luttaient contre les diff\u00e9rentes formes d\u2019exclusion et pr\u00e9conisaient aussi des solutions alternatives. Ils orientaient leurs actions en vue d\u2019une meilleure qualit\u00e9 de vie. Les membres de Langage Plus partageaient ces objectifs et organisaient des \u00e9v\u00e9nements artistiques qui avaient un certain impact sur des milieux o\u00f9 ils recrutaient une bonne partie de leur public. Le centre mettait de l\u2019avant des projets artistiques qui soulignaient des pr\u00e9occupations sociales, environnementales ou li\u00e9es aux probl\u00e8mes \u00e9conomiques&nbsp;:&nbsp;<em>Intervention&nbsp;58<\/em>,&nbsp;<em>Une rue ARTfaire<\/em>&#8230;\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les probl\u00e9matiques universelles de l\u2019\u00e9cologie, de l\u2019environnement, de la mondialisation et des rapports sociaux qui sont au c\u0153ur de la r\u00e9flexion des artistes. Langage Plus organise plusieurs \u00e9v\u00e9nements qui mettent en relief ces probl\u00e9matiques&nbsp;: dans Au Nom de la Terre, en 1997, 17 artistes et performeurs du Canada et de l\u2019Asie ont expos\u00e9 et \u201cperform\u00e9\u201d sur la th\u00e9matique du Congr\u00e8s Nikan, portant sur le d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019optique de rassembler artistes de diff\u00e9rentes r\u00e9gions, g\u00e9n\u00e9rations et cultures en r\u00e9fl\u00e9chissant sur la notion de paysage Langage Plus fait ressortir le th\u00e8me de l\u2019identit\u00e9 territoriale en retenant pour un projet d\u2019art-nature le site de relais du poste de traite de la M\u00e9tabetchouane \u2014 site de la rencontre de la culture am\u00e9rindienne et des premiers arrivants. En 1996,&nbsp;<em>Paysages Inter sites<\/em>&nbsp;r\u00e9unit cinq artistes qui r\u00e9alisent des \u0153uvres in situ sur le site du Centre d\u2019histoire et d\u2019arch\u00e9ologie de la M\u00e9tabetchouane \u00e0 Desbiens au Lac-Saint-Jean.<\/p>\n\n\n\n<p>En juin et octobre 2000, lors de l\u2019\u00e9v\u00e9nement&nbsp;<em>Transvernacularit\u00e9s<\/em>, 10 artistes qu\u00e9b\u00e9cois et autant d\u2019artistes fran\u00e7ais avaient \u00e0 r\u00e9aliser des man\u0153uvres in situ en France et au Qu\u00e9bec, afin de faire ressortir de quelles mani\u00e8res les champs originaires (langue, territoire, culture&#8230;) de chacun influencent leur production.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cLe questionnement, la r\u00e9flexion et la pratique de plusieurs artistes qui se sont rencontr\u00e9s \u00e0 Langage Plus \u00e9mergent de l\u2019exploration de la singularit\u00e9 de leur territoire. Celui-ci est leur source d\u2019inspiration, de connaissance, d\u2019identit\u00e9 et d\u2019innovation. On constate que le rapport au territoire est plus marqu\u00e9 dans la production diffus\u00e9e par les grands centres d\u2019artistes localis\u00e9s en r\u00e9gion. Pour Langage Plus, l\u2019appropriation du territoire devient ainsi une alternative \u00e0 l\u2019\u00e9loignement des grands centres urbains, un sujet d\u2019exploration et un m\u00e9dium de cr\u00e9ation\u201d, explique Alayn Ouellet.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut affirmer que le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019exclusion fut un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de la mobilisation des artistes de Langage Plus. Dans l\u2019alternative, ils ont trouv\u00e9 la solution qui leur donne acc\u00e8s \u00e0 des moyens professionnels de gestion, de diffusion et de production en art actuel dans le milieu almatois. De plus, la cr\u00e9ation de Langage Plus semble avoir eu un effet d\u2019entra\u00eenement sur la collectivit\u00e9 r\u00e9gionale. Par la suite, plusieurs autres centres et collectifs d\u2019artistes se sont cr\u00e9\u00e9s au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Avec cinq centres d\u2019artistes membres du RCAAQ, la r\u00e9gion est la troisi\u00e8me en importance dans ce r\u00e9seau qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019art actuel. Langage Plus a permis aux artistes locaux d\u2019affirmer leur identit\u00e9 tout en int\u00e9grant la notion de territorialit\u00e9 dans leur production&nbsp;\u00bb, poursuit Alayn Ouellet.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours selon Ouellet, \u00ab&nbsp;la cr\u00e9ation de centres d\u2019artistes en r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ponse alternative \u00e0 une forme d\u2019exclusion et gr\u00e2ce \u00e0 eux, certains intervenants du domaine des arts visuels ont pu se mobiliser, se responsabiliser et r\u00e9aliser ainsi un certain d\u00e9veloppement artistique local. Tous ces organismes constituaient ensemble un contrepoids au d\u00e9veloppement \u00e9conomique \u201c\u00e0 tout prix\u201d. Ils ont jou\u00e9 un r\u00f4le d\u2019opposition important face aux \u00e9lus locaux et aux multinationales pour r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s. L\u2019artiste collaborait facilement avec son milieu puisqu\u2019en r\u00e9gion, l\u2019interaction entre diff\u00e9rents groupes sociaux s\u2019effectue plus ais\u00e9ment, plus rapidement que dans un milieu urbain tr\u00e8s populeux. En r\u00e9gion, les groupes sont n\u00e9cessairement plus restreints et donc plus pr\u00e8s les uns des <span style=\"white-space: nowrap;\">autres<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-2\" href=\"#footnote-2\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-2\"><a href=\"#fn-ref-2\"> 2 <\/a> - Les citations d\u2019Alayn Ouellet sont extraites de la communication&nbsp;<em>Langage Plus, acteur du d\u00e9veloppement artistique local<\/em>&nbsp;pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9cole des arts plastiques de Chatellerault, France, en octobre 1999\u00b7<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans la foul\u00e9e de la Galerie de l\u2019Arche, l\u2019un des premiers centres d\u2019artistes du Qu\u00e9bec, fond\u00e9 \u00e0 Jonqui\u00e8re en 1975, que S\u00e9quence a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9. Ses objectifs d\u2019alors \u00e9taient de promouvoir la photographie au Saguenay-Lac-Saint-Jean tout en supportant les artistes qui avaient choisi cette discipline.<\/p>\n\n\n\n<p>Fond\u00e9 en 1983, S\u00e9quence un centre de recherche et de diffusion en arts visuels et en technologies, dirig\u00e9 par Gilles S\u00e9n\u00e9chal. Depuis ses d\u00e9buts, S\u00e9quence a voulu agir au-del\u00e0 du territoire local et promouvoir la diversit\u00e9 des approches et pratiques photographiques. Ainsi, si le centre privil\u00e9gie le cr\u00e9neau de la photographie, il \u00e9largit son mandat aux diverses technologies \u2014 vid\u00e9o, infographie, multim\u00e9dia.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1988, S\u00e9quence d\u00e9m\u00e9nage de Jonqui\u00e8re \u00e0 Chicoutimi, dans le but de se rapprocher de la communaut\u00e9 artistique et universitaire. S\u00e9quence s\u2019oriente d\u00e9sormais vers le d\u00e9veloppement d\u2019un centre r\u00e9gional multidisciplinaire en technologie de l\u2019image et a repris le flambeau de la tourn\u00e9e r\u00e9gionale des&nbsp;<em>Rendez-vous du film sur l\u2019art<\/em>&nbsp;(dont la premi\u00e8re \u00e9dition a eu lieu en 1995), tourn\u00e9e qu\u2019il organisait pr\u00e9c\u00e9demment de concert avec Daniel Jean, artiste et auteur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire du centre d\u2019artistes autog\u00e9r\u00e9 Espace virtuel, incorpor\u00e9e depuis 1984 situ\u00e9 dans les locaux d\u2019un b\u00e2timent patrimonial qui abrite, entre autres, le C\u00e9gep de Chicoutimi, remonte aussi \u00e0 plusieurs ann\u00e9es. C\u2019est en 1958 qu\u2019on \u00e9tablit la corporation du Cercle des Arts du Saguenay \u2014 premier nom de l\u2019organisme d\u2019arts visuels qui donna naissance \u00e0 Espace Virtuel.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1965, Le Cercle des arts du Saguenay se donne pour objectif de faire la promotion et la diffusion d\u2019artistes en arts visuels de la r\u00e9gion et de l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019ann\u00e9e suivante, Le Cercle des arts du Saguenay devient La Soci\u00e9t\u00e9 des arts de Chicoutimi.<\/p>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<em>Biennale de la francophonie canadienne<\/em>&nbsp;a lieu en 1975 et on pr\u00e9sente, en 1978, l\u2019exposition&nbsp;<em>De la figuration \u00e0 la non-figuration dans l\u2019art qu\u00e9b\u00e9cois<\/em>. Enfin, en 1980, La Soci\u00e9t\u00e9 des arts de Chicoutimi inc. devient Espace Virtuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 1986, Espace Virtuel a pr\u00e9sent\u00e9 plus de 125 expositions, r\u00e9alis\u00e9 et produit plusieurs publications et livres d\u2019artistes (dont un en 1997 de l\u2019artiste-peintre H\u00e9l\u00e8ne Roy), organis\u00e9 des colloques, conf\u00e9rences, r\u00e9sidences, \u00e9changes et interventions artistiques. L\u2019organisme a diffus\u00e9 le travail de professionnels et d\u2019artistes en arts contemporains tels que Pierre Granche, Serge Lemoyne, Jean-Jules Soucy, Ren\u00e9 Payant, Guy Blackburn, Jean Dumont, Jean-Pierre Vidal, Olivier Asselin, Lorraine Verner.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous la direction g\u00e9n\u00e9rale d\u2019Annie Gauvin et de Martial Despr\u00e9s, directeur adjoint, le conseil d\u2019administration d\u2019Espace virtuel est compos\u00e9 d\u2019artistes professionnels et de la rel\u00e8ve. Le centre dessert une communaut\u00e9 d\u2019environ 145&nbsp;000 habitants r\u00e9partis dans les villes et villages avoisinants.<\/p>\n\n\n\n<p>Espace Virtuel organise aussi, en compagnie d\u2019autres associations r\u00e9gionales,&nbsp;<em>La parade des arts<\/em>\u00e0 laquelle participent 3 000 enfants, dont presque deux tiers proviennent du premier cycle et des maternelles. On a pu assister cette ann\u00e9e \u00e0&nbsp;<em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement ponpon<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019artiste Marc Dulude, alors que plusieurs centaines d\u2019enfants d\u00e9valaient le paysage munis d\u2019une flop\u00e9e de ponpons color\u00e9s, cr\u00e9ant un vif et vaste nuage en mouvance dans les rues de Ville de La Baie.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre initiative est issue du d\u00e9sir d\u2019artistes de prendre leur carri\u00e8re en main. Le collectif d\u2019artistes L\u2019Oreille coup\u00e9e a pris naissance en 1988 dans un cours de fin de Baccalaur\u00e9at (gestion en art), alors que six \u00e9tudiants d\u00e9siraient voir s\u2019ils pouvaient vivre et travailler dans leur r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1993, les six membres de l\u2019atelier l\u2019Oreille coup\u00e9e (Carl Bouchard, Claudine Cotton, Madeleine Dor\u00e9, Patrice Duchesne, Martin Dufrasne, Natasha Gagn\u00e9) d\u00e9cident d\u2019emm\u00e9nager, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur lieu de production au centre-ville, un espace destin\u00e9 \u00e0 recevoir des propositions artistiques vari\u00e9es. Ainsi na\u00eet Le Lobe, lieu de recherche et de diffusion en art actuel d\u2019abord situ\u00e9 sur la rue Riverin et relocalis\u00e9, depuis 1997, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de TouTTouT \u2014 une ancienne \u00e9cole dont les salles de liasse ont \u00e9t\u00e9 reconverties en une douzaine d\u2019ateliers \u2014 propri\u00e9t\u00e9s d\u2019autant d\u2019artistes. L\u2019Oreille coup\u00e9e devait se dissoudre en 1998, alors que TouTTouT et Le Lobe, devenus autonomes, prenaient leur envol.<\/p>\n\n\n\n<p>La formule de TouTTouT peut para\u00eetre inconcevable pour une grande ville. Douze artistes repr\u00e9sentant trois g\u00e9n\u00e9rations (\u00c9ric Bachand, Guy Blackburn, Jacques Blanchet, Carl Bouchard, Claudine Cotton, Madeleine Dor\u00e9, Patrice Duchesne, Martin Dufrasne, Natasha Gagn\u00e9, Michel Lemelin, Sonia Robertson, Yves Tremblay) deviennent conjointement propri\u00e9taires d\u2019une ancienne \u00e9cole primaire, dans laquelle ils am\u00e9nagent \u00e0 leur gr\u00e9 leurs ateliers, bureau et menuiserie collective, selon un esprit de partage des outils et des ressources. Chacun a investi 5 000&nbsp;$ pour acqu\u00e9rir une part et participer au fonds de roulement, au compte commun, \u00e0 la convention, et ce, dans le respect des individualit\u00e9s \u2014 sans id\u00e9ologie ou mouvement communs.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 noms multiples \u00e0 mission limitative&nbsp;\u00bb permet, selon l\u2019un des artistes propri\u00e9taires, Guy Blackburn, de responsabiliser les individus aux choix administratifs, \u00e0 l\u2019entretien et au devenir de ce lieu, contrairement \u00e0 l\u2019OSBL, qui, selon lui, en prenant tout en charge, contribue \u00e0 une certaine d\u00e9responsabilisation. \u00ab&nbsp;Les artistes doivent s\u2019organiser et non pas se faire organiser&nbsp;\u00bb, clame-t-il.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Place au th\u00e9\u00e2tre&nbsp;! La Rubrique et le CRI<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u00f4t\u00e9 th\u00e9\u00e2tre, on compte plusieurs \u00e9v\u00e9nements et petites compagnies dont les vis\u00e9es diff\u00e8rent. De la&nbsp;<em>Semaine mondiale de la marionnette<\/em>, on passe aux Amis de chiffon, au Th\u00e9\u00e2tre Mic Mac et \u00e0 la troupe Les T\u00eates heureuses. Puis, on note d\u2019autres initiatives comme le Th\u00e9\u00e2tre de la Rubrique et une jeune compagnie de th\u00e9\u00e2tre exp\u00e9rimental, le Th\u00e9\u00e2tre CRI.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, la compagnie de th\u00e9\u00e2tre La Rubrique a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1979 par une auteure Marielle Brown, et deux jeunes com\u00e9diens professionnels finissants de l\u2019\u00e9cole nationale de th\u00e9\u00e2tre, Diane Maziade et Julien Fortin. Ceux-ci caressaient le projet de cr\u00e9er une compagnie th\u00e9\u00e2trale professionnelle et permanente au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une compagnie pouvant produire et diffuser un th\u00e9\u00e2tre contemporain ax\u00e9 sur des pr\u00e9occupations sociales et offrir des ateliers d\u2019initiation, un service d\u2019interventions et prendre en charge un lieu de diffusion. Au fil des ans, pr\u00e8s de 5 000 personnes se sont ainsi familiaris\u00e9es avec l\u2019expression th\u00e9\u00e2trale.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s les d\u00e9buts, La Rubrique est un membre actif de l\u2019Association qu\u00e9b\u00e9coise du jeune th\u00e9\u00e2tre. C\u2019est l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tre est vu comme un outil d\u2019intervention sociale. Depuis, La Rubrique a orient\u00e9 sa d\u00e9marche artistique vers le th\u00e9\u00e2tre de cr\u00e9ation o\u00f9 l\u2019auteur est au centre de tout projet et o\u00f9 chaque production permet d\u2019explorer des univers formels \u00e0 cr\u00e9er de toutes pi\u00e8ces.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 1979, La Rubrique a mont\u00e9 21 \u0153uvres qu\u00e9b\u00e9coises dont les trois quarts \u00e9taient d\u2019auteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle a r\u00e9alis\u00e9 28 productions majeures (23 pour le public adulte, 5 pour le jeune public \u2014 secteur qui fut abandonn\u00e9 en 1988). Elle a aussi d\u00e9velopp\u00e9 des ateliers qui rejoignent entre 200 et 300 personnes par ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1988, La Rubrique d\u00e9cide de se doter de son propre lieu de diffusion. C\u2019est ainsi qu\u2019elle s\u2019installe dans l\u2019ancien caf\u00e9-th\u00e9\u00e2tre Chez l\u2019Bedeau \u00e0 Jonqui\u00e8re, qu\u2019elle rebaptise Le C\u00f4t\u00e9-Cour. Elle occupera les lieux jusqu\u2019en 1992. La Rubrique ouvre ce lieu \u00e0 d\u2019autres groupes et \u00e9v\u00e9nements culturels et en fait l\u2019une des petites salles les plus dynamiques de la r\u00e9gion. C\u2019est \u00e0 ce moment que la Rubrique devient, \u00e0 l\u2019invitation de la Ville de Jonqui\u00e8re, troupe r\u00e9sidente du Centre culturel du Mont-Jacob, lui permettant de regrouper sous un m\u00eame toit la production, l\u2019administration, les ateliers et l\u2019entrep\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, La Rubrique a eu l\u2019occasion de recevoir deux jeunes auteurs en r\u00e9sidence, soit Daniel Danis qui a \u00e9crit, durant son stage,&nbsp;<em>Cendres de cailloux<\/em>&nbsp;et Pierre-Michel Tremblay, qui a \u00e9crit&nbsp;<em>Le jeu du pendu<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois productions ont eu une diffusion extra-saguen\u00e9enne&nbsp;:&nbsp;<em>La D\u00e9position<\/em>&nbsp;(jou\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al, en Mont\u00e9r\u00e9gie et dans les Basses-Laurentides),&nbsp;<em>Cendres de cailloux<\/em>&nbsp;(invit\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al et \u00e0 Sherbrooke par les 20 jours du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 risque en 1994) et&nbsp;<em>Laguna Beach<\/em>&nbsp;(pr\u00e9sent\u00e9e en octobre 1999 \u00e0 la Salle Fred-Barry). Cette derni\u00e8re production a permis \u00e0 d\u2019obtenir le Masque de la Production \u00ab&nbsp;r\u00e9gions&nbsp;\u00bb en f\u00e9vrier 2000. D\u00e9j\u00e0 en 1994, Cendres de cailloux avait \u00e9t\u00e9 honor\u00e9e alors que l\u2019Acad\u00e9mie remettait le Masque du Texte original \u00e0 Daniel Danis.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1995, lors de la cr\u00e9ation du CALQ, LA Rubrique se voyait exclue du programme d\u2019aide au fonctionnement de l\u2019organisme. Au m\u00eame moment, elle recevait ses premi\u00e8res subventions d\u2019aide au projet du CAC. Depuis 1998, la r\u00e9int\u00e9gration au volet fonctionnement du CALQ ainsi que l\u2019admission au programme de fonctionnement du CAC ont insuffl\u00e9 une nouvelle dynamique \u00e0 la compagnie et lui ont permis d\u2019\u00e9laborer un plan de d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, apr\u00e8s quelques reports, on inaugurera \u00e0 l\u2019hiver&nbsp;2001 un Centre de production et de diffusion des arts de la sc\u00e8ne. La Rubrique y sera la compagnie en r\u00e9sidence et aura la responsabilit\u00e9 de la salle de r\u00e9p\u00e9titions, des locaux de fabrication et de confection de d\u00e9cors et de costumes ainsi que la priorit\u00e9 d\u2019utilisation de la nouvelle salle de spectacle. Cet \u00e9quipement lui permettra d\u2019\u00e9tendre son champ d\u2019activit\u00e9, puisqu\u2019en plus d\u2019\u00eatre producteur, elle accueillera d\u2019autres compagnies de cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre exp\u00e9rimental, on voit na\u00eetre, en 1997, le Centre de recherche et d\u2019interpr\u00e9tation th\u00e9\u00e2trale, le Th\u00e9\u00e2tre CRI. Ses deux fondateurs, Guylaine Rivard et Serge Potvin, pr\u00f4nent un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 la recherche et l\u2019exp\u00e9rimentation de techniques sont offertes conjointement avec un programme de perfectionnement aux professionnels de la r\u00e9gion, sous forme d\u2019ateliers dirig\u00e9s par des ma\u00eetres invit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les productions du CRI, on compte la cr\u00e9ation&nbsp;<em>Du bec et des ongles<\/em>&nbsp;(1997, mise en sc\u00e8ne de Guylaine Rivard),&nbsp;<em>La nuit de Madame Lucienne<\/em>&nbsp;(texte de Copi, mise en sc\u00e8ne de Dominick B\u00e9dard),&nbsp;<em>Catatonie&nbsp;1<\/em>&nbsp;(d\u2019apr\u00e8s une id\u00e9e originale de Dominick B\u00e9dard, mise en sc\u00e8ne de Guylaine Rivard), de m\u00eame que plusieurs manifestations publiques dont&nbsp;<em>La soir\u00e9e des masques<\/em>&nbsp;(1997, hommage aux cr\u00e9ateurs r\u00e9gionaux) et&nbsp;<em>Soudain, le voile du palais<\/em>&nbsp;(texte de Michel Lemelin, performance-th\u00e9\u00e2tre dirig\u00e9e par Michel Lemelin en association avec Le CRI).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Pour nous, le d\u00e9fi est de d\u00e9fendre l\u2019art qui nous passionne en proposant un th\u00e9\u00e2tre diff\u00e9rent et sans artifice, sans avoir \u00e0 nous exiler vers les grands centres&nbsp;\u00bb, soutiennent Guylaine Rivard et Serge Potvin, membres fondateurs de la compagnie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le cin\u00e9ma de la \u00ab&nbsp;rel\u00e8ve&nbsp;\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Du 2 au 5 mars 2000 avait lieu la quatri\u00e8me \u00e9dition du festival&nbsp;<em>Regard sur la rel\u00e8ve du cin\u00e9ma qu\u00e9b\u00e9cois au Saguenay<\/em>. Le succ\u00e8s des \u00e9ditions pr\u00e9c\u00e9dentes a d\u00e9j\u00e0 fait du festival, en quatre ans seulement, le plus important lieu de rencontre du jeune cin\u00e9ma qu\u00e9b\u00e9cois. Les premi\u00e8res \u0153uvres des nouveaux r\u00e9alisateurs trouvent \u00e0 Jonqui\u00e8re et \u00e0 Chicoutimi une foule de cin\u00e9philes qui accourt \u00e0 la d\u00e9couverte des plus r\u00e9cents courts, moyens et longs m\u00e9trages de la \u00ab&nbsp;rel\u00e8ve professionnelle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Un des objectifs avou\u00e9s du festival est de rapprocher les r\u00e9alisateurs et le public, tout en favorisant l\u2019\u00e9mergence de nouveaux visages du cin\u00e9ma sur la sc\u00e8ne nationale. Ainsi,&nbsp;<em>Regard&#8230;<\/em>travaille d\u2019une part \u00e0 offrir une diffusion \u00e0 cette \u00ab&nbsp;rel\u00e8ve professionnelle&nbsp;\u00bb et, d\u2019autre part, \u00e0 d\u00e9velopper des publies gr\u00e2ce \u00e0 divers projets poursuivis par Caravane Films \u2014 un collectif de cin\u00e9astes r\u00e9unis pour partager et r\u00e9aliser diff\u00e9rents projets de cr\u00e9ation, dont le festival.&nbsp;<em>Regard&#8230;<\/em>souhaite ainsi contribuer au d\u00e9veloppement du public cin\u00e9phile dans une r\u00e9gion o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s au nouveau cin\u00e9ma est rare; provoquer un engouement pour le cin\u00e9ma d\u2019auteur; contribuer \u00e0 la reconnaissance de nouveaux r\u00e9alisateurs professionnels; provoquer des rencontres entre les r\u00e9alisateurs et le public; stimuler les \u00e9changes entre les professionnels du cin\u00e9ma; cr\u00e9er un lieu de rassemblement pour les producteurs et diffuseurs susceptibles de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ces premi\u00e8res \u0153uvres; cr\u00e9er une alliance avec la francophonie pour la diffusion des premi\u00e8res \u0153uvres cin\u00e9matographiques \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>La direction artistique du festival est assur\u00e9e depuis 1996 par \u00c9ric Bachand, pr\u00e9sident-fondateur de Caravane Films et promoteur du Festival. Pour la s\u00e9lection des films, ce dernier travaille en collaboration avec un comit\u00e9 de s\u00e9lection form\u00e9 des membres du festival (Isabelle Rioux, administratrice de Caravane Films; S\u00e9bastien Pilote, cin\u00e9aste et administrateur de Caravane Films; Jocelyn Robert, sc\u00e9nariste et charg\u00e9 de la coordination du festival&#8230;)<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me \u00e9dition du festival,&nbsp;<em>Regard&#8230;<\/em>&nbsp;2000, \u00e9tait soutenue par le porte-parole David LaHaye. Une cuv\u00e9e qui comprenait cinquante courts, moyens et premiers longs m\u00e9trages, r\u00e9partis en huit s\u00e9ances de projections de films et de vid\u00e9os dans deux salles de visionnement \u2014 l\u2019une \u00e0 Jonqui\u00e8re et l\u2019autre \u00e0 Chicoutimi \u2014 rassemblant plusieurs centaines de personnes. Parmi les activit\u00e9s offertes\u222b&nbsp;: une projection sp\u00e9ciale au Lac-Saint-Jean; une matin\u00e9e de cin\u00e9ma d\u2019animation; un volet sur le cin\u00e9ma de la rel\u00e8ve francophone canadienne; une soir\u00e9e sp\u00e9ciale de projections des jeunes cr\u00e9ateurs; des lectures de sc\u00e9narios de jeunes cr\u00e9ateurs; une table ronde th\u00e9matique et une soir\u00e9e pour insomniaques avec projections de films exp\u00e9rimentaux et performances multim\u00e9dia en collaboration avec la galerie Le Lobe de L\u2019Atelier TouTTouT.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Festival des musiques de cr\u00e9ation du Sagunay-Lac-Saint-Jean<\/h2>\n\n\n\n<p>Le&nbsp;<em>Festival des musiques de cr\u00e9ation<\/em>&nbsp;(FMC) doit sa naissance \u00e0 deux organismes culturels r\u00e9gionaux&nbsp;: le Centre d\u2019exp\u00e9rimentation musicale de Jonqui\u00e8re et la Corporation culturelle, artistique et sociale d\u2019Alma.<\/p>\n\n\n\n<p>Corporation sans but lucratif, le Festival s\u2019est investi, depuis dix ans, dans la diffusion de musiques nouvelles d\u2019ici et d\u2019ailleurs. Au d\u00e9part, le d\u00e9fi de diffuser et de provoquer la cr\u00e9ation musicale actuelle, hors des grands centres urbains qu\u00e9b\u00e9cois ou canadiens, a pu para\u00eetre utopique. Le festival a su n\u00e9anmoins faire sa place dans le paysage de la diffusion des musiques de cr\u00e9ation au Qu\u00e9bec et au Canada.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 1989, plusieurs organisations culturelles se sont associ\u00e9es et ont collabor\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9dification de cette entreprise de cr\u00e9ation, dont le&nbsp;<em>Festival international de musique actuelle<\/em>&nbsp;(Victoriaville), la Soci\u00e9t\u00e9 Radio-Canada (Chicoutimi, Montr\u00e9al), Ambiances magn\u00e9tiques (Montr\u00e9al,&nbsp;<em>Innovations en concert<\/em>&nbsp;(Montr\u00e9al),&nbsp;<em>Soir\u00e9es de musique fra\u00eeche<\/em>&nbsp;(Qu\u00e9bec),&nbsp;<em>Mouvement international de musique innovatrice<\/em>&nbsp;(France), le caf\u00e9-th\u00e9\u00e2tre C\u00f4t\u00e9-Cour (Jonqui\u00e8re), le Centre culturel de Jonqui\u00e8re, les centres d\u2019artistes et galeries Espace virtuel (Chicoutimi) et Langage Plus (Alma), les Productions du CEM (Chicoutimi), la Soci\u00e9t\u00e9 de musique contemporaine du Qu\u00e9bec et l\u2019Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.<\/p>\n\n\n\n<p>Le festival s\u2019est engag\u00e9 aussi bien dans la cr\u00e9ation que dans la diffusion des musiques novatrices et contemporaines. Il a soutenu la production d\u2019\u00e9v\u00e9nements musicaux uniques en r\u00e9gion&nbsp;:&nbsp;<em>Les chants de la paix<\/em>&nbsp;(1993), le duo Lamothe Young (1993),&nbsp;<em>Rappel \u00e0 l\u2019orgue<\/em>&nbsp;(1994),&nbsp;<em>Cem Band<\/em>(1997),&nbsp;<em>Chim\u00e8res&nbsp;III<\/em>&nbsp;(1998),&nbsp;<em>Des musiques et des mots<\/em>&nbsp;(1998).<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de ses dix ans d\u2019existence, le FMC a pr\u00e9sent\u00e9 au-del\u00e0 de 55 concerts et spectacles, en plus d\u2019une douzaine d\u2019\u00e9v\u00e9nements multidisciplinaires o\u00f9 la musique s\u2019est mari\u00e9e aux arts plastiques, au th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 la litt\u00e9rature, \u00e0 la danse et \u00e0 la sculpture. Quelque 7 000 spectateurs ont pu voir, entendre et appr\u00e9cier cette musique. Un publie vari\u00e9 (20 \u00e0 50 ans) a assist\u00e9 aux diff\u00e9rents concerts, spectacles ou \u00e9v\u00e9nements. Pr\u00e8s de 300 artistes d\u2019Am\u00e9rique, d\u2019Europe et d\u2019Asie ont pr\u00e9sent\u00e9 leurs cr\u00e9ations \u00e0 Jonqui\u00e8re. De plus, le Festival se pr\u00e9occupe du d\u00e9veloppement culturel r\u00e9gional de par son implication aupr\u00e8s de plusieurs organismes&nbsp;: le Conseil r\u00e9gional de la culture du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Ville de Jonqui\u00e8re via sa politique des arts et de la culture et la Maison d\u2019animation sociale et culturelle de Jonqui\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Au pas technologique!<\/h2>\n\n\n\n<p>Contrairement aux pr\u00e9jug\u00e9s qui peuvent parfois circuler \u00e0 l\u2019\u00e9gard des \u00ab&nbsp;r\u00e9gions&nbsp;\u00bb, le milieu artistique du Saguenay-Lac-Saint-Jean est tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aff\u00fbt des nouveaux m\u00e9diums. D\u00e9j\u00e0, au d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1980, Langage Plus s\u2019est investi dans des projets d\u2019art qui impliquaient des nouvelles technologies et des intervenants de diff\u00e9rents continents&nbsp;:&nbsp;<em>Lasart<\/em>, communication artistique par photo-laser entre le centre et la Galerie Sans Nom, Moncton,&nbsp;<em>Le monde en 24 heures<\/em>&nbsp;(1982), conf\u00e9rence par t\u00e9l\u00e9-informatique impliquant une trentaine de centres \u00e0 travers le monde (\u00e9v\u00e9nement Ars electronica, Autriche),&nbsp;<em>La plissure du texte<\/em>&nbsp;(1984) \u2014 une premi\u00e8re exp\u00e9rience de transmission d\u2019images vid\u00e9o en direct, simultan\u00e9es, par voie t\u00e9l\u00e9phonique entre Alma et Plattsburgh&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La galerie, S\u00e9quence prend aussi le virage technologique. Privil\u00e9giant le cr\u00e9neau de la photographie, le centre \u00e9largit son mandat aux diverses technologies \u2014 vid\u00e9o, infographie, multim\u00e9dia. S\u00e9quence vise en effet \u2014 devenir un centre r\u00e9gional multidisciplinaire en technologie de l\u2019image, dans lequel un parc d\u2019\u00e9quipement permettrait aux artistes de faire progresser leur recherche et leur cr\u00e9ation au contact des technologies actuelles, Lors de la 6e \u00e9dition des&nbsp;<em>Rendez-vous du film sur l\u2019art<\/em>, S\u00e9quence a produit des cartes postales sur lesquelles \u00e9taient imprim\u00e9s des paysages virtuels de Carol Dallaire, qui exhortaient les amants de l\u2019art \u00e0 les envoyer aux autorit\u00e9s politiques&nbsp;: maires, d\u00e9put\u00e9s, ministres&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9gion a aussi son Centre de recherche et de production en estampe actuelle et nouvelles technologies \u00e0 Alma&nbsp;: l\u2019Atelier d\u2019estampe Sagamie (dirig\u00e9 par Nicholas Pitre). En raison de sa situation g\u00e9ographique particuli\u00e8re qui ne lui permettait pas d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un bassin d\u2019artistes-estampiers de formation, l\u2019Atelier a d\u00fb se doter, d\u00e8s sa fondation en 1980, de m\u00e9canismes de fonctionnement diff\u00e9rents des ateliers d\u2019estampe situ\u00e9s pr\u00e8s des grands centres urbains.<\/p>\n\n\n\n<p>Progressivement, l\u2019Atelier d\u2019estampe Sagamie offre aux artistes de champs disciplinaires vari\u00e9s l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9quipements sp\u00e9cialis\u00e9s en s\u00e9rigraphie (1980), en gravure (1985), en lithographie (1995), en infographie (1996) et en impression num\u00e9rique de grand format (1998). Au fil des ans, l\u2019Atelier d\u2019estampe Sagamie a d\u00e9velopp\u00e9 une expertise dans l\u2019accompagnement de projets artistiques hybrides, dotant l\u2019estampe de moyens que les artistes ne retrouvent nulle part ailleurs au Qu\u00e9bec. Il est maintenant reconnu par le milieu qu\u00e9b\u00e9cois comme chef de file dans le domaine de la recherche et de la cr\u00e9ation en art contemporain, une r\u00e9f\u00e9rence en imagerie num\u00e9rique et le seul centre \u00e0 mettre \u00e0 la disposition des artistes une imageuse num\u00e9rique de grand format. C\u2019est l\u00e0 que les artistes Carol Dallaire et Claude&nbsp;Lamarche-2\/NPC exp\u00e9rimentent ce qu\u2019ils s\u2019appellent maintenant l\u2019\u00ab&nbsp;estampe infographique&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;num\u00e9rique&nbsp;\u00bb (le terme ne faisant pas encore consensus) \u2014 donnant lieu \u00e0 une nouvelle tendance dans le domaine de l\u2019estampe.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le collectif Interaction Qui, fond\u00e9 en 1982 \u00e0 Alma par Alain Laroche et Jocelyn Maltais, a pour int\u00e9r\u00eats de recherche et de production les rapports qu\u2019entretiennent l\u2019art et la soci\u00e9t\u00e9, de m\u00eame que l\u2019influence des nouvelles technologies sur la pratique artistique et la notion d\u2019\u00ab&nbsp;interactivit\u00e9&nbsp;\u00bb dans la conception et la production d\u2019une \u0153uvre. D\u00e8s 1980, le photocopieur, le t\u00e9lex, la photo-laser et plus tard l\u2019ordinateur, la t\u00e9l\u00e9matique et le satellite ont \u00e9t\u00e9 des outils pr\u00e9sents dans leurs travaux.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, Interaction Qui offre au milieu \u00e9ducatif et culturel son expertise dans le d\u00e9veloppement de services interactifs li\u00e9s aux technologies de l\u2019information et des communications&nbsp;: c\u00e9d\u00e9rom interactif, implantation d\u2019un r\u00e9seau t\u00e9l\u00e9matique, d\u00e9veloppement de contenus sur les inforoutes&#8230; Les sources de financement d\u2019Interaction Qui proviennent principalement de la vente de services dans le domaine des nouvelles technologies et de subventions gouvernementales accord\u00e9es \u00e0 des projets sp\u00e9ciaux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De la d\u00e9mesure&nbsp;!<\/h2>\n\n\n\n<p>La d\u00e9mesure se rait-elle une qualit\u00e9 sp\u00e9cifique aux habitants du Saguenay-Lac-Saint-Jean&nbsp;? \u00c0 voir aller certains de ses artistes, on pourrait le croire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un art social communautaire, faisant intervenir massivement la population semble en effet de mise au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L\u2019art est ici appel\u00e9 \u00e0 devenir g\u00e9ant \u00e0 la mesure de la solidarit\u00e9 populaire.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1957, le barbier Arthur Villeneuve (1910-1990), \u00e0 la lecture d\u2019un \u00e9vangile exhortant chacun \u00e0 d\u00e9couvrir le talent qui l\u2019habite et \u00e0 le faire fructifier, se sent pouss\u00e9 \u00e0 s\u2019incrire dans le monde de l\u2019art de mani\u00e8re volontaire et spontan\u00e9e. En r\u00e9ponse \u00e0 cet appel, se sentant investi d\u2019une sorte de mission religieuse, il entreprend de recouvrir les murs in t\u00e9 rieurs et ext\u00e9rieurs de sa r\u00e9sidence de fresques color\u00e9es racontant l\u2019histoire et la g\u00e9ographie r\u00e9gionales, qu\u2019il appelle ses \u00ab&nbsp;chefs-d\u2019oeuvrages&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>On y voit appara\u00eetre le quartier Limoilou \u00e0 Qu\u00e9bec, l\u2019Oratoire Saint-Joseph, la Basilique Saint-Pierre de Rome, les Spoutniks, son quartier, le Bassin, et les magasins de la rue Racine, le Saguenay, l\u2019H\u00f4tel de ville et l\u2019H\u00f4pital de Chicoutimi. Arthur Villeneuve nomme \u00ab&nbsp;continuance&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;susconscient&nbsp;\u00bb la relation de continuit\u00e9 entre les \u00e9l\u00e9ments vivants et la mati\u00e8re inerte qu\u2019il cherche \u00e0 exprimer dans ses \u0153uvres.<\/p>\n\n\n\n<p>Situ\u00e9 au Bassin, un quartier ouvrier de Chicoutimi, le \u00ab&nbsp;Mus\u00e9e de l\u2019artiste&nbsp;\u00bb ouvre ses portes au public en 1959. Jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1990, Arthur Villeneuve accueille les visiteurs, en compagnie de son \u00e9pouse, H\u00e9l\u00e8ne Morin. En 1994, c\u2019est le grand d\u00e9m\u00e9nagement. La maison est relocalis\u00e9e au B\u00e2timent&nbsp;1921, un \u00e9difice patrimonial de la Pulperie de Chicoutimi devenu un vaste espace d\u2019exposition. La Maison Villeneuve constitue aujourd\u2019hui l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments majeurs de la collection de la Pulperie.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1981, Insertion (un collectif ayant des probl\u00e9matiques engag\u00e9es et multipliant les actions de rue, qui a cess\u00e9 ses activit\u00e9s en 1992) r\u00e9alise&nbsp;<em>Neige Us\u00e9e<\/em>. L\u2019expression \u00ab&nbsp;neige us\u00e9e&nbsp;\u00bb est inscrite sur un immense monticule de neige sale, de sorte \u00e0 faire r\u00e9agir la ville qui, percevant l\u2019intervention comme une insulte, le fera subitement dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame ann\u00e9e, l\u2019artiste Jocelyn Maltais entre prend de r\u00e9aliser une \u0153uvre \u00e9v\u00e9nementielle en s\u2019appropriant avec la population un espace urbain r\u00e9serv\u00e9 aux affaires. Ainsi, il fait des essais au photocopieur avec une personne comme sujet. Fragment\u00e9es en sept parties, les copies sont assembl\u00e9es pour former une affiche grandeur nature de personnages appuy\u00e9s frontalement sur la vitre. Spontan\u00e9ment, un collectif se forme autour de l\u2019id\u00e9e de couvrir les vitrines de la rue Sacr\u00e9-C\u0153ur, l\u2019art\u00e8re commerciale d\u2019Alma, d\u2019une fresque de corps photocopi\u00e9s, donnant naissance \u00e0&nbsp;<em>Une rue ARTfaire<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, il \u00e9tait difficile de convaincre les commer\u00e7ants, mais, au fur et \u00e0 mesure, tous ont embarqu\u00e9. Les vitrines d\u2019une trentaine de commerces ont alors \u00e9t\u00e9 recouvertes de 12&nbsp;000 copies (300 personnes photocopi\u00e9es pour un co\u00fbt approximatif de 3 000&nbsp;$). Pendant cinq jours, lors des Festivit\u00e9s de la Saint-Jean, \u00ab&nbsp;l\u2019art \u00e9tait descendu dans la rue et les vitrines du centre-ville ont baiss\u00e9 les paupi\u00e8res pour d\u00e9voiler une sc\u00e8ne tragique \u00e0 la vue des passants. Un millier de cadavres (hommes, femmes, enfants) compress\u00e9s en une frise ininterrompue, comme si la rue s\u2019\u00e9tait mise \u00e0 raconter l\u2019envers du d\u00e9cor&nbsp;\u00bb, se rappelle l\u2019artiste Yves Tremblay. La rue Sacr\u00e9-C\u0153ur \u00e9tait ainsi pass\u00e9e d\u2019une rue d\u2019affaires \u00e0 une rue ARTfaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Interaction Qui et l\u2019<em>\u00c9v\u00e9nement Ouananiche<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis bient\u00f4t 20 ans, le collectif d\u2019artistes Interaction Qui, compos\u00e9 d\u2019Alain Laroche et de Jocelyn Maltais, poursuit une d\u00e9marche ax\u00e9e sur 1&#8217;art social. Leur pratique artistique envahit l\u2019espace collectif par la cr\u00e9ation d\u2019\u00e9l\u00e9ments symboliques significatifs pour la communaut\u00e9. Ayant choisi de limiter ses actions au territoire du Saguenay-Lac-Sain-Jean, le collectif affirme une position r\u00e9gionaliste en exploitant des th\u00e8mes universels comme la probl\u00e9matique \u00e9cologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Inaugur\u00e9 en 1995,&nbsp;<em>\u00c9v\u00e9nement Ouananiche<\/em>&nbsp;est une \u0153uvre \u00e9v\u00e9nementielle d\u2019envergure r\u00e9gionale et internationale c\u00e9l\u00e9brant l\u2019embl\u00e8me animalier du Saguenay-Lac-Saint-Jean&nbsp;: la ouananiche (ayant fait consensus r\u00e9gional en 1988). Le but vis\u00e9 par ce projet est de mettre en place une infrastructure permanente (Sites des g\u00e9n\u00e9rations) valorisant la famille dans chacun des 57 villages et villes de la r\u00e9gion du Saguenay-Lac-Sain-Jean ainsi que dans la communaut\u00e9 am\u00e9rindienne de Mashteuiatsh.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque municipalit\u00e9 contribue en r\u00e9servant un espace \u00e0 la m\u00e9moire de leurs familles respectives. Interaction Qui compte impliquer directement dans ce projet, au fil des ans, 5400 familles, soit pr\u00e8s de 50&nbsp;000 personnes. Ainsi reconnu, l\u2019embl\u00e8me animalier devient un \u00e9l\u00e9ment mobilisateur et rassembleur pour les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<p>Interaction Qui a \u00e9labor\u00e9 symboliquement son projet \u00e0 partir du cycle naturel d\u2019\u00e9volution de la ouananiche. Comme constituantes de l\u2019<em>\u00c9v\u00e9nement Ouananiche<\/em>, on retrouve donc l\u2019alevin, le Tacon-cailloux la Rivi\u00e8re mosa\u00efque, le Tacon-site, le Tacon-forum, le Tacon-comm\u00e9moratif&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le cycle d\u00e9bute par l\u2019alevin&nbsp;: c\u2019est l\u2019\u0153uf, la naissance. Dans le cadre du projet, cette phase consiste \u00e0 faire r\u00e9aliser une pierre peinte par des participants. \u00ab&nbsp;Signe de force et de permanence, la pierre est ensuite lanc\u00e9e dans un espace social comme une pierre \u00e0 l\u2019eau et initie une onde de choc qui se propagera et atteindra son point culminant lors de la c\u00e9l\u00e9bration de notre embl\u00e8me animalier&nbsp;\u00bb, mentionnent les artistes. En 1995, 4 000 cailloux ont \u00e9t\u00e9 peints par la population r\u00e9gionale. Le jeune alevin s\u2019associe par la suite \u00e0 une cinquantaine d\u2019autres pour devenir Tacon-cailloux, le premier lieu de rassemblement d\u2019<em>\u00c9v\u00e9nement Ouananiche<\/em>, la phase sociale de l\u2019\u0153uvre \u00e9v\u00e9nementielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, une vingtaine de Tacons-cailloux provenant de diff\u00e9rentes fray\u00e8res se regroupent dans une murale de pierre, un espace d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire collective, la Rivi\u00e8re. Comme un reflet dans l\u2019eau, une image s\u2019inspirant du patrimoine r\u00e9gional est peinte sur le fond de chacune des Rivi\u00e8res. Toutes les rivi\u00e8res patrimoniales se d\u00e9versent dans un m\u00eame lieu, soit l\u2019Aonanch. Aonanch est un terme montagnais du Lac-Saint-Jean signifiant \u00ab&nbsp;celui qui va partout, qui est partout, qu\u2019on trouve partout&nbsp;\u00bb, devenu en fran\u00e7ais \u00ab&nbsp;ouananiche&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Aonanch, c\u2019est la ouananiche \u00e0 maturit\u00e9, c\u2019est aussi une affirmation de solidarit\u00e9 et d\u2019appartenance \u00e0 une collectivit\u00e9 et \u00e0 un territoire, celui du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans une tr\u00e8s vaste enceinte, toutes les pierres personnalis\u00e9es formant les Tacons-cailloux sont assembl\u00e9es en Rivi\u00e8res tra\u00e7ant un immense cours d\u2019eau. Les photographies, vid\u00e9os, films, textes produits lors de l\u2019<em>\u00c9v\u00e9nement Ouananiche<\/em>&nbsp;trouvent ici un espace de pr\u00e9sentation. Toutefois, avant que ne prennent r\u00e9ellement forme les Rivi\u00e8res et le site Aonanch, des Rivi\u00e8res et des Tacons virtuels se construisent sur le r\u00e9seau internet. Il est alors possible \u00e0 chaque participant de trouver l\u2019image de son caillou peint et identifi\u00e9 sur le site Aonanch virtuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le M\u00e9morial r\u00e9gional des g\u00e9n\u00e9rations vise \u00e0 cr\u00e9er dans chacune des municipalit\u00e9s de la r\u00e9gion du Saguenay-Lac-Saint-Jean un Site des g\u00e9n\u00e9rations. Sur chaque site se trouvera un monument comm\u00e9moratif (Tacon-comm\u00e9moratif) \u00e0 l\u2019effigie de l\u2019embl\u00e8me animalier r\u00e9gional, la ouananiche \u2014 symbole de solidarit\u00e9 et de rassemblement. Ces monuments sont incrust\u00e9s de pierres de granit sur lesquelles sont inscrits les noms des familles saguen\u00e9ennes et jeannoises d\u2019hier, d\u2019aujourd\u2019hui et de demain. Ce monument \u00e9volutif permet d\u2019ajouter de nouvelles familles au fil des ans, cr\u00e9ant un immense M\u00e9morial, unique au monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque municipalit\u00e9 a son Site des g\u00e9n\u00e9rations (Tacon-comm\u00e9moratif) identique install\u00e9 dans un parc public. Chaque ann\u00e9e, dans toutes les municipalit\u00e9s, une c\u00e9r\u00e9monie est pr\u00e9vue afin d\u2019introduire sur les diff\u00e9rents Sites des g\u00e9n\u00e9rations de nouvelles familles.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Tacons-comm\u00e9moratifs comportent deux demi-sph\u00e8res qui contiennent en relief le nom des 60 municipalit\u00e9s du Saguenay-Lac-Saint-Jean pr\u00e9sentes au moment o\u00f9 la ouananiche fut d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e embl\u00e8me r\u00e9gional (1988). La dalle de b\u00e9ton qui les supporte est incrust\u00e9e de 60 pierres de granit noir sur lesquelles sont inscrits les noms des familles.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le monument, orient\u00e9 selon un axe nord-sud, appara\u00eet \u00e0 un moment pr\u00e9cis de l\u2019ann\u00e9e, par un subtil jeu d\u2019ombres et de lumi\u00e8re, un c\u0153ur de lumi\u00e8re. Issu de la r\u00e9flexion des rayons solaires sur l\u2019une des deux surfaces sph\u00e9riques du monument, ce c\u0153ur de lumi\u00e8re est visible \u00e0 partir du 21 mars de chaque ann\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9quinoxe du printemps et ce, pendant environ quinze jours. Le ph\u00e9nom\u00e8ne se d\u00e9roule durant cinquante \u00e0 soixante minutes \u00e0 compter de 10&nbsp;h, disparaissant vers 11&nbsp;h. Le monument s\u2019inscrit dans le cycle de la nature, comme un rite de passage.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous parlions de grandeur, nous y voil\u00e0! Tacon-site est la phase environnementale de l\u2019\u0153uvre \u00e9v\u00e9nementielle. Il s\u2019inspire de l\u2019esprit autochtone et de son respect de la nature. Il prend la forme d\u2019une ouananiche stylis\u00e9e et est compos\u00e9 de roches empil\u00e9es dans une cage m\u00e9tallique. Ce monument de pierres mesure 4 m\u00e8tres de long par 2 m\u00e8tres de large et 1 m\u00e8tre de haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Un Tacon-site est d\u2019abord une signal\u00e9tique marquant un lieu o\u00f9 s\u2019est r\u00e9alis\u00e9 un geste d\u2019entente et d\u2019entraide entre deux collectivit\u00e9s. Sa construction engendre une v\u00e9ritable corv\u00e9e et implique directement deux entit\u00e9s municipales. Par sa pr\u00e9sence sur le territoire, l\u2019embl\u00e8me animalier joue le r\u00f4le de signal-m\u00e9moire, un peu comme les inukshuks plant\u00e9s dans la toundra marquent des endroits strat\u00e9giques et significatifs pour l\u2019Inuit. Le monument prend son nom de l\u2019histoire du site, de sa morphologie ou tout simplement d\u2019une anecdote racont\u00e9e par le propri\u00e9taire du terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Tacons-sites sont pour la plupart install\u00e9s sur des terrains priv\u00e9s. Le propri\u00e9taire du terrain accueillant un Tacon-site se voit donc confier, par protocole symbolique, la responsabilit\u00e9 d\u2019entretenir la sculpture et d\u2019informer les \u00e9ventuels visiteurs de sa signification. Les propri\u00e9taires recevront toute la documentation pouvant les aider dans leur t\u00e2che d\u2019ambassadeurs de l\u2019embl\u00e8me animalier.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces ouananiches de pierre ont la t\u00eate orient\u00e9e vers l\u2019ouest dans le m\u00eame axe que le dessin de l\u2019embl\u00e8me sur le territoire. Le trac\u00e9 de l\u2019embl\u00e8me animalier, form\u00e9 par les 60 Tacons-sites s\u00e9par\u00e9s par une distance d\u2019environ 6&nbsp;km, marque d\u2019une empreinte permanente le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme un gigantesque symbole unificateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le trac\u00e9 de l\u2019embl\u00e8me animalier couvre une distance lin\u00e9aire d\u2019environ 360&nbsp;km. La t\u00eate se situe tout pr\u00e8s de Notre\u00b7Dame-De-La-Dor\u00e9 et la queue touche Ville de La Baie. Sa largeur maximale va de Chambord \u00e0 Sainte-Monique. Au total, 34 Tacons-sites sont localis\u00e9s au Lac-Saint-Jean et 26 au Saguenay.<\/p>\n\n\n\n<p>Il sera possible de visualiser le dessin de la ouananiche sur l\u2019ensemble du territoire. Dans un avenir rapproch\u00e9, les satellites pourront d\u00e9tecter de petits dispositifs au sol. Ces technologies auront la capacit\u00e9 de retransmettre une image du trac\u00e9 des 60 Tacons-sites. L\u2019emploi de fus\u00e9es \u00e9clairantes ou de feux d\u2019artifice seront aussi des moyens int\u00e9ressants pour manifester la pr\u00e9sence de l\u2019embl\u00e8me animalier sur le territoire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une pyramide \u00e0 La Baie !<\/h2>\n\n\n\n<p>S\u2019il est un artiste de la d\u00e9mesure, c\u2019est bien le Baieriverain Jean-Jules Soucy. Il a remu\u00e9 vents et mar\u00e9es afin de r\u00e9aliser son c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;<em>Tapis stress\u00e9 (L\u2019\u0152uvre-pinte)<\/em>, pour lequel il avait mobilis\u00e9 la province en entier dans sa collecte de centaines de milliers de pintes de lait. On l\u2019a aussi remarqu\u00e9 pour sa signal\u00e9tique au&nbsp;<em>Symposium de Chicoutimi<\/em>&nbsp;en 1980 et, plus r\u00e9cemment, pour sa signal\u00e9tique en ti-cristaux au&nbsp;<em>Symposium d\u2019Amos<\/em>&nbsp;en 1997, alors qu\u2019il avait fait temp\u00eater sur toute la ville en plein juillet. Teint\u00e9e d\u2019humour et d\u2019une po\u00e9sie engag\u00e9e, sa d\u00e9marche tire souvent son essence du milieu qui l\u2019accueille et des gens qui l\u2019habitent.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 Ville de La Baie, d\u2019o\u00f9 il est originaire, qu\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 le Monument-art&nbsp;2000, la Pyramide des Ha! Ha!, dont l\u2019inauguration eut lieu le 11 juin dernier. Projet monumental, la Pyramide a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e au co\u00fbt de 2&nbsp;700&nbsp;000&nbsp;$, dont 250&nbsp;000&nbsp;$ sont parvenus des Projets du mill\u00e9naire du f\u00e9d\u00e9ral, 250&nbsp;000&nbsp;$ du Gouvernement du Qu\u00e9bec et de la municipalit\u00e9, 150&nbsp;000&nbsp;$ des grandes entreprises Alcan et 210&nbsp;000&nbsp;$ d\u2019une campagne de financement populaire au co\u00fbt de 10&nbsp;$ par participant.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ancien lit de la Rivi\u00e8re Ha! Ha! (d\u00e9tourn\u00e9e par l\u2019\u00c9tat suite au d\u00e9luge) a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9 par l\u2019installation de 30&nbsp;000 triangles multicolores. Cette op\u00e9ration visait \u00e0 att\u00e9nuer les marques laiss\u00e9es par les \u00e9v\u00e9nements d\u00e9sastreux de juillet 1996 en r\u00e9int\u00e9grant dans l\u2019ancien lit des cascades de fous rires (litt\u00e9ralement des Ha! Ha!).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour financer le tout, une campagne populaire visant \u00e0 vendre 30&nbsp;000 pointes d\u2019humour \u00e0 10&nbsp;$ a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en juin 1998. En achetant ces pointes d\u2019humour, les individus, familles, entreprises et organisations ont pu inscrire leur nom dans la Pyramide. Compos\u00e9s de 64 triangles, les deltas modulaires de 2,5&nbsp;m x 2,5&nbsp;m (il lustrant le motif des AA) ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s horizontalement \u00e0 0,5&nbsp;m au-dessus du sol et \u00e9clair\u00e9s par-dessous, de sorte \u00e0 recr\u00e9er une v\u00e9ritable rivi\u00e8re de couleur et de lumi\u00e8re \u2014 une \u0153uvre s\u2019\u00e9tendant sur 100&nbsp;m de longueur et pesant plus de 90 tonnes!<\/p>\n\n\n\n<p>Symbolisant le lien entre le pass\u00e9 et le futur et \u00e9voquant le pont aujourd\u2019hui d\u00e9truit, la Place des Ha! Ha! constitue un espace publie hexagonal illustrant le motif des AA. L\u2019artiste Jean-Jules Soucy a voulu ainsi cr\u00e9er un \u00ab&nbsp;lieu de rassemblement populaire o\u00f9 la fantaisie se m\u00eale au souvenir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La Pyramide des Ha! Ha! a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9e sur cette Place. D\u2019une hauteur d\u2019environ 21&nbsp;m, avec une base de 24&nbsp;m de largeur, cette pyramide \u00e0 trois faces, enti\u00e8rement faite d\u2019aluminium, int\u00e8gre une sc\u00e8ne de spectacle et un escalier central permettant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un observatoire dominant le delta de la Rivi\u00e8re Ha! Ha!.<\/p>\n\n\n\n<p>La Pyramide est recouverte de 3 000 panneaux de signalisation de type \u00ab&nbsp;c\u00e9dez le passage&nbsp;\u00bb (les triangles rouge et blanc que l\u2019on peut apercevoir aux intersections des voies routi\u00e8res). Ces \u00ab&nbsp;CD&nbsp;\u00bb agissent comme r\u00e9flecteurs de la lumi\u00e8re provenant des phares des automobiles.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre Monument-art de l\u2019an&nbsp;2000 est fond\u00e9e sur le triangle car, \u00e0 la base du concept de l\u2019artiste, on retrouve le SYST\u00c8ME D, c\u2019est-\u00e0-dire notre capacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9brouiller avec les moyens du bord (comme lorsque l\u2019on est frapp\u00e9 par un d\u00e9luge, le verglas, une famine&#8230;). Le SYST\u00c8ME D est pour Jean-Jules Soucy \u00ab&nbsp;le go\u00fbt des D&nbsp;\u00bb. Ce \u00ab&nbsp;go\u00fbt d\u2019aider&nbsp;\u00bb est \u00e0 l\u2019origine de tout projet communautaire et s\u2019exprime dans la solidarit\u00e9. Le Monument-art se situant au c\u0153ur du DELTA de la Rivi\u00e8re Ha! Ha! (o\u00f9 les inondations de 1996 ont particuli\u00e8rement frapp\u00e9), le clin d\u2019\u0153il aux grandes civilisations devenait incontournable, le D fran\u00e7ais se m\u00e9tamorphosant en DELTA grec. De l\u00e0, l\u2019\u00e9quation&nbsp;: D fran\u00e7ais = delta grec = triangle, selon la logique particuli\u00e8re et color\u00e9e de l\u2019artiste,<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Jean-Jules Soucy, la \u00ab&nbsp;Pyramide de la Baie est le point de jonction entre le Pentagone et les ar\u00eates de la Grande Arche&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le Roi de l\u2019Anse-Saint-Jean<\/h2>\n\n\n\n<p>Ainsi que l\u2019\u00e9crit Michel Belley, Denys Tremblay se d\u00e9finit avant tout comme un sculpteur social dans le sens que lui donnait l\u2019artiste allemand Joseph Beuys, c\u2019est-\u00e0-dire un artiste cr\u00e9ant une sculpture polyforme qui s\u2019enracine r\u00e9ellement dans le tissu social local. Son \u0153uvre cherche \u00e0 \u00e9tablir un rapport th\u00e9orie-pratique qui se valide sur le terrain. On parle ici d\u2019un art dit \u00ab&nbsp;transdisciplinaire&nbsp;\u00bb, parce qu\u2019il implique des donn\u00e9es artistiques, sociales, politiques et \u00e9conomiques de fa\u00e7on \u00e0 modifier \u00e0 la fois l\u2019art et le r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9f\u00e9rences philosophiques de Denys Tremblay sont Mario Perniola, Paulo Freire, Henri Lefebvre et Antonin Artaud. Les artistes dont il s\u2019inspire sont ceux qui interviennent dans le pr\u00e9sent afin de d\u00e9tourner ou recycler des processus industriels (Robert Smithson), les processus bureaucratiques ou politiques (Christo) et les processus artistiques (Beuys).<\/p>\n\n\n\n<p>Son \u0153uvre r\u00e9agit continuellement \u00e0 celui de Marcel Duchamp&nbsp;: son concept de&nbsp;<em>really-made<\/em>&nbsp;serait l\u2019antipode du&nbsp;<em>ready-made<\/em>&nbsp;duchampien et sa transformation en \u00ab&nbsp;Illustre Inconnu&nbsp;\u00bb pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le penchant du personnage Rrose Selavy. Denys Tremblay travaille actuellement \u00e0 v\u00e9rifier dans l\u2019Art et dans la Vie les param\u00e8tres du&nbsp;<em>really-made<\/em>&nbsp;\u2014 concept qu\u2019il a d\u00e9velopp\u00e9 dans sa th\u00e8se de doctorat d\u00e9fini comme \u00ab&nbsp;un acte d\u2019art int\u00e9gr\u00e9 dans le champ de la Vie et assum\u00e9 \u00e0 la fois comme art et comme vie&nbsp;\u00bb. Sa recherche actuelle,&nbsp;<em>N\u2019\u00e9tant re\u00e7u<\/em>, s\u2019oppose conceptuellement au&nbsp;<em>\u00c9tant donn\u00e9<\/em>&nbsp;de Duchamp.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, Denys Tremblay a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs environnements qui interrogeaient la vie quotidienne individuelle et collective. Ensuite, il s\u2019est fait instigateur et organisateur du&nbsp;<em>Symposium international de sculpture environnementale de Chicoutimi<\/em>, qui eut lieu \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;1980 \u2014 le plus gros symposium r\u00e9alis\u00e9 au Qu\u00e9bec avec un budget de 1 million de dollars.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, Denys Tremblay est nomm\u00e9 \u00e0 titre de \u00ab&nbsp;Supr\u00eame chef d\u2019\u00e9tat d\u2019esprit p\u00e9riph\u00e9rique&nbsp;\u00bb&nbsp;: rev\u00eatant la personnalit\u00e9 de l\u2019Illustre Inconnu, Denys Tremblay est amen\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 des visites protocolaires aussi bien \u00e0 Paris qu\u2019\u00e0 Chicoutimi. Les actions de l\u2019Illustre Inconnu ont men\u00e9 \u00e0 certaines solutions concr\u00e8tes \u00e0 des probl\u00e8mes artistiques et sociaux&nbsp;: par exemple, le Conseil de ville de Chicoutimi a d\u00e9clar\u00e9 Patrimoine culturel contemporain sculptures permanentes issues du Symposium et s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 les conserver. Par ailleurs, la maison Arthur-Villeneuve a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e et d\u00e9m\u00e9nag\u00e9e gr\u00e2ce aux interventions dites \u00ab&nbsp;impolitiques&nbsp;\u00bb de l\u2019Illustre Inconnu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 21 janvier 1997, le Royaume de l\u2019Anse-Saint-Jean est n\u00e9 lorsque le roi municipal Dany 1<sup>er<\/sup>&nbsp;de l\u2019Anse a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9 par voie r\u00e9f\u00e9rendaire. Une forte majorit\u00e9 (73,9&nbsp;%) de la population a approuv\u00e9 l\u2019instauration de la premi\u00e8re monarchie municipale en Am\u00e9rique. Sa Majest\u00e9 le Roi a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e par le cur\u00e9 Raymond Larouche \u00e0 l\u2019\u00e9glise Saint-Jean-Baptiste le 24 juin 1997. Alors sont cr\u00e9\u00e9s le drapeau royal de L\u2019Anse-Saint-Jean, les armoiries royales, l\u2019hymne royal, les sept joyaux de la couronne et m\u00eame un site internet sur lequel on peut acheter des parts de terrains servant \u00e0 r\u00e9aliser la fresque v\u00e9g\u00e9tale Saint-Jean du Mill\u00e9naire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impersonnalit\u00e9 \u00e9tant \u00e9lue Roi municipal, une s\u00e9rie d\u2019interventions eut lieu, dont un tirage national permettant de gagner l\u2019immortalit\u00e9. Les gens \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 acheter des&nbsp;<em>De l\u2019art de l\u2019Anse<\/em>&nbsp;permettant \u00e0, 2 compagnons du Mill\u00e9naire de nommer officiellement des lieux innomm\u00e9s du Royaume de l\u2019Anse-Saint-Jean, de concert avec la Commission de toponymie du Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans le cadre d\u2019une \u00e9tude de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et touristique de la firme Samson B\u00e9lair Delaitte &amp; Touche et associ\u00e9s que Tremblay obtint le mandat de concevoir un projet de sculpture environnementale sur le Mont-\u00c9douard \u00e0 l\u2019Anse-Saint-Jean. La Corporation du Mont-\u00c9douard et la municipalit\u00e9 de L\u2019Anse-Saint-Jean ont approuv\u00e9 la r\u00e9alisation d\u2019une \u0153uvre faite de coupes et de transplantations s\u00e9lectives d\u2019esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales sur l\u2019un des flancs de la montagne anse jean noise. L\u2019\u0153uvre, qui n\u00e9cessite des investissements de 1 million de dollars, couvrirait une vingtaine d\u2019acres et serait au centre du d\u00e9veloppement touristique, culturel et \u00e9conomique du Bas-Saguenay. Aux derni\u00e8res nouvelles, le roi avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tr\u00f4n\u00e9, mettant en p\u00e9ril cette aventure grandiose&#8230; N\u2019ayant toutefois pas encore \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9, le projet est mis en suspens dans l\u2019attente de la r\u00e9action du nouveau conseil municipal relativement au devenir du Mont-\u00c9douard.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Exister. Pouvoir th\u00e9orique bleu et&nbsp;<em>Lubie<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 quoi bon faire de l\u2019art, si g\u00e9ant soit-il, si personne n\u2019est l\u00e0 pour en parler&nbsp;? Particuli\u00e8rement dans les r\u00e9gions dites \u00ab&nbsp;\u00e9loign\u00e9es&nbsp;\u00bb, on sent une grave carence sur le plan de la couverture m\u00e9diatique. Les grands m\u00e9dias \u00e9tant situ\u00e9s dans les m\u00e9tropoles, il est quasi impossible que l\u2019un deux aille couvrir un \u00e9v\u00e9nement d\u2019art \u00e0 Chicoutimi. Quant aux m\u00e9dias locaux, ils offrent, semble-t-il, une mince couverture, anecdotique, quand elle n\u2019est pas carr\u00e9ment absente.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019adage, que ce soit en bien ou en mal, il faut qu\u2019on parle de nous pour exister. C\u2019est dans cette optique que Daniel Jean, Madeleine Dor\u00e9 et Diane Jocelyne C\u00f4t\u00e9 ont d\u00e9marr\u00e9, en 1994, Pouvoir th\u00e9orique bleu, un collectif autonome d\u2019analyse, d\u2019\u00e9criture et d\u2019intervention en arts visuels, auquel se sont joints plus tard Isabelle Rioux et Alayn Ouellet. Par l\u2019entremise de son organisme parrain Langage Plus, le groupe obtenait, d\u00e8s sa premi\u00e8re ann\u00e9e d\u2019existence, une subvention du CALQ.<\/p>\n\n\n\n<p>Pouvoir th\u00e9orique bleu se donnait pour mission de permettre aux artistes en r\u00e9gion d\u2019obtenir une lecture th\u00e9orique de leur travail et de leur donner une plus grande visibilit\u00e9 sur le plan national. Le collectif a donc centr\u00e9 son action sur la r\u00e9daction d\u2019articles concernant la production d\u2019artistes r\u00e9gionaux en vue de les proposer aux revues sp\u00e9cialis\u00e9es de l\u2019ensemble du Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n\n\n<p>Pouvoir th\u00e9orique bleu a \u00e9galement organis\u00e9 la venue en r\u00e9gion de conf\u00e9renciers actifs dans le domaine des arts visuels au Qu\u00e9bec&nbsp;: journalistes, critiques, commissaires d\u2019expositions&#8230; Ceux-ci \u00e9taient invit\u00e9s, lors de leur passage, \u00e0 visiter des ateliers d\u2019artistes et des lieux de diffusion locaux. Le collectif s\u2019est enfin impliqu\u00e9, avec la galerie S\u00e9quence et le Module des arts de l\u2019UQAC, dans la pr\u00e9paration des premiers&nbsp;<em>Rendez-vous du film et de la vid\u00e9o sur l\u2019art de Chicoutimi<\/em>. Apr\u00e8s un an et demi d\u2019activit\u00e9s, le collectif se voyait toutefois refuser une deuxi\u00e8me subvention par le CALQ et dut se dissoudre.<\/p>\n\n\n\n<p>Une deuxi\u00e8me initiative est n\u00e9e en 1994 afin de donner une tribune aux arts de la r\u00e9gion, soit le p\u00e9riodique culturel Lubie. Propri\u00e9t\u00e9 de deux artistes et intervenants culturels, Manon Gu\u00e9ri~ et Jean-Pierre Harvey, le journal, distribu\u00e9 en r\u00e9gion et ailleurs au Qu\u00e9bec, s\u2019est donn\u00e9 un mandat multidisciplinaire. Pour des raisons obscures, il aurait toutefois cess\u00e9, depuis un an, de couvrir les arts visuels. Malgr\u00e9 deux riches initiatives, les artistes de la r\u00e9gion se retrouvent donc une fois de plus bredouilles&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un trou g\u00e9n\u00e9rationnel<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec un bassin de cr\u00e9ateurs pourtant tr\u00e8s riche, plus de la moiti\u00e9 des artistes diffus\u00e9s \u00e0 Chicoutimi viennent de l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019arriv\u00e9e de programmes de premier et deuxi\u00e8me cycles offerts par l\u2019Universit\u00e9 de Chicoutimi et des trois coll\u00e8ges de la r\u00e9gion a permis \u00e0 ceux qui le d\u00e9siraient de cr\u00e9er dans leur r\u00e9gion. Toutefois, malgr\u00e9 le dynamisme assez singulier du Saguenay-Lac-Saint-Jean, on remarque une absence de rel\u00e8ve&nbsp;: les jeunes artistes r\u00e9sidant dans la r\u00e9gion n\u2019exposent pas et ne fr\u00e9quentent pas les \u00e9v\u00e9nements artistiques. Plusieurs d\u2019entre eux choisissent l\u2019exode vers les grandes villes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pour freiner le d\u00e9part des jeunes et assurer une rel\u00e8ve que le collectif d\u2019artistes M\u00e9dium Marge de Jonqui\u00e8re (compos\u00e9 de Pierre Dumont, Claude Lamarche, G\u00e9rald Savard, S\u00e9bastien Dion, Roger Marchand, Daniel Outil et Carol Dallaire) est n\u00e9. La raison d\u2019\u00eatre du collectif est de parrainer de jeunes artistes en \u00e9tablissant des jumelages avec des artistes professionnels, cela en vue de r\u00e9aliser des expositions et des performances. TouTTouT a, depuis trois ans, cr\u00e9\u00e9 un ancrage qui vise aussi \u00e0 ralentir cet exode. \u00ab&nbsp;Montr\u00e9al est satur\u00e9 d\u2019artistes et de diversions. Ici, on a l\u2019impression que tout est possible, qu\u2019on a la libert\u00e9 de se concentrer sur notre art&nbsp;\u00bb, affirme l\u2019artiste Carl Bouchard.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre son de cloche nous parvient d\u2019Alayn Ouellet. Selon lui, \u00ab&nbsp;contrairement \u00e0 ce qui s\u2019est pass\u00e9 au point de vue \u00e9conomique, la mondialisation n\u2019a pas amen\u00e9 de d\u00e9localisation dans le domaine des arts visuels&nbsp;: les artistes, en grande majorit\u00e9, n\u2019ont pas quitt\u00e9 leurs lieux r\u00e9gionaux de cr\u00e9ation. La grande accessibilit\u00e9 au transport a\u00e9rien, les nouvelles technologies, les nouvelles formes d\u2019art ont contribu\u00e9 \u00e0 la mondialisation des id\u00e9es, des concepts et des actions <span style=\"white-space: nowrap;\">artistiques<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-3\" href=\"#footnote-3\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-3\"><a href=\"#fn-ref-3\"> 3 <\/a> - Voir note&nbsp;2.<\/span>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais d\u2019autres entraves g\u00eanent le milieu artistique r\u00e9gional. Notamment, \u00e0 Chicoutimi, le maire Jean Tremblay constitue, selon tous les artistes et intervenants culturels rencontr\u00e9s, un frein majeur. Non seulement ne se pr\u00e9sente-t-il jamais aux \u00e9v\u00e9nements culturels de sa propre ville, mais il clame haut et fort \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision communautaire des propos anti-culturels haineux et sensationnalistes. Il y a deux ans, Jean Tremblay lan\u00e7ait sa campagne politique avec la promesse de la fermeture de la Pulperie&nbsp;: le plus grand site architectural industriel au Canada et joyau touristique r\u00e9gional&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, d\u2019apr\u00e8s Daniel Jean, il est plus facile d\u2019\u00eatre artiste au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu\u2019\u00e0 Montr\u00e9al. On y a, selon lui, plus facilement acc\u00e8s \u00e0 l\u2019outillage de l\u2019universit\u00e9, plus de contacts avec les professeurs, on a la chance d\u2019exposer en solo plus vite et d\u2019avoir des bourses plus t\u00f4t, les ateliers sont moins chers, et on a plus de possibilit\u00e9s de r\u00e9aliser des projets1 %. De plus, la coop\u00e9ration entre les diff\u00e9rents organismes culturels et les artistes est un atout particuli\u00e8rement enrichissant et prometteur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Aujourd\u2019hui, nous pouvons dire qu\u2019un art de recherche se pratique couramment au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et cela par un grand nombre d\u2019artistes appartenant au moins \u00e0 trois g\u00e9n\u00e9rations&nbsp;\u00bb, remarque H\u00e9l\u00e8ne Roy.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les artistes professionnels travaillant en r\u00e9gion tout en se rendant visibles ailleurs (Qu\u00e9bec, Canada, Europe&#8230;) montrent aux jeunes que l\u2019exode n\u2019est pas la meilleure solution. Ils sont la preuve qu\u2019il est possible ici comme ailleurs de faire un art de recherche, de se donner les infrastructures et outils n\u00e9cessaires pour le soutien et le d\u00e9veloppement de ses optionsesth\u00e9tiques, quel que soit le choix des disciplines.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cII faut bien dire que les distances sont beaucoup moins importantes qu\u2019avant et que ce la deviendra encore plus \u00e9vident dans les ann\u00e9es qui viennent vu l\u2019impact pr\u00e9visible et l\u2019apport de nouvelles possibilit\u00e9s de communication offertes par les outils technologiques et m\u00e9diatiques\u201d, poursuit H\u00e9l\u00e8ne Roy. \u201cPersonnellement, je ne trouve plus ce la pertinent de se retrouver tous \u00e0 la m\u00eame place, pour y faire souvent du \u2018surplace\u2019 (dans un grand centre par exemple), en esp\u00e9rant se faire reconnaitre. Si l\u2019art qui se fait ici est fort, si nous nous donnons les moyens de cr\u00e9er dans de meilleures conditions, y compris une qualit\u00e9 de vie et une infrastructure n\u00e9cessaires \u00e0 la cr\u00e9ation, on s\u2019int\u00e9ressera \u00e0 nous de plus en plus.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2018\u00c0 mon avis, la vitalit\u00e9 de l\u2019art passe par les \u00e9changes entre les artistes et l\u2019interr\u00e9gionalisation surtout&#8230; par un certain nomadisme des artistes et de leurs <span style=\"white-space: nowrap;\">pratiques<a class=\"fn-link\" id=\"fn-ref-4\" href=\"#footnote-4\"><sup>4<\/sup><\/a><\/span><span class=\"fn\" id=\"footnote-4\"><a href=\"#fn-ref-4\"> 4 <\/a> - Voir note&nbsp;1.<\/span>.\u2019<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Saguenay-Lac-Saint-Jean<\/h2>\n\n\n\n<p>Situ\u00e9 \u00e0 500&nbsp;km au nord-ouest de Montr\u00e9al et \u00e0 250&nbsp;km de la Ville de Qu\u00e9bec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est une r\u00e9gion foresti\u00e8re, agricole et industrielle dans laquelle se trouvent d\u2019importantes usines de fabrication de papier et de production d\u2019aluminium. On y retrouve la troisi\u00e8me agglom\u00e9ration urbaine du Qu\u00e9bec, celle-ci \u00e9tant constitu\u00e9e des villes de Chicoutimi, Jonqui\u00e8re et Ville de La Baie. Presque enti\u00e8rement francophone, la population totale s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 300&nbsp;000 habitants. La r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 occup\u00e9e par des Am\u00e9rindiens depuis environ 2000&nbsp;ans, mais ne compte pas plus de 150 ans d\u2019histoire pour les nouveaux Qu\u00e9b\u00e9cois qui s\u2019y sont \u00e9tablis.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Biennale du dessin et de l\u2019estampe et du papier-mati\u00e8re du Qu\u00e9bec<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019estampe est devenue une sp\u00e9cialit\u00e9 la Ville d\u2019Alma. Depuis 12 ans, la Biennale du dessin, de l\u2019estampe et du papier-mati\u00e8re du Qu\u00e9bec est fid\u00e8le au rendez-vous. Pour chaque \u00e9dition, des artistes s\u00e9lectionn\u00e9s participent \u00e0 une expo-concours qui r\u00e9unit plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, lesquelles exploitent une grande vari\u00e9t\u00e9 de proc\u00e9d\u00e9s et de techniques. Un volet \u00e9ducationnel, de m\u00eame que des visites comment\u00e9es, sont offerts durant la&nbsp;<em>Biennale<\/em>. Pour la 6<sup>e<\/sup>&nbsp;\u00e9dition, qui s\u2019est tenue du 19 juin au 22 ao\u00fbt 1999, 27 artistes \u00e9taient pr\u00e9sents. Parall\u00e8lement \u00e0 la&nbsp;<em>Biennale<\/em>&nbsp;de 1999 se tenait une exposition \u00e0 la galerie de l\u2019Atelier d\u2019estampe Sagamie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u0153uvre de l\u2019autre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La galerie L\u2019\u0152uvre de l\u2019autre est un lieu d\u2019exposition, de recherche et de diffusion rattach\u00e9 au D\u00e9partement des arts et des lettres de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Chicoutimi. Depuis sa fondation \u00e0 l\u2019automne&nbsp;1987, L\u2019\u0152uvre de l\u2019autre a pr\u00e9sent\u00e9 plus de 140 expositions et une quarantaine d\u2019\u00e9v\u00e9nements \u2014 colloques, concerts, performance, th\u00e9\u00e2tre&#8230; Lors de l\u2019inauguration des nouvelles salles d\u2019expositions de l\u2019UQAC, am\u00e9nag\u00e9es au Pavillon des arts du campus universitaire, en septembre 1999, L\u2019\u0152uvre de l\u2019autre pr\u00e9sentait une exposition intitul\u00e9e L\u2019ailleurs est ici (performance, th\u00e9\u00e2tre, cin\u00e9ma, gravure, peinture, dessin, sculpture, photographie et installation). Cette exposition se voulait \u00e0 l\u2019image du programme interdisciplinaire en arts mis de l\u2019avant par l\u2019Universit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La galerie se d\u00e9finit aussi comme carrefour de diffusion des r\u00e9sultats de projets artistiques d\u00e9velopp\u00e9s au sein de l\u2019UQAC (la galerie n\u2019ayant pourtant jamais re\u00e7u le moindre sou de celle-ci). Elle se veut un laboratoire permettant l\u2019exp\u00e9rimentation de plusieurs disciplines artistiques, et un \u00e9change constant entre la th\u00e9orie et la pratique. La galerie sert \u00e9galement de lieu d\u2019accueil pour des expositions d\u2019artistes invit\u00e9s de renom, des colloques interuniversitaires et des exercices de conception et de r\u00e9alisation d\u2019expositions pour les \u00e9tudiants de l\u2019UQAC. De plus, \u00e0 travers des activit\u00e9s de vulgarisation des connaissances, la galerie b\u00e9n\u00e9ficie de la participation d\u2019\u00e9tudiants pour la transmission de l\u2019information \u2014 visant \u00e0 faire partager avec un public \u00e9largi les r\u00e9sultats d\u2019une fl\u00e8che universitaire adapt\u00e9e \u00e0 un public sp\u00e9cialis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La galerie pr\u00e9sente en moyenne 15 expositions et 6 concerts annuellement. Elle s\u2019associe fr\u00e9quemment \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements comm\u00e9moratifs, historiques ou culturels, par exemple&nbsp;:&nbsp;<em>La F\u00eate de l\u2019art<\/em>, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e annuellement en collaboration avec les mus\u00e9es, les centres d\u2019artistes et d\u2019expositions de la r\u00e9gion. Depuis 1996, L\u2019\u0152uvre de l\u2019autre collabore avec la galerie S\u00e9quence et la direction de Montr\u00e9al des&nbsp;<em>Rendez-vous de films sur l\u2019art<\/em>&nbsp;pour sa programmation r\u00e9gionale. Elle participe \u00e0 l\u2019\u00e9laboration et \u00e0 la pr\u00e9sentation des prestations du groupe de musique de cr\u00e9ation Les Radicaux libres, ainsi qu\u2019aux \u00e9v\u00e9nements-th\u00e9\u00e2tre de la Troupe Les T\u00eates heureuses.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Centre national d\u2019exposition de Jonqui\u00e8re<\/h2>\n\n\n\n<p>Situ\u00e9 sur le Mont-Jacob \u00e0 Jonqui\u00e8re, le Centre national d\u2019exposition a ouvert ses portes en 1979 et a profit\u00e9 d\u2019un agrandissement majeur en 1993, lui permettant de r\u00e9pondre aux normes mus\u00e9ales.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le CNE est administr\u00e9 par un organisme sans but lucratif, l\u2019Institut des arts au Saguenay, fond\u00e9 en 1960. Il s\u2019est donn\u00e9 pour mandat de mettre en valeur les cr\u00e9ations artistiques contemporaines locales, r\u00e9gionales, nationales et internationales \u2014 principalement dans le secteur des arts dits visuels. Le CNE pr\u00e9sente \u00e9galement des expositions portant sur l\u2019an traditionnel, l\u2019histoire et les sciences. Un programme de diffusion et d\u2019\u00e9ducation offre des visites comment\u00e9es, ateliers et d\u00e9monstrations, tout comme divers projets sp\u00e9ciaux, r\u00e9alis\u00e9s en collaboration avec d\u2019autres organismes r\u00e9gionaux. Depuis 1979, le CNE a pr\u00e9sent\u00e9 plus de 370 expositions et re\u00e7u plus de 305&nbsp;000 visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Pulperie de Chicoutimi<\/h2>\n\n\n\n<p>Dirig\u00e9e par Yolande Racine, la Pulperie de Chicoutimi retrace l\u2019histoire de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, une entreprise qui a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant au d\u00e9but du si\u00e8cle dans le d\u00e9veloppement de la Ville de Chicoutimi et de la r\u00e9gion du Saguenay-Lac-Saint-Jean.<\/p>\n\n\n\n<p>Un vaste projet de restauration de 15 millions de dollars des secteurs inond\u00e9s par la crue des eaux de 1996 et un r\u00e9am\u00e9nagement occasionn\u00e9 par l\u2019int\u00e9gration de l\u2019ancien mus\u00e9e r\u00e9gional sont en cours. Certains b\u00e2timents longeant la rivi\u00e8re n\u00e9cessitent d\u2019importantes r\u00e9parations et se verront attribuer de nouvelles vocations. De m\u00eame, le B\u00e2timent&nbsp;1921 accueillera sous peu de nouvelles salles d\u2019exposition ainsi que des r\u00e9serves qui logeront les 23&nbsp;000 objets de la collection, dont la Maison Arthur Villeneuve est un \u00e9l\u00e9ment majeur. Ces nouvelles installations permettront, d\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;2001, d\u2019offrir d\u2019autres expositions d\u2019art et d\u2019ethnologie. On peut d\u2019ailleurs maintenant visiter, au B\u00e2timent&nbsp;1921, une exposition qui retrace le spectaculaire d\u00e9m\u00e9nagement de la Maison Arthur-Villeneuve.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le Mus\u00e9e du Fjord de La Baie<\/h2>\n\n\n\n<p>Le Fjord du Saguenay est long de 104&nbsp;km, d\u2019une largeur moyenne de 1,5&nbsp;km et d\u2019une profondeur pouvant atteindre 275&nbsp;m. L\u2019amplitude de ses mar\u00e9es varie de 4 \u00e0 6 m\u00e8tres et certains de ses caps culminent \u00e0 plus de 450&nbsp;m! Voil\u00e0 qui explique en bonne partie la fascination qu\u2019il exerce sur la population r\u00e9gionale et ses artistes.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs, comme porte-drapeau r\u00e9gional, un mus\u00e9e porte fi\u00e8rement son nom. Le Mus\u00e9e du Fjord de La Baie met en valeur l\u2019histoire r\u00e9gionale et les richesses locales. En 1983, la corporation du Mus\u00e9e du Fjord est cr\u00e9\u00e9e et le Mus\u00e9e prend de l\u2019expansion, sous la direction de Guylaine Simard.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 1985 et 1994, de nombreuses expositions y sont pr\u00e9sent\u00e9es, dont&nbsp;<em>La majestueuse baie des Ha! Ha!<\/em>&nbsp;(1994);&nbsp;<em>La vie dans le Fjord du Saguenay et l\u2019estuaire du Saint-Laurent<\/em>&nbsp;(1993);&nbsp;<em>La navigation sur le Saguenay<\/em>&nbsp;(1991). Le Mus\u00e9e du Fjord a \u00e9t\u00e9 l\u2019h\u00f4te d\u2019expositions en provenance de mus\u00e9es nationaux et internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le aux productions pr\u00e9sent\u00e9es dans ses salles d\u2019exposition, le Mus\u00e9e a r\u00e9alis\u00e9 sept trousses \u00e9ducatives portant sur les sciences naturelles auxquelles 3 000 \u00e9l\u00e8ves locaux ont eu acc\u00e8s. En 1994, la communaut\u00e9 scientifique r\u00e9gionale d\u00e9cernait au Mus\u00e9e du Fjord le m\u00e9ritas Damase-Potvin pour s\u2019\u00eatre illustr\u00e9 au chapitre de la diffusion scientifique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9luge<\/h2>\n\n\n\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements tragiques du d\u00e9luge de 1996 ont certes laiss\u00e9 de nombreuses cicatrices au paysage et aux infrastructures. On \u00e9value \u00e0 700 millions de dollars les co\u00fbts d\u2019indemnisation et de reconstruction des r\u00e9seaux routiers, des acqueducs, des ponts et des barrages. 16&nbsp;000 personnes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9es, 500 logements d\u00e9truits et 1 230 r\u00e9sidences endommag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la Baie seulement, la ville la plus touch\u00e9e par le d\u00e9luge, 550 b\u00e2timents sont frapp\u00e9s, dont 191 maisons d\u00e9truites ou emport\u00e9es par l\u2019eau. Sur une population d\u2019environ 22&nbsp;000 \u00e2mes, 2 000 individus sont touch\u00e9s \u2014 parmi ceux-ci, 600 perdent tout. \u00c0 Ville de La Baie, les travaux de reconstruction sont estim\u00e9s \u00e0 400 millions de dollars.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors du d\u00e9luge, les eaux et la boue infiltrent les murs du Mus\u00e9e du Fjord. On \u00e9value \u00e0 plus de 700&nbsp;000&nbsp;$ les d\u00e9g\u00e2ts subis. Un projet majeur de reconstruction est alors lanc\u00e9 par le Mus\u00e9e, qui entreprend aussi une campagne de financement de 2 millions de dollars pour laquelle il atteint actuellement environ 75&nbsp;% de son objectif.<\/p>\n<div style='display: none;'>Carl Bouchard, Carol Dallaire, Eric Bachand, Guy Blackburn, Jacques Blanchet, Joseph Beuys, Madeleine Dor\u00e9, Martial Despr\u00e9s, Olivier Asselin, S\u00e9bastien Dion, V\u00e9ronique Bellemare Bri\u00e8re<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1303,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[281,882],"tags":[],"numeros":[5224],"disciplines":[],"statuts":[335],"checklist":[],"auteurs":[5236],"artistes":[5237,5238,5239,5240,5241,5242,5243,5244,5245,5246],"thematiques":[],"type_post":[],"class_list":["post-180364","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive","category-post","numeros-41-saguenay-lac-st-jean-en","statuts-archive","auteurs-veronique-bellemare-briere-en","artistes-carl-bouchard-en","artistes-carol-dallaire-en","artistes-eric-bachand-en","artistes-guy-blackburn-en","artistes-jacques-blanchet-en","artistes-joseph-beuys-en","artistes-madeleine-dore-en","artistes-martial-despres-en","artistes-olivier-asselin-en","artistes-sebastien-dion-en"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180364","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1303"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=180364"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/180364\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=180364"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=180364"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=180364"},{"taxonomy":"numeros","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/numeros?post=180364"},{"taxonomy":"disciplines","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/disciplines?post=180364"},{"taxonomy":"statuts","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/statuts?post=180364"},{"taxonomy":"checklist","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/checklist?post=180364"},{"taxonomy":"auteurs","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/auteurs?post=180364"},{"taxonomy":"artistes","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/artistes?post=180364"},{"taxonomy":"thematiques","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/thematiques?post=180364"},{"taxonomy":"type_post","embeddable":true,"href":"https:\/\/staging.esse.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/type_post?post=180364"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}