Michael Dumontier & Neil Farber, Symbolatry, 2009.
photo : permission de | courtesy of the artists & Richard Heller Gallery, Santa Monica
Depuis l’aube de la révolution industrielle, on a tenté à maintes reprises d’en finir avec la peinture, à commencer par Hippolyte Delaroche qui aurait déclaré en 1839, en voyant pour la première fois un daguerréotype : « la peinture est morte à dater de ce jour ». Amorcé à cette date fatidique, le débat fait rage encore aujourd’hui : la photographie, avec son efficacité insurpassable à documenter les événements et à immortaliser les visages, elle qui a démocratisé le processus de création d’images en permettant à n’importe qui de manifester, d’un seul clic, les talents jadis élitistes du peintre, la photographie a-t-elle bel et bien tué la peinture ?

Dans la mesure où la peinture n’a perdu aux yeux du public ni son attrait ni sa valeur marchande, on peut supposer que son territoire est plus vaste que celui que revendique la photographie. Il semblerait même qu’elle soit toujours la favorite des acheteurs dans les galeries commerciales ou lors des symposiums et encans d’art : neuf des dix artistes qui se vendent le plus aux enchères dans le monde sont des peintres1 1 - Source : Blouin Art Sales Index, http://artsalesindex.artinfo.com [consulté le 1er mars 2012].. Morte, la peinture ? On le dit, mais comme chaque notice nécrologique qui lui est consacrée suscite une pluie d’éloges et d’articles à son sujet, on se prend à penser que si la violence d’un scénario est une garantie de succès à la télévision, on pourrait peut-être en dire autant dans le milieu artistique… De nos jours, à voir les innombrables tableaux qui ornent les murs des musées, galeries et autres lieux d’exposition, il est tentant de mettre en cause le sérieux des menaces et des coups portés contre la peinture : sa mort annoncée haut et fort ne serait-elle pas plutôt une campagne promotionnelle savamment orchestrée ?

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Cet article parait également dans le numéro 76 - L’idée de la peinture
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