Andrew Renton Présentation du travail de  Jimmie Durham, « A Stone from Metternich’s House in Bohemia » (1996), Come, come, come into my world, Ellipse Foundation, Cascais, 2007.
Photo : permission de Andew Renton
En tant que spécialiste des sciences humaines intéressée par le travail de conservation muséale et de commissariat d’expositions, je suis fascinée par les nombreuses catégories de collègues chez les conservateurs et commissaires en art contemporain, incluant les « conservateurs très institutionnels » (qui poursuivent pendant plusieurs années des recherches approfondies en histoire de l’art, en amont d’une exposition), les « conservateurs ou commissaires engagés socialement » (qui défendent les artistes en intervention sociale), les « conservateurs ou commissaires expérimentaux » et les « animateurs » (qui repoussent les limites de la conception d’expositions). Certains conservateurs et commissaires conçoivent leur rôle exclusivement pour aider les artistes à réaliser leurs idées, d’autres créent plus explicitement le contexte conceptuel de présentation du travail d’un artiste. Dans les médias, les conservateurs et commissaires en art contemporain décrivent leur travail de différentes façons : archiviste, bibliothécaire, imprésario, agent publicitaire, éditeur, metteur en scène, producteur, travailleur social, disc-jockey et anthropologue, pour n’en nommer que quelques-unes. Que se produit-il lorsque des conservateurs et des commissaires ayant des objectifs, une formation et des méthodes de travail très différents se retrouvent, comme dans le cas de commissariat sur invitation dans le contexte muséal ?

Le rôle du conservateur et du commissaire indépendant a changé radicalement depuis trente ans. En revanche, le musée demeure profondément attaché à d’importantes convictions historiques à propos du rôle de l’État dans l’institutionnalisation à perpétuité du patrimoine culturel. Ainsi, des distinctions professionnelles persistent entre les conservateurs intéressés par la présentation « objective » des connaissances en histoire de l’art et les commissaires invités qui envisagent leur rôle dans l’élargissement des limites de la présentation, de l’interprétation et de la conception d’expositions. Dans ce texte, j’analyserai les tensions vécues par les commissaires invités qui travaillent dans le contexte muséal et j’expliquerai comment les conséquences de ces tensions risquent d’être ressenties très fortement par les publics des musées qui pourraient être exclus du processus de création de sens. Mais auparavant, je présenterai une histoire très succincte de la conservation et du commissariat, afin d’exposer l’évolution du rapport entre l’hôte et l’invité. 

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Cet article parait également dans le numéro 72 - Commissaires
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