Kent Monkman
Kent Monkman Trappeurs d'homme, 2006.
Photo : permission de l'artiste
« C’est l’une des coutumes les plus dégoûtantes et les plus ­inexplicables qu’il m’ait été donné de voir au pays des Indiens. [...] Il serait ­souhaitable qu’elle s’éteigne avant même qu’on puisse en attester encore ­davantage. »
– George Catlin

La coutume à laquelle fait référence George Catlin, peintre blanc ­américain « spécialiste » de la représentation des mœurs amérindiennes, est celle du berdache. Indifféremment utilisé pour « désigner l’homosexuel, le bisexuel, l’androgyne, le travesti, l’hermaphrodite ou l’eunuque1 1 - Pierrette Desy, « L’homme-femme. (Les berdaches en Amérique du Nord) », dans Libre – politique, anthropologie, philosophie, Paris, Payot, 1978, no 78-3, p. 57-102. L’article est accessible en ligne dans la collection « Les classiques des sciences sociales », Université du Québec à Chicoutimi. http://classiques.uqac.ca/contemporains/desy_pierrette/homme_femme_berdache/homme_femme.html », le terme « berdache » est plus précisément associé aux hommes et aux femmes qui, dans certaines tribus amérindiennes, choisissaient librement d’investir le rôle social du sexe opposé en se travestissant et en accomplissant au quotidien les tâches de leur genre d’adoption. Apposée à titre de préambule sur le mur adjacent à la salle d’exposition du Musée des beaux-arts de Montréal, qui présentait du 6 mai au 4 octobre 2009 l’œuvre Danse au Berdache de Kent Monkman, la citation de Catlin2 2 - Cette citation de George Catlin, affichée au Musée, est tirée de ses mémoires From Letters and Notes on the Manners, Customs, and Conditions of North American Indians, publiés à Londres en 1844., ­largement ethnocentrique et fortement puritaine, happe sèchement le spectateur, lui renvoyant avec justesse une image sombre des dérives ethnologiques. Or, si comme on le sait l’entreprise coloniale a réussi à faire disparaître le berdache, Monkman en signe fièrement le retour.

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Cet article parait également dans le numéro 68 - Sabotage
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