Photo : Alexis Bellavance
La notion de fiction engage un déploiement théorique dont les racines et extensions rejoignent tant les domaines des études littéraires et cinématographiques que certaines branches de la philosophie, à la croisée de l’esthétique, de l’anthropologie et des sciences cognitives. Par sa portée polysémique, la fiction peut être entendue dans le sens d’un genre littéraire ou d’une référence directe à la contre-vérité, d’un monde sémantique propre à un auteur ou d’une conséquence d’une construction conceptuelle1 1 - Nous pouvons envisager, à titre d’exemple, la proposition de Kant visant à rapporter les concepts de la raison à des « fictions heuristiques », à des constructions dont la fonction est d’agir comme « [...] principes régulateurs de l’usage systématique de l’entendement dans le champ de l’expérience ». Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, Paris, Gallimard, 1980, p. 646 (B799, III, 503)., voire d’un état mental particulier.
Partant, il s’agit d’une notion se prêtant parfaitement au terrain de l’interdisciplinarité, les développements sur la question faisant rarement appel à une approche fixe, des croisements théoriques étant nécessaires à l’essor d’une réflexion approfondie sur le sujet. Dans une perspective résolument plus pratique, les travaux sur la fiction abordent de front la notion de représentation, et ce, de façon marquée dans le champ des arts visuels. La pratique de la performance est à cet égard dans une position privilégiée pour interroger les paramètres de la fiction, ces derniers étant inhérents à son histoire, à son essor et aujourd’hui à une réflexion critique sur les codes et les frontières qui la fondent. Les variables investissant les modes de représentation et de réception propres aux champs cinématographique et théâtral ouvrent de ce fait sur une meilleure compréhension des processus en jeu dans ce type de pratique artistique, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de repousser les limites établies afin de générer différentes formes d’intermédialité. On peut toutefois considérer que suivant la pluralité des genres propres au cinéma, les théories qui s’y rattachent semblent parfois plus appropriées pour traiter de ces enjeux, car elles mettent en cause non seulement les différents degrés de fiction, mais aussi certains concepts fondamentaux de la transmission du récit. La personnification, le montage, l’immersion, la feintise de la mise en scène, les retombées dramatiques et le suspens sont au nombre de ces variables pouvant s’intervertir ou s’accorder, selon les axes de recherche privilégiés.
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