Joël Hubaut
Joël HubautChorale épidémik, 1989. © Joël Hubaut / SODRAC 2007
Photo : © Alexandre Tabaste, ministère de la Culture et de la Communication de France, courtoisie de Heymann, Renoult associées
Le 10 octobre 2005, lors d’une visite à la FIAC, le premier ministre Dominique de Villepin fait part de son désir de « refaire de la France l’un des foyers les plus vivants de la création ». 

Il annonce simultanément l’organisation au Grand Palais d’« une ­grande exposition consacrée aux artistes français contemporains afin de donner une nouvelle visibilité à la création française 1 1 - Dominique de Villepin cité par Philippe Dagen et Jacques Follorou, « Une exposition d’un coût “trop élevé” et dont les modalités sont “discutables” », Le Monde,
11 mai 2006, p. 26.
». L’exposition2 2 - Exposition La Force de l’art, Grand Palais, Paris, du 9 mai au 25 juin 2006. inaugurée sept mois plus tard regroupe des ­propositions de 15 commissaires3 3 - Les quinze commissaires étaient Nathalie Ergino, Richard Leydier, Dominique Marchès, Paul Ardenne, Hou Hanru, Bernard Marcadé, Anne Tronche, Olivier Zahm, Daniel Soutif, Éric Troncy, Lorand Hegyi, Catherine de Smet, Xavier Veilhan, Éric de Chassey, Philippe Vergne. En outre, une structure de conférences avait été mise en place sous la direction de Stéphanie Moisdon.  autour de 200 artistes4 4 - Les artistes étaient de générations et d’orientations esthétiques extrêmement variées, de Raymond Hains à Loris Gréaud ; de Bertrand Lavier à Gérard Garouste; de Jean Messagier à Claude Closky. Certains avaient exprimé leurs réserves quant au projet (Christian Boltanski) ; fait savoir leur mécontentement à l’idée de ne pas être retenus (Philippe Cognée) ; voire avaient refusé de participer, comme Gérard Fromanger (voir Libération, 18 avril 2006, p. 8).  environ. Le mot ­d’ordre de départ aura été entre-temps assorti du souhait du ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, de « créer des ­événements pour familiariser l’opinion publique à la création ­contemporaine », afin que « la création contemporaine fasse ­irruption parmi ceux qui ne fréquentent pas les musées et hésitent encore à entrer dans les ­galeries 5 5 - Renaud Donnedieu de Vabres, entretien avec Harry Bellet, Le Monde, 11 mai 2006, p. 21. ». Le ministre avait ajouté qu’il était « sûr que le public [serait] au rendez-vous, que chacun s’y [sentirait] accueilli, les ­artistes comme le public ». L’organisation matérielle de la ­manifestation va être confiée au délégué aux arts plastiques, Olivier Kaeppelin, lequel va missionner la Réunion des musées ­nationaux pour l’organisation technique et – après quelques désistements – un groupe de commissaires aux orientations diverses, coordonné par Bernard Blistène, inspecteur général de la création, pour ce qui est du contenu. Cette « chaîne » de délégations successives des ­responsabilités, depuis le premier ministre jusqu’aux artistes en passant par le ministre de la Culture, le délégué aux arts plastiques, l’inspecteur général de la création et l’ensemble des commissaires est sans aucun doute l’un des éléments clés permettant de comprendre une exposition, qui présente de manière exemplaire les hiérarchies et rapports de force sous-jacents au monde de l’art en France. Et de fait, comme le rappelait avec à propos la Lettre d’information du ministère de la Culture – mise à la disposition du public à l’entrée de l’exposition – , ­« le ministère de la Culture et de la Communication se place comme un acteur ­fondamental du monde de l’art 6 6 - Supplément à la Lettre d’information du ministère de la Culture et de la Communi-cation de mai 2006, publié à l’occasion de l’exposition La Force de l’art, non paginé.». 

Ce contenu est offert avec un abonnement Numérique ou Premium seulement. Abonnez-vous pour lire la rubrique complète et avoir accès à tous nos Dossiers, Hors-Dossiers, Portfolios et Chroniques !

S’abonner (à partir de 20 $)

Vous avez déjà un abonnement Numérique ou Premium ?

Se connecter

Vous ne souhaitez pas vous abonner ? Sachez que d’autres contenus sont accessibles si vous avez un compte Esse. C’est gratuit et sans achat ultérieur requis ! Créez un compte ou connectez-vous :

Mon Compte

Cet article parait également dans le numéro 59 - Bruit
Découvrir

Suggestions de lecture