Inventer à partir des savoir-faire, des attitudes et des intentions : quelques réflexions autour de Nos Frontières

Julie Boivin
Nos frontières, le projet de Rose-Marie E. Goulet présenté dans le cadre de la programmation d’été 2005 de Dare-Dare, fournit matière à réflexion sur plusieurs aspects observés de manière récurrente dans les pratiques actuelles qui se construisent et se déploient dans la ville. Nos frontières permet d’interroger, toutes à la fois, les questions relatives à la nature du lieu investi qui sous-tend l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie artistique ; aux formes de production de l’espace urbain résultant de la mobilisation de l’environnement, mobilisation perceptive et expressive autant que sensible et relationnelle ; à la nature de « ce qui fait œuvre » dans une proposition artistique tablant tantôt sur le mode de l’introspection, tantôt sur celui de l’interaction, du jeu, de la négociation et de la co-production. En corollaire, l’analyse des mises en situation proposées par Goulet apporte un éclairage particulier sur l’espace urbain ; un cadre offrant une relative stabilité, riche en conjonctures et en hasards, qui ne cesse d’inventer des formes de médiation. Comme nous le verrons, l’artiste met en place « l’infrastructure » nécessaire pour initier une expérience qui se joue en commun et qui part à la découverte de ses propres règles. C’est une base pour l’invention à partir des savoir-faire, des attitudes et des intentions.

Pour explorer la manière dont se tracent, se déjouent ou s’affirment les frontières personnelles autant que celles, géopolitiques, du territoire montréalais, Nos frontières propose la traversée des signes, des sons, des langages et des silences de la ville, à la lumière du jour ou dans l’obscurité de la nuit, au centre ou en périphérie d’espaces densément urbanisés ou encore, dans les derniers retranchements d’un monde rural. Nos frontières est une trilogie se déployant en autant de lieux que de moments propices à l’exploration des qualités sensibles de la ville et à celle, critique, de la micro-politique de la Cité.

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Cet article parait également dans le numéro 56 - Irrévérence
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