Les questions politiques et sociales font plus rapidement surface que le gras dans l’omniprésente poutine au Festival international de musique actuelle de Victoriaville. Quel sera l’accueil accordé par les résidants à l’afflux d’amateurs de nouvelle musique? Dans quelle mesure le Festival doit-il se plier aux goûts de la communauté? Quel rapport un festival engagé corps et âme dans les formes de musique subversives doit-il entretenir avec les structures de pouvoir existantes au sein de la communauté? Compte tenu de la diversité des musiciens présents, issus de milieux culturels, sociaux et économiques variés, quelles seraient les interactions possibles? Si la musique improvisée porte sur le dialogue, quelles sortes de dialogues ont cours à Victoriaville? Et si elle engendre des modèles manifestes de dialogue, des façons d’interagir ayant une signification sociale et politique évidente, que peut nous révéler la 20e édition anniversaire du Festival au sujet de la communication sociale et politique dans «l’après 11 septembre»?
Le formalisme qui a depuis si longtemps caractérisé la plupart des théories au sujet de la musique ne peut accepter que la musique puisse offrir de tels choix, car, selon les partisans de cette doctrine, la musique se suffit à elle-même et se limite au rapport temporel des timbres. Dès que nous rejetons cette interprétation stérile de la définition et des fonctions possibles de la musique, nous sommes libres de constater que les contextes variés dans lesquels se déploie la musique, c’est-à-dire le contexte de la prestation, les relations entre les musiciens, entre les musiciens et le public, entre les musiciens et leurs instruments, à plus forte raison l’enchâssement social, culturel et politique de tous ces éléments, lui permettent d’évoquer une signification autre que musicale. Si le contexte détermine la signification, et que la signification est souvent politique, nos jugements esthétiques de la musique sont-ils en même temps des opinions politiques? En réfléchissant aux nouvelles formes d’expression musicale à Victoriaville, sommes-nous effectivement en train d’évaluer et de juger de nouvelles formes d’interaction sociale et politique? Victoriaville est en effet un laboratoire pour l’expérimentation de nouvelles structures sociopolitiques, dont le but premier est de remettre simultanément en question l’opinion la plus répandue au sujet de la musique en tant qu’art et ce que seraient des structures sociales et politiques efficaces.
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