Photo : Patrice Duhamel
À l’heure où l’espace public est envahi par les éclatements futiles mais tonitruants de bulles privées factices à la valeur symbolique, donc collective, quasi nulle, certains artistes cherchent à recadrer l’espace de la représentation par d’incessantes recombinaisons de perspectives. Patrice Duhamel, baliseur de profondeur de champ et arpenteur de gestes, était incontestablement de ceux-là. Et sa passion s’étendait jusqu’à l’extrême limite de l’intervention, jusqu’à ces pratiques moins déviantes qu’agressivement nulles, et comme telles plus enfantines ou adolescentes qu’artistiques, dont il s’était fait aussi le commissaire, avec Fuzzy Logic, en 2007, à la Bande Vidéo.
Dans cette optique, c’est sans doute son obsession des avatars du cadrage qui semble bien avoir caractérisé sa démarche artistique, du dessin à la vidéo, et de l’installation au commissariat de l’exposition Wurm présentée cet automne à la galerie de l’UQAM. Affaire de cadrage, en effet, que cette recherche de l’« émergence de nouveaux rapports entre l’humain et l’objet, comme entre l’humain et son “autre” », ainsi que l’écrivait Duhamel à propos de cette exposition où son rapport à la pratique de l’artiste viennois s’énonçait comme la confidence d’une profonde connivence. Car pour qu’il y ait rapport et même émergence, il faut cette élection de la désignation, cette scène délimitée, cette parenthèse optique ou mentale qui crée le cinéma ou la vidéo et avec laquelle, sous le nom de cadrage, ils se débattent de diverses façons.
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