Photo : © Georges Meguerditchian, Centre Pompidou, 2006
Il existe des expositions qui ne peuvent être appréhendées d’un seul regard en raison de leurs multiples facettes et de la richesse qu’elles véhiculent. Elles sont rares et, pour les découvrir, il importe d’être persévérant mais lorsqu’on les reconnaît, elles répondent à toutes les attentes. Il en va ainsi du nouvel accrochage de la collection du Centre Pompidou à Paris, placé sous l’égide d’une thématique fédératrice, celle de l’image en mouvement1 1 - Le mouvement des images. Art, cinéma, Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, du 5 avril 2006 au 29 janvier 2007..
C’est la seconde fois que l’institution française se prête à un tel exercice et on se souvient que la proposition précédente, dont l’objectif était de développer une relecture de l’art du 20e siècle au travers d’un prisme quelque peu déroutant – celui de la création et de la destruction –, en avait surpris plus d’un2 2 - Déroutant dans la mesure où on pouvait estimer que création et destruction étaient deux notions qui s’annulaient mutuellement au lieu de susciter un questionnement. La ligne générale de l’exposition s’en trouvait perturbée et la lecture de celle-ci n’outrepassait pas la seconde dimension tant les associations suggérées semblaient parfois élémentaires ou formalistes, sur le plan visuel comme sur le plan conceptuel. Que l’on se souvienne simplement des subdivisions, généralistes, de l’ensemble (destruction, construction, archaïsme, sexe, guerre, subversion, mélancolie, ré-enchantement) qui s’apparentaient à des tiroirs dans lesquels étaient classés les artistes. Voir Catherine Grenier, Big Bang. Destruction et création dans l’art du XXe siècle, catalogue de l’exposition au Centre Pompidou à Paris du 15 juin 2005 au 28 février 2006, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 2005. . Mais ce premier essai paraît aujourd’hui bien incertain en regard du caractère élaboré de la présentation actuelle, mieux définie, qui est à mettre à l’actif de Philippe-Alain Michaud3[REFInitialement formé à la philosophie, Philippe-Alain Michaud est également docteur en histoire de l’art. Il fut d’abord responsable de la collection des films du musée du Louvre avant d’être récemment nommé conservateur de la section consacrée au cinéma expérimental du Centre Pompidou. En 2005, il assura notamment la commissariat de l’exposition intitulée Comme le rêve le dessin. Il s’agissait d’une exposition en deux volets présentés conjointement au Louvre et à Beaubourg, qui mêlait des œuvres anciennes et des productions plus récentes et dont le thème était le lien entre l’esquisse, le cinéma et la psychanalyse.[/REF]. Ce dernier réitère ici le principe d’un parcours où se côtoient des œuvres produites au fil des cent dernières années, sans que ne prime l’ordre chronologique. Or, si une telle règle s’inscrit résolument dans l’air du temps, elle est cette fois magistralement interprétée : les combinaisons ne sont jamais gratuites et la qualité des quatre cents pièces, sélectionnées parmi les milliers de réalisations que l’on recense dans l’immense collection parisienne, s’avère prépondérante. Mais là n’est pas le seul mérite de l’auteur de cette exposition.
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