Robert Smithson
Robert SmithsonSpiral Jetty, 1970 © Estate of Robert Smithson / SODRAC, Montréal / VAGA, New-York (2011).
Photo : Carol Van Wagoner, permission de la James Cohan Gallery, New York/Shanghai
D’origine anglaise, Melanie Smith s’est installée à Mexico vers la fin des années 1980, comme plusieurs autres artistes venus d’ailleurs, tels que Francis Alÿs et Thomas Glassford, attirés par l’excentricité de la capitale mexicaine et les caractéristiques particulières de la scène artistique locale émergente1 1  -  Entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, émerge un mouvement d’art caractérisé par le dialogue d’un contingent d’artistes étrangers arrivés à la capitale et une nouvelle génération d’artistes mexicains que, par une distanciation des tendances néo-mexicaines fixées sur des motifs nationalistes, va consolider la présence de l’art contemporain mexicain sur le marché mondial. Voir Olivier Debroise, « Entry and Exit: A New Internationalization of Mexican Art 1987-1992 », dans The Age of Discrepancies. Art and Visual Culture in Mexico 1968-1997, Mexico, Turner/UNAM, 2007, p. 338-347.. Au nombre des pionniers de l’art dit « néo-­conceptuel », Smith privilégie une démarche qui réfléchit aux dispositifs esthétiques de l’espace urbain à l’heure du capitalisme mondial. Cette année, elle représente le Mexique à la Biennale de Venise 2011, avec le cinéaste mexicain Rafael Ortega, son conjoint.

En 2002, elle réalise la vidéo Spiral City, d’une durée de six minutes, qui donne à voir en panoramique la ville de Mexico suivant d’amples mouvements de spirale tracés par hélicoptère. L’œil de la caméra capte l’imposante Iztapalapa, l’une des seize « délégations » formant la ville de Mexico, qui constitue actuellement la zone la plus peuplée de la capitale avec près de deux millions d’habitants. Les images montrent la disposition quadrangulaire des bâtiments, sans variation, accident topographique ou relief historique dont la dimension temporelle parviendrait à percer le naufrage de la répétition. L’histoire de ce paysage monochrome est effacée ; soigneusement ordonné et compressé, il semble avoir été construit uniformément d’un seul et même élan. Impossible d’imaginer que ce territoire, appesanti par l’asphalte, a jadis été une oasis de verdure qui, selon les chroniques, approvisionnait la grande Tenochtitlán avant l’arrivée des Espagnols.

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Cet article parait également dans le numéro 73 - L’art comme transaction
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