Vue d’exposition, Coup de foudre chinois, Arsenal, Montréal, 2013.
Photo : © JSG, permission de l’Arsenal, Montréal
L’Arsenal inaugurait, le 31 janvier dernier, son nouvel espace permanent d’exposition au sein duquel il accueillera divers projets visant à « ouvr[ir] [...] le monde de l’art contemporain à de nouveaux publics1 1  - Anonyme, « À propos », L’Arsenal Montréal, 2011 : http://arsenalmontreal.com/fr/% C3%A0-propos [consulté le 21 février 2013]. ». L’exposition thématique Coup de foudre chinois2 2  - Présentée du 31 janvier au 27 juillet 2013 à l’Arsenal Montréal, au 2020, rue William. marque l’envoi de cette vaste superficie industrielle remaniée partiellement à la manière d’un white cube pour se faire galerie. L’éventail d’artistes contemporains d’origine chinoise assemblé pour l’occasion propose un corpus d’œuvres hétéroclites dont la charge critique à l’égard du régime autoritaire et répressif semble assurer la cohérence.

Experte en art chinois, la commissaire et éditrice Pia Camilla Copper travaille depuis plus de quinze ans entre l’Asie et l’Europe. Elle signe ici, en cocommissariat avec la consultante en art contemporain Margot Ross, un projet ambitieux réunissant plusieurs artistes qui jouissent d’une célébrité internationale proportionnelle au degré de controverse qu’ils suscitent dans leur pays. Hormis le fait que les œuvres de l’Arsenal ont été assemblées à l’étranger, cette exposition peut s’inscrire à la suite de Drapeau rouge, art contemporain chinois dans les collections montréalaises3 3 - Présentée du 3 mars au 19 juin 2011 au MBAM., présentée parallèlement à l’exposition à grand déploiement L’empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite au Musée des beaux-arts de Montréal en 20114 4 - Lauréate du concours Jeunes critiques 2011, Julie Allary Lavallée a couvert l’exposition Drapeau rouge, art contemporain chinois dans les collections montréalaises dans le no73 de la revue esse.. Ainsi, Coup de foudre chinois ne constitue que la deuxième entreprise d’envergure au Québec visant à offrir une vitrine enviable à ces artistes dont le travail se trouve, aux yeux du gouvernement chinois, dans une zone nébuleuse entre outils stratégiques de promotion culturelle et armes de perversion ou de potentielle souveraineté individuelle5 5 - Stephen Wright, « Shanghai/Shanghai : Espaces sans qualité/espaces de promesse », Parachute, n° 114 (avril-juin 2004), p. 13 et 16.. Par conséquent, ce schème de récupération politique ne demeure opératoire que si le propos artistique ne s’inscrit pas dans une démarche ouvertement antigouvernementale. À cet effet, le cas d’Ai Weiwei vient naturellement à l’esprit : incarcéré 81 jours en 2011 pour des motifs bancals et retenu en sol chinois depuis, il reste à ce jour l’artiste activiste le plus célèbre de la république rouge6 6 - Ai Weiwei s’est vu remettre le prix Václav-Havel de la dissidence créative décerné par la fondation Human Rights en 2012..

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Cet article parait également dans le numéro 79 - Reconstitution
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