Poser la question de l’art vidéo aujourd’hui a-t-il encore un sens ? Depuis son apparition, en 1963, l’art vidéo n’a eu de cesse de chercher son propre langage, ses propres codes d’expression. Certes, il s’est donné des genres, s’appelant tour à tour fiction, documentaire ou récit vidéo, vidéo danse, vidéo théâtre, vidéo performance; il a emprunté de nombreuses formes : abstraite, poétique, narrative ou figurative; il a repris, copié, phagocyté presque toutes les autres disciplines artistiques, et est partie prenante de nombre de pratiques artistiques actuelles. La vidéo est partout; on la célèbre dans la quasi totalité des pays de ce monde, et les musées, cette « instance de validation de l’art », la reconnaissent comme tel. Née de la télévision en réaction avec ce qui déjà, dans les années 1960, était qualifié de machine à fabriquer du réel par la surenchère de ses images, la vidéo dite d’art se compare trop souvent aujourd’hui – et défavorablement – à cette même télévision avide d’images à consommer, cette « machine de vision » (Paul Virilio) pourvoyeuse de malvoyants, la quintessence du spectaculaire dans cette société du spectacle déjà décrite et décriée par Guy Debord en 1967. Je pose l’hypothèse : la vidéo, en tant que médium artistique, est peut-être la seule forme d’art à avoir échappé au devoir de prouver sa capacité à représenter le réel. Par un curieux retournement de situation, elle est en passe de parcourir le chemin inverse, s’évaluant à l’aune du réel fabriqué, omniprésent et tyrannique de la télévision et, bientôt, de l’informatique. Quarante ans à peine après son apparition, l’art vidéo est-il en train de disparaître, bouffé, digéré et réinvesti par la télévision et l’informatique ?

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Cet article parait également dans le numéro 46 - Un regard sur la vidéo
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