Photo : © Heather Saitz
Les artistes disposent de plusieurs moyens pour résister efficacement aux pouvoirs dominants du monde capitaliste d’aujourd’hui. De telles stratégies s’appliquent notamment dans le cadre de projets d’installation organisés, sur invitation des promoteurs immobiliers, par des artistes-commissaires de la relève dans des bâtiments voués à la démolition. Ces initiatives, qui s’inscrivent dans le prolongement des « découpes de bâtiments » de Gordon Matta-Clark et du Market Estate Project, à Londres1 1 - Gordon Matta-Clark: Above and Below, David Zwirner, New York, du 2 avril au 4 mai 2013 ; voir aussi : www.marketestateproject.com/., se déroulent dans des lieux publics non conventionnels offrant aux artistes amplement d’espace pour expérimenter. Le présent texte porte sur deux projets qui se distinguent à la fois par l’intérêt qu’ils ont suscité, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du monde de l’art, et par le fait qu’ils expriment une réaction opportune aux conséquences sociales de l’embourgeoisement sur de plus en plus de gens.
À la suite de son retentissement médiatique et de son succès, le concept de WRECK CITY2 2 - WRECK CITY s’est tenu dans le quartier Kensington, à Calgary, du 19 au 27 avril 2013. En ligne : http://wreckcityproject.wordpress.com., une exposition avant démolition qui s’est tenue en avril dernier dans un pâté de maisons de Calgary, a été récupéré par cSPACE, un organisme communautaire voué au développement de lieux de création pour les artistes. cSPACE dirige à l’heure actuelle un important projet de rénovation visant à transformer l’école King Edward, une magnifique structure en grès construite en 1912, en un centre artistique multifonctionnel dans l’esprit des projets d’Artscape, à Toronto. Quelques mois seulement après avoir consacré des milliers d’heures à mettre sur pied WRECK CITY avec un budget restreint, quatre des commissaires de l’événement (Matthew Mark Bourree, Caitlind r.c. Brown, Jennifer Crighton et Shawn Mankowske) ont accepté de répéter l’expérience, en s’associant cette fois à la commissaire Natalie MacLean et en intitulant le projet Phantom Wing [« Aile fantôme »], une allusion à la présence/absence de l’aile de l’école construite dans les années 1960 et aujourd’hui condamnée.
Ce contenu est offert avec un abonnement Numérique ou Premium seulement. Abonnez-vous pour lire la rubrique complète et avoir accès à tous nos Dossiers, Hors-Dossiers, Portfolios et Chroniques !
Vous avez déjà un abonnement Numérique ou Premium ?
Vous ne souhaitez pas vous abonner ? Sachez que d’autres contenus sont accessibles si vous avez un compte Esse. C’est gratuit et sans achat ultérieur requis ! Créez un compte ou connectez-vous :