On trouve dans la pensée occidentale un partage épistémologique, politique et phénoménologique entre sujet et objet. L’arrivée de l’informatique a bouleversé ce clivage au sein des pratiques artistiques de sorte que le sujet et l’objet, sans cesser d’être des notions clefs, ont changé radicalement de sens. D’un paradigme métaphysique et signifiant qui déterminait le couple sujet-objet, nous sommes passés à un paradigme algorithmique, lequel met en jeu une logique numérique et économique. Penser l’objet animé en art implique donc, aujourd’hui, de considérer la désactivation du couple sujet-objet par l’informatique, tant dans un déplacement de la subjectivité que dans un nouvel investissement de l’objet en tant qu’objet. Les modalités qui témoignent de ces changements sont nombreuses : la subordination de l’analogique au numérique ; l’animisme et la sérialisation, dans un effacement de la singularité ; l’absence morbide du sujet dans une mise en scène de l’objet solitaire et ruiné.
Sans sujet ni objet, sans intériorité ni extériorité, tout devient surface modulable, modulation superficielle et pragmatique, opération plastique sous la contrainte d’un codage numérique qui n’engage que des seuils.
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Cet article parait également dans le numéro 75 - Objets animés
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