photo : Benoit Pailley, permission de | courtesy of the artist & kurimanzutto, Mexico
Si la seconde édition de la triennale du New Museum1 1 - L’événement s’est tenu du 15 février au 22 avril 2012. s’est avérée si attrayante, c’est que sa thématique, The Ingovernables [Les ingouvernables], coïncidait parfaitement avec des préoccupations vives du moment. À tout le moins, pour moi, qui étais en visite à New York alors que la grève étudiante entrait dans sa quatrième semaine au Québec. Les événements qui allaient suivre ici – la mobilisation populaire élargie à une contestation du régime néolibéral – allaient aussi montrer la filiation moins souterraine qu’il n’y paraissait avec le mouvement Occupons qui, du square Victoria (rebaptisé place des Peuples) à Montréal au parc Zuccoti à New York, a marqué l’automne 2011. Malgré l’interdiction d’occupation des lieux par les autorités locales, l’indignation, même en sourdine, résonnait finalement encore et trouvait peut-être d’autres occasions de se manifester.
Le contexte de ma visite à New York était un prisme d’autant plus favorable à l’accueil de l’exposition de la rue Bowery que ce que l’on appelle la « semaine des arts » était en cours. Cet événement fait place en priorité aux activités commerciales des foires, de la prestigieuse Armory Show aux plus récentes, telles Pulse et Scope, qui bataillent pour une place dans un marché qui, lui, ne semble pas avoir souffert des crises financières – l’art s’étant révélé une valeur refuge idéale. Quiconque fréquente ce type d’événement en sait la teneur et doit admettre qu’il s’agit là, après tout, de la scène où se jouent les orientations de l’art à l’échelle mondiale. Évidemment, un musée comme le New Museum n’est pas étranger à ce marché2 2 - Katie Kitamura, dans un commentaire sur l’exposition, fait mention de l’histoire complexe des relations du musée avec le financement privé et corporatif, dans Frieze. Contemporary Art and Culture, no 147, mai 2012, p. 219., mais d’y voir une exposition regroupant des œuvres franchement critiques de réalités socioéconomiques et politiques donnait de l’espoir et contribuait à ne pas se laisser emporter par le cynisme.
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