Rebecca Belmore, Awasinkae: On the Other Side, InSite 97, San Diego, 1997.
photo : Philipp Scholz Rittermann, permission de ­l’artiste | courtesy of the artist
Les pratiques relationnelles s’inscriraient-elles dans une logique marchande ayant pour fin de critiquer les présupposés de l’art comme lieu de rencontre communautaire ?
Si nous devions dresser le portrait d’une génération en prenant appui sur la thèse de Nicolas Bourriaud – qui réunissait il y a quinze ans un ensemble de pratiques diverses sous le vocable « relationnel » –, nous pourrions d’ores et déjà affirmer que son discours a trouvé un ­environnement propice à sa diffusion au sein du réseau des centres d’artistes autogérés du Québec13 13  - Le réseau des centres d’artistes a été dès ses débuts un terreau fertile pour l’expression d’une contre-culture, qui s’est dotée de lieux de diffusion, de production, de documentation et d’édition. Ces mêmes lieux sont aujourd’hui cités comme des modèles d’autonomie artistique et d’autogestion dans un contexte de mondialisation.. L’esthétique relationnelle avait tout pour séduire ce public d’initiés : en privilégiant des formes plus conviviales de mises en exposition, elle revalorisait un pan de la création artistique axé sur l’improvisation et le quotidien tout en questionnant l’autorité du cube blanc dans le processus de validation des œuvres. En se dissociant momentanément des lieux officiels de diffusion, cette esthétique mesurait aussi tout le potentiel subversif d’un art vivant et de son implication dans l’espace public sans nécessairement devenir le porte-étendard de causes ou de luttes sociales (auxquelles était associé l’art de la performance à ses débuts sur le continent nord-américain). 

Il faut cependant rappeler le contexte de production et de diffusion dans lequel s’insèrent ces nouvelles pratiques au Québec, un contexte fort différent de celui sur lequel s’est penché le commissaire et critique d’art français. Cette distinction est essentielle pour comprendre la portée des gestes artistiques et des actions qui ont vu le jour ici par l’adoption du concept de convivialité qui est à la base de cette esthétique comptant plusieurs adeptes outre-Atlantique. Dans un premier temps, soulignons qu’au Québec le marché de l’art et l’État sont interdépendants : la culture en général est subventionnée afin d’équilibrer et de contrebalancer la faiblesse du marché. Quoiqu’il en soit, proportionnellement à la place qu’il occupe sur le territoire et à l’aide étatique qu’il reçoit, l’art se porte relativement bien. 

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Cet article parait également dans le numéro 73 - L’art comme transaction
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