Photo : permission de l’artiste
Les mauvaises herbes dans l’art, ou comment cultiver l’espoir à l’ombre du pouvoir
C’est ainsi qu’elle a produit un macroherbier urbain qui se déploie de par le monde. On peut en voir des exemples à New York et à San Francisco, aux États-Unis ; à Porto Alegre, au Brésil ; à Quito, en Équateur ; à Vigo, en Espagne ; et à Mumbai, en Inde. Pour elle, peindre ces plantes indésirables est une forme de résistance. Ses « phytograffitis », comme elle les appelle, sont les marqueurs limpides d’une résilience sociale et écologique. Eutrochium purpureum, ou eupatoire pourpre, s’appelle communément « herbe à Joe-Pye », en hommage à un guérisseur mohican qui lui accordait une grande place dans sa phytothérapie d’inspiration autochtone. Les racines de la murale peinte par Caron, qui porte le titre de Shauquethqueat’s Eutrochium (« Eupatoire de Shauquethqueat », du nom véritable de ce guérisseur ; 2021) s’enfoncent profondément dans l’histoire complexe d’assujettissement culturel et d’éradication forcée sur laquelle sont fondés les États-Unis. Droite et fière, la murale s’élève comme une prière pour la guérison culturelle : son audacieuse visibilité est un rappel très vif de l’effacement qu’ont subi les cultures autochtones, en même temps qu’un hommage à leur relation intime au monde végétal.
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