Les vidéos surréalistes de Mika Rottenberg découvrent des architectures poreuses dans lesquelles s’imbriquent d’absurdes corvées. Dans Squeeze (2010), par exemple, les protagonistes à l’ouvrage, majoritairement des femmes, produisent d’étranges conglomérats de laitue, de caoutchouc et d’emballages cosmétiques au fil d’une chaine de montage des plus insensées. Mêlant souvent des images qui documentent des conditions de travail réelles dans le monde, son orchestration ultime d’un labeur sans queue ni tête offre une allégorie grisante de la marchandisation de l’humain. À l’ère de l’hypercapitalisme globalisé, l’artiste s’amuse à nous rappeler que la vérité dépasse largement la fiction, aussi farfelue soit-elle.
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