Praxis de l’inachevé
De fait, la danse offre des espaces conceptuels, méthodologiques et pragmatiques qui permettent d’aborder les enjeux des systèmes organisationnels par l’intermédiaire de préoccupations concernant la remise en question, le changement, la résistance ou la transgression. Tablant sur des formes non abouties puisqu’en constante (ré)activation, la production – ou l’écriture – -chorégraphique peut efficacement déconstruire et reconstruire, critiquer et subvertir, par l’entremise des conventions mêmes auxquelles elle répond. Le geste dansé génère ses propres temps et espaces au sein de plus vastes systèmes, ce que l’auteure et commissaire Noémie Solomon comprend comme une double opération qui incorpore le monde tout en retournant simultanément ses contours internes. Selon Solomon, la danse façonnerait de cette manière un extérieur « intensif » et, à travers l’acte chorégraphique, tracerait de nouvelles possibilités d’existence1 1 - Noémie Solomon (dir.), Danse: An Anthology, Dijon, Les Presses du réel, 2014, p. 21.. Cette performativité au cœur des politiques de la danse ouvre ainsi des perspectives pour remanier les relations, pour en chorégraphier un ensemble différent. En ce sens, les potentialités qui résident dans le rapprochement de l’inachevé et de la production chorégraphique tendraient à démanteler les modèles de temporalité et de linéarité en invalidant leurs prémisses : l’inachevé se définit dans le flou des limites, par une atemporalité lui permettant d’exister à tous les moments.
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