Photo : Ken Schles, permission de Group Material
Prestigieux décalage
Nul doute que le mode de diffusion de la théorie radicale issue de la gauche française et italienne a évolué au cours des dernières années. Avec le marché en expansion des traductions anglaises de ce qu’on appelle « les théories de l’après-68 », bon nombre de théoriciens du politique issus des mouvements étudiants de Mai 1968 se sont retrouvés dans la ronde planétaire des foires, biennales et revues qui façonnent le monde de l’art. C’est ainsi que Jacques Rancière a parlé d’art et de politique à la foire Frieze, que Bifo roule sa bosse sur le circuit des biennales de Kiev à Kassel et à Montréal, que Semiotext(e) figurait comme artiste invité à la Biennale du musée Whitney en 2014, et qu’Artforum a consacré des numéros entiers à l’héritage de Mai 68. Dans cet article, j’entends démêler l’un des nœuds de cette histoire d’amour entre l’art et la théorie. En observant la propagation de la théorie radicale façon Semiotext(e) dans les pages d’Artforum depuis dix ans, je m’interroge sur les raisons qui pourraient expliquer qu’une revue connue surtout pour son épaisseur et le luxe de ses publicités pour grands couturiers et galeries d’art commerciales bien cotées ait eu la piqure Semiotext(e), et ce que cette association nous dit des conditions actuelles dans lesquelles travaillent les théoriciens.
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