David Hoffos, Scenes from the House Dream : Airport Hotel, 2004, détail de l’installation.
Photo : David Miller, permission de l’artiste & Nickle Galleries, Université de Calgary
On observe depuis quelques années une transformation du rapport que l’artiste entretient avec l’espace d’exposition, lequel peut devenir trame narrative, matière, motif, sujet – un monde en soi à réinterpréter. En jouant le rôle de commissaire, l’artiste prend possession des lieux pour y déployer des propositions artistiques plus larges, dépassant les frontières de l’œuvre comme de l’installation pour ouvrir un espace autre, esthésique et expérientiel, à l’intérieur duquel le visiteur est partie prenante de l’expérience proposée. Ces œuvres dialogiques sont, comme le roman polyphonique analysé par Bakhtine1 1  - Mikhaïl Bakhtine, Problèmes de l’œuvre de Dostoïevski [1929], Paris, Seuil, 1970., traversées par une pluralité de voix : celle du créateur bien sûr, mais aussi celles des récepteurs. L’espace d’exposition est ainsi compris comme un monde à part entière investi par tous les sujets qui l’expérimentent.

Ainsi Philippe Parreno intègre ses œuvres passées et présentes à l’espace fabuleux du Palais de Tokyo, en 2013, pour proposer une étrange chorégraphie muséale au sein de l’architecture monumentale du bâtiment parisien. Redoublant, comme titre de son exposition, les mots de Baudelaire2 2 - Voir Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, Petits poèmes en prose [1869], Paris, Gallimard, 2006, p. 220. « Anywhere, Anywhere, Out of the World », l’artiste signe son travail de cette dimension onirique, virtuelle, rémanente, chère au poète et propre à ce type d’exposition-œuvre. Pierre Huyghe, pour sa part, imagine la même année et dans un contexte identique d’exposition rétrospective, un centre Pompidou animé par différentes formes de vie avec lesquelles le visiteur doit cohabiter. Dernière en date, Samara Golden propose quant à elle, avec The Flat Side of the Knife, au MoMA PS1 de New York, en 2015, une installation immersive qui permet, par la combinaison d’espaces matériels et illusoires, d’accéder à d’autres couches de la conscience.

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Cet article parait également dans le numéro 84 - Expositions
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