Photo : permission de l’artiste
Survivre par-delà la ligne verte
La « ligne verte » fut le terrain de combats meurtriers entre les milices chrétiennes et musulmanes, sans oublier les affrontements entre les groupes de même confession ainsi que les milliers d’enlèvements – un espace redoutable donc, qu’il valait mieux éviter. C’est pourquoi la plupart des Beyrouthins nés pendant la guerre ne traverseront la ville qu’à partir de 1989, au moment où l’accalmie regagne le territoire. Dans Je me souviens, la bédéiste Zeina Abirached fait état de cette réalité en racontant comment, plus jeune, elle s’étonnait que les gens de Beyrouth-Ouest parlent la même langue qu’elle, alors qu’elle avait l’impression de visiter un pays étranger2 2 - Zeina Abirached, Je me souviens, Paris, Éditions Cambourakis, 2008.. Souvent comparée au mur de Berlin3 3 - Joseph L. Nasr, « Beirut/Berlin: Choices in Planning for the Suture of Two Divided Cities », Journal of Planning Education and Research September, n° 16 (1996), p. 27-40., la « ligne verte » représente une frontière qui n’a évidemment rien d’une simple ligne.
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