Un cacilheiro à Venise : Rénovation et reconversion d’un ferry par Joana Vasconcelos

Vanessa Morisset
Joana Vasconcelos,
Trafaria Praia, Venise, 2013.
Photo : Luís Vasconcelos, © Unidade Infinita Projectos
Comment s’approprier un bâtiment conçu pour un autre usage que celui auquel on le destine ? En transformant un ancien ferry – un cacilheiro, comme on les appelle à Lisbonne – en une galerie flottante, l’artiste portugaise Joana Vasconcelos répond à sa manière à cette question, mais à d’autres également. Dans le contexte de la Biennale de Venise pour laquelle elle a ouvert ce chantier, elle prend aussi en charge le problème qui tracasse tous les artistes invités à représenter leur pays, qui est de parvenir à gérer l’exposition de leur travail dans le décor surdéterminé, voire négativement connoté, des pavillons nationaux. Le cas du Portugal est encore plus complexe, car il s’agit du seul pays de grande tradition artistique et culturelle à ne pas avoir son propre bâtiment, ni parmi les 29 des Giardini ni ailleurs dans la ville.

La proposition sympathique et un brin touristique de Vasconcelos – le bateau quitte le quai tous les jours pour offrir aux visiteurs une petite excursion dans la lagune – prend à la lumière de ces questions un tour beaucoup plus important qu’il n’y paraît de prime abord. En recyclant en pavillon flottant ce bateau typique de ceux qui naviguent sur le Tage  pour l’amarrer Riva dei Partigiani, c’est-à-dire près des Giardini, mais à l’extérieur (l’accès en est donc gratuit), elle importe à Venise et au cœur de l’art actuel des bribes de la culture portugaise vernaculaire et revient sur le rapport des artistes aux sites et à l’histoire de la Biennale.

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Cet article parait également dans le numéro 80 - Rénovation
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