Institution2: Art Institutions: The Ethics and Aesthetics of Working with Contemporary Art, NIFCA & Kiasma, Helsinki, 2004.
Photo : Finnish National Gallery, Central Art Archives, Pirje Mykkänen.
Les exigences liées au tournant entrepreneurial des musées et des centres d’art dans les années 1990 et la nécessité d’une plus grande visibilité ont suscité de nouvelles contraintes institutionnelles en matière d’exposition. Certains commissaires, même des plus « indépendants », devenus tributaires d’impératifs économiques, financiers ou administratifs sans précédent, se sont mis à penser l’institution comme une entité critique, potentiellement créative, à valoriser. Parallèlement, au début des années 2000, sont apparues des approches curatoriales présentant un goût particulier pour les formes artistiques éphémères ou processuelles, inspirées de pratiques conceptuelles des années 1970 et mises de l’avant par des artistes tels que Michael Asher, Daniel Buren ou Hans Haacke. En faisant usage des stratégies de la critique institutionnelle portées alors par les artistes, elles entrent littéralement en rivalité avec le travail exposé jusqu’à parfois donner le sentiment qu’une véritable manœuvre d’effacement du travail des artistes est en jeu. 

À la suite des expériences menées par Charles Esche et Lene Crone Jensen au Rooseum à Malmö1 1 - Nina Möntmann, « The Rise and Fall of New Institutionalism: Perspectives on a Possible Future », Transversal / EIPCP, avril 2007 : http://eipcp.net/transversal/0407/moentmann/en/#_ftn1. [Consulté en janvier 2008.], Jonas Ekeberg précise en 2003 ce qui commence à se décrire comme un nouvel institutionnalisme dans les pratiques curatoriales. Il s’agit de redéfinir l’institution contemporaine de l’art en prenant pour exemple les organisations2 2 - Le terme institution renverra souvent dans ce texte à la notion d’organisation comme ensemble structuré et fonctionnel ayant des objectifs définis. soucieuses des modalités « flexibles, temporelles et processuelles3 3 - Jonas Ekeberg, « Introduction », dans « New Institutionalism », Verksted, n° 1, 2003, p. 10. » de travail des artistes, fondées notamment sur la participation à un dialogue, à un évènement plutôt qu’à une consommation passive associée aux objets4 4 - Claire Doherty, New Institutionalism and the Exhibition as Situation, Protections Reader, Kunsthaus Graz, 2006, p. 12 : www.situations.org.uk/_uploaded_pdfs/newinstitutionalism.pdf.. L’économie de cet institutionnalisme cherche à valoriser un type de production, relevant d’une « déproduction », mais son objectif principal est programmatique. Il s’agit pour les commissaires de ne plus se limiter à concevoir des expositions en regroupant des artistes, mais de modifier les structures institutionnelles et leurs fonctions pour faire émerger la dimension créative, voire esthétique, des institutions dans une perspective critique5 5 - Claire Doherty, op. cit., p. 2 ; « New Institutionalism », Verksted n° 1, 2003, p. 12 ; Art and its Institutions, Black Dog Publishing, London, 2006 ; Claire Doherty, « The institution is dead ! Long live the institution ! Contemporary Art and New Institutionalism », Engage, n° 15, été 2004 ; Alex Farquharson, « Bureaux de change », Frieze n° 101, septembre2006.. Les débuts du Palais de Tokyo, avec les projets « relationnels » de Nicolas Bourriaud notamment, en sont des exemples. 

Ce contenu est offert avec un abonnement Numérique ou Premium seulement. Abonnez-vous pour lire la rubrique complète et avoir accès à tous nos Dossiers, Hors-Dossiers, Portfolios et Chroniques !

S’abonner (à partir de 20 $)

Vous avez déjà un abonnement Numérique ou Premium ?

Se connecter

Vous ne souhaitez pas vous abonner ? Sachez que d’autres contenus sont accessibles si vous avez un compte Esse. C’est gratuit et sans achat ultérieur requis ! Créez un compte ou connectez-vous :

Mon Compte

Cet article parait également dans le numéro 72 - Commissaires
Découvrir

Suggestions de lecture