Quelqu’un marche. Au milieu de décors désertés, une silhouette déambule en silence. Elle avance dans l’espace avec lenteur, frisant quelquefois l’immobilité. La figure incertaine donne une échelle aux lieux qu’elle traverse. Mais sa présence et son mouvement demeurent injustifiés. Jamais le sens de sa marche n’est tout à fait donné… Chaque film de la série Walkers prend pour décor un ouvrage architectural moderne ou contemporain et son proche environnement : la Cité Radieuse du Corbusier à Marseille dans Walker 00, le Pré Catelan de Laetita et Lombar à Toulouse pour Walker 01, le Colisée de K. Kurokawa à Nîmes pour Walker 02 (exception faite de Walker 03, qui propose une circulation dans une forêt brûlée près de Montpellier). Pour chacun de ces espaces, les réalisateurs se livrent à un curieux test, dont la méthode est la même à chaque fois, mais dont l’hypothèse de départ reste inconnue : une déambulation patiente, apparemment sans itinéraire préconçu, où chacun des protagonistes endosse tour à tour le rôle de filmeur et de modèle. Pour le moins hasardeux, ce test ne relève manifestement pas d’une approche analytique ou d’une visite guidée. Dépourvue de programme, la déambulation s’improvise et ne se présente donc jamais comme une «lecture» éclairée de l’architecture ou de la géographie : simplement le déplacement de corps livrés à l’aléa d’une marche et aux influences d’un lieu.

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Cet article parait également dans le numéro 54 - Dérives
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