Le débat sur l’appropriation culturelle fait sa place dans les grands titres, mais sans parvenir encore à s’élever au-dessus des dilemmes réducteurs et de mauvaise foi entre inclusion et liberté artistique – du moins chez les Canadiens allochtones. Certains artistes autochtones, toutefois, entrainent le discours vers un terrain fertile en provocations. L’un des plus éminents est le Kaska Dena Joseph Tisiga. Installé à Whitehorse, au Yukon, Tisiga utilise la peinture, la sculpture et la performance pour renverser efficacement l’appropriation culturelle et l’exposer pour ce qu’elle est. Au lieu de la comprendre uniquement comme un crime des colonisateurs contre les peuples autochtones, il la traite comme un champ d’action où il exerce un pouvoir et une influence authentiques. Son art est motivé par le désir d’exercer son pouvoir d’action devant « les banalités surnaturelles », expression qui désigne pour lui les grands récits mythiques ou systémiques qui nous englobent, dont l’appropriation culturelle est un exemple. Selon lui, l’appropriation culturelle n’est ni unidirectionnelle – interprétation qui flatte le fantasme de « l’Indien disparu » des colonisateurs – ni unidimensionnelle : c’est un lieu disputé où l’arrogance du colon est exposée et défaite et où les symboles dynamiques s’expriment de nouveau.
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